Mohamed Ouahbi, né le à Schaerbeek (Belgique), est un entraîneur belgo-marocain de football. Il est l'actuel sélectionneur du Maroc.
Biographie Naissance et jeunesse Les parents de Mohamed Ouahbi sont nés à Oran, en Algérie française, au sein d'une famille rifaine originaire de la région de Nador qui s'étaient installées en Oranie durant la période coloniale pour des raisons économiques, avant d'être expulsés en 1975 à la suite de décisions de Houari Boumédiène durant la Marche noire. La famille s'établit par la suite en Belgique, où le père de Ouahbi trouve un travail.
C'est à Schaerbeek que naît Mohamed Ouahbi, évoluant dans un cadre familial mettant l’accent sur l’écoute des parents et la valeur du travail. Il grandit dans le quartier de la Gare de Schaerbeek et fait sa scolarité à Bruxelles dans le lycée communal francophone Émile Max.
Âgé seulement de dix ans, Mohamed Ouahbi adopte un amour pour le football à l'occasion de la Coupe du monde 1986. La famille Ouahbi supporte la Belgique, mais vibre surtout pour les Lions de l'AtlasLions de l'Atlas est le surnom de l'équipe du Maroc de football, qui parviennent à se hisser en huitième de finale.
Dans les années qui suivent, il se projette davantage comme pédagogue que comme futur joueur professionnel : plusieurs portraits soulignent qu’il s’oriente d’abord vers l’enseignement et la formation, avant de basculer progressivement vers le football comme métier. Plus tard, Ouahbi entame des études d'éducateur à l'Institut supérieur Charles De Buls d'Anneessens, dans l’espoir de pouvoir, un jour, associer son métier à sa passion.
Carrière d'entraîneur Débuts au Maccabi Brussels Mohamed Ouahbi commence sa carrière d'entraîneur à l'âge de 21 ansMohamed Ouahbi à propos de ses débuts en tant qu'entraîneur : interview avec CEFF TV (10:02). À partir de 1997, il rejoint le Maccabi Brussels,pour y encadrer des équipes de jeunes. Il y exerce des fonctions d’éducateur pendant six saisons, conçoit des séances adaptées aux catégories d’âge et acquiert une première expérience structurée de la planification, de l’observation et de l’évaluation des joueurs. Il combine ce job avec le métier de professeur d’éducation physique à l’École du Canal près de Yser à Bruxelles.
Son passage au Maccabi se déroule dans un environnement socialement ouvert, où cohabitent des jeunes issus d’horizons variés. Cette immersion favorise une pratique centrée sur l’inclusion et la coéducation par le sport ; Ouahbi y développe des compétences de gestion de groupe et de prise de parole, apprend à faire abstraction des préjugés et à mettre à distance les stéréotypes, tout en privilégiant l’apprentissage et le cadre éducatif sur l’enjeu strictement compétitif.
Sur le plan sportif, les résultats demeurent secondaires au regard des objectifs formatifs affichés par le club. Cette étape constitue néanmoins un socle fondateur pour Ouahbi : elle consolide ses méthodes d’entraîneur, structure son rapport à la pédagogie et prépare ses engagements ultérieurs dans des centres de formation de plus haut niveau, prélude à son arrivée dans des structures professionnelles bruxelloises.
RSC Anderlecht Mohamed Ouahbi arrive en 2003 à Neerpede, au RSC Anderlecht en commençant avec les moins de 9 ans de Charly Musonda Jr. et Adnan Januzaj. Il y retrouve son ami Yannick Ferrera, rencontré auparavant au Maccabi, et découvre les installations d’un club faisant partie de l’élite belge. Il augmente ensuite de catégories jeunes en coachant également les U10, U11 jusqu'aux espoirs (U21).
Lors de la saison 2014-2015, il atteint la demi-finale de l'UEFA Youth League, éliminé par le Chakhtar Donetsk sur le score de 1-3 à Nyon.
En début de saison 2015-2016, il devient entraîneur adjoint de l'équipe première, épaulant Besnik Hasi. Lors de cette saison, Anderlecht boucle la Jupiler Pro League à la 2e place après les play-offs, derrière le Club Bruges KV, ce qui lui vaut un ticket pour les tours préliminaires de la Ligue des champions 2016-2017 ; le parcours en Coupe de Belgique s’arrête tôt. En Ligue Europa, l’équipe finit 2e du groupe J derrière Tottenham (victoire 2-1 contre les Spurs à Bruxelles, succès 2-0 à Monaco), élimine l'Olympiakós en seizièmes (1-0, puis 2-1 a.p. au Pirée) et sort en huitièmes contre le Chakhtar Donetsk (1-3, 0-1). Besnik Hasi est démis de ses fonctions le , et .
Durant la saison 2017-2018, alors qu'il est entraîneur de la section U17, il parvient à remporter le championnat de Belgique dans cette catégorie, qualifiant l'équipe à la prochaine UEFA Youth League. En fin de saison, il obtient une licence UEFA Pro.
Durant la saison 2018-2019, il devient l'entraîneur de la catégorie U15 et compte dans ses rangs Bilal El Khannouss.
Durant la saison 2020-2021, il reste entraîneur de la catégorie U15 . En fin de saison, Ouahbi révèle quitter le club via ses réseaux sociaux. Dans une publication du directeur de l'académie, Jean Kindermans, il met en lumière plusieurs joueurs qu'il a formé dont : Youri Tielemans, Dodi Lukébakio, Yari Verschaeren, Jérémy Doku, Leander Dendoncker ou encore Anouar Ait El Hadj. La presse belge l'annonce alors s'approcher d'un contrat en tant qu'entraîneur au Moyen-Orient.
Adjoint à Al-Fateh SC Après son départ du RSC Anderlecht en 2021, Mohamed Ouahbi rejoint l’Arabie saoudite et intègre le staff de Yannick Ferrera à Al-Fateh SC, où il occupe brièvement le poste d’entraîneur adjoint avant la fin de cette expérience début 2022.
Maroc U20 En , Mohamed Ouahbi est nommé par le président de la Fédération royale marocaine de football, Fouzi Lekjaa, nouveau sélectionneur de l'équipe du Maroc des moins de 20 ans, épaulé par Jamel Aït Ben Idir, succédant à Zakaria Aboub.
En , le Maroc dispute la Coupe arabe U20 en Arabie saoudite et s’arrête en quarts de finale, battu 2–1 par l'Égypte.
En , le Maroc prend part au tournoi U20 de l’UNAF en Égypte, qualificatif de zone vers la CAN U20 : nul face à la Tunisie, victoire 2–0 contre l'Algérie à Suez, puis défaite contre la Libye ; la sélection boucle le tournoi à la derrière la Tunisie et la Libye.
En , le Maroc dispute le tournoi U20 de l’UNAF à Ariana (Tunisie) et termine deuxième de l’édition, avec notamment une défaite 3–1 contre la Tunisie lors de la troisième journée.
En , le Maroc est sacré champion du tournoi U20 de l’UNAF et décroche sa qualification pour la phase finale de la CAN U20 à venir. Malgré de nombreuses critiques de la part de la presse et des internautes, il parvient à garder son poste de sélectionneur pour préparer la prochaine CAN.
En avril–, le Maroc dispute la CAN U20 en Égypte, finit en tête de son groupe après un succès 3–1 contre la Tunisie, écarte l’hôte en demi-finale, puis s’incline 1–0 en finale au Stade du 30 Juin face à l’Afrique du Sud ; à l’approche du dernier carré, Ouahbi souligne la volonté de viser le titre tout en respectant ses adversaires. Il construit une équipe autour de jeunes majoritairement binationaux, mélangé à des joueurs formés à l'Académie Mohammed VI de football. Parmi les joueurs les plus capés : Yassine Khalifi, Yassir Zabiri et Othmane Maamma.
En septembre–, le Maroc participe à la Coupe du monde U20 au Chili, élimine les États-Unis en quarts de finale (3–1 à Rancagua) et se qualifie pour la finale après un 1–1 contre la France à Valparaíso conclu par une séance de tirs au but gagnée 5–4 ; au fil du tournoi, Ouahbi fixe comme cap d’atteindre la finale puis de . En finale, il bat l'Argentine 2-0 et couronne le Maroc en tant que champion du monde pour la première fois de l'histoire.
Maroc U23 Le , il est nommé sélectionneur du Maroc olympique par le président de la Fédération royale marocaine de football, Fouzi Lekjaa pour préparer les Jeux olympiques d'été de 2028 à Los Angeles. Il succède ainsi à Tarik Sektioui, qui tenait les rênes de cette sélection lors les Jeux olympiques précédents.
Son mandat d'une durée de moins de quatre mois, ne connaît aucune trêve internationale avec le Maroc olympique, puisqu'il figure parmi les potentiels successeurs de Walid Regragui après la CAN 2025, en fin . Ainsi, ce rôle est repris par le sélectionneur Jamel Aït Ben Idir en tant qu'intérimaire.
Maroc Le , il est présenté par Fouzi Lekjaa en tant que nouveau sélectionneur de l'équipe du Maroc à la suite de Walid Regragui, lors d'une conférence de presse tenue au Complexe Mohammed VI de Salé. Il est épaulé par l'entraîneur adjoint João Sacramento. Sa première liste connait plusieurs joueurs qu'il connait de la sélection U20 précédente, dont Gessime Yassine, Samir El Mourabet, Yassir Zabiri et Ismaël Baouf.
redresse|vignette|droite|Ouahbi contre le Brésil en Coupe du monde 2026.
Son premier match amical contre l'Équateur à l'Estadio Metropolitano (match amical, 1-1) entre dans le cadre des préparations pour la Coupe du monde 2026 aux États-Unis. Alors qu'il a un Mondial qui arrive dans les mois suivants, Ouahbi publie une préselection de plus de 30 joueurs pour un stage de préparation au Complexe Mohammed VI pour avoir une vue large de joueurs pour préparer sa liste défintiive, qui sort en fin mai 2026.
Lors de son premier match de Coupe du monde contre le Brésil à New York, avec le forfait de Nayef Aguerd et Ez Abde, il alligne un onze composé de Ismael Saibari en pointe et une titularisation d'Ayyoub Bouaddi, âgé seulement de 18 ans. Lors de cette rencontre qui se termine sur un score égal de 1-1, l'équipe du Maroc devient la première équipe nationale de l'histoire à composer son onze de base de joueurs nés uniquement à l'étranger (hors du Maroc), mettant en valeur la diaspora marocaine.
L'effectif de Ouahbi parvient à se hisser en quarts de finale, en étant éliminé contre la France de Didier Deschamps, sur le score de deux buts à zéro. Peu après cette Coupe du monde, Ouahbi déclare en conférence de presse prendre l'entiereté des responsabilités de cette défaite, et souligne avoir manqué de percussion contre Les Bleus, mais relativise en déclarant qu'il s'agit du meilleur jeu proposé par la sélection marocaine dans son histoire en Coupe du monde.
Philosophie et méthodes Style de jeu Formé en tant qu'entraîneur au RSC Anderlecht, Mohamed Ouahbi prône un jeu proactif fondé sur la maîtrise du ballon, l’initiative et la production d’actions « positives ». Ses équipes de jeunes à Bruxelles étaient décrites comme énergiques et portées vers l’avant, avec un pressing haut et une construction rapide — un cadre où il a alterné des structures 3-4-3 et 4-3-3 en fonction de l’âge et du contexte, tout en conservant une exigence technique et de vitesse d’exécution.
redresse|vignette|gauche|Ouahbi et Carlo Ancelotti avant la rencontre contre le Brésil en Coupe du monde 2026.
En tant que sélectionneur d'équipe nationale, Ouahbi insiste sur des principes de jeu lisibles et constants : style clair, courage dans les moments clés et patience dans la gestion des temps faibles. Sa communication autour du groupe valorise l’unité, l’autonomie du joueur et la responsabilité tactique, dans la continuité d’une formation où « comprendre le jeu » prime sur la simple exécution. Ces éléments apparaissent dans ses entretiens de tournoi et dans des portraits récents retraçant sa philosophie.
Sur le plan opérationnel, ses matchs à élimination directe mettent en évidence une préparation ciblée sur les forces propres de l’équipe, une analyse concise de l’adversaire et des messages simples pour ne pas surcharger les joueurs. Il revendique une gestion des « phases du jeu » (blocs compacts, transitions, maîtrise du score) et une forte dimension mentale pour tenir sous pression, tout en maintenant l’approche habituelle de l’équipe contre des adversaires de haut niveau.
Choix international des binationaux