Châtelet (en wallon Tcheslet) est une ville de Belgique située en Région wallonne dans la province de Hainaut. Depuis la fusion des communes de 1977, la ville de Châtelet regroupe Bouffioulx, Châtelet et Châtelineau. Toutefois, les identités propres à ces trois communes sont restées importantes. Il est donc fréquent d'entendre les gentilés respectifs : Bouffaloniens (ou Buffaloniens), Châtelettain et Castelinois.
Châtelet fait partie du Pays Noir, ancien nom de l'agglomération commune avec Charleroi, sur la Sambre, marqué par l'exploitation minière du bassin houiller. La localité reste encore un pôle sidérurgique important en Belgique et en Europe avec la présence du groupe industriel Aperam, spécialisé dans la production d'acier inoxydable.
Toponymie
L'origine et la signification du nom Châtelet proviendrait de Châtelin (petit château), diminutif de Châtelineau qui s'écrivait en latin Castellinellum. Comme de nombreuses villes, son nom a varié au sein des textes, au fil des siècles et au gré des langues. Les formes les plus anciennes (1219 à 1232) sont des variantes de Chesteling et Chasteling. Mais on a également parlé de Châtelet-sur-Sambre ou encore de Chasselet jusqu'au . Pourtant, l'orthographe Châtelet existe depuis 1588. Géographie
Situation Châtelet se trouve à l'est de la province de Hainaut et à l'est de Charleroi faisant partie de l'arrondissement de Charleroi.
Communes limitrophes
Localités limitrophes La section de la ville de Châtelet d'avant les fusions des communes en 1977 est entourée au nord par Châtelineau, à l'est par Pont-de-Loup, au sud-est par Presles, au sud par Villers-Poterie, au sud-ouest par Bouffioulx, à l'ouest par Couillet et par Montignies-sur-Sambre au nord-ouest
Sections de la commune
# Nom Superf.(km). Habitants(2025) Habitantspar km Code INS 1 Châtelet 11,58 14.107 1.219 52012A 2 Châtelineau 7,65 16.910 2.210 52012B 3 Bouffioulx 8,12 4.962 611 52012C
Géographie physique La géographie physique de Châtelet, se caractérise par un relief doucement vallonné structuré par la vallée de la Sambre et par plusieurs affluents secondaires. L’ensemble du territoire communal s’étend entre et d’altitude, avec une altitude moyenne d’environ . Cette amplitude modérée crée une alternance de bas‑plateaux, de versants boisés et de crêtes plus marquées au sud, notamment vers Bouffioulx où les anciennes exploitations calcaires ont profondément remodelé le paysage depuis le .
La ville occupe la rive droite de la Sambre, axe hydrographique majeur qui structure la topographie locale : la partie basse de Châtelet s’organise autour de cette plaine alluviale, tandis que le Faubourg, partie haute, domine la vallée depuis des terrains plus anciens et plus secs. Plusieurs ruisseaux, dont la Biesme à Bouffioulx, entaillent les versants et ont contribué à façonner des vallons encaissés ; historiquement, le village de Bouffioulx se trouvait d’ailleurs « coincé » entre deux massifs rocheux, Montrou et Montchevreuil, qui encadrent la vallée et témoignent de la structure géologique locale.
Le sous‑sol appartient au prolongement du bassin houiller de Charleroi, ce qui explique la présence de terrils, de zones industrielles et d’anciens sites miniers dans le paysage. Les formations calcaires exploitées à Bouffioulx, associées à des terrains schisteux et gréseux, composent un ensemble géologique varié. La morphologie actuelle résulte d’une combinaison entre processus naturels (érosion fluviale, modelé des versants) et transformations anthropiques liées à l’industrie extractive et sidérurgique.
Quartiers
Principaux quartiers Le Boubier, le Fonteny, les Gaux, le Faubourg, les Coutures, Châtelet-centre, Carnelle, Poudrière et Buriau.
Cités Cité des Chasseurs, cité Heureuse et cité Chavepeyere.
Lieux-dits La Galoperie, le Culot, la Sablonnière, la Justice, Dessus Fayat, la Sarte, Trieu, Soret, Chaumont, Grand Champ et le Bouli.
Hydrographie Ruisseau de l'Hanzinne (Biesme) et la Sambre. Démographie
Démographie: Avant la fusion des communes
Source: DGS recensements population
Démographie : Commune fusionnée
En tenant compte des anciennes communes entraînées dans la fusion de communes de 1977, on peut dresser l'évolution suivante :
Les chiffres des années 1831 à 1970 tiennent compte des chiffres des anciennes communes fusionnées. Source: DGS , de 1831 à 1981=recensements population; à partir de 1990 = nombre d'habitants chaque janvierhttps://view.officeapps.live.com/op/view.aspx?src=https%3A%2F%2Fstatbel.fgov.be%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Ffiles%2Fdocuments%2Fbevolking%2F5.1%2520Structuur%2520van%2520de%2520bevolking%2FPopulation_par_commune.xlsx&wdOrigin=BROWSELINK
+ Évolution démographiqueAnnéePopulationÉvolution 1992=index 1001992100,0199399,3199499,4199598,6199698,2199797,6199897,2199996,9200096,6200196,3200296,2200396,1200496,9200596,7200697,1200797,6200897,5200997,8201098,3201198,4201298,7201399,0201499,2201599,3201699,4201799,1201898,4201997,9202097,2202196,9202296,8202396,8202497,0202598,1202698,1
Histoire La majorité des documents et archives retrouvés ne datent que du milieu du , copiés par un greffier nommé Jean Josneal ou Jonneau. Cependant, beaucoup d'écrits ont disparu à cause de conflits ou d'incendies. De plus, les documents sont rares durant la période révolutionnaire française et inexistants à l'époque du royaume uni des Pays-Bas. En 1874, Olivier Gilles, un écrivain et historien de Châtelet, proposera de classer et inventorier ces archives. Son décès interrompra son travail que la Société Paléontologique et Archéologique de Charleroi reprendra vingt ans plus tard. Ces travaux de préservations sont désormais à la charge de la Société Royale d'Histoire « Le Vieux Châtelet ».
Préhistoire et antiquité
Du silex aux Nerviens Avec un sol riche en silex, de nombreux cours d'eau et des étendues boisées, la région qui entoure Châtelet était propice à l'installation de tribus du Néolithique. Des traces remontant à ont notamment été retrouvées dans la grotte de Montrou (Bouffioulx) et dans la grotte de Presles (Aiseau-Presles). C'est dans cette dernière qu'une douzaine de squelettes et de nombreuses lames de silex ont été retrouvées. Sur le territoire de Châtelet, plus précisément sur le plateau de la Blanche-Borne, des fouilles ont mis au jour ce qui devait être des ateliers de taille de silex. Les populations celtes se sont également établies sur ce plateau, en rapport direct avec Presles. On a d'ailleurs longtemps supposé que la région avait accueilli la bataille du Sabis, considérant qu'il s'agissait de la Sambre, lieu de victoire de César sur les Nerviens. Mais de nombreux arguments favorisent désormais la Selle. En , lors de travaux pour installer des égouts dans la rue du Collège à Châtelet, on découvrit de la poterie de diverses qualités. M. O. Gilles recueillit quelques morceaux et offrit au musée archéologique de Charleroi un fragment d’un grand bol samien richement orné en relief, ainsi que le fond d’un gobelet imitant la céramique samienne et portant le sigle TARVF. Notons, toujours pour l'Âge du Fer, que le bois du Boubier, à la limite avec Couillet, a livré une fortification datée de la transition entre le premier et le deuxième Âge du Fer (soit aux alentours de -400). Dans le bassin de Bouffioulx, aux abords de la Biesme, la présence d'un ensemble mégalithique indique également une présence ancienne de l'Homme. Malheureusement, l'ensemble et son dolmen furent détruits vers le milieu du .
Un four à poterie et des ateliers du fer gallo-romains Après la conquête romaine, le plateau de la Blanche-borne fut délaissé pour la vallée de la Sambre sur l'actuelle Place du Marché. Des fouilles archéologiques, débutées en 1985, ont couvert de parcelles à la rue des Gravelles et à la cour Pinette. On y découvrit de nombreux vestiges médiévaux, mais aussi un four de potier datant du .
Moyen Âge
La Charte d'Ekkard L'Histoire médiévale de Châtelet est liée à celle de Pont-de-Loup dont la première mention remonte à l'année 840, cédée par l'empereur Louis le Pieux à son fidèle Ekkard. En effet, tout comme Marcinelle et Presles, Châtelet est une ancienne villae carolingienne. Cette charte est un acte de concession qui énumère tout ce qui se trouvait dans la villae d'époque : champs, prés, forêts, bâtiments, moulins et serfs. Pour la petite histoire, Ekkard ne jouit pas longtemps de cette donation et mourut quatre ans plus tard près d'Angoulême.« quasdam res nostre proprietatis que sunt in pago Goniense super fluvium Samera (la Sambre), hoc est villas duas que vocantur Funderlo (Pont-de-Loup) et Marcinas (Marcinelle). »
Rapports anciens entre Châtelet et Pont-de-Loup Pendant longtemps, l’Église de Châtelet dépendait de celle de Pont-de-Loup, dont elle était issue. À l’époque, une seule Cour de justice servait à la fois Châtelet et Pont-de-Loup. En 1385, Jehan de Tamines occupait les fonctions de maïeur et d’échevin pour Chasteling et Pondrelouz ; en 1396, c’était Johans Spourons, puis en 1408 Jehan Delcour, et en 1411 Pirar Noël Dorèche, parmi d’autres. Les affaires concernant Pont-de-Loup se réglaient à Châtelet. Parmi des centaines d'actes, on peut citer, par exemple, le bail de 12 ans signé en 1447 pour les trois viviers de Pont-de-Loup. L'administration suivait la même logique : les lois et édits en vigueur à Châtelet s'appliquaient aussi à Pont-de-Loup. Chaque année, l’huissier de Châtelet s’y rendait pour publier les ordonnances renouvelées. C’est également à Châtelet que les habitants de Pont-de-Loup tenaient les plaids généraux, où ils élisaient notamment leurs administrateurs. Cette coutume perdurait encore en 1686. Les mambours des Pauvres de Pont-de-Loup présentaient leurs comptes au curé et au magistrat de Châtelet. Depuis Pont-de-Loup, on venait brasser à Châtelet. Il n’était pas rare que des habitants de Châtelet fassent des dons à l’église voisine. Les biens communs servant de vaine pâture étaient librement partagés entre les habitants des deux villages.
Châtelet mentionné au C’est à cette époque que le nom de Châtelet apparaît. Le cartulaire de l’abbaye d’Aulne, près de Thuin, cite en 1168 Walterus de Castelin et, en 1174, Alardus de Castelin. On y trouvait aussi la mention d’une donation, faite avec l’accord et par la main du prévôt de la cathédrale de Liège à l’abbaye d’Aulne, concernant les biens que Gérard de Castelin et son épouse Gerberge possédaient à Castelin. La date, bien que non précisée, semble encore plus ancienne que celle de l’acte précédent. Selon la tradition et l’étymologie du nom, Châtelet aurait d’abord été une forteresse construite par un prince-évêque. Mais lequel ? Ce supposé fondateur n’est certainement pas l’évêque Henri II, car si l’historien liégeois Chapeauville affirme que celui-ci renforça largement la manse épiscopale en acquérant le castrum (château fort) de Fontaines et en reconstruisant ceux de Couvin et de Fosses, il ne mentionne jamais Châtelet. Le diplôme de l’empereur Frédéric, daté de 1155 et confirmant à l’Église de Liège la possession de ses biens, ne cite pas la localité ; on y trouve toutefois, parmi d’autres, Fontaines « cum omnibus utilitatibus », avec tous ses avantages. En revanche, la bulle du pape Adrien sur le même sujet mentionne d’autres lieux, dont Casselin, qui désigne clairement Châtelet. On pourrait supposer que Châtelet est aussi ancien et, dès le départ, plus important que Châtelineau, cité en 1079. Châtelineau (Chestelincal) signifie « petit château-fort ». Il paraît logique de penser que ce nom venait de la comparaison avec le chasteling ou château-fort situé sur l’autre rive.
La charte des libertés de 1220 vignette|Extrait de la traduction « (…) Moi, Wautier, seigneur de Fontaine, je fais connaître que j'ai vendu à la Cathédrale de Liège, l'avouerie de Ponderlues et de Chastelin, (…) je ne me suis réservé dans ces dites villae, aucun droit, aucune juridiction, aucun pouvoir, mais j'ai tout abandonné (…) ».