La Ferme des animaux (titre original : Le sous-titre , qui apparaît sur toutes les éditions initiales britanniques, fut abandonné dans les éditions américaines afin d'éviter toute confusion avec un livre pour enfants. ().) est un roman court de George Orwell, publié en 1945. Découpé en dix chapitres, il décrit une ferme dans laquelle les animaux se révoltent ensemble contre leur maître, prennent le pouvoir, chassent les hommes et vivent en autarcie.
Il s'agit d'un apologue écrit sous la forme d'une fable animalière, mais également d'une dystopie. Dans ce roman, Orwell propose une satire de la révolution russe et une critique du régime soviétique, en particulier du stalinisme, et au-delà, des régimes autoritaires et du totalitarismeLettre à Dwight Macdonald du 5 décembre 1946 (George Orwell, Écrits politiques (1928-1949), Agone, coll. « Banc d'essais », 2009, ..
Le livre figure dans la liste des cent meilleurs romans de langue anglaise écrits de 1923 à 2005 par le magazine Site time.com, page All-Time100 Novels, numéro 4.
Préfaces Préface originale À l'origine, George Orwell avait écrit une préface dénonçant l'autocensure pratiquée au Royaume-Uni, qui supprimait toute critique de l'Union soviétique, son alliée pendant la Seconde Guerre mondiale.
Bien que la première édition ait prévu cette préface, elle ne fut pas incluse..
Préface de l'édition en italien En 1972, le bibliothécaire britannique , spécialiste des œuvres de George Orwell a retrouvé le manuscrit de cette préface, intitulée « The Freedom of the Press » et Bernard Crick l'a publiée dans le The Times Literary Supplement du , avec une introduction intitulée « How the essay came to be written ». Bernard Crick l'a publiée dans l'édition italienne de La fattoria degli animali précédée d'une « Introduzione all'introduzione che Orwell soppresse alla Animal Farm », Arnoldo Mondadori Editore, collection « Oscar » 102, 1973Voir sur fantascienza.com..
Préface de l'édition en ukrainien Orwell écrivit une autre préface pour l'édition en ukrainien, préparée par (Kolhosp Tvaryn, Prometej, 1947). Cette édition était destinée à des réfugiés ukrainiens vivant dans des camps pour personnes déplacées situés en Allemagne dans les zones d'occupation anglaise et américaine. Le manuscrit en est perdu, elle n'est disponible qu'en retraduction vers l'anglais du texte en ukrainienVoir sur orwell.ru..
Le texte vignette|Dessin préliminaire pour la conception du dessin animé éponyme. Texte sous le dessin : Résumé synthétique Dans la journée, la rumeur s’était répandue que Sage l’Ancien avait été visité, au cours de la nuit précédente, par un rêve étrange dont il désirait entretenir les autres animaux.
Comme l'indique cet extrait situé en tout début du premier chapitre., ce roman commence par un rêve dont le contenu évoque la prise en charge de leur destin par les animaux eux-mêmes : animés par les idéaux d'un vieux cochon dénommé Sage l'Ancien (aussi Major l'Ancien selon les éditions), ils décident de se révolter contre leur maître, M. Jones, dans l’espoir de mener une vie autonome dans l’égalité, l’entraide et la paix pour tous.
La ferme est passée sous le contrôle des animaux. Elle est dès lors gérée dans le respect des sept commandements qui prônent le pacifisme tout en définissant les spécificités des animaux, présentées comme une richesse. L’ennemi est clairement désigné : l'Homme doit disparaître du lieu, une cohésion doit se créer entre les bêtes et se renforcer autour de la menace humaine.
Très rapidement, les cochons forment une élite et sont amenés à prendre le pouvoir, asservissant les autres animaux. Ils utilisent leur intelligence supérieure pour manipuler les craintes et modifier le passé à leur avantage. Les idéaux sont très vite dénaturés, les principes généreux insensiblement dévoyés. Un dictateur émerge, chasse son principal rival, puis exécute les « traîtres » pour asseoir son pouvoir de plus en plus hégémonique. Il instaure un culte de la personnalité, maintient ses congénères en état de soumission et les épuise par un travail harassant.
Ce maître, devenu tout puissant avec l'aide des chiens et des autres cochons, continue à leur faire miroiter le même espoir, mais leur fixe un objectif inaccessible tout en leur promettant sans cesse une vie meilleure afin de les maintenir dans cette utopie. Les années passent et l'ouvrage s'achève sur un constat amer pour les autres animaux asservis : plus rien ne semble distinguer les cochons de leurs anciens maîtres.
Résumé par chapitre Chapitre I vignette|Troupeau de moutons dans une ferme anglaise.Photographie de Chris Upson en 2006 Un jour, les animaux de la ferme du Manoir, profitant de la négligence du propriétaire, sont convoqués dans la grange par Sage l'Ancien, le plus vieux cochon de la ferme. Parmi eux, Malabar, Douce et Lubie, des chevaux de trait, Benjamin, un âne cynique peu disposé à l'ouverture d'esprit, Edmée, une chèvre blanche, Filou, Fleur et Constance - trois chiens, une chatte, des cochons, des moutons, des vaches, des poules, des canards, des oies et des pigeons. Avant de leur faire part de son rêve de la veille, Sage l'Ancien souhaite leur transmettre la sagesse qu'il a acquise avec les années. Selon lui, aucun animal d'Angleterre n'est heureux. Et tout cela, par la faute des humains qui accaparent la totalité du fruit du travail animal : le lait et les œufs sont captés au seul bénéfice des hommes. L'homme est pourtant l'espèce la plus faible de la nature terrestre, mais il a réussi à profiter des forces des autres sans rien fournir en échange. Sage l'Ancien décrit alors leur sort : les animaux mènent une vie laborieuse, courte et tragique, sans qu'il s'agisse d'une loi de la nature. Ils peuvent mettre fin à cette injustice : Sage leur décrit un monde débarrassé d'humains et leur laisse entrevoir les nombreux avantages dont les animaux pourraient alors profiter - par exemple, travailler dignement et non plus comme des esclaves, avoir des loisirs, vivre plus longtemps, profiter d'une retraite, pouvoir se nourrir à sa faim et nombre d'autres avantages. Dès lors, le vieux Sage exhorte tous les animaux à se soulever contre le fermier, M. Jones, l'unique source de tous leurs problèmes.
Il se produit alors un incident dans l'assemblée : des rats sortent de leur trou pour écouter Sage l'Ancien. Les chiens et le chat se jettent sur eux et Sage l'Ancien fait alors voter l'assemblée pour décider si, oui ou non, les rats, ainsi que les autres animaux sauvages, sont des ennemis. Les rats sont acceptés comme à une écrasante majorité. En fait, seuls les chiens et la chatte ont voté contre.
Sage l'Ancien raconte enfin son rêve, tout en entonnant un chant révolutionnaire qui s'en inspire. Celui-ci est intitulé Bêtes d'Angleterre (établi sur l'air de La cucaracha.) et Clémentine. Les animaux reprennent le chant dans l'enthousiasme. Le brouhaha provoque le réveil du propriétaire de la ferme, M. Jones : croyant à la présence d'un renard en train de rôder, il se met à tirer à l'aveuglette.
Chapitre II vignette|Version du drapeau de l'Animalisme, comme l'a indiqué George Orwell. Selon le livre, le vert représente les champs de l'Angleterre, tandis que le sabot et la corne représentent la République des Animaux Trois jours plus tard, Sage l'Ancien meurt paisiblement dans son sommeil. Aussitôt, une intense activité conspiratrice se développe parmi les animaux. Seul Moïse, le corbeau apprivoisé, reste fidèle à et Jones.
Par chance, la révolution a lieu plus tôt et plus facilement qu'espéré : un soir, Mr Jones rentre saoul du bar de la ville et va se coucher directement sans nourrir les bêtes. Le manque de nourriture provoque la colère des animaux : dans un moment de fureur, ils attaquent Jones et ses ouvriers agricoles, et parviennent à chasser tous les humains de la ferme. Le corbeau Moïse suit Jones dans sa fuite.
Arraché aux mains de ses propriétaires, le domaine est renommé la « Ferme des animaux ». Les nouveaux dirigeants sont vite désignés au regard de leur intelligence supérieure : les cochons Napoléon et Boule de neige, tous deux secondés par Brille-Babil, un goret excellent dans l'art du discours et que les animaux écoutent volontiers. Tous trois élaborent et proposent un système politique qui régira désormais la vie de la ferme, l'« animalisme », néologisme à usage historique. Peu après, ils réunissent les animaux dans la grange et inscrivent sur le mur les sept grands commandements de ce nouveau système : « Tout deux pattes est un ennemi » ; « Tout quatre pattes ou volatile est un ami » ; « Nul animal ne portera de vêtements » ; « Nul animal ne dormira dans un lit » ; « Nul animal ne boira d'alcool » ; « Nul animal ne tuera un autre animal » ; « Tous les animaux sont égaux ».
Le drapeau de l'animalisme représentant un sabot et une corne, symbole de la lutte des animaux, est fièrement hissé sur un mât au milieu de l'ancien domaine des Jones. Cependant, les vaches donnent à ce moment du lait et personne ne sait quoi en faire : lorsque les animaux reviennent du travail aux dépendances, le lait a disparu.
Chapitre III vignette|Dessin représentant un cochon Les animaux effectuent la fenaison sous la direction des cochons, et leur récolte s'avère plus productive que celle des humains. Ils sont heureux, mangent à leur faim et parviennent à résoudre les problèmes qui se posent à eux, même si quelques animaux semblent être moins disposés à s'investir que d'autres : Lubie, la jument blanche, qui était plutôt contente de sa vie d'avant, et la chatte, sans oublier les cochons Boule de Neige et Napoléon qui perdent leur temps en longues discussions et sont souvent en situation de désaccord. Benjamin, lui, reste le même, et bien qu'on lui demande si la vie n'est pas mieux depuis l'expulsion de Jones, Benjamin prétexte que leur vie restera toujours la même et reste neutre quant au conflit entre Boule de Neige et Napoléon.
Des commissions créées par Boule de Neige permettent d'éduquer les animaux, bien que cela se révèle difficile. Les cochons ont en effet appris à écrire à l'aide d'un vieil abécédaire appartenant aux enfants des Jones - mais pour les autres animaux, ils ne retiennent que quelques mots ou seulement quelques lettres, selon leurs capacités. Cependant, les sept commandements sont résumés par une maxime dans un souci de simplification : . Les oiseaux sont cependant en colère, car ils sont eux-mêmes bipèdes, mais Boule de Neige leur explique que, dans leur cas, les ailes sont considérées comme des pattes.
Napoléon décide de s'occuper de la formation des jeunes, mais en fait, il ne prend en charge que les neuf chiots de la dernière portée du couple de chiens de la ferme. Certaines portions de nourriture, notamment des pommes, sont détournées au profit des cochons qui commencent à bénéficier d'un traitement différent de celui des autres animaux, jouant sur leur régime alimentaire (au contraire des autres animaux, les suidés ont un régime omnivore). On découvre que le lait disparu a été bu par les cochons. Brille-Babil explique que cela est nécessaire pour maintenir leurs aptitudes intellectuelles, et ne pas faillir à leurs devoirs — sous peine, selon lui, du retour de Jones.
Chapitre IV L'hymne révolutionnaire de la ferme des animaux finit par se répandre dans les fermes des environs par le biais des oiseaux. Les humains s'inquiètent de cette épidémie contestataire. Pour éviter que cela ne se reproduise chez eux, ils mentent à leurs animaux en prétendant que ceux de la ferme se gèrent mal et ont même recours au cannibalisme. Cependant, les animaux de la ferme ne tardent pas à montrer qu'ils se portent bien.