Nathaniel Hawthorne, né le à Salem, dans le Massachusetts (États-Unis) et mort le à Plymouth, dans le New Hampshire (États-Unis), est un écrivain américain, auteur de nouvelles et de romans.

Biographie Jeunesse et formation thumb|220px|Wayside, maison de Hawthorne à Concord. Nathaniel Hawthorne voit le jour à Salem (Massachusetts) le . Sa maison natale a été préservée, elle est ouverte au public.. William Hathorne, son arrière-arrière-arrière-grand-père, était un puritain qui émigra d'Angleterre et s'installa à Dorchester, avant de rejoindre Salem. Là, il devint un membre éminent de la colonie de la baie du Massachusetts et occupa plusieurs fonctions politiques, ainsi que celles de magistrat et de juge, où il se rendit célèbre par la sévérité de ses jugements. Son fils, John Hathorne, arrière-arrière-grand-père de l'auteur, fut l'un des juges assesseurs au procès des sorcières de Salem. À la suite de la découverte de ce fait, vers l'âge de 20 ans, l'auteur aurait ajouté un « w » à son nom, peu avant de sortir diplômé du collège, afin de se dissocier de ses ancêtres. Le père de Hawthorne, Nathaniel Hathorne Sr., était capitaine de la marine marchande. Il mourut au Suriname, emporté par la fièvre jaune, en 1808. Après, le jeune Hawthorne, sa mère et ses deux sœurs emménagent chez les Manning, leurs parents maternels, à Salem, où ils vécurent dix ans. Durant ce séjour, Hawthorne est frappé à la jambe lors d'un jeu de « bat & ball » ; devenu boiteux, il est cloué au lit pendant un an, sans que les médecins parviennent à identifier son mal.

thumb|left|200px|Constitution du [Pot]-8-0 Club, société secrète constituée par Hawthorne et ses amis à Bowdoin College. Signée par Hawthorne, Jonathan Cilley et d'autres.

À l'été 1816, la famille s'installe comme pensionnaire chez des fermiers, avant d'emménager dans une maison spécialement construite pour eux par leurs oncles Richard et Robert Manning à Raymond (Maine), près du lac Sebago. En 1819, Hawthorne retourne à Salem pour y étudier ; ce départ développe chez lui un sentiment de nostalgie, et il se plaint fréquemment d'être loin de sa mère et de ses sœurs. En dépit de son mal du pays, il envoie par amusement, en août et , sept exemplaires de The Spectator, journal écrit à la main, à la maison, et incluant des essais, des poèmes et des nouvelles marqués par l'emploi d'un humour adolescent chez ce jeune auteur.

Robert Manning avait insisté pour que Hawthorne fréquente le collège, en dépit des protestations du jeune homme.. Avec le soutien financier de cet oncle, Hawthorne se rend au Bowdoin College, à Brunswick, en 1821, en raison des liens familiaux dans cette région, mais aussi du caractère peu coûteux de ses frais de scolarité. Sur le chemin de Bowdoin, à l'arrêt de Portland, Hawthorne rencontre le futur président des États-Unis Franklin Pierce, dont il devient l'ami. Au collège, il se lie d'amitié avec Henry Longfellow, Jonathan Cilley et Horatio Bridge. Des années après l'obtention de son diplôme en 1825, il décrit son expérience du collège à Richard Henry Stoddard :

Débuts thumb|150px|Boston Custom House, sur Custom House Street, où Hawthorne travaille vers 1839–1840..

En 1836, Hawthorne devient le rédacteur en chef de l'American Magazine of Useful and Entertaining Knowledge. À la même époque, il se met en pension avec le poète Thomas Green Fessenden sur Hancock Street, à Beacon Hill, à Boston. On lui offre un poste de peseur et de jaugeur à la Boston Custom House avec un salaire de dollars par an, qu'il accepte le . Durant ce séjour, il loue une chambre à George Stillman Hillard, partenaire financier de Charles Sumner. Hawthorne écrit alors dans la relative obscurité de ce qu'il appelait son « nid de hibou » dans la maison familiale. Revenant ultérieurement sur cette période de sa vie, il devait dire : . Il publie des nouvelles, notamment Le Jeune Maître Brown (Young Goodman Brown) et Le Voile noir du pasteur (The Minister's Black Veil) à divers magazines et publications annuelles, mais aucune n'attire réellement l'attention sur leur auteur. Horatio Bridge lui offre de courir le risque d'une publication en recueil de ces nouvelles. Paru au printemps 1837 en un volume, sous le titre Twice-Told Tales, ce livre procure à Hawthorne une notoriété locale.

Mariage et famille thumb|left|upright|Una et Julian Hawthorne vers 1850. À l'époque de Bowdoin, Hawthorne parie avec son ami Jonathan Cilley une bouteille de Madère que Cilley serait marié avant lui.. En 1836, il gagne le pari, mais il ne reste pas célibataire toute sa vie. Après des amourettes avec des femmes du pays, notamment Mary Silsbee et Elizabeth Peabody, il se met à écrire à la sœur de cette dernière, l'illustratrice et transcendantaliste Sophia Peabody. Cherchant un possible foyer pour lui et Sophia, il rejoint, en 1841, la communauté utopique de Brook Farm, moins par conviction que pour économiser l'argent nécessaire à l'établissement de son ménage. Il verse une caution de dollars et est chargé de pelleter le monticule de fumier dénommée « la mine d'or ». Il met un terme à cette expérience la même année, mais son aventure à Brook Farm se révèle une source d'inspiration pour son roman Valjoie.

Hawthorne épouse Sophia Peabody le , lors d'une cérémonie qui a lieu dans le salon des Peabody, sur West Street, à Boston. Le couple emménage dans « The Old Manse », à Concord, dans le Massachusetts, où ils vivent trois ans, dans le voisinage de Ralph Waldo Emerson et d'Henry David Thoreau. Emerson l'invite dans son cercle social, mais Hawthorne est un homme timide à un niveau presque pathologique et reste silencieux lors des assemblées. Au Old Manse, Hawthorne écrit la plupart des contes rassemblés dans Mosses from an Old Manse.

Comme son mari, Sophia Peabody est une solitaire. Dans sa jeunesse, elle a eu de fréquentes migraines et a subi plusieurs traitements médicaux expérimentaux. Elle demeure le plus souvent alitée, jusqu'à ce que sa sœur la présente à Hawthorne. Par la suite, ses maux de tête semblent avoir diminué. Ces ennuis de santé peuvent venir d'un traitement — très courant, alors — que son père lui prescrivait pour soigner les douleurs liées à la poussée des dents, qui contenait du mercure. Les Hawthorne vécurent un long et heureux mariage. Évoquant sa femme, qu'il appelait sa « Colombe », Hawthorne écrit qu'elle . Sophia admirait grandement le travail de son mari. Dans l'un de ses journaux, elle écrit :

Lors de leur premier anniversaire de mariage, le poète William Ellery Channing vient au Old Manse pour les aider. Une adolescente du pays, nommée Martha Hunt, se noie dans la rivière, et on emploie le bateau des Hawthorne, le Pond Lily, pour tenter de retrouver son corps. Hawthorne aide aux recherches du corps, il décrit cette expérience comme . L'incident lui inspire plus tard une scène de son roman Valjoie.

Nathaniel et Sophia Hawthorne auront trois enfants. La première, baptisée Una en référence à La Reine des fées (au grand dam des membres de la famille), naît le . Hawthorne écrit à un ami : . En 1846, voit le jour leur fils Julian. Hawthorne écrit à sa sœur Louisa le , parmi plusieurs faits et nouvelles : . Leur dernier enfant, Rose, est mise au monde en mai. Hawthorne l'appelle . Una meurt célibataire à trente-trois ans. Julian s'installe dans l'Ouest des États-Unis et écrit un livre sur son père.

La maturité thumb|200px|Daguerréotype d'Hawthorne, Whipple & Black, 1848.

Le , Hawthorne est officiellement nommé au bureau des douanes, avec le titre de « Surveyor for the District of Salem and Beverly and Inspector of the Revenue for the Port of Salem », avec un salaire annuel de dollars. Il a lors de cette période des difficultés à écrire, comme il le reconnaît lui-même auprès de Longfellow : . Comme son précédent emploi à la Custom House de Boston, ce travail est soumis à la politique du système des dépouilles. Démocrate, Hawthorne perd ce poste le , avec le changement d'administration à Washington après l'élection présidentielle de 1848. Hawthorne rédige une lettre de protestation au Boston Daily Advertiser, qui est attaqué par les Whigs et soutenu par les Démocrates, faisant de la destitution d'Hawthorne un évènement particulièrement discuté en Nouvelle-Angleterre. Hawthorne est profondément affecté par le décès de sa mère, survenu peu après, à la fin de juillet, en parlant comme de . Hawthorne est finalement nommé secrétaire correspondant du Salem Lyceum en 1848. Parmi les personnalités qui intervinrent à cette époque se comptent Emerson, Thoreau, Louis Agassiz et Theodore Parker.

Hawthorne revient sérieusement à l'écriture et publie à la mi- La Lettre écarlate, roman précédé d'une préface qui fait référence aux trois années passées à la Custom House et comprend diverses allusions aux politiciens locaux, qui n'apprécient guère la manière dont l'écrivain les traite. L'un des premiers livres d'Amérique à avoir été fabriqué en série, ce roman se vend à exemplaires en dix jours et rapporte à Hawthorne dollars en quatorze ans. Deux éditeurs concurrents font paraître des éditions pirates à Londres., et l'ouvrage devient immédiatement un best-seller aux États-Unis ; c'est le point de départ de la période la plus lucrative de sa carrière d'écrivain. L'un des amis d'Hawthorne, le critique Edwin Percy Whipple, élève une objection contre du roman et ses denses détails psychologiques, écrivant que le livre . Au , l'écrivain, D. H. Lawrence considérera, au contraire, qu'il ne pouvait exister d'œuvre plus parfaite de l'imagination américaine que La Lettre écarlate. Le succès immédiat de La Lettre écarlate permet à Hawthorne de vivre de sa plume dès 1850.

Hawthorne et sa famille déménagent dans une petite ferme peinte en rouge près de Lenox (Massachusetts) à la fin de . Hawthorne se lie d'amitié avec Oliver Wendell Holmes, Sr. et Herman Melville, qu'il rencontre le , lors d'un pique-nique auquel les auteurs ont été conviés par un ami commun. Melville vient juste de lire le recueil de nouvelles d'Hawthorne Mosses from an Old Manse, et sa recension, intitulée Hawthorne et ses Mousses, avait été imprimée anonymement dans The Literary World le 17 et le . Melville, qui travaille alors à la composition de Moby Dick, y écrit que ces histoires révèlent un côté sombre chez Hawthorne, et souligne la qualité du recueil. Plus tard, Melville dédicacera Moby Dick (1851) à Hawthorne : . L'écrivain Stéphane Lambert relate l'amitié passionnée entre les deux hommes dans son livre Fraternelle mélancolie.

Le séjour d'Hawthorne dans les Monts Berkshire est très productif pour l'écrivain.. La Maison aux sept pignons (1851) — que le poète et critique James Russell Lowell considérait comme meilleure que La Lettre écarlate et comme — et Valjoie (1852), son seul texte écrit à la première personne, y sont conçus. Il publie également en 1851 un recueil de nouvelles réécrivant les mythes, Le Premier Livre des merveilles, un ouvrage qu'il songeait à écrire depuis 1846. Néanmoins, le poète William Ellery Channing rapporte qu'Hawthorne . Bien que la famille ait beaucoup aimé le décor des Berkshires, Hawthorne n'apprécie guère les hivers dans leur petite maison rouge. Ils quittent les lieux le . Et Hawthorne note : .

The Wayside et séjour en Europe