La collégiale Saint-Martin de Montmorency est une ancienne collégiale de style gothique flamboyant du située à Montmorency dans le Val-d'Oise, en région Île-de-France. Bâtie sur un éperon rocheux et précédée d'une terrasse, elle domine la vallée de Montmorency. Remarquable pour son unicité architecturale avec une sobriété et harmonie correspondant à son premier rôle de lieu de sépulture de la maison de Montmorency, la collégiale est surtout réputée pour son exceptionnelle série de quatorze vitraux de la Renaissance, qui se distingue même sur le plan national. Depuis 1631, soit un an avant l'exécution du dernier connétable Henri II de Montmorency, elle sert également d'église paroissiale, et se concentre sur ce rôle unique après la Révolution française. Tout comme l'église Saint-François, l'ancienne collégiale accueille les fidèles catholiques de Montmorency et relève du diocèse de Pontoise. Depuis 2025, son curé est le Père Roberto Ramos-Pertuz.
Histoire Les origines thumb|left|Le chevet depuis le sud-est. thumb|upright|Façade de la collégiale. thumb|upright|Archange sur le toit.
Depuis que le roi Robert a contraint en 997 son ancêtre Bouchard le Barbu à échanger son poste de l'île Saint-Denis - d'où il rançonnait les bateaux passant sur la Seine y compris ceux de l'abbaye de Saint-Denis, amenant l'abbé Vivian à le traduire en justice devant le roi - pour le domaine de Montmorency afin de l'éloigner de l'abbaye, la famille a fait de son mieux pour agrandir son domaine au détriment de celui de l'abbaye et pour diminuer la puissance de cet établissement en fondant des établissements concurrents. Vers 1124 Mathieu de Montmorency fonde le prieuré de Bois-Saint-Père près du château de la Chasse et la collégiale Saint-Martin à Montmorency. Il souhaite posséder dans l'enceinte même du château une collégiale (d'autres familles ont ou auront la même démarche, comme la famille de Beaumont à Luzarches un siècle plus tard). L'intérêt est d'avoir un lieu de culte à proximité dont il peut choisir les titulaires des prébendes, et de disposer d'une dernière demeure digne des défunts de la famille. La construction doit rapidement commencer, car les premiers chanoines sont déjà nommés en 1132, ce qui indique que les travaux sont suffisamment avancés pour pouvoir célébrer des offices.
Ne subsistent de cette première église que des vestiges lapidaires retrouvés au et provenant sans doute d'une première réfection du chœur ; ce sont deux colonnettes à chapiteaux à motifs végétaux de la fin du , deux autres colonnettes à chapiteaux semblant provenir d'un portail datable de 1220 environ, et deux chapiteaux à crochets de la seconde moitié du . Ces vestiges sont déposés au musée du Louvre. Aucune représentation iconographique de la première collégiale n'est connue ; le sceau de l'église montre bien la silhouette d'une façade occidentale d'une église à deux tours, mais il n'est pas possible de déterminer si cette représentation se fonde ou non sur la réalité passée..
La construction de l'église
L'édification de la collégiale actuelle commence en 1515 sous Guillaume de Montmorency selon un plan ambitieux, dans le style gothique flamboyant. Seize ans plus tard, à la mort du seigneur, la partie orientale est achevée, à savoir le chœur de quatre travées au chevet polygonal accompagné de deux collatéraux avec la fine flèche élancée en charpente, et le portail septentrional. Cet édifice incomplet suffit aux besoins dans un premier temps. Le nouveau seigneur Anne de Montmorency, fils du précédent, ne fait pas poursuivre les travaux et accorde la priorité à ses autres projets. Ce n'est que dans sa vieillesse, en 1557, qu'il se décide à reprendre la construction de la collégiale. Il tient absolument à assurer la continuité de style avec le chœur, alors que le style flamboyant est déjà passé depuis plusieurs années, et que son château d'Écouen est en train de s'achever dans un style Renaissance à son apogée. Son principal architecte, Jean Bullant, doit donc revenir au style flamboyant dans sa maquette qu'il propose au connétable. Les travaux sont exécutés sous la direction du maître-maçon Jean Désilles, mais sous la supervision de Jean Bullant. Le gros œuvre de la nef est achevé six ans plus tard, en 1563, mais les finitions sont encore incomplètes à la disparition d'Anne de Montmorency en 1567. Manquent notamment les vitraux des premières travées à l'ouest, mais également lun façade occidentale proprement dite et le clocher. Le somptueux tombeau du connétable est installé au centre de la nef, occupant une bonne partie de sa troisième et quatrième travée..
La maison de Montmorency est en déclin. Ni François de Montmorency, ni son frère Henri Ier de Montmorency ne font entreprendre des travaux significatifs, et ne choisissent pas la collégiale comme lieu de sépulture. Les offices sont successivement ouverts aux habitants du bourg. L'édifice ayant perdu d'importance pour la famille, Henri II de Montmorency le donne aux pères Oratoriens, ordre religieux de fondation récente, qui choisit désormais les neuf chanoines parmi ses rangs. Les Oratoriens fondent notamment un collège pour former les novices et proposer des études supérieures en théologie et philosophie. Avec ses deux agrandissements en 1696 et 1735, le collège devient un bâtiment imposant, jouxtant la façade septentrionale. Entre-temps, en 1631, soit un an avant son exécution, Henri II de Montmorency, confirme officiellement l'établissement du culte paroissial dans la collégiale. Mais ce dernier ne se confond pas avec les offices des chanoines, les fidèles devant se contenter du seul collatéral nord du chœur. Les princes de Condé en tant que successeurs des Montmorency gardent de loin un œil sur la collégiale. En 1687, ils font poursuivre les travaux sur la façade, selon un projet de Jean Bullant s'inscrivant clairement dans la mouvance de la Renaissance. Il s'agit d'aménager la façade à l'image d'un arc de triomphe d'ordre colossal. Mais la mise en œuvre s'arrête avec l'édification de l'arc proprement dit et d'une base de clocher, et ni les colonnes ni le fronton sont commencés. Cependant, certains princes de la maison de Bourbon-Condé choisissent de nouveau la collégiale comme lieu de sépulture, à l'instar de Louis IV Henri de Bourbon-Condé mort en 1740..
Les réflexions sur la meilleure façon d'achever la façade et le clocher de l'église reprennent à maintes reprises. En 1776, l'architecte Tétard soumet un projet ambitieux suivant le style classique, mais les budgets pour sa réalisation font défaut. Sous la Révolution française, le vandalisme vient à bout du mobilier et détruit tous les tombeaux, en dépit des protestations de la mairie. Seuls des éléments des gisants d'Anne de Montmorency et de sa femme Madeleine de Savoie sont sauvés de la destruction. Ils sont conservés au musée du Louvre. Sur les vitraux, toutes les armoiries sont enlevées.
Le bâtiment lui-même est toutefois ménagé, car la conservation d'une église par commune comme lieu de rassemblement ou de culte est prévue, et Montmorency ne possède plus d'autre église à cette date. La clôture du chœur est enlevée pour symboliser l'ouverture complète de l'église au peuple. Avec 933 autres édifices en France, l'église est classée monument historique par liste de 1840, et représente ainsi l'un des six premiers monuments historiques sur le territoire de l'actuel département du Val-d'Oise. Sous l'impulsion de l'architecte et historien de l'art Lucien Magne, le bâtiment et les vitraux sont restaurés entre 1881 et 1887. Magne développe également plusieurs projets pour l'achèvement de la façade et l'édification d'un clocher. En 1875, il envisage dans un premier temps un clocher devant le centre de la façade, avant de dessiner un clocher plus simple se dressant au-dessus du moignon déjà existant. C'est ce projet qui est adopté, et les travaux sont lancés en 1892, s'échelonnant jusqu'en 1909, quand le bas-relief du portail est installé.
L'histoire de la paroisse
La paroisse de Montmorency ne doit pas être antérieure au , et a vraisemblablement été démembrée de la paroisse voisine Saint-Martin de Groslay. Au départ, l'église collégiale est à la fois paroissiale. Mathieu Lours suppose l'existence d'une église paroissiale jusqu'au , puisqu'il évoque l'ouverture au service paroissial de la collégiale. L'abbé Lebeuf n'a trouvé aucun document relatif à une autre église que la collégiale. Au , il y a encore une chapelle Notre-Dame à l'intérieur de la ville, près de la porte de Groslay, et son portail porte le style de la limite / . — Étant donné le grand nombre d'églises placées sous l'invocation de saint Martin de Tours, elles sont loin d'en posséder toutes une relique. Dans la collégiale, un os du bras de saint Martin était conservé, et les chanoines de la basilique Saint-Martin de Tours ont demandé de pouvoir obtenir cette relique, car ils n'en possédaient plus aucune. — Dans des circonstances impossibles à reconstruire, la collégiale a obtenu les reliques d'un saint Félix, dont l'abbé Lebeuf dit qu'il peut bien être venu d'Espagne mais que ce n'est pas saint Félix de Gérone. Plus probablement c'est un saint Félix martyrisé à Vernot, dont la terre a appartenu à Hervé de Montmorency. Les reliques donnaient lieu à un pèlerinage et une foire le , dont la particularité était la participation des habitants de Saint-Félix (Oise). Ils faisaient une procession dans les rues de Montmorency, pendant laquelle ils portaient fièrement la châsse de Saint-Félix conservée en la collégiale. — Sous tout l'Ancien Régime, Montmorency fait partie du Archidiocèse de Paris. Au , la ville constitue le chef-lieu du doyenné de Montmorency, beaucoup plus vaste que le doyenné d'Enghien-Montmorency actuel. Il comprend tout le nord parisien sur la rive gauche de l'Oise, ainsi que trois paroisses sur la rive droite (dont Andrésy dans les Yvelines), y compris le nord-ouest de la Seine-et-Marne.. Ce doyenné est délimité par les diocèses de Rouen et de Beauvais au nord-ouest, par le diocèse de Senlis au nord et par le diocèse de Meaux à l'est.
Après la Révolution française et la création du département de Seine-et-Oise, la paroisse est rattachée au nouveau diocèse de Versailles qui correspond exactement au territoire du département. Dans le contexte de la refonte des départements d'Île-de-France, le nouveau diocèse de Pontoise est érigé en 1966, et Montmorency en fait partie à l'instar de toutes les autres paroisses du département. Le diocèse de Paris se limite désormais à la seule ville de Paris. Dans les années qui suivent, la paroisse de Montmorency s'agrandit avec la construction d'une seconde église, l'église Saint-François puis le rattachement de l'église de Groslay qui accueille elle, la célébration quotidienne des messes. Aujourd'hui, la paroisse se montre dynamique. Elle est très fréquentée par les jeunes de Montmorency puisqu'elle propose des ateliers pour tous les âges
Un groupe d'éveil à la foi pour les enfants de 4 à 7 ans et un groupe de catéchisme pour les enfants en CE2, CM1 & CM2 Un groupe d'aumônerie pour les enfants en classe de 6°/5° et un groupe de fraternité pour les jeunes en classe de 4°/3° et lycéens Un groupe pour jeunes adultes entre 18 et 25 ans
La paroisse compte également un tiers-lieu écologique et une escale solidaire.
Description Aperçu général thumb|Plan de la collégiale en 1880.