Lars Løkke Rasmussen ( ), né le à Vejle, est un homme d'État danois membre des Modérés. Il est ministre des Affaires étrangères depuis 2022.
Membre du Parlement danois depuis 1994, il siège au gouvernement comme ministre de l'Intérieur et de la Santé entre 2001 et 2007, puis comme ministre des Finances de 2007 à 2009, il est nommé Premier ministre le , après la désignation de Anders Fogh Rasmussen au secrétariat général de l'OTAN. Il dirige un gouvernement minoritaire soutenu par le Parti populaire conservateur (KF). Après les élections législatives du 15 septembre 2011 à l'issue desquelles son parti arrive en tête, il doit céder le pouvoir à la coalition de gauche menée par la social-démocrate Helle Thorning-Schmidt. Il revient finalement au pouvoir en , à la tête d'un gouvernement minoritaire. Il revient au gouvernement en comme ministre des Affaires étrangères lorsque la Première ministre social-démocrate Mette Frederiksen forme une coalition gauche-droite avec son parti, Les Modérés, et la droite du Venstre.
Biographie Formation et carrière Après avoir obtenu son diplôme de l'enseignement secondaire en sciences sociales et mathématiques en 1983 à Helsinge, il intègre trois ans plus tard l'université de Copenhague afin d'y suivre des études supérieures de droit qu'il achève en 1992. De 1990 à 1995, il travaille en tant que consultant indépendant. Famille Il est le fils de Jeppe Rasmussen et de Lise Løkke, dont il porte les deux noms de famille. À ce titre, il a un patronyme en commun avec ses deux prédécesseurs : Anders Fogh Rasmussen et Poul Nyrup Rasmussen. Marié avec Sólrun Jákupsdóttir Petersen, née en 1968 dans les Îles Féroé, il est père de trois enfants et réside principalement à Græsted, dans le nord-est du Danemark. Carrière politique Au sein du Venstre Il prend la présidence des Jeunes du Venstre (VU) en 1986 pour trois ans, et entre dans le même temps au comité directeur du parti, où il siège jusqu'en 1990. Il y revient en 1998 en tant que vice-président de la formation, sous la direction d'Anders Fogh Rasmussen, à qui il succède le comme président du parti. En tant que chef du mouvement des jeunes libéraux, il a organisé une alternative à l'Operation Dagsværk, une collecte de fonds organisée par des étudiants en faveur du Tiers monde et dirigée par des membres des Jeunesses communistes du Danemark. Soutenu par la VU, l'opération alternative a recueilli six cent mille couronnes danoises qui ont permis d'acheter du matériel scolaire. Lars Løkke Rasmussen est allé le livrer, à la tête d'une délégation danoise, en Afghanistan, alors occupé par l'Union des républiques socialistes soviétiques. Au cours de ce voyage, il fut photographié déguisé en Afghan ou tenant un AK-47 à la main, en compagnie de deux camarades « Da mujahedinerne var helte », Information.dk, . Élu municipal, puis ministre de l'Intérieur Élu au conseil municipal de Græsted-Gilleleje en 1986, il devient premier adjoint au maire et député au Folketing en 1994, puis est élu préfet du département de Frederiksborg quatre ans plus tard. Il renonce cependant à ce poste le , à la suite de sa nomination comme ministre de l'Intérieur et de la Santé du gouvernement minoritaire d'Anders Fogh Rasmussen. À ce poste, il mène à bien la réforme territoriale, qui remplace les treize départements par cinq régions et réduit de 271 à 98 le nombre de municipalités au . Ministre des Finances À la suite des législatives de 2007, il est désigné ministre des Finances en remplacement de Thor Pedersen, parti présider le Folketing, ce qui fait de lui l'un des principaux successibles d'Anders Fogh Rasmussen, qui avait déjà annoncé son intention de se retirer de la politique danoise. Il est notamment chargé de négocier avec les banques le prêt d'argent de la part de l'État danois afin de faire face à la crise économique mondiale, et d'assurer la mise en œuvre d'une importante réforme de la fiscalité censée traduire la volonté du gouvernement de réduire l'impôt sur le revenu et instaurer une taxe carbone. Premier ministre Le , Lars Løkke Rasmussen est nommé Premier ministre du Danemark à la suite de la démission la veille d'Anders Fogh Rasmussen, nommé secrétaire général de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN). Son cabinet, présenté deux jours plus tard, est marqué par une continuité quasi totale : seuls changent les ministres des Finances, de l'Emploi et du Bien-être. Sa première mission est de mener à bien la conférence de Copenhague de 2009 sur le climat, qui aboutit sur un accord peu contraignant en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Il décide peu après, le , de procéder à un très important remaniement ministériel, qui concerne pas moins de quinze portefeuilles sur dix-huit, ainsi que deux des trois postes sans portefeuille. Il annonce, le , la convocation d'élections législatives pour le suivant. Bien que son parti progresse d'un siège, avec 47 députés et 26,7 % des voix, se maintenant à la première place, la droite dans son ensemble ne remporte que 86 élus sur 179, trois de moins que la gauche. Il présente sa démission à la reine Margrethe le Rulers. Dirigeant de l'opposition
Au début du mois de , après un net recul de Venstre aux élections européennes, plusieurs élus et de nombreuses sections locales du parti l'appellent à en quitter la présidence. Il est finalement maintenu dans ses fonctions après avoir obtenu le soutien de la direction nationale du parti lors d'une réunion le . Retour à la tête du gouvernement vignette|Rasmussen avec John Kerry. À l'occasion des élections législatives anticipées du 18 juin 2015, le Parti libéral ne totalise plus que 34 députés sur 179, étant devancé par les Sociaux-démocrates et le Parti populaire danois (DF), le bloc de droite étant majoritaire d'un siège. Du fait du refus du DF de former l'exécutif, il est renommé Premier ministre le et forme aussitôt un gouvernement de seize ministres, uniquement issus du Venstre. C'est la première fois depuis 1981 qu'un seul parti constitue l'exécutif. Il gouverne alors avec le soutien sans participation du Parti populaire danois (DF), de l'Alliance libérale (LA) et du Parti populaire conservateur (KF). Peu après son entrée en fonction est organisé un référendum sur le maintien du Danemark au sein d'Europol, le retrait l'emportant par 53 % des voix. Au cours du débat sur le projet de loi de finances pour , l'Alliance libérale menace de retirer son soutien au Premier ministre si ce dernier n'allège pas la fiscalité des personnes les plus aisées. Des négociations sont alors ouvertes afin de trouver un compromis et éviter la chute du gouvernement.. Finalement, un accord est passé et Lars Løkke Rasmussen en profite pour élargir la composition de son cabinet. Il forme donc le son troisième gouvernement qui compte 21 ministres dont six de LA et trois du KF. Après l'échec du bloc de droite lors des législatives du , il démissionne le lendemain.. Création du parti des Modérés En , plusieurs députés de Venstre appellent à son départ de la présidence du parti. Après une réunion de la direction nationale du parti le , il annonce quitter la direction du mouvement. Le , il annonce quitter le parti après 40 ans d'adhésion, et siéger comme indépendant au Folketing. Une semaine après son départ de Venstre, il annonce la création d'un nouveau réseau politique, et déclare réfléchir à en faire le point de départ de la création d'un nouveau parti. En , il confirme son intention de créer un nouveau parti centriste, affilié ni au bloc de droite ni au bloc de gauche qui structurent la vie politique danoise. Deux mois plus tard, lors d'un discours tenu le jour de la Constitution, il annonce que le parti s'appellera les Modérés. En , le parti parvient à collecter suffisamment de signatures pour pouvoir se présenter aux prochaines élections législatives. Le , Lars Løkke Rasmussen cesse de siéger en tant qu'indépendant au Folketing en fondant le groupe parlemetaire des Modérés, dont il est le seul membre. Le , son nouveau parti tient son congrès fondateur à Vejle le . Longtemps confinés à 2 % ou 3 % des intentions de votes, les Modérés connaissent une poussée dans les sondages à quelques semaines des élections législatives anticipées de . Lars Lokke Rasmussen a notamment profité des déconvenues du leader conservateur Søren Pape Poulsen et du libéral Jakob Ellemann-Jensen tous deux en baisse dans les sondages. Les Modérés veulent notamment réformer le système de soins et les retraites pour s’orienter vers un système par capitalisation. Retour au gouvernement avec Mette Frederiksen Il est nommé ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de coalition gauche-droite de Mette Frederiksen, le . Cette alliance de la social-démocratie avec la droite est une première depuis l'expérience de 14 mois connue en 1978-1979.
Lors des élections législatives anticipées de , son parti obtient 7,7 % des suffrages et 14 sièges, un léger recul par rapport au scrutin de 2022. Toutefois, ni le bloc de gauche, ni le bloc de droite n'obtiennent de majorité absolue, plaçant donc Lars Løkke Rasmussen au cœur des négociations pour la constitution d'un nouveau gouvernement. Après le scrutin, Mette Frederiksen est désignée comme formatrice royale. Lars Løkke Rasmussen appelle alors à la formation d'un nouveau gouvernement centriste, tandis que les partis de gauche tentent de négocier la formation d'une coalition incluant les partis du bloc de gauche et les Modérés. Le , 44 jours après la désignation de Frederiksen comme formatrice royale, Lars Løkke Rasmussen annonce retirer son soutien à la Première ministre sortante comme leader des négociations. Il demande alors une nouvelle série de consultations royales lors desquelles il désignerait Troels Lund Poulsen, le président de Venstre, comme nouveau formateur. Après ces nouvelles consultations royales tenues le jour-même, Troels Lund Poulsen est désigné formateur royal, avec la mission de former un gouvernement duquel seraient exclus les sociaux-démocrates et les Modérés, le Parti populaire danois ayant promis de censurer tout gouvernement auquel un de ces deux partis prendrait part. Lars Løkke Rasmussen, qui exige alors toujours la formation d'un gouvernement centriste, n'exclut toutefois pas de reprendre des négociations dirigées par Frederiksen selon l'évolution des discussions. Le , il rejette l'idée d'un gouvernement minoritaire de centre-droit incluant Venstre, l'Alliance libérale et le Parti conservateur proposé par Troels Lund Poulsen, ne voulant pas soutenir un gouvernement dont la majorité dépendrait du Parti populaire danois et insistant sur la participation des Modérés au prochain exécutif. Une nouvelle série de consultations royales est alors organisée le lendemain, lors desquelles Lars Løkke Rasmussen soutient le retour de Mette Frederiksen à la tête des négociations. Redevenue formatrice royale, cette dernière annonce vouloir entamer des négociations pour former un gouvernement quadripartite avec les sociaux-démocrates, le Parti populaire socialiste, les Modérés et Radikale Venstre. Le , elle annonce la conclusion d'un accord entre les quatre partis pour former un gouvernement avec le soutien sans participation de la Liste de l'unité. Il est alors reconduit à son poste de ministre des Affaires étrangères au sein du nouvel exécutif.
Notes et références
Annexes
Articles connexes Politique au Danemark Gouvernements Anders Fogh Rasmussen I, II et III Gouvernements Lars Løkke Rasmussen I et Gouvernement Lars Løkke Rasmussen II Gouvernement Frederiksen II Liens externes
Catégorie:Naissance en mai 1964 Catégorie:Naissance à Vejle Catégorie:Étudiant de l'université de Copenhague Catégorie:Chevalier de l'ordre du Mérite, 1re classe (Ukraine) Catégorie:Président de Venstre (Danemark) Catégorie:Personnalité des Modérés (Danemark) Catégorie:Premier ministre du Danemark Catégorie:Ministre danois de l'Intérieur Catégorie:Ministre danois de la Santé