, empereur des RomainsAntoine Fidèle Poyart, A , empereur des Romains, roi de Hongrie et de Bohême, etc., sur son couronnement à Francfort 14 juillet 1792, 1792 Lire en ligne. (en allemand : Franz II., Kaiser des Heiligen Römischen Reiches) et, à partir du , d'Autriche (en allemand : Franz I. von Österreich, en hongrois : I. Ferenc osztrák, en tchèque : František I. Rakouský, en italien : Francesco I d'Austria), né le à Florence et mort le à Vienne, est archiduc d'Autriche (1792-1804) puis empereur d'Autriche (1804-1835), roi de Hongrie (1792-1835), roi de Bohême (1792-1835) et roi de Lombardie-Vénétie (1815-1835). Il est également le dernier souverain du Saint-Empire romain germanique (1792-1806), élu empereur des Romains sous le nom de .

Neveu de Marie-Antoinette, il se trouve engagé dès le commencement de son règne dans la guerre contre la France qui dure pendant vingt-trois ans. Malgré les capacités réelles de son frère, l'archiduc Charles-Louis, l'Autriche est battue partout ; est contraint de signer en 1797 le traité de Campo-Formio, qui lui enlève les Pays-Bas autrichiens et la Lombardie, et donne à la France toute la rive gauche du Rhin en absorbant les électorats de Trèves et de Cologne, et en grande partie celui du palatinat du Rhin. À titre de dédommagement, l'Autriche reçoit la république de Venise. Ayant peu après repris les armes, il est battu à Marengo et Hohenlinden puis perd par le traité de Lunéville (1801) toutes ses possessions sur la rive gauche du Rhin.

Dans une troisième campagne, en 1805, il est battu à Ulm puis à Austerlitz, et signe la paix de Presbourg, qui diminue encore ses possessions. Lors de l'établissement de la confédération du Rhin le , il doit renoncer au titre d'empereur des Romains. Prévoyant cet échec, il avait pris deux ans plus tôt, en se bornant à ses États héréditaires, le titre d'empereur d'Autriche, sous le nom de .

Il fait construire en 1808 un grand théâtre à Pest pour apaiser les sentiments nationaux qui naissent en Hongrie. Il tente une quatrième fois le sort des armes en 1809, est encore battu à Eckmühl et à Wagram et se voit contraint de demander la paix (traité de Schönbrunn) : pour la cimenter, il marie sa fille Marie-Louise d'Autriche à l'empereur . En 1809, il nomme ministre le prince de Metternich. Celui-ci gouverne l'Autriche jusqu'en 1848. Néanmoins, il entre en 1813 dans la coalition contre son gendre et contribue à le détrôner. Les événements de 1814 le remettent en possession de la plus grande partie de ses États. Il fonde sur le modèle de l'École polytechnique en 1815 l', précurseur de l'université technique de Vienne.

À sa mort en 1835, son fils lui succède.

Jeunesse gauche|vignette|229x229px|L'archiduc François à l'âge de 2 ans, peint par Anton Raphael Mengs. Il est l'aîné des fils de l'empereur et de Marie-Louise de Bourbon, infante d'Espagne, fille de et de Marie-Amélie de Saxe.

Le nourrisson reçoit le prénom de son grand-père paternel, l'empereur décédé trois ans plus tôt, comme sa sœur aînée avait reçu le prénom de leur grand-mère paternelle, Marie-Thérèse. Celle-ci, à la nouvelle de la naissance de son premier petit-fils, folle de joie de voir sa dynastie consolidée, court au Burgtheater qui jouxte le palais impérial et s'écrie en patois viennois : L'illustre impératrice meurt en 1780 alors que l'archiduc François n'a que douze ans.

Fils du grand-duc de Toscane, l'éducation du jeune archiduc est marquée par la culture italienne. Tout à sa politique de réconciliation avec la maison de Bourbon, l'impératrice marie ses enfants avec des princes de la péninsule : en 1760, l'archiduc héritier épouse une princesse de Parme. En 1765, l'archiduc Léopold, promis au trône de Toscane, épouse une infante d'Espagne. En 1768, deux de ses sœurs étant décédées avant de célébrer leurs noces, c'est l'archiduchesse Marie-Caroline qui épouse le roi de Naples et de Sicile. L'année suivante, l'archiduchesse Marie-Amélie épouse le duc de Parme. En 1771, l'archiduc Ferdinand épouse l'héritière du duché de Modène dont le père est gouverneur du duché de Milan, qui est une possession de l'archimaison. Quant à la plus jeune des filles de l'impératrice, elle épouse en 1770 le chef de la maison de Bourbon, futur .

L'empereur n'ayant pas d'enfants survivants de ses deux mariages, l'archiduc François est très tôt considéré comme le deuxième héritier du trône impérial, après son père l'archiduc Léopold. À ce titre, l'empereur suit de très près son éducation.

Mariage À l'âge de vingt ans, il est marié à Élisabeth de Wurtemberg, dont le principal avantage est d'être la sœur de Sophie-Dorothée, future tsarine, épouse de . La princesse meurt en couches peu après celle de son oncle (1790).

Le père de François, jusqu'alors grand-duc de Toscane, est élu empereur sous le nom de et presque aussitôt, raison d'État oblige, François est remarié à sa double cousine Marie-Thérèse de Bourbon-Naples (1772-1807), fille de , roi de Naples, et de Marie-Caroline d'Autriche. Elle lui donne une nombreuse descendance.

Accession au trône vignette|gauche| en 1792. C'est le , à vingt-quatre ans, après le règne — très court — de son père, qu'il est élu empereur des Romains sous le nom de .

Dix jours plus tard, le , l'ultimatum remis par la France à , roi de Bohême et de Hongrie ne sera couronné empereur qu'au mois de juillet suivant., pour obtenir la dispersion des rassemblements d'émigrés en Rhénanie, est repoussé. Dès lors, la guerre est inévitable, et la politique des Girondins, partisans d'un conflit armé depuis le , arrive à sa conclusion. Toutefois, rien ne permet de penser qu'ils seraient parvenus à la conduire sans le changement de position de La Fayette et de ses partisans — avec cependant la différence que les premiers veulent renverser le trône, alors que les seconds souhaitent le relever — et sans la dissimulation et la complicité de la CourGeorges Lefebvre, Raymond Guyot, Philippe Sagnac, , .. Le suivant, la même année, en proie à la Révolution, la France, son alliée depuis la révolution diplomatique de 1756, lui déclare la guerre.

La guerre est déclarée au « roi de Bohême et de Hongrie ». Par cette formule, clause de style qui s'explique par le fait que le souverain habsbourgeois n'a pas encore été couronné empereur, l'Assemblée nationale législative indique qu'elle ne désire pas faire la guerre à la totalité des États allemands du Saint-Empire romain germanique, mais uniquement à la maison d'AutricheSelon François Furet et Denis Richet, cette expression est souvent interprétée comme le moyen de maintenir l'Allemagne en dehors de la guerre. Juridiquement, elle est conforme à l'usage du temps : n'est pas encore couronné empereur. François Furet, Denis Richet, , .. Pour les Français, qui s'attendaient au conflit depuis longtemps, l'accueil de cette nouvelle se fait dans le calmeJean-Paul Bertaud, , ..

François est couronné roi de Hongrie à Buda le , élu empereur des Romains le , puis couronné à Francfort-sur-le-Main le ; il est couronné roi de Bohême le .

Règne

Début de la guerre

Après son accession au trône, l'empereur confirme, dès les , sa tante l'archiduchesse Marie-Christine d'Autriche et son époux le duc Albert de Saxe-Teschen dans le poste de gouverneurs généraux des Pays-Bas autrichiens et donne plein pouvoir au duc pour prêter, en son nom, le serment d'inauguration aux États des provinces des Pays-Bas, et recevoir de ceux-ci leur serment d'obéissance et de fidélité. La France déclare la guerre à l'Autriche le .

Le refus de paiement des subsides par les chefs-villes du duché de Brabant entraîne une vague de mesures répressives de la part du gouvernement autrichien. Le , le baron de Bender, commandant militaire de l'armée impériale des Pays-Bas, menace de sévir avec vigueur contre quiconque tenterait de troubler la tranquillité de l'État. Cette loi martiale est pour les députés de l'État un sujet de critiques ; des pamphlets circulent sous le manteau.gauche|vignette|269x269px|La bataille de Neerwinden, le .Face aux troupes révolutionnaires françaises, les deux grandes puissances allemandes s’allient dans la Première Coalition. Cette alliance n’a cependant pas pour but de protéger les droits de l’Empire mais on espère bien plutôt étendre sa sphère d’influence tout en s’assurant que l’allié ne remporte pas seul la victoire. En voulant absolument agrandir le territoire autrichien — si besoin est au détriment des autres membres de l’Empire — l’empereur , élu précipitamment et unanimement le , gâche la possibilité d’être soutenu par les autres États impériaux. La Prusse veut aussi se dédommager de ses coûts de guerre en annexant des territoires ecclésiastiques. C’est pourquoi il est impossible de former un front uni contre les troupes révolutionnaires françaises et donc d’obtenir des succès militaires.

Le , une conférence réunit à Anvers les pays alliés luttant contre la France, à savoir la Grande-Bretagne, l'Autriche, la Prusse et les Provinces-Unies, en vue de rétablir la monarchie en France. Les troupes impériales progressent vers Bruxelles et rencontrent le l'avant-garde de l'armée française près de Tirlemont. Le , la bataille de Neerwinden marque une défaite importante de l'armée française qui abandonne le territoire des États belgiques et entreprend une retraite vers les places du nord de la France. Le général Dumouriez décide de rompre avec la République française et rejoint les forces autrichiennes. vignette|, empereur du Saint-Empire. L'empereur reprend la direction des Pays-Bas avec l'assentiment du peuple belge dans un esprit d'ouverture. Il désigne son frère, l'archiduc Charles, comme gouverneurLes lettres patentes du portent nomination de l'archiduc Charles-Louis comme lieutenant, gouverneur et capitaine général des Pays-Bas. et le comte de Metternich-Winnenburg comme ministre plénipotentiaire. Leur entrée à Bruxelles, le est un triomphe. L'empereur nomme l'ancien gouverneur des Pays-Bas, Franz Ferdinand von Trauttmansdorff-Weinsberg, chancelier des Pays-Bas à Vienne. Il vient à Bruxelles le en vue de la campagne militaire contre la France. Le , l'empereur se fait nommer duc de Brabant et de Limbourg et le , les États du Brabant décident d'envoyer à l'empereur une députation composée des membres des trois ordres..

Les Autrichiens reprennent le pouvoir aux Pays-Bas dans un esprit de réconciliation. L'esprit est à l'apaisement et il est prévu de revenir à la situation de . La situation politique interne est bonne, les États de Brabant accordent les subsides ordinaires et un don gratuit à l'empereur pour aider à la guerre contre la France. Le gouvernement autrichien accorde l'amnistie illimitée dans les différentes provinces ; de plus, en août, il se déclare disposé à rendre leurs biens aux couvents supprimés. Les réparations promises par la convention de La Haye sont complètes. Mais malgré le vote des subsides et de nouveaux impôts, la confiance ne semble pas complètement rétablie.

L'offensive autrichienne conduite par le prince de Cobourg se poursuit dans le nord de la France : les troupes impériales s'emparent de Condé le , de Valenciennes le , puis de Le Quesnoy et Maubeuge, s'ouvrant ainsi la route de Paris. Au même moment, le duc d'York entreprend le siège de Dunkerque le .

Mais, peu à peu, l'armée française résiste aux Autrichiens et, après l'hiver, reprend l'offensive vers le nord.

Déçue par le manque de succès et pour mieux s’occuper de la résistance née autour de la nouvelle partition de la Pologne, la Prusse signe une paix séparée en 1795 avec la France, la paix de Bâle. En 1796, le Bade et le Wurtemberg font de même. Les accords ainsi signés stipulent que les possessions situées sur la rive gauche du Rhin doivent être cédées à la France. Toutefois, les propriétaires vont être dédommagés en recevant des territoires ecclésiastiques situés sur la rive droite, territoires qui vont alors être sécularisés. Les autres États impériaux négocient aussi des armistices ou des traités de neutralité.