Létayage (allemand : , anglais : ) est une notion introduite par Sigmund Freud en psychanalyse pour décrire comment chez l'enfant, les pulsions sexuelles « s'étayent » à l'origine sur les pulsions d'autoconservation pour ensuite s'en détacher et devenir indépendantes.
Définition Le substantif féminin allemand Anlehnung est formé sur le verbe sich anlehnen : « prendre appui sur », « s'étayer ». Freud recourt souvent à ce terme au cours de son œuvre, surtout avant 1920.. Pour Jean Laplanche, aucun écrit important n'a toutefois thématisé la notion restée latente dans l'œuvre de Freud jusqu'aux années 1960, quand le Vocabulaire de la psychanalyse (1967) y consacre un article. Cette négligence serait due en grande partie au fait que la Standard Edition ne lui a pas donné une traduction unifiée, .
En 1967, Jean Laplanche et Jean-Bertrand Pontalis définissent la notion d'étayage comme ..
Dans les Trois essais sur la théorie sexuelle (1905), où il élabore sa première théorie des pulsions, Freud décrit , et comment cette relation se manifeste particulièrement dans l'activité orale du nourrisson, dans le plaisir que celui-ci prend à la succion du sein. Il écrit : .
Selon Laplanche, il arrive que la fonction d'autoconservation propose son propre objet à la pulsion sexuelle, ce que Freud appelle « choix d'objet par étayage ».
Processus Au cours de la satisfaction organique du besoin nutritif chez le nourrisson, et alors même que celle-ci a été atteinte, apparaît le besoin de répéter l'activité de succion, .
Un tel processus se répète pour les autres fonctions corporelles auxquelles correspondent des pulsions d'auto-conservation, et c'est ainsi que se constituent des zones érogènes correspondantes, anale, génitale etc.. Ces zones particulières comme les organes génitaux, la bouche et l'anus ..
La pulsion sexuelle va quitter l'objet extérieur pour fonctionner sur le mode auto-érotique. Les pulsions sexuelles .
La notion d'étayage interviendra par la suite dans le « choix d'objet ». Élisabeth Roudinesco et Michel Plon précisent que Freud en met le modèle original en place dans la dernière partie de ses Trois essais sur la théorie sexuelle .
Choix d'objet par étayage En 1914, dans Pour introduire le narcissisme, Freud distingue deux types de choix d'objet à la suite de sa modification de sa conception du dualisme pulsionnel : le premier type de choix d'objet, qui s'appelle , « choix d'objet par étayage », est celui, non modifié, décrit dans les Trois essais de 1905. Il s'effectue sur le , Freud écrit qu'. Le second type de choix d'objet, dit « choix d'objet narcissique », ne s'effectue pas sur le mode de recherche d'une relation avec un objet extérieur, .
Références et notes
Voir aussi
Bibliographie Textes de référence Sigmund Freud : Trois essais sur la théorie sexuelle (1905), Gallimard, collection Folio, 1989 Sigmund Freud : Pour introduire le narcissisme (1914), in La vie sexuelle, PUF, 1969,
Études
Emmanuelle Chervet, « Le “ déjà-sublimé ” : un étayage », Revue française de psychanalyse, 2005/5 (Vol. 69), . DOI : 10.3917/rfp.695.1517. Anne-Christine Frankard, « Pathologie du lien et attachement : aux sources de l'étayage », Dialogue, 2007/2 (n° 176), . DOI : 10.3917/dia.176.0105. Dans : « étayage », « Anaclitique (Adj.) », « Choix d'objet par étayage », Jean Laplanche, Vie et mort en psychanalyse, 1970, rééd.: PUF - Quadrige, 2008, . .
Articles connexes Sexualité infantile en psychanalyse Trois essais sur la théorie sexuelle Anaclitique
Catégorie:Métapsychologie Catégorie:Concept de psychologie