Jean Leclerc, dit Jean Leloup, né le à Sainte-Foy, est un auteur-compositeur-interprète canadien. Éclectique, il a touché divers genres musicaux, en plus d'étendre son champ d'activité au cinéma, à la télévision et à la littérature.

Biographie Enfance Né à Sainte-Foy au Québec en 1961, Jean Leclerc a grandi en Afrique, plus précisément au Togo et en Algérie. C'est durant cette période de sa vie que la culture et le mode de vie de sa terre d'accueil l'influencent et on en retrouvera la marque plus tard dans plusieurs de ses chansons.

Il apprend la guitare en écoutant la musique des Rolling Stones, les Beatles et Jimi Hendrix. Il est aussi influencé par des icônes colorées de la musique française comme Jacques Dutronc, Jacques Higelin, Serge Gainsbourg et Michel Polnareff.

Il se fait remarquer au Festival international de la chanson de Granby en 1983 et il participe à l'opéra-rock Starmania en 1986, dont il se distanciera vite en raison de son caractère « propret ». Optant pour le nom de scène de Jean Leloup (surnommé John the Wolf par les fans et par lui-même), il apparaît sur scène à Montréal à la fin des années 1980. Dès le début de sa carrière, il fait des vagues avec ses chansons aux textes provocateurs.

Débuts et succès

En 1989, il lance son premier album Menteur et produit deux vidéoclips pour les chansons Alger et Printemps été. La pièce Bar danse sera même diffusée dans certaines émissions de radio. L'artiste renie aussitôt cet album dont il n'aime pas les arrangements. Il ne joue pratiquement jamais les chansons qui le composent en spectacle après 1989, à l'exception d'Alger et de Printemps été. Leloup se fait aussi remarquer par les entrevues peu sérieuses qu'il accorde aux journalistes.

En 1990, Jean Leloup enchaîne avec un second album, L'amour est sans pitié. Après des débuts modestes, l'album connaît des ventes importantes à la suite du lancement d'une chanson intitulée 1990, qui ne figure pas sur l'album original. Elle y est ajoutée au pressage suivant. 1990, qui fut un succès de l'année 1991, avait été composée lors du déclenchement de l'offensive alliée en Irak, ce qui constituait la première guerre du Golfe. Un clip tourné par le DJ montréalais James Di Salvio va contribuer au succès de cette chanson, qui va même acquérir une certaine notoriété en France et dans certaines discothèques aux États-Unis. L'amour est sans pitié contient plusieurs succès, tels les pièces titres, Cookie, Rock and roll pauvreté, Nathalie et Isabelle. Cette dernière est appuyée par un autre vidéoclip , réalisé par Di Salvio, tourné en partie à New York et mettant en vedette le comédien Julien Poulin. L'amour est sans pitié est un succès en dehors du Canada, notamment en France, aux Pays-Bas, en Belgique et au Japon.

Expérimentations musicales Après le succès considérable de L'amour est sans pitié, la carrière de Leloup tombe dans un long hiatus. Il s'écoule six années avant la parution de son troisième album, maintes fois recommencé. À l'automne 1993, après deux ans d'absence sur scène, il participe à la tournée Rock le Lait, en compagnie de France D'Amour et de Vilain Pingouin. Il y présente notamment plusieurs chansons inédites, comme Le Manoir, Maître Edgar et Je deviens fou, esquisses de son album à venir. Le Dôme paraît finalement en 1996. Dans le premier extrait, Le monde est à pleurer, Leloup se moque lui-même de ce long processus en lançant d'entrée de jeu : « ». Le dôme est un succès critique et commercial incontestable., Jean Leloup maniant habilement les genres et ayant encore une fois recours à une pléiade de personnages divers. Le rythme de ses compositions sur Le Dôme ralentit un peu et les chansons deviennent ainsi plus "planantes". Il sort aussi plusieurs clips vidéos pour les chansons Le monde est à pleurer et Johnny Go qu'il co-écrit avec E.P. Bergen et James Di Salvio bien avant la sortie de BV3. Leloup surfe une année sur le succès dEdgar (une chanson sur Edgar Allan Poe), Sang d'encre ou encore l'énorme succès I Lost My Baby.

En 1997, Jean Leloup fait partie du collectif Bran Van 3000, créé par son ami James « Bran Man » Di Salvio et E.P.. Leloup prête sa voix à Forest, et le premier disque de Bran Van 3000, Glee est dédié à « John The Wolf ».

En 1998, Jean Leloup fait paraître Les Fourmis, un album réalisé, arrangé et mixé par Jean Massicotte qui allie nouvelles compositions et versions live d'anciens morceaux quelque peu modifiés. Les chansons en spectacle sont tirées de prestations au défunt bar d'Auteuil, à Québec.

Les performances sur scène de Jean Leloup, tantôt en spectacle intimiste, tantôt en version « Big Band », attirent des foules en délire.. Il est reconnu pour ses spectacles intenses, même si certains ont été plus sobres.. Toutefois il est reconnu pour être une personne enflammée sur scène, remaniant ses succès selon son humeur et son inspiration..

« Fin » de Jean Leloup À la fin 2002, Jean Leloup publie son cinquième album, La Vallée des réputations. Il indique quelques mois plus tard que c'est son dernier album. L'écriture se fait plus intimiste, par exemple dans le morceau Les Remords du commandant, ou encore dans le succès Balade à Toronto. Enregistré en collaboration avec des musiciens africains, l'auteur-compositeur penche même du côté du jazz en adaptant, pour conclure l'album, Petite Fleur de Sidney Bechet.

Leloup se retire officiellement le à Saint-Jean-sur-Richelieu. Ayant orchestré la journée de son suicide scénique, il demande à ses admirateurs de lui proposer une mort. Elle s'officialise avec la sortie de son film posthume La Mygale Jaune sur le coffret Exit. Entre des extraits de spectacle, y montre le chanteur allant brûler les symboles les plus représentatifs de sa carrière : son haut-de-forme et sa guitare Jazzmaster 1959 originaux.

À partir de 2004, les activités de Jean Leloup se font sous le nom de Jean Leclerc (son véritable nom). Au mois d', il annonce un retour en musique le de la même année. Pour l'exercice, Leclerc s'associe au groupe Porn Flakes le temps d'une chanson intitulée Les Corneilles qui est alors diffusée sur les stations de radio québécoises et qui paraît sur l'album Porn Flakes. Il collabore également avec Anik Jean sur son premier album, Le Trashy Saloon, paru le . Entre-temps, il complète le conte philosophique Noir destin que le mien (anciennement : Le Tour du monde en complet) un projet en cours depuis plusieurs années. Il est finalement publié le aux éditions Leméac. Leclerc utilise le nom du personnage principal et narrateur de l'histoire, Massoud al Rachid, comme nom de plume.

Le , Leclerc diffuse sur son site web une nouvelle chanson, intitulée Mexico, et proclame : « Leloup est mort, vive Jean Leclerc ». Par voie de communiqué, il annonce du même souffle la sortie de l'album Mexico le . Il s'agit d'un album concept relatant la fuite vers le sud d'une femme et de son enfant après le meurtre de son mari violent. Il sort ensuite Tangerine, une chanson qui fait allusion à la déesse Tangerine de l'amour et au rock 'n' roll. Il diffuse également un troisième extrait de l'album, Cowboys groove, le pour les admirateurs abonnés à sa liste de diffusion. Son album Mexico, qui s'est vendu à plus de en six mois, a aussi été publié en version 33 tours par le label indépendant Grosse Boîte. Il existe seulement de cette édition limitée.

Retour de Jean Leloup vignette|Jean Leloup rebondit à Montréal le . Le , il fait un spectacle au Colisée de Québec devant dans lequel il crée un spectacle multidisciplinaire, qu'il appelle pow-wow, mêlant rock, danse contemporaine, univers autochtone, etc. Les critiques sont pour la plupart très mauvaises voire massacrantes.David Desjardins, « Leloup se moque de nous », Voir, 31 août 2008.Isabelle Houde, « Spectacle controversé au Colisée Pepsi : Jean Leloup s'excuse », Le Soleil, 15 septembre 2008.. Elles relatent les insultes que Jean Leloup a lancées au public parce qu'il le trouvait trop peu dynamique. Les critiques soulignent que l'artiste a toujours eu cette attitude particulière sur scène.. Considérant qu'il est allé trop loin et constatant le tollé suscité par sa performance, il fait ses excuses au public quelques jours plus tard déclarant « j'ai mal réagi ! ».

Son album Mille excuses milady est sorti en magasin le sous son ancien nom de scène « Jean Leloup ». Lors de sa présence à l'émission Tout le monde en parle, diffusée sur les ondes de Radio-Canada lors de la saison 2009, il explique le retour de son ancien nom par un simple oubli. En effet, selon ses dires, il avait complètement oublié qu'il avait « tué » Jean Leloup pour faire place à Jean Leclerc. De toute façon, comme il a lui-même dit : « Ben, de toute façon, c'était drôle. »

En 2012, il effectue une tournée de plusieurs festivals au Québec, dont un retour au Festival d'été de Québec, où il interprète ses plus grands succès pour célébrer ses 25 ans de carrièreKathryne Lamontagne, « Le "récital classique" de Jean Leloup », Le Journal de Montréal, 6 juillet 2012.. La tournée est un franc succès tant au niveau des critiques que de l'abondance des foules faisant oublier le fiasco du pow-wow du Colisée.

En été 2026, le Cirque du Soleil lui consacre le dixième opus de sa Série hommage présenté en exclusivité à l'Amphithéâtre Cogeco de Trois-Rivières intitulé Paradis Perdus.

À paradis city Le , soit un jour avant la date initialement prévue et le lendemain de la diffusion de son passage à l'émission Tout le monde en parle, paraît À Paradis City, premier album studio en six ans qu'il déclare avoir écrit sur une période de dix ans.

Dans cette entrevue, Leloup s'ouvre pour la première fois sur son récent diagnostic de trouble bipolaire. Tel que celui-ci l'explique: « c'est pas facile, parce que je peux être méga angoissé, et après être super hystérique ». Il donne en exemple plusieurs projets qu'il a imaginés durant ses phases maniaques: l'achat d'un voilier pour naviguer sur l'océan (sans expérience préalable), l'achat d'une montagne en Afrique, et la dépense de ses REER dans une compagnie de production. Il spécifie toutefois que la musique lui a permis, en quelque sorte, de rester sur une bonne voie: « J'ai été chanceux, au niveau de mes parents. Mon père m'avait appris la guitare, ma mère, le dessin. Et à un moment donné, quand j'ai vu que c'était pas évident, je pouvais jouer de la guitare, et quand même m'organiser ».

Aux dires de l'artiste, le « Paradis city » représente « l'endroit où tu voulais aller absolument ». Toutefois, la finalité, l'arrivée à ce lieu, est généralement bien plus décevante. Leloup explique ce phénomène dans la chanson titre, Paradis city: « et je cry, et je cry […] à paradis city ». L'album aurait été écrit dans des périodes plus difficiles pour l'artiste, ce qui se reflète dans les thèmes de l'album tel la mort, la perte, le sentiment d'épuisement.

À Paradis City est rapidement devenu un succès commercial et critique. En 2015, Leloup remporte, au Gala des prix Félix, les prix d'Album de l'année (rock), d'auteur ou compositeur de l'année, de chanson de l'année (pour Paradis City) et d'interprète masculin de l'année. Aux Prix Juno 2016, l'album remporte l'album francophone de l'année. Avec plus de ventes, l'album sera certifié disque de platine.

En , sort L'Étrange Pays. Cet album est entièrement acoustique (guitare, voix) et a été, selon les dires de Leloup, enregistré en plein air. L'album se retrouve nommé sur la longue liste du prix Polaris.

Œuvre Discographie

Collaborations 1986 : La Chanson de Ziggy dans l'opéra-rock Starmania de Luc Plamondon ; 1997 : Glee de Bran Van 3000 ; 2002 : Jouisseland de Martin Villeneuve ; 2001 : Discosis de Bran Van 3000 ; 2003 : Papillon sur Café Méliès Volume 1 ; 2004 : Béluga de Béluga ; 2005 : Le Trashy Saloon d'Anik Jean ; 2005 : Les Corneilles sur l'album homonyme des Porn Flakes ; 2007 : Depuis le temps sur Le Zoo - Hommage à Jean-Claude Lauzon ;