vignette|redresse=1.1|Buzz Aldrin et Neil Armstrong s'entraînent dans un décor lunaire de la NASA. Les tenants des rumeurs estiment que la mission entière a été filmée dans des décors tels que celui-ci. Les théories conspirationnistes sur le programme Apollo sont une série de récits populaires prenant le contrepied des informations officielles : selon ces théories complotistes, les vaisseaux du programme Apollo ne se seraient jamais posés sur la Lune et il s'agirait d'une mise en scène réalisée sur Terre.

Les arguments invoqués peuvent être divisés en trois catégories : ceux qui mettent en doute l'authenticité des documents ; ceux qui mettent en doute la véracité des missions ; ceux qui présentent les mobiles à l'origine d'une telle désinformation.

En 2009, les photographies des sites d'atterrissage et des objets laissés par les différentes missions Apollo sur le sol lunaire (étages d'atterrissage des LEM, traces d'activité, équipements ALSEP), ainsi que des traces sur le sol lunaire ont donné une nouvelle actualité au débat.

Historique

À l'époque du débarquement sur la Lune (années 1960), il existe déjà une petite minorité d'incrédules qui se recrutent aux États-Unis dans les classes sociales les plus défavorisées, coupées de toute connaissance scientifique, et parmi les minorités qui se méfient a priori de tous les discours officiels . L'audience de la thèse du canular lunaire (« moon hoax ») s'élargit dans les années 1970 lorsqu'un climat de défiance vis-à-vis des institutions s'installe dans de grandes parties de la population américaine, dans le sillage du scandale du Watergate et de la guerre du Vietnam. Les classes défavorisées se recrutaient majoritairement parmi les Noirs, lesquels, pendant la guerre du Viet-Nam , ont été, en valeur relative, plus souvent incorporés dans l'armée que les Blancs aisés. L'annonce, en , d'une intervention militaire préparée secrètement au Cambodge, en violation des principes constitutionnels, a pu étendre au-delà de cette classe sociale ce scepticisme. Également la mise en lumière archivée du passé nazi du savant allemand Wernher von Braun, sans lequel le pari de John Kennedy d'une réussite de l'objectif pour 1969 n'aurait pas été possible., a pu jeter le trouble. Sous prétexte que la fin a effectivement justifié les moyens, il faudrait croire qu'elle a également justifié la programmation très hasardeuse d'un tel canular. Mais ce soupçon est peut-être aussi utilisé dans le mythe des ovnis du .

En 2001, une émission diffusée sur la chaîne de télévision Fox est consacrée aux théories de la conspiration ; son épisode Avons-nous été sur la Lune ? diffuse largement les pseudo-témoignages scientifiques qui démontreraient que la NASA aurait organisé une vaste supercherie. Le scandale des armes de destruction massive en Irak en 2002 engendre une nouvelle vague de scepticisme justifiée par les faits. Dans l'ensemble, les années 2000 voient fleurir les théories du complot, s'attaquant de manière systématique à toutes les affirmations et publications émanant de sources officielles (gouvernements, organismes publics, organismes de recherche), théories dont la diffusion auprès d'un vaste public est favorisée par Internet. Ce mouvement général contribue à amplifier, notamment, la diffusion de la théorie du faux débarquement sur la Lune. Cette thèse continue aujourd'hui à trouver des partisans pour les raisons déjà citées, mais sans doute également parce que l'événement est si éloigné de toute expérience personnelle qu'il dégage un sentiment d'irréalité chez les générations qui n'ont pas vécu la course à l'espace des années 1960.

Manifestations

Les inspirations médiatiques des rumeurs sont variées : depuis une bande dessinée comme Le Cosmoschtroumpf (1970) jusqu'au film à grand succès de la série James Bond Les diamants sont éternels (1971), ainsi que Capricorn One (1978) de Peter Hyams en passant par le faux documentaire Opération Lune (2002) ou des films comme Apollo 18 (2011) ou Moonwalkers (2015), les scénaristes rivalisent de conspirationnisme amusé. La publicité autour de cette théorie résulte parfois de calculs politiques : en 2015, par exemple, le représentant officiel du Comité d'enquête russe, proche de Vladimir Poutine, Vladimir Markine, estime qu'une enquête internationale devrait être lancée sur les missions lunaires américaines, en particulier sur la première : il n'affirme pas que , mais il s'interroge . Pour The Moscow Times, il s'agit d'une réponse du Kremlin à l'enquête pour corruption lancée en par le FBI à l'encontre de la FIFA pour l'attribution de l'organisation de la coupe du monde de football 2018 à la Russie.

vignette|centré|redresse=3.5|Panorama pris durant la mission Apollo 17 : une reconstitution proprement hollywoodienne si on accrédite la théorie du complot.

Arguments Authenticité des documents

On donne ci-après les principales objections et mises en doute concernant l'authenticité des documents. Chacune est résumée dans un titre, puis développée en quelques phrases. Elle est suivie d'une contre-argumentation dans un texte en décalage. vignette|Montage animé des deux images.

Le drapeau flotte au vent alors qu'il n'y a pas d'air. Quand les astronautes posent le drapeau des États-Unis sur la Lune, celui-ci « flotte » au vent, alors qu'il n'y a pas d'atmosphère sur la Lune.

Contre-argument : le drapeau ne flotte pas, il donne l'air de flotter en raison de son aspect plissé. Il est en fait fabriqué dans une toile renforcée de fil de fer rigide imitant l'aspect fripé d'un drapé battant dans le vent et soutenu par une potence pour le faire tenir droit How does the Flag Wave on the Moon? - Astroprof's Page, 13 août 2006 (la partie horizontale de la potence est d'ailleurs parfaitement visible sur les photos). Il est en réalité parfaitement statique, comme l'attestent les clichés pris à différents instants. Les mouvements perçus sur la vidéo sont dus aux mouvements des astronautes eux-mêmes pour enfoncer le drapeau dans le sol. L'absence d'atmosphère sur la Lune fait qu'aucune résistance n'est appliquée sur l'inertie des mouvements du drapeau, rendant exagéré chacun de ses mouvements pouvant laisser croire que le drapeau « flotte au vent » lorsque celui-ci est manipulé. Les tenants de la théorie du complot se contredisent sur le fait qu'ils affirment que les images ont été tournées sur un plateau de tournage, non en plein air. Quand personne ne touche le drapeau, il reste immobile, comme le montrent les images ci-contre.

Le drapeau n'a aucune ombre.

Le drapeau a une ombre bien visible. En revanche, la lumière rasante du Soleil, combinée à la rugosité du sol, ne permet pas d'en apercevoir la totalité. Une partie est visible à côté du pied du drapeau, une autre partie est visible, très fine, au-dessus des ombres projetées des deux jambes. On peut remarquer que l'on aperçoit uniquement l'ombre des jambes, pas du corps. Ou bien encore que l'ombre devant le pied gauche de l'astronaute correspond à une empreinte de pas, ce qui permet d'apprécier le degré d'inclinaison de la lumière rasante.

Les réticules de cadrage apparaissent curieusement masqués. Les appareils photo emportés par les astronautes comportaient un système de marquage sous forme de petites croix ; or, sur certaines photos, ces croix seraient « cachées » par les éléments d'avant-plan, ce qui tend à prouver que ces éléments ont été ajoutés ultérieurement à la prise de la photo par le biais d'un photomontage. Les croix ne sont pas masquées par les éléments du décor mais simplement « brûlées » par les éléments d'image de couleur blanche. Les zones blanches de la pellicule sont celles éclairées par la lumière, qui aurait tendance à se diffuser dans la couche sensible du film, provoquant cet effet de débordement du blanc.

Les astronautes et les objets sont visibles même dans l'ombre. Sur la Lune, en l'absence d'atmosphère pour diffuser la lumière solaire, la seule source de lumière est le Soleil. Or, un certain nombre de photos montrent des objets dans l'ombre qui sont visibles comme s'il y avait une ou plusieurs autres sources importantes de lumière. De même, sur certaines photos, les astronautes sont dans l'ombre du module lunaire, et pourtant, ils sont toujours visibles. Ils devraient être drapés d'obscurité.

Il existe en fait de nombreuses sources secondaires de lumière, comme les parties métalliques et blanches du module ou les combinaisons spatiales portées par les astronautes. Tous ces objets font office de réflecteurs et renvoient la lumière du Soleil dans toutes les directions. De plus, le sol lunaire constitue aussi une source secondaire de lumière. En effet, sa luminescence est d'environ , ce qui est largement suffisant pour déboucher n'importe quelle ombre.

Les ombres paraissent convergentes alors qu'elles devraient être parallèles. Plusieurs photos montrent des ombres portées dans des directions différentes, alors que la lumière solaire venant de suffisamment loin, toutes les ombres devraient être parallèles. L'argument est repris par le réalisateur Massimo Mazzucco dans son documentaire DVD , soutenu en cela par plusieurs photographes italiens.

Pour certains, comme les MythBusters, ce ne seraient pas les ombres qui ne seraient pas parallèles, mais le relief du sol qui en donnerait l'illusion. De plus, si une seconde source de lumière était présente, les ombres seraient dédoublées, ce qui n'est pas le cas sur la photo. Pour le physicien français Jean de Talois, qui a analysé le problème du point de vue de la perspectiveJean de Talois, « Sans l'ombre d'un doute », Science et Inexpliqué , mai-juin 2015Jean de Talois, « L'énigme des ombres sur la Lune, une réponse au réalisateur Massimo Mazzucco », Science et Inexpliqué , juillet-août 2019, il y a confusion sur la notion de parallélisme. Les ombres sont parallèles sur le sol lunaire. Mais elles deviennent concourantes en un point de fuite quand elles sont représentées dans le plan de l'image. L'existence de ce point de fuite des ombres montre précisément l'authenticité de la photographie. Le même raisonnement s'applique aussi aux rayons. Ils sont parallèles dans la réalité et concourants en un autre point de fuite dans l'image. L'erreur revient à confondre le point de fuite des rayons (qui indique la source lumineuse) avec le point de fuite des ombres (qui en est la projection sur le plan horizontal).

La qualité des photos est étonnante. Les appareils photo étaient difficiles à manipuler dans le contexte lunaire et en combinaison spatiale, il est donc difficile de comprendre comment autant de photos de bonne qualité ont pu être prises.

Au total, les astronautes des missions Apollo ont pris photos manuellement ( lors de la mission Apollo 11, dont 339 sur le sol lunaire)Photographier sur la Lune - Capcom Espace, on peut comprendre que certaines aient été réussies. Les optiques utilisées étaient des grand-angulaires et le format du , ce qui permettait une grande profondeur de champ et une marge pour éventuellement « recadrer » les images avant leur diffusion. De nombreuses images peuvent paraître « quelconques » ou même « ratées », elles sont toutes consultables sur le site du Lunar and Planetary Institute Apollo Image Atlas - Lunar and Planetary Institute. Seules les plus spectaculaires ou les plus belles ont été présentées au public par les médias.

L'éclairage ne semble pas toujours naturel. En effet, certaines images montrent clairement des sortes de spots lumineux qui font penser à des projecteurs de studio.