Saint-Seurin-d’Uzet est une ancienne commune du Sud-Ouest de la France, située dans le département de la Charente-Maritime (région Nouvelle-Aquitaine). En 1965, elle a fusionné avec sa voisine Chenac-sur-Gironde pour former la commune de Chenac-Saint-Seurin-d'Uzet. Ses habitants sont appelés les Saint-Surinais et les Saint-Surinaises..
Cette petite bourgade s’étendant au bord de l’estuaire de la Gironde, entre Barzan et Mortagne-sur-Gironde, est avant tout célèbre pour son port de pêche, qui fut pendant une grande partie du la « capitale française du caviarLa pêche à l'esturgeon et le caviar de l'estuaire de la Gironde, inventaire de l'estuaire de la Gironde, région Poitou-Charentes » : au milieu des années 1950, on produisait encore entre trois et cinq tonnes de cette denrée de luxe, exportée dans le monde entier. La pêche à l’esturgeon a cependant été interdite en 1982 afin de protéger l’espèce ; désormais, le « caviar de Gironde » est obtenu en fermes aquacoles : près de douze tonnes de caviar sont produites chaque année dans la région.
Aux portes des grands marais de la rive nord de la Gironde, elle est aujourd’hui une localité touristique et agricole, appartenant à la Communauté d’agglomération Royan Atlantique.
Géographie
Situation
Saint-Seurin-d’Uzet se situe dans le Sud-Ouest du département de la Charente-Maritime, dans l’ancienne province de Saintonge. Appartenant au midi atlantique, elle se rattache à deux grands ensembles géographiques, le Grand Sud-Ouest français et plus rarement, le Grand Ouest français. Administrativement parlant, elle dépend depuis 2015 du canton de Saintonge Estuaire, dont le chef-lieu est Meschers-sur-Gironde, et du canton de Cozes avant cette date, dans l’arrondissement de Saintes et la Communauté d’agglomération Royan Atlantique. Son territoire s’étendait sur avant la fusion avec sa voisine Chenac-sur-Gironde, avec une façade estuarienne (fluviale, mais fortement influencée par l’océan Atlantique tout proche) de près de cinq kilomètres.
Le bourg est entouré au nord-ouest par la commune de Barzan, au nord, sur les hauteurs, par Chenac-sur-Gironde, à l’est par Mortagne-sur-Gironde et au sud par l’estuaire de la Gironde, et au-delà, la commune médocaine de Jau-Dignac-et-Loirac. Il est distant de trois kilomètres de Chenac-sur-Gironde, auquel il est associé, de cinq kilomètres de Mortagne-sur-Gironde., de de Cozes., de de Meschers-sur-Gironde., actuel chef-lieu cantonal, de de Gémozac., de de Royan., de de Saintes., de de Blaye., de de Rochefort., de de La Rochelle., la préfecture départementale, et de de Bordeaux., préfecture régionale et seule métropole des environs. La commune avait une superficie de ..
thumb|Le Juliat à Saint-Seurin-d'Uzet.
Outre le bourg de Saint-Seurin, l’ancienne commune comprenait le hameau de la Tuilerie, le Petit Chenac, la partie sud de la Cave, Font-Garnier, et plus au sud, le Vieux Bourg, Lafont, Chez Naudin, les Cormes, Chez Rambeau et L’Échailler. Fortement marqué par la présence de l’estuaire de la Gironde, composante essentielle du paysage local, le bourg de Saint-Seurin-d’Uzet est avant tout un port, comme il en existe de nombreux autres sur les deux rives du fleuve. Le port de Saint-Seurin s’étend en bordure d’un chenal aménagé à l’embouchure du Juliat, modeste ruisseau né à peu de distance de là, à Font Garnier, au fond d’une ancienne baie dont l’envasement, récent (l’eau arrivait encore presque jusqu’à l’église au début des années 1950Yannis Suire, Chenac-Saint-Seurin-d'Uzet, in L'inventaire du patrimoine de la région Poitou-Charentes, 2012), a donné naissance à une roselière de , une des plus étendues de France. Cette vaste zone palustre, qui s’inscrit dans le contexte plus général des marais de la rive nord de la Gironde, ou « Petite Camargue », qui vont de Meschers-sur-Gironde à Blaye, est devenue un lieu de repos prisé des oiseaux migrateurs et un sanctuaire ornithologique géré conjointement par le Conservatoire du Littoral et le Conservatoire régional des espaces naturels, où se trouve notamment un des cinq camps de baguage d’oiseaux de la façade atlantique.
De part et d’autre de l’ancienne baie de Saint-Seurin se dressent des falaises érodées nées un peu avant celles de Meschers ou de Saint-Georges-de-Didonne, au crétacé, il y a environ 90 millions d’années. Le recul progressif du trait de côte les a isolées de l’estuaire et en a fait des « falaises mortes », terme opposé à celui de « falaises vives » (c’est-à-dire toujours battues par les flots). L’eau ne les atteint plus qu’exceptionnellement, lors des grandes tempêtes comme Martin en 1999 ou Xynthia en 2010, ou en cas de marée particulièrement forte. Plus à l’intérieur des terres, en remontant vers Chenac, le plateau saintongeais est découpé par différents ruisseaux et marais intérieurs asséchés et reconvertis dans la culture céréalière, formant des combes et un relief relativement tourmenté, ménageant des vues panoramiques sur l’estuaire et la campagne environnante.
Voies de communication et transports Voies routières vignette|La « route verte » traverse le bourg de Saint-Seurin.
Le village de Saint-Seurin-d’Uzet est traversé par une seule route d’importance, la D145 ou « route verte », qui part de Royan et se poursuit jusqu’à Bordeaux. Principale voie d’accès, elle conduit aux principales petites villes des environs telles que Mortagne-sur-Gironde et Meschers-sur-Gironde. La D129, plus modeste, remonte vers Chenac et Épargnes ; elle donne accès à la D730, axe majeur du schéma routier départemental, plus connue sous le nom de « route de Bordeaux ». Elle permet de rejoindre Cozes, Semussac et Saint-Georges-de-Didonne, ainsi que la rocade de Royan d’une part, et Mirambeau (et Blaye) d’autre part.
Transports en commun
Saint-Seurin fait partie des quelques villages du Sud du Pays Royannais non desservis par une ligne régulière de transports en commun. Le réseau de transports urbains de l’agglomération de Royan, Cara'Bus, propose un service de transport à la demande vers les arrêts de bus les plus proches, à Cozes ou à Meschers-sur-Gironde. De là, il est possible de rejoindre les principaux pôles d’attraction de l’agglomération royannaise et jusqu’à la ville de Marennes, qui est située en dehors des limites de l’agglomération mais entretien des liens étroits avec elle.
Climat
Le climat dont bénéficie la Charente-Maritime est un climat océanique tempéré de type aquitain, marqué par un ensoleillement moyen assez important : avec par an, il est comparable à celui que connaît une partie de la côte méditerranéenne.. La pluviosité y est modérée, les précipitations ne dépassant pas par an. Les températures, quant à elles, varient en moyenne de en hiver à en été.
Les îles et l'ensemble du littoral de la Charente-Maritime se caractérisent par un climat particulièrement doux en hiver, et rafraîchissant l'été, grâce aux influences océaniques perpétuellement en mouvement (brise marine). Ces conditions climatiques favorables, toujours soumises aux influences de l'océan Atlantique, ont favorisé un véritable microclimat de type sub-aquitain et l'existence d'une végétation déjà méridionale. Ainsi la flore se caractérise-t-elle par la présence étonnante de lauriers-roses, eucalyptus, agaves, et même les mimosas se mettent à fleurir dès le mois de janvier.
Aux essences déjà méridionales du chêne vert (ou yeuse) et du cyste, s'ajoutent une forte présence de palmiers, figuiers, orangers et même oliviers. Il existe toutefois un contraste entre le littoral, assez sec et ensoleillé et l'intérieur des terres, davantage pluvieux. La pluviométrie passe ainsi de sur le littoral à en Haute Saintonge.
Les relevés de la station météorologique de La Rochelle entre 1946 et 2000 permettent de déterminer quelques dates majeures au point de vue climatique en Charente-Maritime : ainsi, au cours de ce laps de temps, la température la plus froide est relevée le : . Un pic de température (dépassé seulement au cours de la canicule de 2003) est atteint le avec près de à l'ombre. Si 1953 est considérée comme l'année la plus sèche, 2000 est au contraire la plus pluvieuse..
La Charente-Maritime est le département français qui a été le plus durement touché par la tempête Martin du . Les records nationaux de vents enregistrés ont été atteints avec sur l'île d'Oléron et à Royan.
Dans la nuit du 23 au , la région est frappée par la tempête Klaus. Malgré des rafales de vent dépassant les , les dégâts relevés dans la commune demeurent relativement minimes au regard de la situation dans le Médoc tout procheJournal Sud Ouest, édition locale de Royan datée du .
Le village est durement éprouvé par la tempête Xynthia qui traverse la région dans la nuit du au . Des bourrasques de près de touchent la ville voisine de Royan.. Associées à une marée de fort coefficient, elles provoquent l'inondation d'une partie du village et la mort de quatre personnes.
Données générales
Données météorologiques à Bordeaux
Données météorologiques à La Rochelle
Économie
Saint-Seurin-d'Uzet est au cœur d'un bassin d'emploi particulièrement attractif, la zone d'emploi de Royan (issue de la partition de l'ancienne zone d'emploi Saintonge maritime, qui regroupait de nombreuses communes du Pays Rochefortais, du Pays Marennes-Oléron et du Pays RoyannaisPrésentation de la zone d'emploi de Saintonge maritime, site de l'ARTLV), forte de en 2008.. La zone d'emploi de Royan est, avec celle de La Rochelle, la plus dynamique de l'ex-région Poitou-Charentes, toutes deux profitant « d'un tissu économique et d'une démographie dynamiques » (Insee). La croissance y est particulièrement soutenue, du fait du développement des activités tertiaires.
vignette|Saint-Seurin a longtemps été la « capitale française du caviar ». Ce mets de luxe est toujours produit dans les environs, à Saint-Genis-de-Saintonge et Saint-Fort-sur-Gironde.
L’économie du village est intimement liée à celle de Chenac et des autres communes rurales de l’ancien canton de Cozes. L’agriculture reste très présente, notamment la céréaliculture (maïs, blé) et la culture des oléagineux (tournesols), des fruits (kiwis) et des légumes. L’élevage des agneaux de prés salés (agneau de l’estuaire) est une activité mise en valeur par l’association des « Moutonniers de l’estuaire », qui rassemble des producteurs de communes ayant en commun la proximité de l’estuaire de la Gironde : Chenac-Saint-Seurin-d’Uzet, Mortagne-sur-Gironde, Saint-Sorlin-de-Conac, Saint-Bonnet-sur-Gironde (Charente-Maritime) et Anglade (Gironde).. Un producteur de produits fermiers est également implanté dans le village.
La pêche est désormais un secteur confidentiel, l’interdiction de la pêche à l’esturgeon en 1982 ayant mis un coup d’arrêt à cette activité. La production de caviar est désormais le fait de fermes aquacoles. Le caviar produit dans la région (important atelier de production à Saint-Genis-de-Saintonge et ferme aquacole à Saint-Fort-sur-GirondeDes perles noires cultivées en Saintonge, article paru dans Sud-Ouest, 13 novembre 2014) est toujours vendu à Saint-Seurin, et est au menu de plusieurs établissements des environs. L’auberge-musée du caviar et de l’esturgeon de Saint-Seurin, gérée par l’association des amis de Saint-Seurin-d’Uzet, permet également de découvrir et de déguster ce produit. Le commerce de proximité, durement éprouvé dans la seconde moitié du (nombre de ces commerces fermant progressivement) est représenté par une épicerie.