vignette|Étendard des États-Unis de 1863 à 1865. L'Armée de l'Union (ou en anglais : , ou , ou ) désigne les forces armées des États-Unis lors de la guerre de Sécession.
Elle est composée de la petite armée régulière (fédérale et professionnelle qui comptait ) en 1861, étoffée et renforcée des , des et de , massivement renforcée d'unités fournies par les États du Nord, milices largement « fédéralisées » (par l'uniforme ou la nomination d'officiers) composées de volontaires aussi bien que de conscrits.
L'Armée de l'Union combattit et défit l'Armée du Sud ou Armée des États confédérés (en anglais : , C.S.A.). Elle compta jusqu'à hommes, dont environ 9,5 % étaient des Afro-Américains. Lors de ce conflit, elle perdit, selon les statistiques officielles, hommes et compta blessés..
Structures 250px|thumb|Défilé militaire des troupes de l'Union en 1865 sur Pennsylvania Avenue après la victoire contre les Confédérés. L'organisation territoriale de l'armée de l'Union repose sur différentes subdivisions territoriales.
Départements Un département est une région militaire. Il désigne une région, par exemple un État. Mais il est souvent nommé en référence à un cours d'eau. Par exemple, département du Pacifique (qui couvre la Californie et l'Orégon), mais département du Tennessee, département de Cumberland.
Districts Un district est une subdivision d'un département. Par exemple, district de Cairo, district de l'est du Tennessee. Un district peut être lui-même subdivisé en sous-districts.
Division militaire et théâtres d'opérations Il s'agit d'un regroupement de plusieurs départements, sous le commandement d'un même général. De nos jours, on utiliserait plutôt le terme de « théâtres d'opérations ».
Pour prendre un exemple, la division militaire du Mississippi, créée en , concerne les départements de l'Ohio, du Tennessee et de Cumberland. Elle est sous les ordres du général Grant. En 1865, une division militaire du même nom concerne les départements de l'Ohio, de l'Arkansas et du Missouri.
Armée Une armée est l'unité militaire chargée d'un département ou d'un district. L'armée porte le nom du département concerné (exemple : armée du Tennessee), mais elle peut opérer en dehors de celui-ci. Elle est commandée par un .
Elle est composée de divisions et/ou de brigades. Ce sont soit des unités de l'armée régulière (Regular Army), c'est-à-dire de l'armée fédérale professionnelle des États-Unis, soit des unités levées par les États eux-mêmes pendant le conflit. Ces dernières, bien plus nombreuses et parfois nommées ou , forment la masse des unités des armées de cette guerre.
Organisation des unités Infanterie vignette|Uniforme d'un fantassin de l'armée de l'Union (détail de la planche 172, « »). thumb|300px|Le , une compagnie des vétérans de William Tecumseh ShermanL'unité de base est la compagnie. Elle affiche un effectif de 100 soldats et officiersIl s'agit bien d'effectifs théoriques. Sur le terrain, et en campagne, les effectifs réels seront inférieurs.. La compagnie est subdivisée en deux pelotons (), eux-mêmes divisés en cinq escouades (). Une compagnie est commandée par un capitaine, assisté de deux lieutenants.
Un régiment comprend 10 compagnies. Il est levé dans un des États de l'Union ; il en porte le nom et un numéro séquentiel ( Massachusetts, par exemple, est le levé dans cet État). Généralement, un régiment existant ne voit pas son effectif renouvelé. On préfère lever de nouveaux régimentsMc Pherson (page 355) rappelle deux des explications possible à ce choix : d'une part, que cela permet d'augmenter le nombre de brevets d'officiers à offrir et, d'autre part, que le nombre de régiments levés peut être motif d'orgueil pour les autorités locales., quitte à supprimer, ou fusionner, les anciens régiments aux effectifs devenus trop faibles pour tenir leur rang. Un total d'environ régiments sont formés.
Le recrutement local des compagnies, et donc des régiments, conduit aussi à l'apparition d'unités ethniquement homogènes. Ainsi, le New-York est un régiment composé majoritairement d'immigrés français et le , du même État, d'Irlandais. Quant au , il est composé d'Écossais (son uniforme de parade initial comporte même le kilt). On compte ainsi une soixantaine de régiments à recrutement allemand. Si ce système présente des avantages, par exemple pour la cohésion de l'unité, il présente aussi l'inconvénient de concentrer les pertes sur un petit territoire.
Un régiment est, normalement, commandé par un colonel, à défaut, par un lieutenant-colonel ou un major.
Une brigade regroupe plusieurs régiments, souvent de trois à cinq. C'est l'élément de manœuvre principal. Elle est commandée par un brigadier général, voire un colonel. À la bataille de Fort Donelson, la brigade Cook, de la , comprend six régimentsÀ savoir : , et Illinois, Iowa, Indiana et Missouri.. Mais, dans la même division, la brigade Mc Arthur n'en comprend que troisÀ savoir : , et Illinois..
Artillerie À l'ouverture du conflit, l'artillerie fédérale compte 2 283 canons. Mais seuls 10 % sont des pièces d'artillerie de campagne, c'est-à-dire capable de suivre et d'assister une armée en campagne. À la fin du conflit, elle comptera , dont la moitié (53 %) seront des pièces de campagne.
Elle aura reçu, pendant le conflit, canons, projectiles, tonnes de poudre.
Organisation L'unité de base est la compagnie d'artillerie, qui est nommée batterie. Elle regroupe, normalement, six canonsLes canons sont, dans la quasi-totalité des batteries, composées de matériels homogènes (exemple, à Gettysburg, l'artillerie du I Corps présente 2 batteries de Napoleons et 3 batteries de canons d'ordonnance de 3 pouces). En revanche, les sudistes aligneront souvent des batteries composées de matériels différents. et une centaine de soldats. Pour prendre un exemple, une batterie de 6 canons de 12 livres Napoleon aligne 6 avant-trains et 6 caissons, un chariot de matériel, une forge de campagne et 91 chevaux. Elle est commandée par un capitaine, 4 lieutenants, 8 sergents, 12 caporaux, 52 conducteurs, 70 artilleurs, 6 artificiers et 2 clairons (buglers).
Les batteries sont rattachées à des brigades, ou sont regroupées en réserve d'artillerie des grandes unités, divisions ou corps. Elles sont groupées en brigades, commandées par un colonel.
Artillerie de campagne : les batteries sont « à pied », lorsque les artilleurs se déplacent comme l'infanterie, ou « montée » (light artilleryIl n'y a pas, comme en Europe de la même époque, référence au calibre des canons dont est dotée la batterie. Une batterie de « light artillery » n'est pas forcément de l'artillerie légère.) quand les artilleurs sont des cavaliers. Artillerie lourde : des pièces beaucoup plus lourdes sont utilisées dans les forts des forces fédérales. Ces pièces sont statiques ou du moins difficilement déplaçables. Elles se rapprochent des pièces de marine.
Matériel Il y a deux types de pièces d'artillerie utilisées par l'armée fédérale : d'un côté, les pièces à âme lisse et, de l'autre, les pièces rayéesUne pièce rayée voit l'intérieur de son tube gravé de rayures hélicoïdales, dont le but est d'imprimer au projectile un mouvement de rotation sur lui-même qui améliore et sa portée et la stabilité de sa trajectoire, augmentant ainsi la précision du tir. À l'origine, tous les canons étaient à âme lisse ; la mise en place de rayures impose aussi une fabrication beaucoup plus précise et son apparition a dépendu de l'évolution des arts métallurgiques. Les canons de Napoléon étaient tous à âme lisse..
Les pièces à âme lisse de l'artillerie de campagne sont, en général, des Canons obusiers de 12 « Napoléon », c'est-à-dire des pièces imitées du modèle français de canon imaginé par le prince Louis-Napoléon Bonaparte. Ce sont des canons de 12 livresRéférence au poids du boulet utilisé, 12 livres de poids..
Les pièces rayées de la même artillerie de campagne sont des Parrott (du nom de leur inventeur), de 10 ou 20 livresIl existe toute une gamme de Parrott, de 10 livres à 300 livres., des WithworthCe sont des canons britanniques importés. Ils ont la particularité, pour l'époque, de se charger par la culasse. Réputés pour leur précision et leur distance de tir, ils ont aussi un bruit particulier qui permet de distinguer leurs projectiles. de 20 livres ou des 3 pouces d'ordonnance (inventés par J. Griffen).
Tout au long du conflit, l'armée fédérale fera l'acquisition de canons de campagne. Parmi ceux-ci, on compte Napoleons, 925 3 pouces d'ordonnance, 287 canons Parrott de 10 livres et 338 de 20 livres. Elle recevra aussi projectiles et livres de poudre à canon.
Au début du conflit, l'armée ne disposait que de 330 pièces de campagne.
Personnels Un canon de campagne, comme un « Napoléon », est servi par huit artilleurs, assistés de quatre hommes chargés des chevaux, des avant-trains et caissons.
La batterie, de six canons, commandée par un capitaine, est organisée en trois sections de deux canons. Chaque section est commandée par un lieutenant.
Utilisation dans les combats Antietam : l'artillerie est répartie au niveau de chacune des divisions, à raison de deux ou trois batteries. Il n'y a pas de réserve d'artillerie ; seul le XII Corps a gardé ensemble ses sept batteries. Sur un total de 50 batteries présentes, quatre sont des batteries d'artillerie à cheval. Gettysburg : l'armée nordiste y aligne 65 batteries. Elles sont regroupées en brigades, rattachées à chacun des Corps, avec une réserve générale. Le troisième jour des combats, la charge de la division sudiste Pickett sera arrêtée, principalement, par l'artillerie nordiste qui a évité de se lancer dans un duel avec l'artillerie adverse pour se concentrer sur un rôle de soutien des unités d'infanterie.
Cavalerie Au début de 1861, l'armée fédérale comprend cinq régiments de cavalerie.
L'organisation est similaire à celle de l'infanterie. Dix à douze compagnies, nommées « troops », composent un régiment de cavalerie. Ces compagnies sont regroupées en trois bataillons. Elles sont elles-mêmes scindables en escadrons (squadrons).
En , un sixième régiment de cavalerie régulière est levé. Mais à côté de ces unités apparaissent de nombreuses unités levées par les États, avec peu d'enthousiasme au début car former un bon cavalier est bien plus long et plus coûteux que former un bon fantassin. Au , on compte 54 654 cavaliers volontaires, à côté des 4 744 des unités régulières. Six mois plus tard, il y a 75 de ces régiments ; en , 174.. À la fin de la guerre, 272 régiments de cavalerie auront été levés.
Les régiments sont aussi numérotés à la suite, comme pour l'infanterie.
Ils sont soit rattachés à des divisions ou des brigades, soit regroupés en grandes unités indépendantes qui pourront aller jusqu'à des Corps de cavalerie, vers la fin du conflit.
Le rôle de la cavalerie diffère assez profondément de celui à elle dévolue dans les guerres en Europe. Si elle retrouve les fonctions classiques de reconnaissance et d'éclairage, elle n'a pas son rôle de force de rupture. L'évolution de son armement en est une des raisons. Équipée de carabines rayées, elle peut menacer un adversaire à une distance telle que la charge devient suicidaire. Il faut plutôt la considérer comme une infanterie montée mais combattant à pied. Comme exemple, on peut prendre l'action de la division de cavalerie de John Buford, le premier jour de la bataille de Gettysburg. Mais il y a eu aussi des combats de cavalerie contre cavalerie, comme à Brandy Station, peu avant Gettysburg.
Un autre rôle apparaîtra au fil du temps, celui de raids en profondeur pour désorganiser les arrières des armées ennemies. La cavalerie fédérale suivra là l'exemple de son homologue confédérée.
Services et autres unités Génie En , l'armée régulière a un bataillon du Génie de 650 hommes. Des unités de volontaires seront aussi levées, comme le 15th New-York Engineer Regiment ou le 1st Michigan Engineers and Mechanics Regiment.