Teddy Riner, né le à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), est un judoka français évoluant dans la catégorie des plus de (poids lourds), et a remporté 11 titres mondiaux, soit le plus grand nombre dans l'histoire du judo, et cinq médailles d'or olympique. Il est le plus titré des judokas français.
Il détient un palmarès d'onze titres de champion du monde, trois médailles d'or olympiques en individuel (à Londres en 2012, à Rio de Janeiro en 2016 et à Paris en 2024) et deux par équipes mixtes (à Tokyo en 2021 et à Paris en 2024), deux médailles de bronze olympiques (à Pékin en 2008 et à Tokyo en 2021), et cinq titres de champion d'Europe.
En 2018, il est nommé Ambassadeur de bonne volonté de l'UNICEF. L’année suivante, en 2019, il devient Ambassadeur du Forum de Crans Montana, dans le cadre de deux axes majeurs de la gouvernance étatique : la cohésion sociale et le rôle structurant des valeurs portées par le sport. Il est le porte-drapeau de l'équipe de France aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro en 2016, où il remporte sa deuxième médaille d'or olympique face au Japonais Hisayoshi Harasawa, il devient le judoka le plus titré de l'histoire et assoit ainsi sa suprématie dans le domaine du judo.
Révélé dès 2006, par un titre européen et mondial junior, il confirme dès l'année suivante en devenant le plus jeune champion d'Europe en poids lourds et le plus jeune champion du monde masculin.
Droitier et ayant un grand gabarit par rapport à la moyenne des judokas de sa catégorie ( et ), il remporte ses titres mondiaux consécutivement en « poids lourds » à Rio de Janeiro en 2007, à Rotterdam en 2009, à Tokyo en 2010, à Paris en 2011, à Rio de Janeiro en 2013, à Tcheliabinsk en 2014, à Astana en 2015, à Budapest en 2017 et à Doha en 2023 ainsi qu'en « toutes catégories » à Levallois-Perret en 2008 et à Marrakech en 2017.
Durant sa carrière, Teddy Riner n'enregistre que cinq défaites en championnat international élite. Les deux premières sont concédées au de la compétition poids lourds des Jeux olympiques de 2008 face à Abdullo Tangriev avant d'obtenir la médaille de bronze, et le pour le titre « toutes catégories » des mondiaux de Tokyo face à Daiki Kamikawa avant une période d'invincibilité qui dure près de dix ans. Entre son deuxième titre olympique à Rio 2016 et sa neuvième victoire mondiale en Hongrie un an plus tard, Teddy Riner ne dispute pas un seul combat en compétition. Le , il s'adjuge, en toutes catégories, son dixième titre planétaire. Il ne dispute aucune compétition entre le et le , date à laquelle il effectue son retour à Montréal où il s'impose avant de poursuivre dans le Grand Slam de Brasilia en octobre pour parvenir à consécutives. Avec comme objectif un troisième titre olympique en 2020, Il se déclare prêt à continuer sa carrière sportive jusqu'aux Jeux olympiques de Paris en 2024. Le , après consécutives dont les deux dernières ce même jour, Teddy Riner perd son premier combat depuis 2010 lors du Grand Chelem à Paris contre le Japonais Kokoro Kageura. Le , Il s'incline en quarts de finale aux Jeux de Tokyo avant d'aller chercher la médaille de bronze, son quatrième podium olympique. Le lendemain, il s'impose avec l'équipe de France en finale contre le Japon dans la première épreuve par équipes mixtes aux Jeux, remportant ainsi son troisième titre olympique. Le , six ans après son dernier titre de champion du monde, il est sacré pour la onzième fois chez les à Doha. L'année suivante, dans l'Arena Champ-de-Mars, il remporte par Ippon ses deux finales olympiques, son troisième sacre individuel face au coréen Kim Min-jong et le deuxième par équipes mixtes en conclusion contre le Japonais Tatsuru Saitō.
Il s'initie au judo dès l'âge de 5 ans. dans le de Paris, au gymnase Simon Bolivar, sur l'avenue du même nom dans le quartier de Belleville. Il est ensuite formé au Paris judo qui devient Lagardère Paris Racing. Il passe ensuite au Levallois Sporting Club avant de rejoindre le Paris Saint-Germain en . Successeur de David Douillet comme tête d'affiche du judo français (qu'il dépasse en nombre de titres toutes compétitions confondues), et faisant partie des sportifs les plus populaires de son pays, il répond favorablement à de nombreuses sollicitations médiatiques et publicitaires depuis son premier titre européen.
Il est le dernier relayeur de la flamme olympique, avec Marie-José Pérec, lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques d'été de 2024 à Paris, avant d'y gagner deux médailles d'or.
Biographie Révélation précoce Teddy Pierre-MarieTeddy Riner : « Mon corps est usé, j’ai sept ans à tenir », Le Monde du 19 novembre 2017. Riner naît le à la clinique Saint-Joseph de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe., sa famille du côté paternel étant originaire de Vieux-Habitants et du côté maternel de LamentinTeddy Riner, bien dans sa bulle, Florent Bouteiller, Le Monde, 15 juin 2012.. Il quitte rapidement l'île pour Paris où sa famille était installée depuis quelques années, dans le quartier de la ChapelleBenoît Baume, « Teddy, tatami au top », Libération, 10 février 2007.. À cinq ans, ses parents l'inscrivent au club de sport de l'Aquaboulevard où il découvre plusieurs disciplines dont le judo, activité à laquelle il se consacre définitivement dès ses treize ansVincent Melosci, « Le phénomène Teddy Riner », Le Parisien, 7 avril 2007, ., en dépit de son intérêt pour le basket-ball et le footballOllivier Bienfait, « Entre David et Goliath », L'Équipe, 8 avril 2007, .. Il pratique alors le judo au Judo Club Bolivar, près des Buttes Chaumont. En 2004, alors que son potentiel et son physique sont remarqués lors des Championnats de France cadets, il intègre le de Petit-Couronne, une année avant de revenir en région parisienne pour s'entraîner au sein de l'Institut national du sport, de l'expertise et de la performance sur recommandation de Stéphane Traineau, alors directeur du haut niveau en FranceOllivier Bienfait, « Riner a fait le poids », L'Équipe, 14 octobre 2006, .... Il intègre ainsi la filière élite du judo national malgré des réticences vis-à-vis de son âge puisque Riner n'est encore qu'un cadet.
Il commence sur les circuits seniors à . Il honore une première sélection en équipe de France lors d'un championnat international à l'occasion des Championnats d'Europe juniors 2005 disputés à Zagreb en Croatie, d'où il revient avec la médaille de bronze. Dès l'année suivante, il effectue une première apparition remarquée sur le circuit de la Coupe du monde lors d'une étape se tenant à Vienne en Autriche. Pas encore âgé de dix-sept ans, il atteint la finale de tableau, mais cède face à l'expérimenté allemand Andreas Tölzer puis lors du combat pour la médaille de bronze contre le Cubain Óscar Brayson. Au niveau junior national, Teddy Riner conserve son titre des moins de vingt ans en , un an après avoir remporté en quelques semaines le titre des moins de dix-sept ans (cadets) et celui des moins de vingt ans (juniors). Plus encore, à Paris, où se tiennent les Championnats de France juniors 2006, il remporte l'ensemble de ses combats par ipponAlexandre Bardot, « Quatre juniors en or », Le Parisien, 25 avril 2006, du cahier « Hauts-de-Seine ».. En fin d'année, son statut d'espoir du judo français en fait la tête d'affiche des équipes de France juniors en partance pour les Championnats d'Europe et les Championnats du monde de la catégorie d'âge« Euro Juniors : les Bleus sans pression », L'Équipe, 8 septembre 2006, .Ollivier Bienfait, « Riner à pas de géant », L'Équipe, 12 octobre 2006, .. Après avoir obtenu la médaille d'or continentale à Tallinn en Estonie chez les poids lourds, il fait de même à Saint-Domingue en République dominicaine. Déjà, tandis que les médias spécialisés s'intéressent à lui, les observateurs français en font le successeur de David Douillet, double champion olympique et quadruple champion du monde en poids lourds et en toutes catégories ayant pris sa retraite en 2000. Ce dernier déclare alors avoir été en tous points inférieur au même âge – dix-sept ans – à Riner, premier Français sacré champion du monde juniors chez les poids lourds. Les performances du judoka lui valent en fin d'année le titre honorifique de « meilleur junior européen de l'année » décerné par l'Union européenne de judoBrève dans L'Équipe, 16 décembre 2006, ..
Champion d'Europe et du monde à dix-huit ans En 2006, pour sa première participation aux Championnats de France élites, Teddy Riner est sorti au deuxième tour par Frédéric Lecanu. En , aux Championnats de France élites à Dijon dans une catégorie en mal de résultats depuis la retraite de Douillet mais qui redevient performante cette année-là, Teddy Riner profite de la blessure du tenant du titre Pierre Robin en demi-finale mais il est battu en finale par Matthieu Bataille aux pénalitésAnouk Corge, « Les lourds prennent du poids », L'Équipe, 21 janvier 2007, .. Quelques semaines plus tard, il participe à son premier Tournoi de Paris, estampillé tournoi « Super Coupe du monde » par la Fédération internationale de judo, le plus prestigieux hors grands championnats, battant notamment par ippon le Néerlandais Dennis van der Geest, champion du monde en titre en toutes catégories, et Matthieu Bataille, mais perdant face au Biélorusse Yury Rybak dans le tableau principalOllivier Bienfait, « Le soleil tarde à se lever », L'Équipe, 12 février 2007, .Ollivier Bienfait, « Riner, géant encore vert », L'Équipe, 24 février 2007, .. Il termine néanmoins troisième, meilleur représentant français, devant Bataille, septième. En concurrence avec ce dernier pour la place de titulaire dans l'optique des Championnats d'Europe 2007 organisés à Belgrade en Serbie, il est préféré par l'encadrement français notamment après une troisième place au Tournoi Super Coupe du monde de HambourgAnouk Corge, « Riner confirme », L'Équipe, 26 février 2007, .Anouk Corge, « Riner et une inconnue », L'Équipe, 7 mars 2007, ..
En Serbie, il ne rencontre que peu de difficulté pour devenir le premier judoka français sacré champion d'Europe parmi les poids lourds depuis David Douillet en 1994Ollivier Bienfait, « En forme olympique », L'Équipe, 9 avril 2007, .. Par sa présence sur la plus haute marche du podium, il devient de même le plus jeune champion d'Europe de l'histoire ainsi que le plus jeune poids lourd médaillé européen au lendemain de ses dix-huit ans alors que l'Est-allemand Frank Möller avait été vice-champion d'Europe en toutes catégories en 1989 à l'âge de dix-huit ans et huit mois. Qualifié pour la finale en écartant notamment le tenant du titre Andreas Tölzer grâce à un mouvement de hanche – haraï goshi – sanctionné d'un waza-ari, il réédite pareille technique en finale face au Géorgien Lasha Gujejiani .
thumb|L'Arena Olímpica de Rio de Janeiro accueille les Championnats du monde 2007, théâtre du premier titre mondial de Teddy Riner.
En , il dispute cette fois les Championnats du monde se tenant à Rio de Janeiro au Brésil. Auparavant, en parallèle aux stages de préparation et aux sollicitations médiatiques de plus en plus nombreuses, il rejoint le Lagardère Paris Racing, nouvelle structure émanant de la fusion entre le Racing Club de France et le Paris judo, club où il évoluait jusqu'alors et qui avait, par le passé, repris la gestion du club de l'Aquaboulevard où il a commencé le judoBrève par Anouk Corge, L'Équipe, , .. Cette prolongation de contrat intervient alors que des pourparlers étaient avancés avec la ville de Levallois-Perret afin qu'il rejoigne le club local du Sporting Club Judo LevalloisVincent Melosci, « Roger Vachon s'explique », Le Parisien, 5 juillet 2007, du cahier « Hauts-de-Seine »..