Auguste Montfort, dit Le Breton, est un écrivain français né le à Lesneven et mort le à Saint-Germain-en-Laye. Après une jeunesse mouvementée qui le voit fréquenter les voyous, il entame avec succès une carrière d'écrivain.
Il est entre autres célèbre pour avoir inventé le mot « rififi » et introduit celui de « verlan ». Auteur prolifique de romans policiers, il a aussi écrit des ouvrages sur l'argot. Plusieurs de ses romans ont fait l'objet d'une adaptation cinématographique en France, principalement dans les années 1950 et 1960.
Biographie
Jeunesse et premiers emplois Son père Eugène Monfort (sans t médian)Goulven Péron, Le clan des Monfort, Revue du Centre généalogique du Finistère, 114, juin 2010, d'origine lorientaiseJean-Loup Avril 1000 Bretons. Dictionnaire biographique page 256 éditeur Les Portes du large 2002qui est un acrobate et un clownOlivier de Lagarde, Les noms de famille en Normandie : histoires et anecdotes, Archives et Culture, 1998, 215 pages, ., un auguste (d'où le prénom de son filsAuguste Le Breton « Eugène Montfort mon père » dans Ils ont dansé le rififi (Mémoires) p. 254 ), meurt pendant la Première Guerre mondiale le , disparu au combat, mort pour la France. Sa mère, Rosalie Gorel, décédée à Paris le (archives municipales de Rennes), « l'oublie » sur son parcours. Il devient pupille de la Nation, et de la ferme bretonne où il garde les vaches, on le conduit, à huit ans, dans un orphelinat de guerre. Épris de liberté et d'aventures, il s'en évade à onze ans, puis à douze, pour aller en Amérique combattre les Indiens. À quatorze ans, ces évasions lui valent d'être envoyé en maison de correction, alors véritable bagne pour enfants. Cette enfance et cette adolescence particulières, il les racontera dans Les Hauts Murs et La Loi des rues.
Ensuite il est couvreur, terrassier, fréquente aussi la pègre. Là, il noue de solides amitiés avec les voyous de Saint-Ouen, qui le baptisent « Le Breton ». Lorsque la guerre survient, puis l'Occupation, il fait le bookmaker, possède des parts dans des tripots et des restaurants, affronte parfois les gangsters de la Gestapo française. À la Libération, on lui attribue la Croix de guerre, mais non pas ce qu'il recherche : pouvoir pénétrer dans les orphelinats et maisons de correction, pour s'informer et voir. Il reprend alors ses activités de bookmaker clandestin. Il raconte cette biographie sous l'Occupation dans 2 sous d'amour.
Débuts dans l'écriture En 1947, il a 34 ans, sa fille Maryvonne naît. Il décide alors de tenir le serment qu'il s'était fait lorsqu'il dormait contre les grilles de métro, pour bénéficier de la chaleur : . Ce sera une fille, mais qu'importe. Il prend la plume pour raconter les années de maison de correction de sa jeunesse dans Les Hauts Murs, qu'il dédie à sa fille, Maryvonne.
Il écrit par la suite La Loi des rues, mais c'est Du rififi chez les hommes, édité à la Série noire, qui fait de lui une vedette du polar à la française. Son avocat d'alors lui suggère de déposer le mot « rififi ». Ce mot restera donc la propriété exclusive de son auteur. Le livre deviendra un film de Jules Dassin. Le manuscrit sera refusé par plusieurs éditeurs, avant finalement d'être accepté par Gallimard.
Dans le film Razzia sur la chnouf, il fait une apparition en tant que dirigeant de tripot, lorsque Jean Gabin vient chercher un transporteur de chnouf indélicat, calibre en main. Par la suite, le cinéma puisera énormément dans l'œuvre d'Auguste Le Breton (associé à des noms comme Michel Audiard, Albert Simonin, Frédéric Dard).
Écrivain confirmé S'enchaînent alors plus de 80 livres, dont certains seront portés à l'écran : les mythiques Razzia sur la chnouf, Du rififi chez les hommes, et le célèbre Clan des Siciliens. Ces films lui ont permis de côtoyer des monstres du cinéma français : des acteurs tels Gabin, Ventura, Delon, Hossein et des metteurs en scène comme Gilles Grangier, Henri Decoin et Henri Verneuil. Auguste Le Breton était moins à l’aise dans la fiction pure et dure. Il était surtout un excellent autobiographe et biographe, un excellent témoin de son époque et de son milieu. Il fait le tour du monde, ce qui lui permet de situer l'action de ces « Rififis » au Brésil, Mexique, Argentine, Canada, à New York, à Hong Kong. Il dira : « Je ne crois pas qu'on puisse situer un roman dans un pays où l'on n'a pas vécu. Un écrivain ne doit pas vivre sans quitter sa chaise, ou alors il ne sert à rien. »
Amoureux de sa Bretagne natale, il partage son temps entre la région parisienne et Brignogan. Il n'est pas rare de croiser ce « petit bonhomme », toujours coiffé d'un béret ou d'une casquette, emmitouflée dans une écharpe, à Lesneven pour ses achats de livres ou à Ploudaniel, où il a ses habitudes dans un restaurant. Le , il inaugure la bibliothèque de Ploudaniel. Et trois ans plus tard, jour pour jour, le , Maryvonne, sa fille, inaugure le bâtiment où se situe la bibliothèque, bâtiment qui devient l'espace Auguste le Breton.
En 1995, il écrit Monsieur Crabe, hommage à ceux et celles qui l'ont épaulé dans sa lutte contre un cancer de la gorge, dont il s'est sorti. Et à 85 ans, en 1998, il publie Du vent… et autres poèmes, révélant au public un autre aspect de son talent.
Auguste Le Breton passe les dernières années de sa vie au Vésinet, rue Pasteur. Il meurt d'un cancer du poumon à l'hôpital de Saint-Germain-en-Laye le à l'âge de 86 ans. Il est enterré au cimetière du Vésinet.
Son livre Les Hauts Murs, est adapté à l'écran en 2008.
Le Breton et l'argot Auguste Le Breton est l'un des auteurs qui ont introduit l'argot, langue de la rue, en littérature.
Il rend ainsi hommage à ceux à qui il doit sa langue :
Il l'enrichit d'ailleurs lui-même. Ainsi invente-t-il le mot « rififi » sur le quai de la Fosse, à Nantes, en 1942, terme dont il fera le titre de son œuvre majeure, Du rififi chez les hommes. Le mot entrera dans les dictionnaires et fera le tour du monde.
C'est également lui qui crée le terme « verlan », initialement sous la forme « verlen », en 1942 au Café de la Poste, à Paris, puis l'utilise dans son œuvre ultérieure :
Œuvre
Romans Série Rififi Du rififi chez les hommes, Gallimard, Série noire , 1953 ; rééditions : Le Livre de poche , 1971 ; Carré noir , 1976 ; Folio , 1992 ; Folio policier , 1999 Du rififi chez les femmes, Presses de la Cité, Un mystère , 1957 Du rififi à New York (Pour 20 milliards de diamants), Presses de la Cité, Un mystère , 1962 Du rififi au Proche-Orient (Le Pain, le sang et le sel), Presses de la Cité, Un mystère , 1953 Du rififi à Hambourg (Les Racketters), Presses de la Cité, coll. « Cavalcade », 1960 (sous le titre Les Racketters) ; Presses de la Cité, Un mystère , 1963 Du rififi au Mexique (Chez Cuanthemoc), Presses de la Cité, Un mystère , 1963 Du rififi à Barcelone (Toreros et truands), Presses de la Cité, Un mystère , 1964 Du rififi à Paname (Face au syndicat du crime), Plon, 1964 Du rififi au Cambodge (Opium sur Angkor Vat), Plon, 1965 Du rififi derrière le Rideau de Fer (Le Soleil de Prague), Plon, 1968 Du rififi à Hong-Kong (Sociétés secrètes criminelles), Plon, 1968 Du rififi au Brésil (Escadron de la mort), Plon, 1968 Du rififi au Canada (Le Bouncer), Plon, 1969 Du rififi en Argentine (Où souffle le Pampero), Plon, 1969
Série L'As L'As des anti-gangs, Plon, Les Antigangs , 1977 L'As et « Belles Chaussures », Plon, Les Antigangs , 1977 L'As et le Casse du siècle, Plon, Les Antigangs , 1977 L'As et la Marquise, Plon, Les Antigangs , 1977 L'As et l'Ennemi public, Plon, Les Antigangs , 1977 L'As et les Terroristes, Plon, Les Antigangs , 1978 L'As au Sénégal, Plon, Les Antigangs , 1978 L'As et les Malfrats, Plon, Les Antigangs , 1978
Série Bontemps de la Brigade anti-gangs [Le Masque] Paul Bontemps super-flic, Éditions du Masque, Brigade anti-gangs , 1979 Bontemps aux Bahamas, Éditions du Masque, Brigade anti-gangs , 1979 Bontemps et le Gang des postes, Éditions du Masque, Brigade anti-gangs , 1979 Bontemps et la Couronne de Russie, Éditions du Masque, Brigade anti-gangs , 1980 Bontemps et les Braqueurs du Louvre, Éditions du Masque, Brigade anti-gangs , 1980 Bontemps et le Navajo, Éditions du Masque, Brigade anti-gangs , 1980 Bontemps et les Loubards, Éditions du Masque, Brigade anti-gangs , 1980 Série Bontemps de la Brigade anti-gangs [Media 1000] Bontemps en Amazonie, Média 1000, Brigade anti-gangs , 1981 Bontemps et le Corrompu, Média 1000, Brigade anti-gangs , 1981 Bontemps et l'Officier perdu, Média 1000, Brigade anti-gangs , 1981
Série Bontemps de la Brigade anti-gangs [Presses de la Cité] Bontemps à New York, Presses de la Cité, Brigade anti-gangs , 1981 Bontemps et les Caïds, Presses de la Cité, Brigade anti-gangs , 1982 Bontemps à Hong-Kong, Presses de la Cité, Brigade anti-gangs , 1982 Bontemps et le Sadique, Presses de la Cité, Brigade anti-gangs , 1982 Bontemps et le Jeune Tueur, Presses de la Cité, Brigade anti-gangs , 1982 Bontemps et la Mine d'El Papayo, Presses de la Cité, Brigade anti-gangs , 1983 Bontemps contre les anti-gangs, Presses de la Cité, Brigade anti-gangs , 1983 Bontemps, le Juif et le criminel de guerre, Presses de la Cité, Brigade anti-gangs , 1983 Bontemps et la Chienne rouge, Presses de la Cité, Brigade anti-gangs , 1983 Bontemps et les Jack-pots, Presses de la Cité, Brigade anti-gangs , 1984 Bontemps et les Holdopeuses, Presses de la Cité, Brigade anti-gangs , 1984 Bontemps et la Balancette, Presses de la Cité, Brigade anti-gangs , 1984 Bontemps et les Indiens, Presses de la Cité, Brigade anti-gangs , 1984 Bontemps et l'Homme chat, Presses de la Cité, Brigade anti-gangs , 1985 Les Demoiselles du porno, Presses de la Cité, Brigade anti-gangs , 1985 Gentleman gangster, Presses de la Cité, Brigade anti-gangs , 1985 Le Cogneur, Presses de la Cité, Brigade anti-gangs , 1986 Chambre forte, Presses de la Cité, Brigade anti-gangs , 1986
Série Yves Tréguier Les Hauts Murs (1954) . édition en 1955
Autres romans Razzia sur la chnouf , Gallimard, Série noire , 1954 ; rééditions : Le Livre de poche , 1971 ; Carré noir , 1976 Le rouge est mis, Gallimard, Série noire , 1954 ; rééditions : Le Livre de poche , 1971 ; Carré noir , 1976 Rafles sur la ville, Presses de la Cité, 1955 Les Tricards, Presses de la Cité, 1958 Les Racketters, Presses de la Cité, 1960 Les Maq's, Presses de la Cité, 1960 Priez pour nous, Presses de la Cité, 1961 Les Jeunes Voyous, 1965 Brigades anti-gangs, Plon, 1965 Le Clan des Siciliens, Plon, 1967 Le Tueur à la lune, Plon, 1971 Rouges étaient les émeraudes, Plon, 1971 Les Bourlingueurs, Plon, 1972 Les Pègriots, Plon/Robert Laffont, 1973 ; réédition Le Livre de poche , 1980 Fortifs, Hachette, 1982 Deux sous d'amour, Carrère, 1986 Du Rebecca chez les aristos, Éditions du Rocher, 1991 Le Bedeau, Éditions du Rocher, 1995
Poésie Du vent… et autres poèmes, Plon, 1968
Mémoires Ils ont dansé le rififi, Éditions du Rocher, 1991
Biographie Malfrats and Co, Robert Laffont, 1971 Monsieur Rififi (1976) La Môme Piaf, Hachette, 1980 Deux sous d'amour (1986) Monsieur Crabe, Éditions du Rocher, 1995
Autres publications Langue verte et noirs desseins, Presses de la Cité, 1960 ; réédition sous le titre L'Argot chez les vrais de vrai, Presses de la Cité, 1975 (illustré par Piem) Aventures sous les tropiques, Éditions Pygmalion, coll. Univers insolite, 1977 Argotez, argotez, il en restera toujours quelque chose, Carrère, 1987 (illustré par Piem)
Cinéma Adaptations de son œuvre 1955 : Du rififi chez les hommes de Jules Dassin 1955 : Razzia sur la chnouf de Henri Decoin 1956 : La Loi des rues de Ralph Habib 1957 : Le rouge est mis de Gilles Grangier 1958 : Rafles sur la ville de Pierre Chenal 1959 : Du rififi chez les femmes de Alex Joffé 1963 : Rififi à Tokyo de Jacques Deray 1966 : Du rififi à Paname de Denys de la Patellière 1969 : Le Clan des Siciliens de Henri Verneuil 2008 : Les Hauts Murs de Christian Faure