thumb|Déforestation par brûlage, pour mise en culture, Sud du Mexique. thumb|Image satellite montrant l'état relativement déboisé du plateau du Korat et de la plaine centrale de Thaïlande par rapport aux territoires voisins. thumb|Culture de caféiers, au détriment de la jungle australienne du Queensland, ici à Kuranda, vers 1900. thumb|Quand il n'y a ni route, ni fleuve à proximité, ou pour échapper à la surveillance des satellites, le bois peut être découpé sur place, à la tronçonneuse, puis utilisé sur place ou transporté sous forme de planches, à dos d'homme.

La déforestation est le phénomène de régression durable des surfaces couvertes de forêts, qu'il soit d'origine anthropique ou naturel. Si une forêt repousse après une coupe rase, une attaque d'insectes xylophages ou un feu de forêt, on ne parle pas de déforestation. Le phénomène de déforestation est souvent évoqué en lien avec celui de dégradation (fonctionnelle ou biologique) de la forêt. La perte de couvert forestier fait référence à la perte de surface forestière brute, elle est souvent observée par satellite.

Elle résulte des actions de déboisement puis de défrichement, liées à l'extension des terres agricoles, à l'exploitation des ressources minières du sous-sol, à des travaux d'infrastructures tels que barrage hydroélectrique ou route, à l'urbanisation, voire à l'exploitation excessive ou non régulée de certaines essences forestières. Les entreprises forestières légales ne semblent pas être les premiers responsables de la déforestation.

La déforestation n'est pas un phénomène récent puisque déjà signalé dès le Néolithique. Mais elle a pris des proportions et une rapidité jamais atteintes : en matière de volume de bois, dans le monde de 2000 à 2010, plus de auraient été illégalement coupés par anÉtude publiée par le think tank anglais Chatham House en 2010, soit de quoi faire dix fois le tour de la planète en couchant bout à bout les troncs coupés ; sur le plan financier, les pays en développement ont été privés d'un revenu annuel d'environ ; en matière de surface, la déforestation actuelle concerne essentiellement les forêts tropicales, et rien que pour les coupes illégales, ce sont vers 2010 environ 5 millions d'hectares de forêt qui sont coupés par an ; en matière de changement climatique, en 2005, l'ONU et l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) ont qualifié d’« alarmante »FAO 2005 la déforestation qui est aussi responsable de d’équivalent CO2 d'émissions de gaz à effet de serre. Soit de 9 à 11 % des émissions d'origine anthropique..

La moitié des forêts de la planète a ainsi été détruite au cours du enquêtes de l'ONU et du REDD, L'arbre, allié de taille, Le Monde, 20/11/11..

L'une des quatre priorités proposée au sommet de la Terre lors du sommet de Rio (Rio de Janeiro, 3-) était une , mais , les États l'ont transformé en une simple (de moindre valeur juridique) annexée au rapport du sommet de Rio qui contient un Chapitre 11 « Lutte contre le déboisement ». En 2021, lors de la COP26, plus de cent dirigeants de pays qui abritent 85 % des forêts du globe s'engagent à arrêter la déforestation d'ici 2030, mais les ONG environnementales regrettent que l'accord ne soit pas contraignant.

Chiffres notables vignette|Déforestation annuelle. vignette|Changement annuel de la superficie forestière. vignette|redresse=1.5|L'impact de la déforestation sur le climat régional par bandes de 10° de latitude. Cet impact est étudié à travers l'effet des aérosols biogéniques générés par les forêts (impliqués dans la formation du nuages), leur captation du et trois des effets biophysiques principaux des forêts (l'albédo relativement bas des couverts forestiersLes couverts forestiers ont un albédo moyen de 0,11, contre 0,20 pour les cultures agricoles, 0,23 pour les prairies et 0,35 pour le sol nu., l’évapotranspiration des arbres et la rugosité de la canopéeLa rugosité de la canopée, soumise au vent,génère des microturbulences qui dissipent la chaleur et refroidissent le milieu.). En évaluant l’impact qu’aurait une déforestation complète, les chercheurs trouvent qu'au total, ces effets biophysiques refroidissent la planète d’environ 0,5 °...

Selon le rapport de la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) de , la surface forestière observée à cette date sur Terre représente 68 % de celle estimée à l'ère préindustrielle..

Selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO)(Communiqué intitulé « La déforestation se poursuit à un rythme alarmant - Nouveaux chiffres de la FAO sur les forêts mondiales » Rome, 14 novembre 2005 ; basé sur les conclusions de l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2005 (Global forest resources assessment), étude la plus complète jamais faite à cette date (à partir des chiffres officiels des États), portant sur l'usage et la valeur des forêts dans 229 pays et territoires, de 1990 à 2005), 16 millions d’hectares de forêts disparaissaient annuellement sur Terre dans les années 1990, ce chiffre est passé au début du à environ 13 millions d’hectares de forêts, les terrains étant convertis à d’autres utilisations, surtout agricoles, ou sous l’effet de phénomènes naturels. C'est l'équivalent de la surface de l'Angleterre, soit 40 terrains de football par minute(FAO, 12/2011). C'est l'équivalent en surface de 86 % de la forêt française en 2005, FAO qui disparaît ainsi chaque année.

Un rapport publié en 2020FAO et UNEP, 2020, « The State of the World’s Forests 2020 », Forests, biodiversity and people a établi que le ralentissement de la déforestation s'est poursuivi avec 10 millions d’hectares déforestés chaque année entre 2015 et 2020. Selon ce même rapport, entre 2010 et 2020, 40 % de la déforestation auraient été dus aux productions agricoles destinées au commerce international (principalement élevage de bétail, cultures du soja et de palmiers à huile) et 33 % supplémentaires imputables à l’agriculture vivrière locale.

Recul des forêts primaires : sur la base des chiffres officiels envoyés par chaque état, le rapport FRA 2005FRA 2005 de la FAO conclut qu'à la suite de la déforestation ou de coupes sélectives, les plantations artificielles d'arbres ont encore augmenté, couvrant en 2005 près de 5 %D'après la FAO, il y a environ 181 millions ha de forêts plantées sur un total de ha, rapport sur les forêts 2007 des superficies boisées du monde ; les forêts primaires ou faiblement anthropiséesSans signes visibles d’activités humaines présentes ou passées. ne constituent plus en 2005 que 36 % de la superficie forestière mondiale, continuant à disparaître ou être modifié à raison de 7,3 millions d’hectares par an.

Devenir des terrains : une partie des coupes sera suivie d'une régénération forestière, souvent lente ou médiocre, une autre partie sera plantée d'arbres de rentes (eucalyptus, palmier à huile, hévéa, cacaoyer, théier, caféier…) mais en Amazonie, la plus grande partie est transformée en culture de soja et ailleurs en champs (environ 75 % des pertes forestières sont dues à l'expansion agricole). En zone tropicale, ces champs se dégradent rapidement, pour évoluer vers une savane ou la désertification.

Perte de biodiversité : suggérait en 1998 que près de 10 % des espèces d'arbres connues, soit environ , sont menacées d'extinction à court ou moyen terme (essentiellement en zone tropicale), et pour chaque espèce, c'est une richesse génétique plus grande encore qui est perdueOldfield, S., Lusty, C. and McKinven, A. 1998. The World list of threatened trees. IUCN Press. Cambridge, Royaume-Uni. 650 p..

Une enquête de la FAO portant sur les ressources forestières mondiales montre que, même si la déforestation reste préoccupante, son rythme a ralenti au début du : la déforestation a concerné, en valeur nette (prenant en compte les reboisements et l'expansion naturelle des forêts) 5,2 millions d'hectares de surfaces boisées entre 2000 et 2010 contre 8,3 millions entre 1990 et 2000.. Sur cette période 2000-2010, les régions les plus touchées sont l’Amérique du Sud qui a perdu environ 4,2 millions d’hectares par an et l’Afrique avec 3,4 millions d’hectares de perdus, où les causes sous-jacentes de la conversion des forêts pour des utilisations agricoles comprennent la croissance démographique, le développement de l'agriculture (agriculture commerciale en Amérique du sud, agriculture vivrière en Afrique), la sécurité de jouissance des droits fonciers et la gouvernance du changement d'utilisation des terres.. L’Amérique du Nord et centrale affiche une légère perte nette. L’Europe a gagné 0,66 million d’hectares de forêt par an et l’Asie 2,2 millions d’hectares de forêt par an, grâce surtout au boisement à grande échelle mis en place en Chine. Les 0,77 million d’hectares de pertes de forêt en Océanie sont principalement dues à la sécheresse et aux incendies de forêts en Australie. Selon le , la déforestation a augmenté de 51 % entre 2015 et 2016 pour passer à 29,7 millions d'hectares par an, soit l'équivalent de la surface de la Nouvelle-Zélande. Cette augmentation est essentiellement due aux feux de forêts, à l'agriculture et à l'extraction minière..

En 2019, selon un rapport du Global Forest Watch, le couvert végétal des régions tropicales a diminué de , soit presque autant que l'année précédente, et de forêts primaires ont disparu, soit de plus qu'en 2018. 2019 est la troisième pire année de déforestation depuis le début du siècle. Le Brésil a détruit ( en 2018) ; la République démocratique du Congo et l'Indonésie occupent, comme en 2018, les deuxième et troisième places mondialesLa déforestation continue d'augmenter dans les régions tropicales, Les Échos, 3 juin 2020..

En 2021, l'Agence spatiale brésilienne (AEB) a enregistré en Amazonie..

L'observatoire Global Forest Watch, élaboré par le groupe de réflexion américain World Resources Institute (WRI) avec l'université du Maryland, révèle en que les régions tropicales ont perdu 6,7 millions d'hectares de forêt primaire en 2024, chiffre en hausse de 80 % par rapport à 2023. La principale composante de cette augmentation est celle des incendies plus importants alimentés par le changement climatique, qui représentent l'équivalent de 3,1 milliards de tonnes de émises dans l'atmosphère, soit un peu plus que les émissions liées à l'énergie de l'Inde. Les incendies dépassent pour la première fois l'agriculture parmi les causes de la déforestation. L'année 2024 a été la plus chaude jamais enregistrée dans le monde sous l'effet du changement climatique, aggravé par le phénomène naturel El Niño. Le Brésil, qui a placé la protection des forêts en bonne place des priorités de la présidence brésilienne de la COP30 et avait obtenu de bons résultats en 2023, a enregistré 2,8 millions d'hectares de destruction de forêt primaire en 2024, dont deux tiers attribués à des incendies, souvent allumés pour faire de la place au soja ou aux bovins ; la destruction de la forêt amazonienne a atteint son plus haut niveau depuis 2016« C'est une alerte rouge mondiale » : la destruction des forêts primaires tropicales atteint un niveau record, Les Échos, 21 mai 2025..

Terminologie Définition de la forêt La définition exacte de la forêt varie selon les sources. Il s'agit d'une surface avec un minimum de couvert végétal atteignant la strate arborée.

Pour le FAO la superficie minimale d'une forêt est 1/2 ha, dont 10 % minimum de la surface est couvert d'arbre. Les arbres sont définis comme des éléments de végétation boisée hauts de plus de 5 mètres à maturité. Certains états et de nombreuses association et ONG ont des définitions plus strictes. Le programme de réduction des émissions de gaz à effet de serre dues à la déforestation et à la dégradation des forêts donne le choix aux États de définir la forêt comme des surfaces ayant un couvert arboré minimal entre 10 % et 30 %.