Les Collectifs unitaires sont une structure politique française.
L’entité est issue de l'appel du (« Pour un rassemblement antilibéral de gauche et des candidatures communes : il y a urgence »), qui est en relation avec les collectifs du (pour le « non » de gauche au référendum français sur le traité établissant une Constitution pour l'Europe).
Les collectifs ne parviennent pas à désigner un candidat commun à l’élection présidentielle de 2007, Marie-George Buffet (PCF) et José Bové (divers gauche écologique) s’en revendiquant tous deux. Le mouvement disparaît peu après.
Fondation
Après la victoire en France du non au référendum du 29 mai 2005 sur le Traité constitutionnel européen, plusieurs personnes et organisations politiques ont souhaité continuer l'expérience unitaire du « non de gauche pro-européen et antilibéral » (incarné notamment par les collectifs du et par le mouvement contre la directive Bolkestein).
Cette volonté, manifestée dans l'appel du (« Appel pour des candidatures unitaires en 2007 et 2008 »Appel pour des candidatures unitaires en 2007 et 2008) a été confortée par le mouvement anti-CPE, dans lequel se sont impliquées les organisations signataires du premier appel. Un second appel a donc été signé le , créant le Collectif national d’initiative pour un rassemblement anti-libéral de gauche et des candidatures communes, chargé de coordonner les collectifs locaux existant et d'en créer de nouveaux« Pour un rassemblement antilibéral de gauche et des candidatures communes : il y a urgence », appel du 11 mai 2006.
Environ 800 collectifs locaux se sont constitués, qui se donnent pour but d'organiser des mobilisations citoyennes larges, un projet basé sur la « charte anti-libérale » et des candidatures en vue des prochaines élections présidentielle et législatives françaises de 2007.
Charte
La charte antilibérale, qui est accompagné d'une déclaration, est composé de constats, de propositions et de valeurs pour faire suite au « Non de gauche au Traité constitutionnel européen » et proposer des alternatives au néolibéralisme.
Elle a été adoptée par les Collectifs du , et a été un événement dans la période. Le manque de propositions a été un reproche fait aux partisans du "non". De plus, le manque de travail unitaire a trop longtemps divisé des associations, des partis, des citoyens et des syndicats, qui se sont donc réunis pour concevoir une base commune.
Cette charte a été conçue pour être modifiée et évoluer au cours du temps, par tous ceux qui le souhaitaient sur le site. Les propositions de modifications et les amendements ont été intégrés au cours d'assises nationales composées de membres des Collectifs locaux du , pour donner une version définitive.
Composition
Ces collectifs sont formés de citoyens indépendants et de membres de divers partis et associations. Parmi ces organisations, on trouve notamment celles qui ont signé l'appel du :
Les Alternatifs Collectif pour l'écodéveloppement Convergence citoyenne Gauche républicaine Mouvement pour une alternative républicaine et sociale Parti communiste français
Les comités comptaient aussi des membres de :
ATTAC Fondation Copernic (dont son président, Yves Salesse) Pour la République sociale Une partie des Verts (Alter Ekolo) Certains courants minoritaires (plateformes 3 et 4) de la Ligue communiste révolutionnaire Des syndicalistes de la CGT, de la Fédération syndicale unitaire ou de SUD Des altermondialistes.
Déroulement
Le , au cours d'une réunion nationale, un texte commun intitulé « Ambition-stratégie-candidatures », chargé de préciser les projets et stratégies a été adopté, ainsi qu'un calendrier« Ambition - stratégie - candidatures », texte de structure des collectifs.
Les 14 et s'est tenue une réunion nationale de travail sur le programme « Ce que nous voulons »« Ce que nous voulons », programme des collectifs.
Le candidat du mouvement à l'élection présidentielle devait être choisi lors de la réunion nationale du 9 et à Saint-Ouen. En préparation de cette réunion, des débats ont eu lieu dans les collectifs locaux. À noter que José Bové ayant retiré sa candidature au cours de ce processus, celle-ci n'a pas été débattue dans tous les collectifs. En l'absence de procédure commune, chaque collectif a procédé à sa manière : certains ont choisi un vote simple (247 collectifs sur 625), d'autres un vote par liste préférentielle (235), complète ou partielle, d'autres par consensus (97), d'autres enfin, considérant que tout vote mènerait à opposer une majorité à une minorité (ce qui serait contraire au principe du consensus), ont préféré envoyer un compte rendu qualitatif des débats, sans données "comptables" (46 collectifs).
Dans ces conditions, il est difficile de résumer tous ces débats, plusieurs synthèses ont été établiesSynthèse personnelle des résultats des collectifs au 5/12, par Roger MartelliAnalyse qualitative des PV des collectifs, par Jean-Robert VelvethSynthèse des PV des collectifs, par Roger Martelli. Toutes ces synthèses mettaient Marie-George Buffet en tête, suivie de Yves Salesse et de Clémentine Autain, bien que les proportions diffèrent fortement selon les analyses, et surtout selon les modalités choisies par les collectifs. Ainsi, si Marie-George Buffet est en tête dans 76 % des collectifs ayant choisi le vote proportionnel (12 % pour Autain et 8 pour Salesse) et 69 % de ceux qui ont choisi le consensus (resp. 17 % et 14), elle n'est placée en premier choix que par 48 % de ceux qui ont choisi un vote préférentiel (resp. 23 % et 26)Résultats de la consultation des collectifs locaux sur les candidatures.
Une réunion du collectif national a eu lieu le pour tenter de sortir de l'impasse, mais elle n'a pas permis d'atteindre un consensus selon les modalités retenues (double consensus, dans les collectifs et dans les organisations). À la suite de cette réunion, il a été décidé de redonner la parole aux collectifs locaux pour réfléchir à une solution et une méthode de désignation de la candidature commune.
Le , lors d'une nouvelle réunion du collectif national, une candidature de Francis Wurtz a été avancée par plusieurs organisations : si deux organisations (la Gauche républicaine et le MARS) ont donné leur accord, trois autres (Alter Ekolo, les Objecteurs de croissance et PRS) l'ont refusée tandis que les autres n'ont pas exprimé d'avis clairCompte rendu de la réunion du Collectif national d’initiative du 19 décembre par la délégation du PCF. Francis Wurtz a lui refusé cette candidature, estimant qu'elle n'était pas pertinente puisqu'elle ne permettait pas d'obtenir un accord et qu'elle était présentée pour s'opposer à la candidature de Marie-George Buffet, qu'il soutientDéclaration de Francis Wurtz sur la candidature.
Le , les adhérents communistes confirment à nouveau (à 81,05 %) la candidature de Marie-George BuffetRésultats de la consultation des communistes du 20 décembre 2006. Le 22, elle officialise cette candidature, arguant d'une urgence d'entrer en campagne et de l'absence de consensus sur une candidature au sein du Collectif, et appelle les autres composantes à s'y associer, s'appuyant sur la majorité obtenue lors des consultations des collectifsDéclaration d’entrée en campagne de Marie-George Buffet.
La plupart des autres composantes ont considéré que Marie-George Buffet était candidate du seul Parti communiste et que, de fait, le PCF avait choisi de sortir de la démarche unitaire. Ils ont convoqué une réunion nationale les 20 et Déclaration des porte-parole (hors PCF) du Collectif national.
Lors de cette réunion, des délégués de 300 collectifs ont applaudi la déclaration de candidature de José Bové« Les "Collectifs unitaires" appellent José Bové à être leur candidat », sur Bellaciao, qui l'a annoncée officiellement le .
Les partisans de José Bové considèrent que sa candidature est la dernière chance de l'unité. Celui-ci explique ainsi que son objectif est, même à ce moment tardif, de mettre en place une campagne collective. Il appelle Buffet et Besancenot à l'y rejoindre. La candidature a été soutenue par une pétition de parrainage citoyen de plus de 40 000 signatures et se lance désormais dans la recherche des 500 signatures d'élus nécessaires pour se présenter.
Yves Salesse, Claude Debons et Clémentine Autain ont exprimé leur réticence face à une division supplémentaire, tandis que le PCF a dénoncé cette désignation par une minorité de collectifs (lors de la réunion du 9 et , près de 800 collectifs étaient représentés). Le PCF a également rappelé qu'un grand nombre de collectifs s'était rallié à la candidature de Marie-George BuffetComme l'attestent les procès-verbaux et comptes-rendus de nombreux collectifs, dont ceux de Perpignan centre-ville, d'Orange ou de Paris .
Le collectif unitaire national a de plus rappelé que José Bové n'était pas le candidat des collectifs et du rassemblement antilibéral, pas plus que Marie-George Buffet.
Deux candidats issus des collectifs antilibéraux (et signataires de l'appel du ) sont donc représentés : José Bové et Marie-George Buffet. Cependant, aucun des deux n'a été investi par les collectifs.
Élection présidentielle de 2007 thumb|Marie-George Buffet. thumb|José Bové. Un débat traverse la gauche antilibérale et radicale (PCF, LCR, Les Alternatifs, MARS, CNGR/AGR, PRS, une partie des Verts, militants sans étiquette issus du syndicalisme ou de l’altermondialisme, etc.) sur la possibilité de candidatures unitaires antilibérales, tant à la présidentielle qu’aux législatives qui suivront.
Un appel en ce sens a été lancé en par des personnalités, membres ou non de partis politiques et souvent proches des Collectifs du (anciens Comités pour le non de gauche au référendum). Cet appel, intitulé « Pour un rassemblement anti-libéral de gauche et des candidatures communes, il y a urgence Appel « pour un rassemblement anti-libéral de gauche et des candidatures communes, il y a urgence ! »! » a recueilli plus de 7 000 signataires ainsi que les signatures du Parti communiste français, du MARS, de la Gauche républicaine ou des AlternatifsSignataires de l’appel « Il y a urgence ! »).
À la suite de cet appel, de nombreux collectifs sont créés, pour une partie issus des collectifs du , au niveau local, ainsi qu'un Collectif national d’initiative pour un rassemblement antilibéral de gauche et des candidatures communes.
Le PCF, favorable au principe d’une candidature unitaire. Il a lancé, par la voix de sa secrétaire nationale un appel en ce sens intitulé Pour un rassemblement antilibéralPour un rassemblement antilibéral, appel de Marie-George Buffet, le . Son congrès a décidé de s'engager pleinement dans le processus unitaire, en proposant Marie-George Buffet comme candidate potentielle pour ce rassemblement, décision réitérée lors de sa conférence nationale, les 21 et Décision de la Conférence nationale du PCF, les 21 et 22 octobre 2006 et approuvée lors d’un vote interne (à 96,43 %)Communiqué de presse du PCF sur le vote interne sur la candidature. La direction du parti a proposé qu’elle soit entourée d’un collectif unitaire de porte-parole, et elle-même a offert de se mettre en congé du PCF temporairement, afin d’éviter toute incompatibilité entre sa fonction et sa capacité à représenter toutes les forces du rassemblementLettre de Marie-George Buffet aux collectifs.
La LCR, plus réservée, a choisi lors de sa conférence nationale des 24- d’annoncer la candidature d’Olivier Besancenot. Cependant, ce dernier avait alors indiqué que la LCR était ouverte à la perspective d’une candidature unitaire et qu’il retirerait sa candidature dans cette éventualitéDéclaration de la conférence nationale de la LCR des 24 et 25 juin 2006. Cette possibilité a cependant été éloignée à l'automne, la LCR mettant en avant ses désaccords politiques avec les textes adoptés par les collectifs.