Gwyneth Jones, née le à Pontypool, au pays de Galles, Grande-Bretagne est une soprano dramatique galloise.
Biographie Jeunesse Née près des mines de charbon du Pays de Galles, à quelque de Cardiff, dans une bourgade où, plaisante-t-elle, ., Gwyneth Jones grandit dans une famille modeste. Elle perd sa mère à trois ans, et compense ce manque par la joie que lui procure le son du piano dont son père joue chaque soir. Elle assiste régulièrement aux offices de la paroisse locale où les chœurs d'enfants l'enchantent. , confie-t-elle. ..
Pour l'heure, elle se contente de prendre des leçons de chant et de participer aux eisteddfods, compétition galloise de chansons. Travailleuse assidue, elle fait le bonheur de sa maîtresse de chorale alors qu'elle n'a que douze ans.
Débuts En 1956, peu après le décès de son père, elle obtient une bourse qui lui permet d'entrer au (RCM) de Londres. Tout en multipliant les petits métiers afin de vivre décemment, elle découvre un monde nouveau : . Durant ces années, Jones découvre que le chant d'opéra nécessite un talent d'actrice : . C'est ce pour quoi l'école dispense également des cours de danse, d'escrime ou de théâtre shakespearien. Cet enseignement porte ses fruits puisque Jones est considérée comme comédienne autant que chanteuse. Elle est désignée par Claude Mutafian comme une sorte de , d'après la journaliste Sylvie de Nussac.
En 1960, grâce à une bourse elle part pour l'Italie suivre les cours de l'Académie musicale Chigiana de Sienne où, entre autres, elle se familiarise avec la langue.. De retour à Londres, elle gagne le concours de la qui lui permet d'aller travailler en Suisse, notamment aux côtés de Maria Carpi à Genève.. Deux ans plus tard, elle fait ses débuts, toujours en tant que mezzo-soprano, à l'opéra de Zürich..
Très vite, Gwyneth Jones se rend compte de l'étendue de sa voix et d'un possible changement de registre. Elle hésite, mais Maria Carpi et déjà devenir soprano. Le chef d'orchestre Nello Santi qui l'auditionne alors dans divers rôles de mezzo du répertoire allemand, tranche une bonne fois pour toutes. Jones travaille alors l'extension de sa voix vers l'aigus. Elle se retrouve sur le devant de la scène en 1964 à . Prévue pour jouer les possibles doublures de Leontyne Price dans le rôle de Leonora du Trouvère de Verdi, rôle de soprano. En 1964 également, elle remplace Régine Crespin dans le rôle-titre de Fidelio de Ludwig van Beethoven, qui marque une première approche des rôles de soprano dramatique..
Reconnaissance internationale À partir de ce jour, Gwyneth Jones inscrit à son répertoire les héroïnes de Giuseppe Verdi : Desdémone dans Otello et Elisabeth dans Don Carlos Elle incarne également Donna Anna de Don Giovanni. La cantatrice, qui gagne en popularité, travaille également des rôles plus complexes, telle Lady Macbeth au , qui joue sur deux tessitures. Elle chante alors Crysothémis dans Elektra (1987-1993) et les rôles-titres de Salomé (Hambourg, 1970) et Médée ().. Elle est à la fois comédienne, tragédienne ou chanteuse d'opéra, ce qui explique que, petit à petit, Jones se détache de la douce Leonora verdienne pour lui préférer Salomé ou Fidelio, personnages fébriles et ambigus.. ..
Elle travaille avec de grands chefs d'orchestres, parmi lesquels Carlos Kleiber, fils d'Erich Kleiber, le premier officie à Munich. C'est un homme extrêmement exigeant, peu bavard, qui ne compte pas les heures de répétition et les remises en question. Ils montent ensemble à la fin des années 1970 à l'opéra de Munich. Jones interprète alors La Maréchale dans un Chevalier à la rose où se retrouvent, entre autres, Brigitte Fassbaender, Lucia Popp et Karl Ridderbusch...
Gwyneth Jones est alors une cantatrice confirmée. Pourtant, son parcours va connaître quelques accrocs. Elle est par exemple handicapée par un vibrato trop large dans l'enregistrement du Hollandais volantKarl Böhm/DGG. Elle continue toutefois de se produire, notamment durant les années 1970. Entre 1969 et 1991, elle annule cinq représentations sur mille six cents.
Wagner ou la consécration Gwyneth Jones participe régulièrement au festival de Bayreuth dès 1966 dans de petits rôles.. En Grande Bretagne, elle ose alors d'autres personnages : Wellgunde puis la troisième Norne, dans Le Crépuscule des dieux, Ortlinde et surtout Sieglinde, dans La Walkyrie ; rôle qui lui permet d'incarner . Elle doit le chanter dans une mise en scène de Hans Hotter. Sur la scène de , le , la critique acclame . Elle chante également ce rôle en 1967, à Buenos Aires. Mais là-bas, le défi est bien plus rude : il s'agit d'enchaîner six cycles complets. .
Un cran est franchi cette même année, lorsqu'elle interprète Senta à sous la direction de Georg Solti.. Elle aborde plus tard Ortrude de Lohengrin (1968) et Kundry de Parsifal (1970), tous les deux à Bayreuthhttps://www.musicme.com/#/Gwyneth-Jones/biographie/.
En 1972, c'est toujours avec Wagner et Sieglinde qu'elle fait ses débuts au de New York sous la direction de Herbert von Karajan..
Ce Tristan et Isolde ne voit le jour qu'à San Francisco en 1980. Brünnhilde apparaît bien avant. Dès 1974, elle la chante pour la première fois à Bayreuth pour le seul acte final : Le Crépuscule des Dieux. Beaucoup pensent qu'il est insensé de commencer par la fin. Mais elle est certaine de pouvoir le faire : En 1975, c'est au tour du deuxième et troisième actes : La Walkyrie et Siegfried. En deux années, elle aborde toutes les Brünnhilde.
Durant l'été 1966, Wieland Wagner évoque pour la première fois l'opéra Ring auprès du chef d'orchestre Pierre Boulez. Après la mort de Wagner, son frère Wolfgang reprend le projet et veut le monter à l'occasion du centenaire de la pièce. Boulez acceptePierre Boulez, in L'Histoire d'un Ring, de Sylvie de Nussac et François Regnault, éditions Diapason/Robert Laffont, 1980. Le chef d'orchestre reçoit de Wolfgang Wagner l'assurance que le metteur en scène serait, soit choisi par lui, soit avec son approbation. Après plusieurs approches infructueuses, c'est vers Patrice Chéreau qu'il se tourne. Ensemble, ils doivent monter un opéra en quatre ouvrages à Bayreuth même en deux mois et demi. La distribution repose, elle, entre les mains de Wolfgang Wagner. Choisie pour interpréter Brünnhilde, Gwyneth Jones désire, dès que tous pourront se retrouver en Bavière, rencontrer Chéreau au plus vite. Ce sera chose faite en 1975 Tous deux sont ravis de travailler ensemblePatrice Chéreau, in L'Histoire d'un Ring, op.cit..
La première a lieu, avec L'Or du Rhin, le . Les quatre œuvres après, l’accueil est extrêmement divisé. Pour les Wagnériens extrémistes, le péché est double : une association française pour un anniversaire allemand, et le du parti pris de Patrice Chéreau, qui situe l’ensemble du Ring dans les dernières années du siècle, années où l’industrialisation devient reine. Cette mise en scène est toutefois saluée par un en 1983..
Les années d'après , mais aussi d'autres incarnations : une incursion dans le monde de Claudio Monteverdi avec Poppée, en 1978.. Aux Jeux olympiques de Los Angeles (1984), après avoir été préparée par Eva Turner, elle interprète le rôle-titre de Turandot pour la première fois..
En 1985, elle aborde le rôle de la Teinturière' dans La Femme sans ombre de Strauss.. Condamnée malgré elle à demeurer dans le cercle Wagner-Strauss-Puccini, elle parvient à s'en évader avec le rôle d'Hanna Glawari dans La Veuve joyeuse de Franz Lehar en 1979, ainsi qu'avec le rôle-titre de la Norma de Vincenzo Bellini.. Elle intègre à son large répertoire la Veuve Begbick dans Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny, opéra politico-satirique de Kurt Weill sur un livret de Bertolt Brecht au festival de Salzbourg en 1998.. Viennent, ensuite, Kostelnicka dans Jenůfa.
A Paris, le , elle apparaît seule en scène dans La Voix humaine, de Francis Poulenc, long monologue d'une femme chantant son amour et son désespoir au téléphone : un rôle d'actrice, plus que de cantatrice. Elle interprète par la suite, le rôle d'une femme perdue et affolée dans l'étonnante composition d'Arnold Schoenberg, Erwartung, mini-opéra de ..
, Gwyneth Jones fait, en 2003, ses débuts en tant que metteuse en scène et costumière pour une production du Hollandais volant à Weimar.. Elle interprète en 2007 la reine de cœur dans , opéra de Unsuk Chin, d'après l'œuvre de Lewis Carroll. En , elle incarne Herodias' dans une production de Salomé signée Stephen Langridge, à Malmö (Suède), sous la direction d'Adrian Müller. Elle reprend le rôle pour une version de concert en 2010 au Festival de Verbier..
En 2012, Gwyneth Jones fait une apparition dans le film Quartet, réalisé par Dustin Hoffman. Inspiré d’une pièce de théâtre de Ronald Harwood, le film se déroule dans une maison de retraite pour artistes lyriques et raconte les préparatifs de leur concert de gala annuel..
En 2013, elle manque de perdre la société Wagner, après à la tête de société, en raison de sa direction considérée comme trop sévère..
Gwyneth Jones a connu deux mariages, d'abord avec Till Haberfeld puis Adrian Müller, un chef d'orchestre.. Elle a une fille, Susannah Haberfeld, qui est mezzo-soprano..
Distinctions
Récompenses 1983 : Lauréate du Grammy Award pour Wagner: Der Ring Des Nibelungen 1987 : Lauréate du . 1988 : Croix du mérite fédéral, première Classe (Suisse). 1990 : Présidente de la de Londres (qu'elle est toujours). 1991 : Décoration d'or du Land à Vienne 2003 : Lauréate du prix Puccini (pour sa première mise en scène)
Décorations 1975 : Docteur honoris causa et doctor in musica par l'université du Pays de Galles 1976 : Kammersängerin par le gouvernement bavarois 1977 : Kammersängerin par le gouvernement autrichien 1986 : 55px Commandeur de l'ordre de l'Empire britannique. (commandeur en 1977) 1989 : Membre d'honneur de l'Opéra de Vienne 1992 : (France)
Discographie sélective d'opéras 1964 : Le Trouvère, avec Carlo Maria Giulini. 1967 : Médée, avec Lamberto Gardelli. 1967 : Don Carlos, avec Berislav Klobučar. 1968 : Aïda, avec Edward Downes. 1968 : Otello, avec sir John Barbirolli. 1969 : Fidelio, avec Karl Böhm. 1970 : Salomé, avec Karl Böhm. 1970 : Parsifal, avec Pierre Boulez. 1970 : Hélène d'Égypte, avec Josef Krips. 1971 : Le Chevalier à la rose, avec Leonard Bernstein. 1971 : Lohengrin, avec Rafael Kubelik. 1971 : Le Vaisseau fantôme avec Karl Böhm. 1978 : Le Couronnement de Poppée, avec Julius Rudel. 1979 : Hélène d'Egypte, avec Antal Doráti 1980 : La Walkyrie, avec Pierre Boulez 1980 : Siegfried, avec Pierre Boulez 1980 : Le Crépuscule des dieux, avec Pierre Boulez 1981 : Tosca, avec Silvio Varviso 1984 : La Femme sans ombre, avec Christoph von Dohnányi 1984 : Turandot, avec Colin Davis 1989 : Le Chevalier à la rose, avec Carlos Kleiber 1989 : Notre Dame, avec 1990 : Tosca, avec Jeffrey Tate 1997 : Médée, avec Lamberto Gardelli 1998 : Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny, avec Dennis Russell Davies 2008 : Alice au pays des merveilles (Alice in Wonderland) avec Kent Nagano
Divers 1965 : Giuseppe Verdi : Airs d'opéra, avec . 1966 : Gustav Mahler : Huitième symphonie, avec Leonard Bernstein 1966 : Récital : Beethoven, Cherubini, Verdi. Chefs d'orchestre divers. 1967 : Récital : Beethoven (inclus l'air Ah! Perfido), Cherubini, Wagner, Verdi, avec Argeo Quadri. 1968 : Felix Mendelssohn : Elias, oratorio, avec Rafael Frühbeck de Burgos. 1968 : Giuseppe Verdi : Messa da requiem, avec Zubin Mehta. 1968 : Ludwig van Beethoven : extraits de Fidelio : Quartett, avec Georg Solti. 1969 : Giuseppe Verdi : Airs de Aïda, Don Carlos, Macbeth, Otello, avec Edward Downes. 1970 : Jean Sibelius : Luonnotar, avec Antal Doráti. 1989 : Richard Strauss : Lieder, avec Geoffrey Parsons, (piano). 1991 : Richard Strauss : , avec . 1991 : Richard Wagner : Airs de , Lohengrin, Tristan et Isolde, Le Crépuscule des Dieux, avec Roberto Paternostro.
Filmographie partielle