John Nelson Darby (né le et mort le ) est un prédicateur évangéliquep. xi.p. 1.cover. du mouvement des Assemblées de Frères et le fondateur du mouvement des frères « étroits » (Exclusive Brethren), ainsi qu'un traducteur en plusieurs langues de la Bible.
Biographie
Jeunesse
Naissance et origines John Nelson Darby naît à Londres le dans la Cité de Westminster au sein d'une famille anglo-irlandaise influentep. 1.. Il est le neveu de l'amiral de la Royal Navy Henry D'Esterre Darby et le beau-frère d', qui sera p. 17.. Son grand-père, Samuel Vaughan, un ami de Benjamin Franklin, est connu pour avoir planifié la plantation du jardin de l'Independence Hall, à Philadelphie, où fut signée la déclaration d’indépendance des États-Unis.
Ses parents, John Darby et Anne Vaughan, se marient à New-York en 1784p. 14.. En 1800, John Nelson est le huitième de leurs neuf enfants. Son père est un riche marchand anglo-irlandais. Il possède une maison à Londres et il a hérité, peu avant la naissance de John Nelson, de la propriété familiale, le château de Leap, en Irlande. Ainsi, le jeune Darby passe son enfance et sa jeunesse entre Londres et l'Irlande, où il fait ses études, et où habite une partie de sa famille.
Éducation Darby fait ses études en humanités à la Westminster School puis entre au Trinity College à Dublin en 1815, où il termine médaillé d'or en Humanités classiques en 1819. Il devient ensuite avocat : le , il rejoint la Lincoln's Inn à Londres, puis est admis au barreau d'Irlande en , p. 9.. Pendant l'été 1820 ou 1821, il s'intéresse au christianisme, p. 10. et il abandonne rapidement sa carrière pour se consacrer au service religieuxp. 7..
Darby entre dans les ordres de l'Église anglicane En 1825, Darby est ordonné diacre, puis Curatep. 19. de l'Église anglicane l'année suivante, par , archevêque de Dublin. Il est ordonné au service pour la paroisse de Calary dans le comté de Wicklow, une région pauvre et rurale largement catholique. Darby devient alors un ecclésiastique convaincu. Il déclare : . Darby parcourt la campagne souvent à pied, et souvent sans nourriture, de chaumière en chaumière, pour convertir les catholiques de sa paroissep. 20.p. 24. Il se consacre pleinement à son service mais en , l'archevêque de Dublin signe une pétition pour requérir la protection de la chambre des communes vis-à-vis des tensions interreligieuses ayant lieu en Irlandep. 26.. Darby proteste par écrit contre la pétition, published in the Collected Writings of J. N. Darby, Ecclesiastical, , 1-19.. Selon Darby, l'Église doit rester indépendante du pouvoir civil et ne doit pas sacrifier son pouvoir spirituel au profit de sa sécurité, published in the Collected Writings of J. N. Darby, Ecclesiastical, , p. 8., p. 16.. Ces événements ont profondément troublé Darby, et il commence à prêcher Christ et l'amour de Dieu. Il ne cherche pas à s'opposer à l'Église, mais à s'opposer à l'erreurp. 24.. En novembre de la même année, Darby est victime d'un accident à cheval, et il rentre passer l'hiver en convalescence à Dublin chez sa grande sœur Susannah et son beau-frère , chez qui il fait la connaissance de . Il ne reprendra jamais son service à Calary.
Émergence des Assemblées : 1827-1845
Début du mouvement à Dublin À Dublin, Darby rencontre également de jeunes chrétiens qui partagent les mêmes idées que lui, notamment Edward Cronin, Anthony Norris Groves ou J. G. Bellet.. Ils se réunissent périodiquement pour prier ensemble et étudier les prophéties bibliques non réalisées. Rapidement, ces chrétiens sont convaincus que le Christ reviendra bientôt pour enlever son Église. Ils concluent également qu'ils sont appelés à se « réunir en toute simplicité en tant que disciples [de Christ], sans attendre une quelconque chaire ou un quelconque ministère, mais en faisant confiance au Seigneur pour [s']édifier ensemble en exerçant le ministère qui lui plaît ». Ayant cette liberté, les « deux ou trois » réunis à Dublin commencent à « rompre le pain » dans une petite chambre, c'est-à-dire à commémorer le sacrifice de Jésus-Christ sur la Croix et sa résurrection par Dieu. Forts de cette espérance, plusieurs quittent Dublin pour prêcher le Christ ressuscité. Groves, Cronin et partent en Asie. Darby continue à prêcher Christ en Irlande et en Angleterre.
Benjamin Newton et les Frères de Plymouth En , Darby se rend à Oxford où il rencontre , un ami de , Fellow au Collège d'Exeter et originaire de Plymouth. Newton l'y invite pour des réunions d'études bibliques qui seront organisées dans une chapelle appartenant à , lui aussi Curate de l'église anglicanep. 75.. Le petit rassemblement est non-dénominationel. Il suit les mêmes principes qu'à Dublin: se rassembler simplement autour de Christ et commémorer sa mort et sa résurrection par la fraction du pain jusqu'à ce qu'il revienne enlever son église. Ceux qui se joignent au petit rassemblement sont reçus sur la base de leur foi en Christ seulement. De nombreux efforts sont engagés pour diffuser ces principes. Newton lance avec d'autres un périodique, le Christian Witness, dans lequel Darby écrit régulièrement. Darby voyage dans toute l’Angleterre alors que des rassemblements similaires apparaissent, à Londres, à Bristol, et dans beaucoup d'autres villes, pour prier, étudier la Bible, et rompre le pain « sans d'autre centre que Christ, d’autre énergie pour rassembler que le Saint Esprit, d’autre autorité que la parole de Dieu, d’autre caractéristique que la sainteté de la vie et la pureté de la doctrine (...), en s’attendant au Seigneur Jésus Christ, pour qu’Il édifie [les croyants] par la bouche de celui qu’Il voudra ». Darby se rassemble avec ces croyants, et tient ou participe régulièrement à diverses réunions et conférences où il expose et commente la doctrine chrétienne, à l'image notamment des conférences de Powerscourt, organisées chez son amie Theodosia WingfieldPlusieurs biographes de Darby (notamment Akenson, 2018; Weremchuk, 2021; et d'autres) suggèrent, sans le prouver, que John Nelson et Theodosia ont été fiancés. S'il ne sera sans doute jamais possible d'en avoir la confirmation, il est certain que les deux trentenaires avaient l'un pour l'autre une profonde affection., ou plus tard à Genève, où il traite des questions eschatologiques et développe la vision dispensationnaliste. Darby continue également à prêcher dans l'Église anglicane, notamment à Limerick et Cork, en sa qualité de Curate, et partout où l'occasion se présentep. 176.. Newton reste à Plymouth et prêche la parole régulièrement. Des centaines de croyants se joignent au rassemblement. Entre eux, ils s'appellent « frères » et « sœurs » en référence aux écrits bibliques, si bien que dans toute l'Angleterre, on qualifiera bientôt ce mouvement de « Frères de Plymouth »Une autre communauté chrétienne du même nom a existé à Plymouth en Nouvelle-Angleterre. Bien que cette communauté soit plus ancienne, les Frères de Plymouth dont nous parlons n'en sont pas descendants. Il est probable qu'ils n'en aient pas eu connaissance au début du mouvement.
Darby voyage en Suisse Le , Theodosia Wingfield décède. Peu après, Darby quitte l'Irlandep. 42., son champ missionnaire principal depuis qu'il avait rejoint les ordres, et part s'installer en Suisse, où il restera environ huit ans. Darby a appris que des églises évangéliques ont des pratiques similaires à Plymouthp. 150. dans le canton de Vaud (Groves a rencontré des chrétiens à Genève en 1834 pendant un voyage missionnaire). En effet, au moment du Réveil autour des années 1820, des chrétiens en Suisse se sont séparés de l'église nationale (les nationaux) et ont formé des communautés chrétiennes indépendantes (les dissidents), telles que l'église du Bourg-de-Four à Genève. Ils se sont séparés pour des raisons un peu similaires à celles des Frères de Plymouth quand ces derniers ont commencé à se réunir ensemble: une recherche de plus de piété et d'une plus grande pureté morale et doctrinale. En même temps, des différences fondamentales existent entre les principes de ces églises et ceux mis en avant par les Frères, au sujet de la formation d'églises indépendantes ou au sujet du sacerdoce universelp. 25..
Malgré ces divergences, Darby rejoint l'église du Bourg-de-Four en 1837 et se réjouit de l'accueil qu'il y reçoit. Il loge pendant un temps chez un de leurs pasteurspage non précisée. Il commence à écrire et prêcher en français. Ses prédications sont reçues avec beaucoup d'enthousiasme. En 1840, Darby prêche l'Attente actuelle de l'Église en onze soirées à l'Église réformée du Sacré-Cœur à Genève. On dit de lui qu'il apporte « enfin une connaissance vraiment approfondie des vérités du salut »p. 11.. Il organise ensuite, pour une douzaine de jeunes qui souhaitent devenir missionnaires, des études bibliques chez lui pendant un an. Toutefois, Darby n'est pas satisfait. Depuis son arrivée, il s'est bien gardé de souligner ses divergences avec ses frères du Canton de Vaud, et il a maintenant l'impression de perdre son temps dans son ministère en Suisse. Il y remédie en 1841 en publiant, anonymement toutefois, un pamphlet sur la formation des églises, qui étudie « la compétence des fidèles de nos jours à former des Églises » (p. 3). Pour Darby, les croyants peuvent être réunis au nom de Jésus, mais ils ne peuvent pas s'organiser en église et prétendre être l'église de Dieu. Plusieurs des pasteurs des églises du canton voient ce pamphlet d'un mauvais œil. Auguste Rochat, pasteur à Bière et à Rolle, est le premier à répondre, quelques semaines plus tard, mais le point de tension principal entre Darby et les pasteurs est sans doute au sujet du sacerdoce universel. En effet, Darby invite les pasteurs à renoncer à leurs titres et à laisser la libre expression des dons et des ministères dans l'église. Pour lui, « qui a le droit de fermer la bouche à celui auquel Dieu l’a ouverte par le St-Esprit ? Si la capacité de prêcher existe, ce serait en vérité non-seulement dommage d’en arrêter l’exercice, mais encore, et nécessairement, éteindre et contrister l’Esprit du Seigneur ».
En , une rencontre est organisée avec Darby par les pasteurs pour examiner ses positions, mais elle n'aboutit qu'à plus de dissensions. Darby admet dans une de ces lettres que son ministère en Suisse a créé quelques commotions. Pour Darby, les « anciens ministres, mis de côté par ce nouveau réveil », s'opposent à lui par jalousie. Pour les pasteurs, Darby a un plan: « attirer à lui les meilleures forces du réveil religieux... et les grouper... en assemblées absolument libres qui n’eussent que lui pour centre »p. 24.. Quoi qu'il en soit, un schisme a lieu dans l'église de Bourg-de-Four et une soixantaine de membres font sécession. Plusieurs croyants se rangent aux principes exposés par Darby et des petits rassemblements apparaissent en Suisse et en France. Ses opposants commencent à parler de réunions Darbystesp. 38.. Toutefois, à ce moment, ces nouveaux rassemblements ne sont pas exclusifs. Au contraire, Darby se réjouit volontiers de l'association de Nationaux et de Dissidents pour rompre le pain ensemble, comme c'est le cas à Vevey.
Affaire de Plymouth et de Bethesda : 1845-1848
Contexte