LOcéanie est une région du monde qui n'est pas un continent stricto sensu. Cependant, cette région étant souvent assimilée à un continent par les géographes, elle peut être considérée comme le moins étendu des continents émergés de la Terre. Située dans l'océan Pacifique, elle s'étend sur et compte 46,089 millions d'habitants en 2024., répartis entre seize États indépendants et quinze territoires. Elle englobe toutes les terres situées entre l'Asie de l'Est et l'Asie du Sud-Est à l'ouest et l'Amérique à l'est. Elle comprend aussi une petite partie de l'archipel malais (Îles Raja Ampat et archipel Aru). Elle est divisée en quatre régions : l'Australasie, la Micronésie, la Mélanésie et la Polynésie, bien que cette distinction soit controversée.

L'Australie comprend l'essentiel de sa surface et de sa population, alors que le reste de l'Océanie est un ensemble de , la terre principale d'Australie est parfois considérée comme une masse continentale à elle seule. Les deux plus grandes îles de la Nouvelle-Zélande (l'île du Nord et l'île du Sud) et la Nouvelle-Guinée sont les autres grandes îles d'Océanie. Les territoires composant le reste du continent sont des États insulaires (îles Salomon, Fidji, Vanuatu, Samoa, etc.) ou des territoires rattachés à d'anciennes puissances coloniales, comme la France (Polynésie française, Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna), les États-Unis (Hawaï, Guam, îles Mariannes du Nord, Samoa américaines) ou encore le Royaume-Uni (îles Pitcairn).

L'Océanie est peuplée depuis des millénaires par différents groupes ethniques, dont les Aborigènes d'Australie et les Papous. Outre l'anglais et le français, langues dominantes en Océanie depuis la colonisation, les deux principaux groupes linguistiques parlés sont les langues papoues et les langues austronésiennes. Huit des dix plus grandes villes d'Océanie se trouvent en Australie, dont Sydney et Melbourne, qui concentrent à elles seules près d'un quart de la population du continent. Cinq autres villes comptent plus d'un million d'habitants : Brisbane, Perth, Auckland, Adélaïde et Honolulu.

Terminologie

Origine du nom « Océanie » vignette|Conrad Malte-Brun a nommé « Océanie » ces terres que l'océan Pacifique entoure de toutes parts. Le néologisme français « Océanie » vient du mot océan. En 1804, le géographe français d'origine danoise Conrad Malte-Brun (1775-1826) propose le nom d'« Océanique » pour l'Australasie et la Polynésie de Charles de Brosses, dans son traité de Géographie mathématique, physique et politique publié avec Edme MentelleEdme Mentelle, Conrad Malte-Brun, Géographie mathématique, physique et politique des toutes les parties du monde, H. Tardieu-Laporte, vol. 12, 1804, p. 362. Malte-Brun reprend et réaffirme l'appellation « Terres océaniques » en 1810Conrad Malte-Brun, Précis de la géographie universelle, t. II, 1810, p. 163 et 1812Conrad Malte-Brun, Précis de la géographie universelle, 2e édit, Buisson, 1812. Le nom même d’Océanie est inventé par le cartographe Adrien-Hubert Brué pour la carte qu’il publie en 1814, et dont le titre complet est : ..

Au début du , l'Australie, qualifiée d'île-continent, est intégrée en tant que partie continentale au vaste ensemble d'îles du Pacifique regroupé sous le terme d'Océanie. Cela est un paradoxe car « continent » vient du latin continere () et désigne « une très grande masse de terres entourée par des océans » ou « une vaste étendue de terre d'un seul tenant ». Les géographes européens qui ont découpé le monde en cinq parties (Europe - Asie - Afrique - Amérique - Océanie, l'Antarctique étant considérée comme un continent seulement depuis le milieu du , ce découpage apparaissant aujourd'hui entaché d’européocentrisme) faisaient bien la distinction entre les deux termes de « continents » et de « parties du monde », mais le second terme est devenu désuet, si bien que l'usage quasi exclusif du mot « continent » a rendu paradoxal le nom d'Océanie. Les géographes font désormais la confusion entre Océanie comme partie du monde et comme continent, et ont de plus introduit, par l'entremise des géologues, le terme de continent australien.. Pour l'historienne française Claire Laux (2011), l'Océanie est .

Le genre féminin s'accorde au genre des autres parties (Europe, Afrique…). L'adjectif et le substantif « océanien » apparaissent dès 1845, preuve du succès de cette inventionChristian Grataloup, L'Invention des continents, Larousse, 2009, 121. Les spécialistes de l'Océanie sont appelés océanistesVoir par exemple la Société des océanistes..

Autres appellations vignette|Affiche du film de 1926 (Aloma des Mers du Sud). Le terme reflète une vision européenne et coloniale sur l'Océanie. vignette|Carte australienne de 1914 montrant l'Australie, la Chine, le Japon « et le Pacifique Sud ». Lorsque les occidentaux explorent l'océan Pacifique (qu'ils nomment également ) au puis au , ils désignent la zone sous le vocable ; . Cette expression est suivie, au , de , qui renvoie à un imaginaire similaire. Cette zone est plus restreinte que l'Océanie, car elle englobe la Mélanésie, la Polynésie, mais pas l'Australie ni la Nouvelle-Zélande, et stricto sensu, ne comprend pas non plus les îles Hawaï et les îles de Micronésie, situées dans l'hémisphère nord. En découvrant cet espace, les Européens ont le sentiment de découvrir un , qui contrebalancerait l'extrême-Orient. La frontière entre ces deux espaces est d'ailleurs fixée arbitrairement, en 1828, au milieu de la Nouvelle-Guinée.

Dans les années 2000, la géopolitique accorde une grande importance à l', mais cette zone concerne surtout les pays bordant l'océan Pacifique : l'Asie de l'Est et du Sud-Est d'un côté, et l'Amérique de l'autre, avec des grandes puissances comme les États-Unis et la Chine. Les îles du Pacifique y jouent un rôle bien moindre et bien qu'étant au centre géographique de cet espace, s'y retrouvent à la marge démographiquement, politiquement et économiquement.

Généralités Découpages de l'Océanie

L'Océanie est généralement décrite comme la région du monde située entre l'Asie du Sud-Est et l'Amérique du Sud. C'est l'une des raisons pour lesquelles les géographes Benoît Antheaume et Joël Bonnemaison décrivent l'Océanie et plus généralement le bassin Pacifique comme un « espace gigogne »Antheaume B., Bonnemaison J., 1988, Atlas des îles et État du Pacifique Sud, GIP RECLUS/PUBLISUD, Montpellier.

thumb|Image satellite centrée sur l'Océanie.|322x322px

L'Océanie est traditionnellement découpée en trois zones : Mélanésie (« îles noires »), Micronésie (« petites îles ») et Polynésie (« nombreuses îles »), issues du découpage de l'Océanie fait par le Français Dumont d'Urville en 1831.

Ces distinctions reposent sur les stéréotypes raciaux et ethniques du européen et américain (peau noire versus peau cuivrée ; cheveux « crépus » ou « laineux » versus cheveux « ondulés » ; « cannibale mélanésien » versus « bon sauvage polynésien »…) et sont considérées, aujourd'hui, par certains universitaires occidentaux, comme étant dépassées qui les considèrent comme non-scientifiques..

Une approche géographique propose le rattachement des Moluques et de la Papouasie occidentale à l'Océanie, ce qui permet d'éviter la division purement politique de la Nouvelle-Guinée entre deux continentshttps://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/19/Continents_vide_couleurs.png.

Dans les années 1970, les linguistes puis les géographes proposent, dans leurs travaux scientifiques, de subdiviser l'Océanie en « Océanie proche » et « Océanie lointaine » : dans la première, les terres sont toujours en vue en moins d'une journée de navigation, tandis que dans la seconde, elles sont accessibles uniquement en navigation hauturière. Néanmoins, ce nouveau découpage, basé sur des éléments d'histoire naturelle (tectonique des plaques) et de navigation, ne fait pas encore l'unanimité.

Sans doute faut-il comprendre l'Océanie avant tout comme un continuum où, depuis des siècles et bien avant le passage des premiers Européens, métissages et brassages culturels et linguistiques sont la règle. Continuum qui n'interdit pas pour autant les ruptures et les isolements — que ceux-ci soient linguistiques, entre langues austronésiennes et non austronésiennes ; géographiques, entre le monde insulaire et les ensembles plus importants que représentent l'Australie, la Nouvelle-Zélande, l'île de Nouvelle-Guinée ; historico-linguistiques (issus du découpage colonial), entre une Océanie anglophone et une Océanie francophone, voire hispanophone avec l'île de Pâques ; économiques, entre pays développés et des pays en développement ; politiques enfin, entre pays indépendants et territoires sous tutelle (avec des statuts intermédiaires, comme celui d'État souverain, mais associé à un autre plus puissant)…

Flore Le pays le plus diversifié d'Océanie en matière d'environnement est l'Australie, avec des forêts tropicales humides au nord-est, des chaînes de montagnes au sud-est, au sud-ouest et à l'est, et un désert sec au centre. Les terres désertiques ou semi-arides, communément appelées outback, constituent de loin la plus grande partie des terres. Les hautes terres côtières et une ceinture de prairies de Brigalow se situent entre la côte et les montagnes, tandis qu'à l'intérieur de l'aire de répartition se trouvent de vastes zones de prairies. Le point le plus septentrional de la côte est est la péninsule tropicale du Cap York.

La flore australienne se caractérise par des adaptations à l'aridité et au feu, notamment par la sclérophyllie et la sérotinie. Ces adaptations sont courantes chez les espèces des grandes familles bien connues que sont les Proteaceae (Banksia), les Myrtaceae (Eucalyptus - gommiers) et les Fabaceae (Acacia - acacia). La flore des Fidji, des îles Salomon, du Vanuatu et de la Nouvelle-Calédonie est une forêt tropicale sèche, avec une végétation tropicale comprenant des palmiers, , psydrax odorata, gyrocarpus americanus et .

Le paysage de la Nouvelle-Zélande va des détroits aux allures de fjord du sud-ouest aux plages tropicales de l'extrême nord. L ' île du Sud est dominée par les Alpes du Sud. Il y a 18 sommets de plus de dans l'île du Sud. Tous les sommets de plus de 2 900 m se trouvent dans les Alpes du Sud, une chaîne qui forme l'épine dorsale de l'île du Sud ; dont le plus haut sommet est Aoraki/Mount Cook, à . Les tremblements de terre sont fréquents, mais généralement sans gravité, avec une moyenne de . Il existe une grande variété d'arbres indigènes, adaptés aux différents microclimats de la Nouvelle-Zélande.

À Hawaï, une plante endémique, le Brighamia, nécessite désormais une pollinisation manuelle car son pollinisateur naturel est présumé éteint.. Les deux espèces de Brighamia, B. rockii et B. insignis, sont représentées dans la nature par environ 120 plants. Pour s'assurer que ces plantes montent en graines, les biologistes descendent en rappel le long de falaises de pour déposer le pollen sur leurs stigmates.

Faune

Le miro du Pacifique (Petroica pusilla) peuple les îles du sud-ouest du Pacifique. Le martin-chasseur du Pacifique (Todiramphus sacer), se rencontre dans les îles du Pacifique, tout comme le bulbul à ventre rouge, le stourne de Polynésie, l'autour australien, l'hirondelle de Tahiti et le myzomèle cardinal entre autres. Les oiseaux qui se reproduisent sur l'île Pitcairn comprennent la sterne néréis, le noddi brun et le phaéton à brins rouges. La rousserolle des Pitcairn, qui y est endémique, a été ajoutée à la liste des espèces menacées en 2008.

La corneille d'Hawaï, originaire d'Hawaï, est éteinte à l'état sauvage depuis 2002. Le serpent brun arboricole est originaire des côtes nord et est de l'Australie, de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, de Guam et des îles Salomon.. Des oiseaux de paradis, des meliphagidae, des climacteridae, des petroicidae, des alcedinidae, des butcherbirds" et des jardiniers sont originaires d'Australie, de Nouvelle-Guinée et des îles voisines..