Les économies d'énergie sont les gains obtenus en réduisant la consommation d'énergie ou les pertes sur l'énergie produite, ministère français de la Transition écologique et solidaire (consulté le 16 octobre 2019)..
Les économies d'énergie sont devenues un objectif important des pays fortement consommateurs d'énergie vers la fin du , notamment après le choc pétrolier de 1973 puis à partir des années 1990, afin de répondre à plusieurs inquiétudes : la crainte d'un épuisement des ressources naturelles, particulièrement des combustibles fossiles ; le réchauffement climatique résultant des émissions de gaz à effet de serre ; les problèmes politiques et de sécurité d'approvisionnement dus à l'inégale répartition des ressources sur la planète ; le coût de l'énergie que la combinaison de ces phénomènes peut faire augmenter.
Les économies d'énergie s'obtiennent de diverses façons, dont : la suppression ou la limitation d'une activité consommatrice, notamment par des changements de comportement (sobriété énergétique) ; la réduction de consommation d'une activité donnée à service égal, permise notamment par le progrès technique (efficacité énergétique).
Histoire De la fin de la Préhistoire jusqu'au , l'humanité a surtout utilisé des énergies renouvelables (énergie hydraulique des moulins, énergie éolienne des moulins à vent, bois de chauffage), avant que le charbon ne joue un rôle central au cours de la révolution industrielle en permettant la création des chemins de fer et des centrales de production électrique.
À partir de la fin du , le pétrole a permis le développement du moteur à explosion et des véhicules routiers et aériens.
À partir de la deuxième moitié du , les usages de l'énergie électrique se multiplient. L'utilisation de l'énergie nucléaire pour la production d'électricité fait cependant débat, celui-ci étant accentué depuis les accidents nucléaires de Tchernobyl et de Fukushima et la crise énergétique mondiale de 2021-2022.
Au , la transition écologique qu'appelle le réchauffement climatique entraîne l’électrification des usages en substitution aux énergies fossiles. Deux secteurs sont particulièrement concernés : les transports et le bâtiment. À l’horizon 2050, l’électricité devrait ainsi représenter 55 % du mix énergétique français, contre 25 % aujourd’hui, selon RTE..
Impact environnemental et empreinte sur le milieu vignette|La déperdition thermique de constructions mal isolées (essentiellement via la toiture, en zone tempérée, qui représente jusqu’à 30 % voire plus) a des impacts environnementaux globaux (effet de serre, déchets nucléaires…) et un impact financier direct sur les ménages.
En ramenant la consommation des différentes sources d’énergie (hydroélectricité, carburants) au watt (unité de puissance correspondant à la consommation d’un joule par seconde), on a calculé qu’actuellement la consommation moyenne par personne en Europe occidentale est d’environ . Aux États-Unis elle est à peu près deux double.
L’objectif de la « société à » est de revenir à une consommation énergétique de 1990, soit par personne en moyenne mondiale. Il nécessite de diviser par trois la consommation énergétique en Europe occidentale des années 2020. De ces , seuls 500 devraient provenir de sources d'énergies fossiles pour maintenir les émissions de gaz à effet de serre à un niveau durable, le reste de sources renouvelables.
Le négawatt est proposé comme unité de mesure de l’économie d'énergie. Il mesure « l'énergie substituée pour assurer un même service ».
Enjeux Les économies d'énergie constituent un levier important de réduction de la consommation énergétique, des dépenses liées à l'énergie et des émissions de gaz à effet de serre.
Elles sont également considérées comme un élément essentiel de la sécurité énergétique, de la compétitivité économique et de la transition vers des systèmes énergétiques plus durables.
Sobriété énergétique Les économies d'énergie peuvent être obtenues par des changements de comportement, souvent regroupés sous le terme de « sobriété énergétique », visant à réduire les consommations inutiles sans diminuer de manière significative le confort des usagers.
Parmi les actions fréquemment recommandées figurent l'extinction des appareils en veille, l'adaptation des températures de chauffage ou encore la réduction des consommations d'eau chaude sanitaire.
Actions de maîtrise de l'énergie Le diagnostic de performance énergétique (DPE) d'un logement permet de prendre conscience de sa consommation d'énergie et des moyens de la diminuer. Chacun peut faire son DPE via le site de la DPEDiagnostique DPE, sur dpe-diagnostic-performance-energetique.eu (consulté le 29 décembre 2015)..
La maîtrise de la demande en énergie (MDE) regroupe les techniques permettant de diminuer la consommation d'énergie d'un bâtiment, d'un territoire, d'un pays, dans un souci d'économies financières (maîtrise des coûts) et de ressources, de moindre pollution et de réduction de l'empreinte écologique. On parle aussi d'utilisation rationnelle de l'énergie (URE).
Les mesures de maîtrise de l'énergie, par la sobriété et l'efficacité énergétiques, peuvent être prises à différents niveaux : au niveau individuel et familial (en diminuant le chauffage, en renonçant à la climatisation, aux voyages lointains, à une partie des achats de produits importés par avion) ; au niveau local ou communal (amélioration des transports en commun, vélos en libre-service, incitations à renoncer aux trajets pendulaires individuels, chauffage par quartier, avantages aux industries peu polluantes) ; au niveau national (fiscalité incitative d’économies, lois anti-pollution, mesures pour favoriser le rail et les transports fluviaux au détriment de la route, encouragement à une agriculture moins mécanisée donc moins polluante et moins destructrice des sols) ; au niveau international (Nations unies), en particulier pour stopper la progression des transports aériens et faire reculer ceux-ci, par une fiscalisation internationale du kérosène – dans ce domaine rien n’est fait, et les avions, qui ne paient aucun impôt sur le dioxyde de carbone () qu’ils émettent, sont parmi les plus gros pollueurs de la planète.
Selon de nombreux organismes français tels l'ADEME ou le Comité de liaison énergies renouvelables, il s'agit d'une démarche essentielle pour une politique énergétique en faveur des énergies renouvelables. Selon l'initiative allemande , la maîtrise de l'énergie permet de contribuer à la protection du climat.
Un système intelligent de gestion d'énergie (SIGE) permet de gérer l'énergie d'un bâtiment et de réduire les gaspillages d'énergie.
Exemples de moyens de lutte individuelle contre les gaspillages En hiver, réduire le chauffage de son domicile afin de ne pas dépasser permet des gains importants. Selon Le Monde en 2008, « une augmentation de augmente de 20 % les dépenses de chauffage. »Le Monde, 5 juin 2008, page 19. NB : L'article ne précise pas s'il s'agit de l'électricité totale consommée par les ordinateurs ou seulement en phase d'inactivité. En hiver, aérer les pièces en n'ouvrant grand les fenêtres que quelques minutes, cela suffit pour renouveler l'air sans refroidir le logement (murs, sols, meubles). Il est donc déconseillé de laisser une fenêtre entrebâillée, car les pièces se refroidissent, les échanges d’air sont limités, et cela peut dégrader le papier peint voire favoriser le développement de moisissuresPourquoi est-il conseillé d'aérer son logement tous les jours ?, Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, 22 mai 2020.. Ne pas laisser des appareils électroniques en veille et éteindre son ordinateur le soir. Le milliard d'écrans d'ordinateur existant dans le monde consommerait autant d'électricité que la Suède (). Limiter, autant que possible, le recours à la climatisation, notamment en utilisant des stores/pare-soleil, grâce à la ventilation nocturne (forcée ou non), en réduisant les apports de chaleur interne (lumières, fours, machines…). Limiter sa consommation en termes généraux (par exemple, une feuille de papier représente l'équivalent en énergie d'une heure de fonctionnement d'une ampoule basse consommation. En moyenne, l'énergie dépensée pour la construction d'une voiture équivaut à la consommation de celle-ci pendant Chiffres calculés à partir du Guide des facteurs d’émissions, ADEME, 2007 Ademe). Préférer les appareils manuels aux modèles électriques (par exemple un presse légume manuel est aussi efficace que son homologue électrique). Éteindre la lumière dans les pièces non occupées, les détecteurs de présence permettent d'allumer la lumière uniquement si la pièce est occupée. Utiliser les ampoules à plus faible consommation (actuellement les ampoules à DEL). Choisir une automobile à basse consommation telle qu'une automobile hybride voire un véhicule électrique. Éviter d'utiliser une voiture, favoriser l'utilisation du vélo voire la marche à pied. Repérer et éliminer les pertes d'énergie. Un réseau de chaleur limite les fuites thermiques avec l'utilisation d'isolants ; les chaudières et les fours sont à régler de façon à obtenir une combustion optimale. Cuisiner un plat au moyen d'un caisson isotherme permet d'économiser de 25 % à 75 % de l'énergie nécessaire à la cuisson de ce plat. Préférer la douche au bain et diminuer la quantité d'eau chaude d'une douche en réduisant la température au strict nécessaire, en utilisant un pommeau de douche économique et en réduisant le temps passé sous la douche.
Renonciation à une activité ou diminution de celle-ci Plusieurs causes de gaspillages collectifs d'énergie peuvent être déterminées, notamment : climatisation, chauffage et éclairage de locaux peu utilisés, escaliers mécaniques, navettes fonctionnant en continu sans passagers, diffusion de documents-papier peu lus, nettoyage de locaux non utilisés, courts séjours professionnels (voyages « d’affaires » ou « séminaires ») ou de loisirs, achat et entretien de véhicules sans commune mesure avec leur usage, emballages toujours plus sophistiqués des produits, « » ou consommation d’appareils en veilleMais se méfier de la baisse de la fiabilité d'un appareil électronique que l'on allume et éteint plusieurs fois par jour., limitation à de la vitesse sur les autoroutes, qui permettrait des économies importantes, selon l'AIE.
Toutes les économies décrites ci-dessus pour des entreprises sont transposables pour les particuliers.
Économies d'énergie dans le secteur du bâtiment Le secteur du bâtiment représente l'un des principaux gisements d'économies d'énergie dans de nombreux pays.
L'isolation thermique des bâtiments, l'amélioration de l'étanchéité à l'air, la ventilation performante et le remplacement d'anciens systèmes de chauffage contribuent à réduire les besoins énergétiques des logements.
Il existe différents types de travaux de constructions ou réhabilitation écologiques pour un bâtiment et favorisant les économies d'énergie. Ceux-ci sont généralement utilisés dans le cadre de bâtiments à basse consommation énergétique. Ils sont de deux types : les travaux permettant d'effectuer des économies d'énergie et ceux utilisant les énergies renouvelables. En France, ils pourraient bientôt être facilités par un projet de carte vitale du bâtiment.
Travaux d'isolation La majorité des déperditions thermiques d'une maison est la conséquence d'une isolation de mauvaise qualité. En moyenne, 70 % de l'énergie utilisée d'une maison sert pour le chauffage. Il est donc plus qu'important de posséder une isolation de qualité.
Isolation de la toiture Le toit d'un bâtiment est à l'origine des pertes de chaleur les plus importantes, qui s'élèvent en moyenne à 30 %. À l'instar de l'isolation des murs, l'isolation de la toiture est envisageable par l'intérieur notamment par l'isolation des combles. Dans le cas où les combles seraient encombrés, l'isolation par l'extérieur est recommandée.
Isolation des murs