L'arachide (), dont le fruit s'appelle selon les régions francophones du monde, cacahuète, cacahouèteOrthographe recommandée de 1990. (du nahuatl ), arachide, pois de terre, pistache de terre ou pinotte (de l'anglais )., est une plante de la famille des légumineuses () originaire du nord-ouest de l'Argentine et du sud-est de la Bolivie et cultivée dans les régions tropicales, subtropicales et tempérées pour ses graines oléagineuses. Elle présente la particularité d’enterrer ses fruits après la fécondation.

Étymologie et terminologie À partir de 1682, le père Charles Plumier (1646-1704), au cours de ses voyages d’exploration aux Antilles, décrivit et nomma le premier les plantes de cette région. Dans (1703), il décrit l’arachide sous le nom de qu'on appelait ou aux Antilles.

Puis en 1753, Carl Linné lui donne le nom de .

Le nom de genre est un mot forgé par Linné en 1753 à partir du grec ancien , « pois, ».

L'épithète spécifique dérive de l'adjectif grec composé de , « sous »), , « terre » et du suffixe , et signifie donc « souterrain ».

Description thumb|left|200px|Deux ovaires d'arachide après la chute des fleurs. L'ovaire fécondé est plus épais et plus clair que la tige, et terminé par un bout pointu de couleur violette, qui permet de creuser la terre lors de sa croissance.

L'arachide est une plante annuelle à fleurs jaunes de de hauteur.

Les feuilles sont composées à deux ou trois paires de folioles membraneuses, ovales. Elles sont munies à leur base de stipules engainantes.

Les fleurs sont presque sessiles et apparaissent à l’aisselle des feuilles, isolément ou en petits groupes. La corolle papilionacée est jaune orangé. Les étamines au nombre de neuf sont soudées en tube par leur filet. L’ovaire est inséré sur un support particulier, le gynophore.

Après fécondation, l’ovaire est porté en terre par le développement du gynophore qui s’allonge en se courbant vers la terre par géocarpie..

Le fruit mûrit à une profondeur de . C’est une plante qui requiert pour cette raison un sol léger et bien drainé. Le fruit est une gousse (anciennement appelé un « légume ») de de long, dont l'enveloppe, le péricarpe, est appelée coque sur le plan commercial. La gousse multiséminée à déhiscence longitudinale, typique des Fabacées, subit une modification morphologique. : elle devient pauciséminée et indéhiscente, réticulée extérieurement et étranglée entre les graines (le plus souvent seulement deux).

Les graines ovoïdes sont enveloppées dans un tégument sec rouge.

Histoire

Le genre est endémique d'Amérique du Sud. L'arachide cultivée () est issue d'une hybridation entre deux espèces sauvages, probablement et . L'hybride initial aurait été stérile, mais un doublement chromosomique spontané aurait restauré sa fertilité, formant ce qu'on appelle un amphidiploïde ou allotétraploïde. L'hybridation se serait produite une seule fois et aurait donné naissance à , une forme sauvage d'arachide qui se rencontre spontanément en Argentine ou en Bolivie.

Les plus anciens vestiges archéologiques connus de gousses d'arachide datent d'environ , peut-être une espèce sauvage en culture ou au début de la domestication. L'arachide était donc déjà cultivée en Amérique du Sud à l'arrivée des conquistadors. Il en est fait état pour la première fois dans une chronique espagnole de 1569, à propos du Pérou où, par la suite, on a trouvé en grand nombre des pousses et des graines d'arachides dans les tombes précolombiennes.

Jean de Léry, pasteur, grand voyageur et écrivain français décrit cette plante sous le nom de «manobi » comme une culture de la région de Rio : Au , le père Charles Plumier, religieux français de l'ordre des Minimes, botaniste et voyageur-naturaliste, la signale aux Antilles. Les négriers portugais l'importèrent, semble-t-il, en Afrique vers le milieu du . Bientôt les indigènes de la Sénégambie la cultivent autour des cases, et dès 1560, Alvarez de Almada, parle d'abondantes récoltes de manteiga consommée fraîche par les Mandingues.

Culture Pour bien se développer, les cacahuètes ont besoin de temps chaud tout au long de la saison de croissance. Elles peuvent être cultivées avec seulement d'eau mais pour de meilleurs rendements, il faut au moins .

Le cycle de culture dure de selon les variétés. La floraison intervient environ un mois après le semis.

Les cacahuètes ne poussent que dans des sols bien drainés et pas trop argileux pour éviter les pertes au moment de la récolte (arrachage). Le pH idéal est de 5,8. Les cacahuètes sont des légumineuses et peuvent satisfaire la totalité ou presque de leurs besoins en azote grâce à une relation de symbiose qu'elles entretiennent avec un type de bactérie (Rhizobium). Il faut inoculer ce rhizobium sur un sol qui en est dépourvu, à raison de pour obtenir une bonne nodulation (l'inoculant doit être épandu directement sur la semence dans la raie de semis).

Pour protéger le sol contre l'érosion par le vent et par l'eau, on y installe normalement une culture couvre-sol d'hiver (CIPAN) qui sera ensuite enfouie vers la fin avril, afin de lui laisser le temps de bien se décomposer avant les semailles de l'arachide.

Une rotation des cultures sur permet d'augmenter les rendements jusqu'à 50 % en comparaison avec une culture sans rotation Baughman, Todd; Grichar, James; Black, Mark; Woodward, Jason; Porter, Pat; New, Leon; Baumann, Paul; McFarland, Mark "Texas Peanut Production Guide" (PDF). Texas A&M University. Retrieved October 16, 2015.

Les petits exploitants africains plantent souvent les cacahuètes avec une ou deux autres cultures, telles que le sorgho, le millet ou les pois sauvages. Les cultures se font en buttes (surélevées) séparées d'un mètre environ ; ce qui permet d'améliorer le drainage et facilite l'arrachage. Dans les régions de savane au nord de l'Afrique occidentale, elles sont généralement plantées en juin et récoltées en septembre ou octobre. Dans les régions de savane du sud, où les précipitations sont plus élevées, il est souvent possible d'obtenir deux récoltes (la première se faisant d'avril ou mai jusqu'au mois d'août, et la deuxième d'août ou septembre jusqu'au mois de novembre).

La récolte doit se faire dès la maturité (lorsque la pellicule qui recouvre la graine se détache facilement).

vignette|Andains d'arachides séchant, gousses vers le haut après arrachage et avant le passage de la récolteuse. États-Unis, 2012. Un bon séchage permet d’éviter le développement de moisissures qui peuvent produire des aflatoxines, dangereuses pour le bétail qui consommerait les tourteaux contaminés. vignette|Récolteuse d'andains, États-Unis, 2009. La récolte de l'arachide, ou « soulevage » est suivie du séchage et de l'égoussage (battage), l'ordre de ces deux opérations pouvant être inversé. La teneur en eau des gousses passe ainsi de 30-40 % à 6-8 %, la durée du processus variant de quelques jours (soulevage-battage motorisés et séchage artificiel) à plusieurs mois (séchage naturel et égoussage manuel à mesure des besoins)Schilling Robert. 1998. Récolte-séchage et égoussage de l'arachide. Afrique Agriculture (260) : ..

Variétés Les variétés cultivées sont très nombreuses et regroupées en deux grands types : vignette|Gousses déterrées pour examen.

Virginia, à port rampant et à cycle végétatif long () ; les graines ne germent pas prématurément ; cette variété est plus résistante à la tavelure des feuilles ; Spanish et Valencia, à port érigé et à cycle végétatif court () ; le rendement est plus élevé, mais la germination rapide après maturité peut poser un problème

Maladies À signaler, une maladie virale, la « rosette de l'Arachide », transmise par un puceron. Cette maladie provoque le rabougrissement des pieds et fait baisser sensiblement le rendement surtout si elle apparaît tôt (moins de après le semis).

Deux autres maladies fongiques, la cercosporiose (tavelure des feuilles) et la rouille (spores sur la face inférieure des feuilles), sont présentes sur l'arachide surtout en climat humide, où elles provoquent une chute des feuilles entraînant une baisse des rendements en gousses.

Rendement Le rendement moyen de l'arachide est très variable. En culture artisanale non irriguée, on obtient parfois à peine de graines sèches décortiquées par hectare (mais il y a souvent une récolte secondaire puisque dans ces zones, on utilise également le feuillage comme fourrage qui a un rendement en poids double des gousses) alors que les cultures industrielles peuvent atteindre plus de d'arachides sèches décortiquées par hectare (et jusqu'à lors de concours sur parcelles irriguées)Planetoscope : La production de cacahuètes dans le monde.. La perte de poids au décorticage des gousses séchées est d’environ 20 à 30 % selon les variétés et autant pour le séchage. Un agriculteur qui récolte de gousses fraîches n'en a plus que après séchage et environ après décorticage.

Un hectare nécessite environ de semences semées en ( entre les lignes et 15 entre les plants) ou selon les variétés. On sème 2 à par poquets à 1 ou de profondeur. On obtient alors .

Utilisations thumb|right|Arachide décortiquée : les graines ovoïdes sont enveloppées dans un tégument sec rose à rouge qui se détache facilement à maturité. thumb|La colle pistache, friandise créole ou nougat d'arachide. Alimentation humaine : vignette|Bonbon pisitasyhuile d'arachide, utilisée comme huile de table ou comme matière première pour la fabrication de margarine, résiste bien aux hautes températures (friture). Ingrédient des sauces mayonnaise, rémoulade et vinaigrette. beurre de cacahuète (appelé beurre d'arachide au Canada ou beurre de pinottes au Québec). Aux États-Unis et au Canada, le beurre de cacahuètes est un aliment de base. farine d’arachide, aliment de complément employé en biscuiterie (déshuilé, riche en acides aminés essentiels) arachides en coque (aliment de base dans certains pays d’Afrique) arachides décortiquées, arachides grillées pour apéritif (mélangées à d'autres ingrédients tels que : sel, amidon modifié de pomme de terre, exhausteur de goût E621, gélifiant E414, dextrose, farine de blé, levure en poudre, protéines végétales hydrolysées (soja, maïs), épices (paprika, macis), poudre d'oignon, arôme, graines de céleriIngrédients relevés sur un paquet de marque « Bien Vu ! » en juin 2014.), arachides pour confiserie (M&M's, pralines) sauce saté, condiment en Asie du Sud-Est et aux Pays-Bas l'arachide est également consommée en sauce en Afrique de l'Ouest. La sauce à la pâte d'arachides (obtenue en écrasant des arachides rôties) appelée mafé est une sauce utilisée pour des plats de légumes, viande ou poisson. Elle accompagne également le riz ou le couscous de petit mil, de sorgho ou de maïs. Les arachides crues écrasées sont par contre cuites en sauce avec des feuilles et de la viande. Cette sauce accompagne exclusivement le couscous local. Alimentation animale : tourteau d'arachide, résidu de pression après extraction de l’huile fanes utilisées comme fourrage (équivalent aux fanes de pois). En foin, le séchage dure plusieurs semaines. Industrie : huile d’arachides de deuxième extraction pour savonnerie coques utilisées comme combustible Engrais vert : La culture de l’arachide, comme celle des autres légumineuses, enrichit le sol en azote. Plante médicinale : l’huile d'arachide est inscrite à la pharmacopée française comme solvant médicamenteux. Composition des graines (sans peau) : La molécule de pyridine est responsable de l’odeur des cacahuètes.

L'arachide, par sa consommation sous forme de cacahuète, est une des plantes qui présentent le plus grand risque de contamination alimentaire, aigüe, ou plus souvent latente, par une mycotoxine, l'aflatoxine, synthétisée par le champignon microscopique , et extrêmement cancérogène.

Valeur nutritive

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