thumb|Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté, photographie anonyme, Montréal, musée McCord« Marc-Aurèle de Foy Suzor-Côté, QC, copie réalisée en 1917 », notice du musée McCord.. thumb|Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté dans son atelier, photographie anonyme, Montréal, musée McCord« Marc-Aurèle de Foy Suzor-Côté dans son atelier, QC, copie réalisée en 1917 », notice du musée McCord..
Marc-Aurèle de Foy Suzor-CotéCelui qui, dans sa jeunesse, se prénommait Aurèle Côté, s'est forgé un nom d'aristocrate, d'après celui de sa grand-mère maternelle, Defoy, et de sa mère, Suzor : Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté (sans l'accent circonflexe). — Laurier Lacroix (2002), op. cit., ., né Hypolite Wilfrid Marc-Aurèle Côté le à Arthabaska (aujourd'hui Victoriaville), et mort le à Daytona Beach, est un peintre et un sculpteur québécois.
Biographie Il est le fils de Théophile Coté et de Marie-Céline-Adéline Suzor. La mère de Marie-Céline-Adéline Suzor est une de Foy. Suzor-Coté a cinq frères et deux sœursIbid, p.34. Son père, notaire, désirait à l'origine faire de lui l'héritier de son étudeIbid, p.33, p.43. Suzor-Coté étudie au Collège des Frères du Sacré-Cœur à Arthabaska.. Il y rencontre le frère Clépotien, un Français avec une importante formation artistique. Il enseigne à Suzor-Coté le dessin et le mélange des couleursHugues de jouvancourt, op.cit., p.34-35. Il devient la révélation de l'école à un concours de fin d'année où il présente un portrait au crayon de son pèreIbid, p.34-36. À ses douze ans, il reçoit le prix de lecture française, le prix de calligraphie, le prix de chant, le prix de fanfare et le accessit de composition française et de lecture anglaiseIbid, p.33. Suzor-Coté imagine un paysage lors de l'exécution d'un premier essai en peinture vers 1883. À 15 ans, il peint Poussins sortant de leur coquille à partir d'une chromolithographieHugues de jouvancourt, op.cit., p.36. Avant de quitter son village en 1887, Suzor-Coté décore les murs de l'égliseIbid, p.43. En parallèle, Suzor-Coté est aussi attiré par la musique. Il apprend le piano et devient chantre à la chapelle d'Arthabaska.
Formation À ses 18 ans, Théophile Côté accepte de laisser son fils aller à Montréal pour travailler dans la peinture. Il devient un disciple de l'abbé Joseph Chabert à son atelier de la rue Saint-Gabriel. Dès 1887, la même année, Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté participe à la décoration d'églises avec le peintre Maxime Rousseau. Pendant que Maxime Rousseau brosse les fresques, Suzor-Coté fait les angelots au prix de cinq dollars la tête. Il réalise des œuvres pour Wilfrid Laurier« Marc-Aurèle de Foy Suzor-Côté (1869-1937) Artiste, Bilan du siècle, Université de Sherbrooke., ami de la famille CotéHugues de jouvancourt, op.cit., p.45. En 1890, il peint la fresque Saint Pierre repentant à l'Hôtel-Dieu de Montréal.
Influencé par l'impressionnisme, il voyage plusieurs fois à Paris avec son ami Joseph Saint-Charles. Son ami est allé à Paris étudier à l'École des Beaux-Arts dès 1888 et c'est à son retour en fin 1890 qu'il convinquit Suzor-Coté de le suivre. Il s'embarque le et arrive à Paris début avrilIbid, p.43-45. Il passe 12 ans de sa vie en France avant de revenir s'installer au Canada en 1907. Ce sont ses frères, en cotisant, qui l'aident financièrement chaque mois.
Il s'est d'abord installé quelques jours à l'hôtel du Havre, boulevard du Montparnasse, avant de suivre son ami dans les Vaux-de-Cernay, à Cernay-la-VilleHugues de jouvancourt, op.cit., p.45-46. L'auberge du village est très fréquentée des artistes de l'école de Cernay. Il y rencontre entre autres Léon Germain Pelouse et Henri HarpigniesIbid, p.46.
En France, il suit des cours de peinture et de sculpture à l'École des beaux-arts de Paris et de chant au Conservatoire de ParisHugues de jouvancourt, op.cit., p.47, avec l'aide pour entrer dans ce dernier d'Hector Fabre, commissaire du CanadaHugues de jouvancourt, op.cit., p.49. Pour suivre ses cours, il emménage au 131 rue de Vaugirard. Il travaille sous la direction de Léon BonnatIbid, p.49. Il recevra des conseils d'Harpignies pour l'aider dans ses études. En 1889, il sort des Beaux-Arts huitième sur 236 au concours de fin d'année. L'été de l'année suivante, il retourne à Cernay. En 1892, il rencontre le Canadien anglais Maurice Cullen aux Beaux-Arts et devient son ami. Au Conservatoire, ses professeurs sont Boulanger et E. MassonIbid, p.56. Ayant subi une opération à la gorge à cause d'un coup de froid pris un soir de pluie, il doit se tourner vers la peinture et la sculpture, et étudie aux académies Julian et Colarossi, ainsi qu'à l'École des beaux-arts de Paris. En 1893, Suzor-Coté voyage en Belgique, puis à Lourches où il visite une mine, en Bretagne et en Normandie. Durant ces voyages, il produit des paysages belges, de Porz-Guen et de l'embouchure du Trieux, ainsi que des scènes de vie paysanneIbid, p.63. 1894 est l'année de ses 25 ans et sa dernière année aux Beaux-Arts. Au printemps, quelque temps après son anniversaire, il expose au Salon des Champs-Élysées une œuvre faite à partir de croquis ramenés de Normandie, une vieille tricotant devant la cheminée de son logis. Suzor-Coté devient en effet un artiste du terroir. Il ne peindra jamais les grandes villes qu'il a visitées, à l'exception de Montréal sous ses rudes hivers. En 1895, il retourne à ArthabaskaIbid, p.65.
Ces académies rencontrent les exigences imposées aux étudiants par les Beaux-Arts. De plus, à cette époque il côtoie le sculpteur Auguste RodinAu Québec, ce sculpteur est alors rejeté pour la nature osée de ses œuvres.. Une de ses œuvres de cette époque est Le Grand Nu, une académie d'une amie d'Auguste Rodin. En 1894, il devient membre de la Société des artistes lithographes français.En 1897, il retourne à Paris en compagnie d'Ozias Leduc. Il s'inscrit à l'Académie JulianHugues de jouvancourt, op.cit., p.67 et l'Académie Colarossi. Le , Jules Lefebvre tient un concours et impose un sujet historique: La mort d'ArchimèdeIbid, p.69. Il sort 1er sur 513 élèves et gagne les premiers prix de composition et de dessin. La même année, il gagne une médaille d'argent et une de bronze à l'Académie Colarossi. Pour la sculpture, il reçut des cours d'Alfred LalibertéHugues de Jouvancourt, op.cit., p.25.
Suzor-Coté s'est inspiré du réalisme de Gustave Courbet, notamment dans ses œuvres représentant la vie quotidienne ou les paysansIbid, p.25. Jean-Baptisme Camille Corot est une autre de ses inspirations pour son calme idéalismeIbid, p.27. Léon Bonnat fut un de ses maitres et Henri Harpignies fut un de ses proches conseillers et critiques.
Carrière À Arthabaska, il peint le cours de la rivière Nicolet. Il fera également un portrait au pastel de son père. vignette|Le père de l'artiste, pastel, (1895), 24" x 30", Coll. Mme J. D. Farmer vignette|Fleurs, Huile, (1891), 22" x 26", Coll. L. Simard Son atelier fut construit vers 1895. Un visiteur du temps, Jean Chauvin, donne une brève description de cet atelier qui était garni . Grâce à l'aide de son oncle maternel, Mgr Philippe-Hypolite Suzor, vicaire-général honoraire de Nicolet, il fait un voyage aux États-Unis. À son retour en 1896, il avait obtenu plusieurs contrats pour les églises canadiennes françaises des États-UnisIbid, p.67. En 1891, la fabrique Roger & Gallet lui achète une peinture à l'huile, Fleurs, peinte en 1891, pour servir à la publicité d'un de ses parfums. En 1901, Suzor-Coté tient une exposition à la galerie Scott and Son de la rue Notre-Dame à Montréalhttps://perspective.usherbrooke.ca/bilan/quebec/evenements/23, à partir de ses peintures impressionnistes ramenées d'EuropeIbid, p.12. Il s'installe à Montréal en 1907. En , il tient une exposition à Toronto, qui le découvreIbid, p.11. Il a reçu l'aide de William Brymner, directeur de l'Art Association de Montréal.
Un peintre de l'histoire du Canada Aujourd'hui, de Foy Suzor-Coté est reconnu pour l'envergure et la variété des sujets qu'il traita dans sa carrière de peintre. De plus, la majorité de ses œuvres furent marquées du courant impressionniste alors à la vogue au Québec. Certains évaluent le nombre de ses œuvres à plus de 1500. Il est reconnu pour ses scènes historiques relative au pays, comme la venue de Jacques Cartier à Stadaconé, œuvre intitulée Jacques Cartier rencontre les Indiens à Stadaconé en 1535. Offerte à l'origine au gouvernement du Canada qui la refusa, cette œuvre est aujourd'hui conservée au Musée national des beaux-arts du Québec. Aussi, peut-il être qualifié de . Un nombre élevé de ses toiles illustrent des scènes de la vie quotidienne des gens rencontrés dans son Arthabaska natal, pays qu'il chérira toute sa vie. Avançant dans la carrière, il se consacrera à la création de nus impressionnistes d'amies qu'il aimera qualifier de « cousines ». Plusieurs de ces nus impressionnistes rappelleront les académies produites à Paris.
Renommée Il est l'un des peintres québécois les plus importants des débuts du . Le , le journal La Presse le qualifie du Le critique d'art Morgan Powell souligne que
La dernière décennie de sa vie À la veille de ses 58 ans, le matin du , de Foy Suzor-Coté est victime d'une attaque d'apoplexie qui l'oblige à cesser ses activités créatrices. Les dix années qu'il lui reste à vivre lui permettront cependant de se consacrer à la diffusion de son œuvre et de préparer son entrée dans un éventuel panthéon d'artistes au Canada. La nouvelle de son hémiplégie et de son combat ravive la sympathie du public à son égard. Suivent des traitements à l'hôpital Français et au Sanatoriun Prévost de Cartierville. Avec l'aide de son frère Arthur, fondé de pouvoir, il écoule son fonds d'atelier. Les autorités de la ville d'Arthabaska restent insensibles à la possibilité qui s'offre alors à elles d'acquérir le tout.
Au mois de , Suzor-Coté part pour la Floride en compagnie de Mathilde Savard, son assistante-infirmière. Il s'établit au Ocean Avenue à Daytona Beach. Visité par son ami d'enfance Armand Lavergne, ce dernier nous rapporte : ..
Le , Suzor-Coté épouse son assistante-infirmière, une femme qui fut le pinson du foyer. Le couple mène une vie sociale très active malgré le handicap physique dont l'artiste est affligé. Elle partage l'entrain, la désinvolture et l'esprit de liberté qui caractérise l'artiste. Jusqu'à la fin, Suzor-Coté entretient l'illusion de pouvoir un jour reprendre sa production. Son décès le fut à l'image du foyer que son épouse avait créé, une image dont Suzor-Coté n'était pas étranger. Armand Lavergne rapporte les derniers moments de l'artiste : . C'est dans ce tintamarre que l'artiste assisté de son épouse rendit l'âme. Un tintamarre qui encore se prolonge aujourd'hui par la place que cet artiste a donné à l'œuvre artistique : une place immense. L'artiste est alors exposé par la Galerie L'Art français« La glaneuse », Le Journal de Montréal, 27 novembre 1964: ..
Vie privée Suzor-Coté est le neveu de Mgr Philippe-Hypolite Suzor. Suzor-Coté, par son talent de musicien, était un grand ami de Pablo CasalsHugues de Jouvancourt, op.cit., p.28. À l'école des Beaux-Arts de Paris, il devient ami avec le sculpteur John Flanagan, qui fera de lui un busteIbid, p..63. Il était un ami proche de Maurice Cullen.
Postérité En 1975, sa maison natale est reconnue comme immeuble patrimonial par le gouvernement québécois« Maison Marc-Aurèle-De Foy-Suzor-Coté », dans Lieux patrimoniaux du Canada, site historicplaces.ca..
Plusieurs de ses œuvres sont conservées à Victoriaville au musée Laurier.. Tout près, l'église de Saint-Christophe abrite des fresques peintes par Joseph-Thomas Rousseau assisté par Suzor-Coté.
L'avenue Suzor-Côté, a été nommée en son honneur, vers 1949, dans l'ancienne ville de Sillery, maintenant présente dans la ville de Québec.
Le CLSC Suzor-Côté à Victoriaville porte d’ailleurs son nom en l’honneur du peintre, tout comme la fondation de ce même CLSC (Fondation du CLSC Suzor-Côté).
Distinctions