de Bourgogne ou suivant les sources (vers 1240–† 1303), est comte palatin de Bourgogne et comte d'Artois par mariage avec la comtesse Mahaut d'Artois.
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Il est le dernier comte de Bourgogne de la maison d'Ivrée, avant que le comté ne soit rattaché par mariage et filiation de ses deux filles au royaume de France puis au duché de Bourgogne.
Origines naît vers 1248 au château d'Ornans.. Il appartient à la maison de Chalon. Il est le fils de Hugues, comte palatin de Bourgogne, et de Alix de Méranie.
Otton est l'aîné d'une nombreuse fratrie comprenant sept filles qui embrassèrent la vie religieuse ou qui s'allièrent à d'illustres maisons, et quatre frèresVoir sa généalogie sur le site Medieval Lands. : Hugues, Étienne chanoine de la métropole, Renaud qui obtint par mariage le comté de Montbéliard, et Jean, sire de Montaigu. Tous devaient hommage à Otton. Après la mort du comte palatin Hugues (m. 1266), son père, le pouvoir échut à sa mère, Alix qui conserva le titre de comtesse palatine. Otton reçut le titre de sire de Salins.
Otton épousa Philippine de Bar en 1258, († après ). Une fille, Alix, naquit de cette union. Devenu veuf de Philippine de Bar, Otton avait fait la connaissance et s'était lié d'amitié avec , le père de Mahaut, la future mariée, lors des grandes campagnes militaires de l'armée française en Italie destinées à venger la cruelle journée des Vêpres siciliennes.12.. Revenu de la campagne de Sicile il épousa en F. Funck-Brentano indique janvier 1285 comme date du mariage, dans Philippe le Bel et la noblesse Franc-comtoise, ., en secondes noces Mahaut d'Artois, petite nièce de Saint Louis.. Ce mariage fit de lui un cousin du roi qui lui avança le douaire en l'hypothéquant sur le comté de Bourgogne.. Âgé de près de quarante-cinq ans, il était d'une trentaine d'années plus âgé que Mahaut.
Mahaut eut quatre enfants avec Otton : Jeanne, née vers 1291, Blanche, née vers 1296, Robert, né vers 1300, et Jean, né à une date incertaine. Cet enfant mort au berceau, n'est connu que par son tombeau élevé dans l'église des dominicains de Poligny. Robert est seul nommé avec ses sœurs dans le testament d'Otton daté du ..
Le comté de Bourgogne en héritage À la mort de sa mère Alix (1279) Otton, l'aîné des cinq fils qu'elle a eu de son premier mariage avec Hugues de Chalon lui succéda à la tête du Comté de Bourgogne comme comte palatin et sire de Salins sous la suzeraineté impériale.
En mourant elle lui laissa un domaine qui s'étend du pied des Vosges à Poligny et Orgelet sur 90 kilomètres de long. À l'est, le cours de la Saône constitue la coupure naturelle entre pays duchois et comtois. Malgré l'étendue de ce territoire, ses possessions ne constituent que l'ossature d'un état et il s'en fallut de beaucoup qu'Otton dominât entièrement le comté. L'héritage qu'il tenait de sa mère était une province désorganisée et couverte de ruines où les paysans étaient misérables et sans ressources, décimés par les guerres.
Sa mère Alix avait entrepris une œuvre d'agrandissement du domaine comtal qui demeura imparfaite : le domaine restait divisé et morcelé. Il s'était accru mais restait vulnérable tant du côté des seigneurs comtois que de la part de redoutables voisins12.. Otton reconnut toute la fragilité de son pouvoir sur le comté à un moment où n'ayant pas d'héritier mâle il peinait pour faire valoir ses droits. Aussi, pendant toute la durée où il resta en possession du comté, il n'aura de cesse de lutter pour affermir son autorité.
Personnalité du comte Les historiens qui ont étudié sa personnalité, ses goûts ses sentiments l'ont jugé très sévèrement16.. É. Clerc écrit de lui : « il était léger, irréfléchi, toujours disposé aux solutions extrêmes en tout, prince fort médiocre, quoique son règne ait eu de grands résultats ».. J.-M. Richard. dit de lui : « Vaillante épée, nature généreuse, chevaleresque, aimant à la folie, le luxe, les tournois, les périlleuses aventures, tête faible, esprit léger, administrateur incapable » et Lucien Febvre. n'est pas plus indulgent. Se rapportant au portrait assez vif qu'en a tracé Auguste Castan il écrit : « Tête faible, mais âme loyale ; esprit frivole, mais cœur généreux ; imagination vagabonde, mais tempérament vigoureux et fait pour braver les hasards de la guerre ». M.-T. Stauffennegger tente d'adoucir ces jugements. Elle écrit : « Il est certain que chez Otton les qualités de souverain ne vont pas probablement de pair avec celles de l'homme privé. Il s'est réellement occupé de son pays, a essayé d'affermir son pouvoir et de lutter contre les empiétements étrangers, sans pouvoir éviter l'issue fatale ». À l'étude de son testament, son dévouement pour les siens, son affection pour eux apparaissent. Otton paraît avoir été un époux attentif, un père aimant, un fils respectueux, un maître reconnaissant. Sa faiblesse et son caractère l'exposèrent aux coups de ses ennemis et de ses créanciers.
Le comté de Bourgogne à l'avènement d' Géographiquement situé entre la France et l'Empire, le comté de Bourgogne n'était pas pleinement indépendant. À l'ouest, il était convoité par les Capétiens. Au-delà du Jura guerroyait l'empereur Rodolphe de Habsbourg (élu en 1273), qui semblait toujours prêt à franchir la barrière du Jura et à faire peser son autorité sur le comte de Bourgogne, officiellement son vassal. Au nord-est, était le comté de Montbéliard ; il relevait directement de l'Empire. Au pied des Vosges, se trouvaient les abbayes de Lure et de Luxeuil aux vastes domaines dont les abbés étaient princes d'Empire.
Sur la rive droite de la Saône son puissant et direct voisin le duc de Bourgogne possédait déjà de nombreux fiefs dans le comté et avait des visées expansionnistes. Depuis 1237, déjà, la cité fortifiée d'Auxonne, tête de pont d'une importance capitale constituait un empiétement des ducs de Bourgogne sur la terre comtoise.
Le comté était un pays désuni par la rivalité et la puissance des princes de Chalon et de leurs vassaux. Au sein même du comté les deux plus puissants barons du pays, les plus redoutables adversaires d' et de l'influence française, Jean de Chalon, seigneur d'Arlay, l'oncle d'Otton, beau-frère de l'empereur depuis 1284 et son frère aîné de Chalon-Auxerre. constituaient une perpétuelle menace pour Otton qui devait être prêt à parer à ces dangers. et surtout faire face à leurs ambitions.
L'incessante opposition que cette famille faisait au comte suzerain, rendait difficile sinon impossible, l'administration de ses états. Or, le plus puissant de ces vassaux, celui dont le comte palatin avait tant de peine à se faire obéir, était son jeune oncle Jean, comte de Chalon, baron d'Arlay. Il était non seulement l'héritier de la meilleure partie des domaines de , mais également l'héritier de la haine traditionnelle de la branche cadette des comtes de Bourgogne contre le représentant, quel qu'il fut, de la branche aînée.. Par la haute situation de sa famille, l'étendue de ses domaines, les nombreux fiefs (il était à la tête de 516 fiefs écrit Lucien Febvre.) qui relevaient de lui et sa valeur personnelle, le sire d'Arlay était le chef naturel de toute cette noblesse insoumise, ennemie éternelle de son suzerain..
Les empereurs allemands, qui voyaient le comte palatin entrer de plus en plus dans l'orbite de la vie française grandissait de tout leur pouvoir le comte de Chalon-Arlay, l'opposant le plus farouche à la pénétration française, le champion de l'empereur..
Politique d'agrandissement de ses domaines Pour accroître son autorité et regrouper les possessions comtales, usa de la même politique d'achat de droits et de terres que sa mère, en particulier dans les grandes villes et le long des rivièresDole, Chaussin, Rahon, Parcey, Poligny, Gray font partie de ces acquisitions.. Ces inféodations étaient acquises en échange de fortes sommes d'argent.. Mais sa politique d'agrandissement de ses domaines se heurta à de grands obstacles financiers et politiques tant à l'intérieur du comté qu'à l'extérieur.
À son avènement, déjà, les finances étaient épuisées par les guerres de la Savoie qu'avait eues à soutenir sa mère, par la pension de tournois qui avait été accordée à lors de son mariage avec Alix de Méranie, par les 11 000 livres viennois versées au duc de Bourgogne pour l'abandon de ses droits sur l'hoirie d', complétés d'une rente annuelle de mille livres assignée sur le puits à sel de Grozon.
Ses expéditions lointaines, et ses coûteux séjours parisiens entraînèrent aussi de très lourdes dépenses que des rentrées d'argent importantes mais néanmoins insuffisantes n'arrivèrent pas à compenser. Ses finances étaient dans un mauvais état et son endettement le mit entre les mains de ses créanciers et du roi de France35.. Dès 1275 Otton fut la proie des prêteurs lombards et autres manieurs d'argent qui s'étaient glissés dans la province. Il engagea des joyaux pour se procurer 200 livres parisis. En Italie (en ) il dut laisser une partie de son train engagée aux Spina de Florence, en 1285 pour partir en Pouilles, il dut encore à l'aller comme au retour, avoir recours aux créanciers qui ne le lâchèrent point.
Relations avec les principautés voisines Relations avec le duc de Bourgogne Le duc était son voisin le plus direct et pouvait représenter une menace mais le duc et le comte de Bourgogne nouèrent des liens de plus en plus étroits.. Ils mirent en œuvre une politique d'alliance et d'amitié qui fut concrétisée par la signature d'un traité de mariage le entre le fils aîné du duc, Jean, avec Alix, la fille qu'il avait eue avec Philippine de Bar et alors seule héritière du comté. Le décès des deux enfants empêcha le contrat de se réaliser. Le , Otton et le duc signèrent un nouveau traité par lequel Robert s'alliait expressément au comte palatin.
Ce nouveau traité comporte une inégalité flagrante des apports des deux parties ; Otton retire essentiellement des traités de 1279–1280 que le duc cesse ses empiétements en Comté ; apportant ainsi à Otton une tranquillité sur la frontière de la Saône.. Comme preuve de leur amitié, à cette même date le duc Robert renonça en faveur du comte palatin, à la garde de BesançonC'est le que le roi de Castille () confiait la garde de Besançon au duc , elle allait rester pendant vingt ans aux mains des ducs de Bourgogne, J. Richard, Les ducs de Bourgogne et la formation du duché du , Dijon, 1954, .La commune de Besançon était dirigée par un conseil de douze prud'hommes, annuellement élus en plein air par l'universalité des citoyens. En cas de péril, la commune déléguait à l'un des siens les fonctions de pardessus ou capitaine, ce qui portait à treize le nombre des membres du conseil ; en outre un puissant seigneur de la province recevait pour un temps limité le titre de gardien de la cité. Voir : A. Castan, Le siège et le blocus de Besançon par Rodolphe de Habsbourg et Jean de Chalon-Arlay en 1289 et 1290, p.24..
En se rapprochant du duc Robert, chambrier du roi de France, Otton se rapprochait aussi de la France, du roi et de sa cour. Il y conçut des idées de faste et de grandeur qui le menèrent à sa perte..
Relations avec le comte de Bar Au nord et nord-est, le comte de Bar était aux portes de l'état comtois. Les empiétements du comte prirent fin avec le commencement des négociations en vue du mariage du sire de Salins, futur avec la jeune Philippine. Avec son beau-père, Otton entretint des relations empreintes de confiance et d'affection..
Relations avec le comte de Champagne Plus redoutable, parce que plus puissant fut le comte de Champagne dont les domaines jouxtaient également le Comté. Les rapports entre les deux principautés se multiplièrent dans l'intérêt des deux comtés ; les marchands se rendant aux foires de Champagne empruntaient les péages bourguignons et le maintien de l'ordre en Comté fut pour eux essentiel..
Relations avec le comte de Montbéliard