Un (mot anglais que l'on traduit en français par aspirant, cadet ou garde-marine pendant l'ancien régime) est un officier de marine en formation ou un officier du grade le plus bas, dans la , l' et de nombreuses marines du . Au sein des pays du qui utilisent ce grade figurent l'Australie, le Bangladesh, la Namibie, la Nouvelle-Zélande, l'Afrique du Sud, l'Inde, le Pakistan, Singapour, Sri Lanka et le Kenya. Ce grade a également été utilisé, avant 1968, par la Marine royale du Canada, mais lors de la création des Forces canadiennes, le rang de a été remplacé par celui de en anglais et d'aspirant de marine en français.

Au , un est considéré comme un marin expérimenté. Le nom dérive de la position que son titulaire occupe à bord du bateau: (en français : « au centre du navire »), soit parce qu'il y travaille, soit parce que sa banette s'y trouve. Dès le , un aspirant officier est classé comme . Pendant l'époque napoléonienne (1793-1815), un est un officier stagiaire qui a précédemment servi au moins trois ans, volontairement, comme ordonnance d'un officier ou comme (matelot breveté). Il est à peu près l'équivalent en grade et en responsabilité de l'actuel que l'on nomme maître en français. Après avoir servi au moins trois ans comme ou , il lui est permis de passer l'examen de lieutenant de marine. La promotion au grade de lieutenant n'est pas automatique, et de nombreux aspirants prennent la position de afin d'obtenir un meilleur salaire et plus de responsabilités à bord du navire. Les de l' sont formés et servent comme leurs homologues de la . Cependant contrairement aux Britanniques, ils ont le rang de (l'équivalent de premier maître) jusqu'en 1912.

Pendant le , des changements dans la formation des officiers de marine au sein de la et de l' conduisent au remplacement de l'apprentissage à bord des navires par un enseignement formel dispensé dans une école. Dès lors, , prend le sens d'élève-officier d'une académie navale. Les doivent dès lors passer environ quatre ans dans une académie et deux ans en mer avant d'obtenir une promotion au grade d'officier. Entre le milieu du et du , la période de service à la mer est réduite à moins d'un an, l'âge d'entrée à l'académie ayant passé de 12 à 18 ans.

Histoire Apprentis officiers Royal Navy (1662–1836) Les origines Le rang de voit le jour au , et désigne à l'origine le poste d'un marin expérimenté promu parmi les matelots ordinaires, travaillant entre le grand-mât et celui d'artimon, et ayant plus de responsabilités qu'un matelot, mais qui n'est ni officier, ni aspirant. C'est en 1662 qu'est publié pour la première fois le terme « ». Ce mot dérive de la position que son titulaire occupe à bord du bateau : (en français : « au centre du navire »), soit parce qu'il y travaille, soit parce que sa banette s'y trouve.

Dès le , quatre types de existent: , , (apprenti officier), et . Certains sont alors des hommes âgés. La plupart d'entre eux sont des aspirants officiers qui ont échoué à l'examen de lieutenant ou qui l'ayant réussi n'obtiennent pas leur promotion. Certains d'entre eux servent jusqu'en 1822, aux côtés des élèves officiers sans aspirer eux-mêmes à une promotion. À partir de 1794, cependant, tous les sont considérés comme candidats officiers.

Admission

Dès 1661, les garçons aspirant à devenir officiers sont envoyés par leur famille pour servir à bord des navires, munis d'une « lettre de service » de la Couronne, et touchent la même solde que les . La lettre confie à l'amiral ou au capitaine que son porteur se verra honoré de « toute l'attention que vous jugerez digne d'un gentleman, à la fois en l'accueillant sur votre vaisseau et afin de parfaire son éducation ». Leur position officielle était (volontaire par ordre), mais ils sont plutôt connus sous le nom de (garçons de la lettre du roi), afin de distinguer leur classe sociale plus élevée de celle des originaux..

À compter de 1677, le règlement de la pour la promotion au grade de lieutenant requiert un service en tant que , rang qui ne peut être obtenu qu'après un certain temps en mer. À l'époque napoléonienne, le règlement prévoit au moins trois ans de service comme ou (ordonnance) et six ans de service à la mer. Ces années sont obtenues de diverses manières, la plupart des garçons servent en mer comme ordonnance d'un officier, ou comme simple marin.

Dès les années 1730, la position de est abandonnée et remplacée par un système dans lequel les futurs servent comme ordonnances. Par exemple, un captain a droit à quatre ordonnances pour chaque centaine d'hommes à bord de son navire. Nombre de ces ordonnances sont de jeunes hommes qui se destinent à la carrière d'officiers.

En 1729, la de Portsmouth — rebaptisée en 1806 — est fondée, pour 40 élèves âgés de 13 à 16 ans, qui auront trois ans pour compléter un programme d'études défini dans un livre illustré, et gagneront ainsi deux ans de service à la mer. La position de , ou , est alors utilisée pour les diplômés du afin de les distinguer des qui ont servi à bord d'un navire et dont la solde est plus élevée. L'école est impopulaire dans la marine, parce que les officiers apprécient le privilège d'avoir des ordonnances et préfèrent la méthode traditionnelle de formation des officiers par apprentissage.

En 1794, les ordonnances sont supprimés et une nouvelle classe est créée, appelée « », destinée aux garçons de 11 à 13 ans qui sont considérés comme de futurs et vivent dans la (mess des aspirants) sur un vaisseau de ligne ou avec les aspirants sur une frégate ou un plus petit navire. Ils reçoivent alors une solde de par an. Dès 1816, la position de est supprimée, et tous les apprentis officiers deviennent des .

Contexte social et uniforme

Dans la du , le rang et la position à bord d'un navire sont définis par un mélange de deux hiérarchies, l'une officielle, celle des grades et l'autre sociale, traditionnellement reconnue entre et . Les garçons qui aspirent à devenir officier sont souvent appelés en lieu et place de leur grade officiel afin de distinguer leur statut social plus élevé que celui des marins ordinaires. De temps en temps, un travaille à bord d'un navire comme (matelot breveté) mais mange et dort avec ceux de son rang social dans le .

Environ la moitié des sont des enfants de professionnels de la mer, qui comprennent les fils d'officiers de marine, et des personnalités influentes du monde des navires de la marine à voile, comme les familles Saumarez, Hood et Parker. Les subtilités de l'avancement font des liens familiaux un avantage évident pour les futurs officiers. Les membres de la pairie et de la gentry forment le second groupe le plus important, environ 27 pour cent des officiers. Leur nombre est moins important, mais comme pour les professionnels, leurs connexions leur apportent d'excellentes perspectives d'avancement et ils ont une influence considérable sur la . Un membre notable de ce groupe est le prince William, futur Guillaume IV, qui sert comme de 1780 à 1785. Les autres sont fils de commerçants ou proviennent des milieux populaires, et en raison des avantages que possède la noblesse et les professionnels de la mer, leurs chances de promotion au grade de lieutenant sont minces.

Comme la plupart des font partie de la noblesse ou possèdent des liens familiaux avec des familles du monde de la marine à voile, beaucoup utilisent ces connexions pour faire inscrire leur nom dans le livre de bord d'un navire. Cette pratique, connue familièrement sous le nom de « » (rôle d'équipage fallacieux) était courant même si elle était techniquement illégale et réprouvée. Cela permet à certains garçons d'être promus midshipman, ou dans certains cas, lieutenant, sans avoir passé le temps requis en mer. Un exemple notable est celui de , dont l'oncle l'a inscrit dès l'âge de cinq ans sur un rôle d'équipage. Son nom ensuite réinscrit sur divers navires jusqu'à ses 18 ans lui permet alors d'entrer dans la Royal Navy comme .

Lors de l'introduction des uniformes dans la en 1748, les revêtent le même costume que les officiers. Ils arborent également l'insigne traditionnel de leur grade, un carré de tissu blanc avec un bouton doré et un cordon blanc torsadé sur chaque côté du col de leur manteau. L'uniforme souligne que les sont des et des officiers en formation.

Service et avancement Les travaillent sur le navire comme les autres membres de l'équipage, mais ils doivent en outre apprendre la navigation et le matelotage. Ils sont censés, comme tous matelots brevetés, déjà savoir gréer les voiles ainsi que d'autres tâches comme monter la garde, transmettre des messages entre les ponts, superviser les batteries d'artillerie, commander les embarcations du bord, et prendre le commandement d'une sous-division du navire aux ordres de l'un des lieutenants. Sur les petits navires les sont éduqués par un , souvent un (aspirant ayant réussi l'examen de lieutenant), qui leur enseigne les mathématiques, la navigation, et les traditions de la marine à voiles. Les grands navires emportent un maître d'école, qui est considéré comme un , mais qui en général est un civil, comme l'aumônier. Les doivent tenir un carnet de navigation détaillé, qui est présenté au capitaine afin d'évaluer leurs progrès.

Avant toute promotion au grade de lieutenant, un aspirant officier de la Royal Navy doit passer un examen. Officiellement, un futur lieutenant doit avoir au moins 19 ans, et doit pouvoir produire la preuve de son service, ce qui comprend les certificats de ses commandants et ses carnets de navigation rédigés alors qu'ils étaient . Cependant, la plupart des souhaitent passer l'examen de lieutenant à 17 ou 18 ans. L'âge typique d'un se situe entre 15 et 22 ans. Le candidat est convoqué devant une commission composée de trois capitaines et interrogé sur le matelotage, la navigation et la discipline. La commission peut poser des questions telles que:

« On observe un ennemi. Quels ordres donnez-vous pour préparer votre vaisseau et procéder à toutes les manœuvres nécessaires à l'engagement ? »

Comme la commission est composée au cas par cas, les questions de l'examen ne sont pas standardisées et leur teneur dépend surtout de la personnalité des capitaines. Pour le matelotage, le candidat doit être en mesure de réaliser une épissure, d'ariser une voile, de naviguer à la voile et de (de décaler ses marées). En navigation, il doit être capable d'enregistrer la route du navire en utilisant les principes trigonométriques (en anglais : Plane sailing), les cartes de la projection de Mercator et l'observation du soleil, ainsi que de comprendre l'évolution de la boussole. Il doit également être qualifié pour accomplir les devoirs d'un matelot et d'un .

Un échec signifie généralement plus de six mois de service à la mer avant de pouvoir à nouveau tenter l'examen. Certains hommes ne le réussissent jamais. La réussite fait du un . Dès le jusqu'à la seconde moitié du , un de la qui a réussi l'examen ne reçoit pas automatiquement son avancement au grade de lieutenant. Les jouissant de connexions politiques sont promus en premier, alors que les autres attendent leur tour au tableau d'avancement. En temps de guerre, alors qu'un grand nombre d'hommes et de navires disparaissent au cours des batailles, la plupart des sont promus en une ou deux années, mais en temps de paix l'attente peut être si longue que le midshipman est finalement jugé trop vieux avoir une chance de promotion.