Ferrari S.p.A. est un constructeur automobile italien installé à Maranello en Italie, fondée par Enzo Ferrari en 1947.

L'histoire de Ferrari est indissociable de celle de la Scuderia Ferrari, écurie automobile évoluant en Sport-prototypes tout comme en grand tourisme – et plus tard en Formule 1 – depuis 1929, avec laquelle le constructeur a connu ses plus grands succès. Forte de son expérience en compétition, la marque au « cheval cabré » () y puise les techniques équipant ses modèles de série, comme l'attestent les Ferrari 288 GTO, F50 ou encore Ferrari Enzo, aux performances sportives exceptionnelles lors de leur lancement.

Histoire

thumb|Enzo Ferrari (à gauche) et d'autres pilotes Alfa Romeo au début des années 1930.

Genèse : l'Auto Avio Costruzioni La genèse de Ferrari débute à la fin des années 1930 – juste après la démonstration technologique des « flèches d'argent » –, date à laquelle la Scuderia Ferrari est le bras armé officiel d'Alfa Romeo en compétition. Le , Alfa Romeo annonce son intention de concourir pour son propre compte sous le nom d'Alfa Corse. Enzo Ferrari, alors à la tête de la Scuderia, se voit proposer le poste de directeur sportif de la nouvelle écurie. Ferrari, animé par un esprit de revanche, refuse la proposition et quitte le constructeur italienHartmut Lehbrink et al. (2004), Ferrari, Ferrari : L'Homme, . Les dirigeants d'Alfa Romeo lui avaient, en effet, interdit de construire et d'engager la moindre automobile sous son nom pendant quatre ans. Ferrari était de surcroît en perpétuel désaccord avec le nouveau directeur technique, Wifredo Ricart, Auto Avio Costruzioni 815, .

En 1939, grâce aux fonds recueillis par l'interruption de la Scuderia, Enzo Ferrari fonde ainsi à Modène sa propre entreprise, l'Auto Avio Costruzioni. Afin de participer aux Mille Miglia 1940, il construit ses deux premières barquettes de course, deux spiders reprenant l'architecture huit cylindres en ligne choisie par l'ingénieur Colombo en 1938, dénommés « type 815 » pour huit cylindres et , carrossés par la Carrozzeria Touring et esthétiquement proches des Alfa Romeo 2300 6C. Pilotées par Lotario Rangoni/Enrico Nardi et Alberto Ascari/Giuseppe Minozzi, les deux barquettes ne finiront pas la course en raison de problèmes mécaniques.

Premières Ferrari thumb|Ferrari Barchetta, première Ferrari .

Il faudra attendre 1947 pour voir apparaître la première Ferrari de l'histoire, la Ferrari . Cette automobile de compétition, dont le but est de surclasser Alfa Romeo, est propulsée par un moteur V12 de conçu par les ingénieurs Gioachino Colombo et Luigi Bazzi. Ce type de motorisation est particulièrement inhabituel parmi les barquettes de course d'après guerre et révèle le caractère particulièrement visionnaire d'Enzo Ferrari. Ce dernier avait été séduit par la générosité d'un douze cylindres de Delage et Packard, et encore davantage de sa sonorité qu'il désignait comme « l'interprétation italienne d'une mécanique raffinée ». Gioachino Colombo et Aurelio Lampredi, qui le remplace en 1951, seront jusqu'en 1955 les « artisans » des modèles 125 à 375.

Lors d'une course à Plaisance, le , Franco Cortese mène la à la victoire, la première d'une longue lignée. Par la suite suivront les et les , Corsa, MM et Sport. La Ferrari marque un tournant dans l'histoire de la marque puisqu'il s'agit de la première Ferrari de route, La naissance des légendes, . Bien que radicalement différentes puisque l'une est destinée au tourisme et l'autre à la compétition, les Ferrari 166 Sport et MM partagent de nombreux éléments mécaniques. Aujourd'hui encore, cette « exceptionnelle filiation », selon les termes de Serge Bellu, caractérise les productions du constructeur italien.

En à peine quelques mois, le palmarès de Ferrari fait déjà état de nombreuses victoires si bien qu'« il semblait que Ferrari se trouvait depuis toujours sur la scène automobile sportive et de compétition », Introduction, .

Une coopération fructueuse Dès la naissance de la marque, Enzo Ferrari porte une attention particulière aux moteurs de ses voitures, le châssis étant secondaire à ses yeux. Il aimait d'ailleurs décrire une automobile Ferrari comme l'« incarnation d'une belle mécanique pour les hommes qui ont le désir de se récompenser eux-mêmes, de réaliser un rêve et d'insuffler pendant longtemps encore à leur vie le feu de la passion juvénile »Hartmut Lehbrink et al. (2004), Ferrari, Préface de Luca Cordero di Montezemolo, .

Pour la carrosserie, Ferrari préfère donc s'adresser à d'autres. Des carrossiers de renom tels que Vignale, Ghia ou encore Touring réalisent de nombreux modèles quasi-uniques pour le compte de Ferrari si bien que ce dernier jouit d'une réputation extraordinaire. Les dépliants publicitaires seront d'ailleurs rares dans l'important réseau de distributeurs locaux mis en place au milieu des années 1950.

vignette|Ferrari 250 GT California Spyder.

Ferrari et le carrossier PininfarinaLe carrossier turinois adoptera définitivement l'écriture « Pininfarina » en un seul mot seulement au début des années 1960. auront une coopération privilégiée dès 1952 et qui se perpétue encore aujourd'hui. Battista « Pinin » Farina, fondateur de la carrosserie, aimait à expliquer que « l'un d'entre eux recherchait une femme belle et célèbre qu'il voulait modeler ; l'autre s'efforçait de trouver un designer à même de lui tailler des vêtements sur mesure »Hartmut Lehbrink et al. (2004), Ferrari, Ferrari : La marque, . Leur première réalisation commune sera un cabriolet destiné au propriétaire d'écurie Georges Filipinetti. D'ailleurs, la Ferrari 250 GT California Spyder, dessinée par Pinin Farina et carrossée par Scaglietti, est « assurément l'une des plus belles Ferrari et l'un des plus beaux cabriolets de l'histoire de l'automobile ».

Officiellement présentée au Salon international de l'automobile de Genève en 2013, la LaFerrari F150 est la deuxième Ferrari entièrement designée par le centre style de Ferrari et marque le début de la rupture avec Pininfarina .

Bouleversements des années 1960 Les années 1960 marquent un tournant dans l'histoire du constructeur italien, et ce, pour plusieurs raisons. La première d'entre elles concerne la Ferrari 250 GTE. Dans le but d'augmenter ses ventes de véhicules de tourisme et ainsi financer ses courses automobiles très onéreuses, Ferrari décide de développer une automobile capable d'attirer une nouvelle clientèle, désireuse d'allier la fonctionnalité d'une à la sportivité d'une GT.. La 250 GTE, première Ferrari dite « GT 2+2 »Les années 1950 sont marquées par l'évolution rapide des infrastructures routières, induisant une demande croissante d'automobiles plus rapides, plus équilibrées, connues sous le nom de « Grand Tourisme ». Strictes 2 places à l'avant et 2 places à l'arrière, ces GT sont dites « 2+2 »., connaît un grand succès. Réalisant l'importance des automobiles à grand volume pour la survie de la marque, GTB Lusso and 330 America, 41., la 250 GTE sera par ailleurs produite à plus de en faisant d'elle la première Ferrari réellement produite en série.

Le second bouleversement concerne plus particulièrement l'entreprise que les modèles. En 1960, Ferrari devient une société anonyme : la Società Esercizio Fabbriche Automobili e Corse (SEFAC). Dépensant beaucoup d'argent en Formule 1, en Grand tourisme et en Sport-prototypes, la SEFAC doit de surcroît faire face à une vive concurrence de la part des autres constructeurs de voitures à hautes performances (Jaguar, Maserati, Porsche ou encore Aston Martin). C'est également durant cette période, en 1963, que le géant américain Ford se propose d'« aider » Ferrari. Néanmoins, l'accord entre Henry Ford II et Enzo Ferrari ne sera jamais signé, ce dernier désirant conserver sa mainmise sur la Scuderia. Vexé, Ford décide de se venger et de battre Ferrari sur son propre terrain. Ford remporte ainsi une série de quatre victoires (de 1966 à 1969) aux 24 Heures du Mans grâce à la puissante Ford GT40 à moteur V8, dont la première a été mise en scène par James Mangold dans le film Le Mans 66.

Malgré cette domination de Ford, Ferrari remporte de nombreuses victoires dans de nombreuses compétitions, avec les Ferrari 250 Testa Rossa et 250 P en Sport-Prototypes ou encore la Ferrari 250 GTO qui surclasse immédiatement ses rivales en Grand Tourisme. Cette dernière est d'ailleurs considérée par le magazine Motor Trend Classic comme l'une des « meilleures Ferrari de tous les temps ». Mais malgré ces succès, l'avenir de Ferrari demeure incertain en raison de difficultés financières. C'est la raison pour laquelle le , Enzo Ferrari vend 50 % des parts de la SEFAC à Gianni Agnelli, CEO du groupe Fiat. L'accord prévoit également qu'à sa mort, 40 % supplémentaires seraient accordés à Fiat tandis que les 10 derniers pourcents iraient à son fils, Piero Lardi Ferrari.

Mort du « Commendatore » La première Ferrari apparue sous l'ère Fiat est la Ferrari 365 Daytona. Malgré son formidable succès – seront produits – la conjoncture économique n'est pas favorable au constructeur italien : crises pétrolières des années 1970, mouvements syndicalistes dans les entreprises ou encore attentats des Brigades rouges. Contrairement à ce que l'on pensait, la mort en août 1988 d'Enzo Ferrari suscite un formidable élan spéculateur autour de la marque Ferrari. Cet incroyable succès des automobiles Ferrari se stoppa au début des années 1990 aussi soudainement qu'il était apparu.

L'entreprise aujourd'hui Situation juridique et financière thumb|upright=0.7|Luca di Montezemolo en 2008. L'entreprise est située à Maranello, en Émilie-Romagne, à de Bologne. Enzo Ferrari y fit construire de toutes nouvelles installations, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, sur des terrains qu'il avait acquis pendant la guerre dans ce gros bourg situé à au sud de Modène, où furent construites les premières voitures portant le nom « Ferrari ». Ferrari depuis le début de l'année 2016, ne fait plus partie du groupe Fiat. Elle fournissait des moteurs – à peu près par an – et la peinture des carrosseries de Maserati, ancienne autre filiale du groupe. En , Fiat, grevé par un endettement colossal, avait dû se résoudre à revendre 34 % de Ferrari au groupe financier italien Mediobanca pour un montant de d'euros.

left|thumb|Ferrari Store installé dans le centre de Milan.

Le , Fiat Chrysler Automobiles (FCA) annonce son intention de scinder Ferrari, en introduisant de 10 à 20 % de Ferrari en bourse, le restant étant redistribué aux actionnaires de Fiat Chrysler AutomobilesFiat Chrysler to spin off Ferrari, issue $2.5 billion convertible bond, Agnieszka Flak, Reuters, 29 octobre 2014. Il espère dégager d'euros par cette venteFiat Chrysler sees 2.25 billion euros from Ferrari before spin-off, Reuters, 13 novembre 2014.

Le , les actionnaires de Fiat Chrysler Automobiles approuvent la scission entre le constructeur et sa filiale Ferrari. À cette occasion, FCA fait le choix de transférer ses actions Ferrari à la société FE InterimFerrari se sépare de Fiat-Chrysler, sur Challenges, 4 décembre 2015. Cette scission est réalisée le La fin d’une longue union pour Ferrari et Fiat, Philippe Jacqué, Le Monde, 4 janvier 2016.

Le , Ferrari annonce la fermeture de ses usines de Maranello et de Modène et l'arrêt de la production jusqu'au en raison de la Pandémie de Covid-19 en Italie, tout comme la Scuderia Ferrari qui arrête ses activités..

Début , le PDG de Ferrari, Louis Camilleri, démissionne de son poste pour raisons personnelles.. Il est remplacé en par Benedetto Vigna en provenance de STMicroelectronics..

« Formula Uomo »