upright=2|vignette|La Confédération des cantons et ses alliés au . La Confédération des cantons désigne l'une des étapes de l'histoire de l'ancienne Confédération suisse venant après la Confédération des cantons, comprise entre l'adhésion de Soleure et Fribourg le et la Révolution française de 1789, suivie par la République helvétique le .
À la fin des guerres de Bourgogne, l'admissibilité de deux nouveaux candidats va provoquer une division entre les cantons campagnards et urbains qui sera résolue en 1481 par un compromis. Dix ans plus tard, le refus des Confédérés de s'acquitter d'un nouvel impôt impérial va provoquer la guerre de Souabe qui débouche à la fin de 1499 sur une reconnaissance de facto des cantons suisses vis-à-vis de l'Empire et l'admission des villes alliées de Bâle et Schaffhouse en 1501, suivies par Appenzell en 1513. Les confédérés sont alors entrainés dans la tourmente des guerres d'Italie : tour à tour alliés et ennemis des Français, ils sont défaits lors de la bataille de Marignan en 1515 qui marque la fin de leur politique d'expansion.
Le voit la Réforme protestante apparaître à Zurich et gagner rapidement une grande partie du pays qui va se déchirer lors de quatre guerres de religion. Stoppée progressivement par la Contre-Réforme dans la partie alémanique du pays, la Réforme se propage en revanche à l'ouest, dans les pays de Vaud, de Neuchâtel et de Genève qui devient une république libre puis, en 1541, une théocratie. Entre-temps, le duché de Savoie est chassé du pays de Vaud par les Bernois, les Fribourgeois et les Valaisans, fixant ainsi les frontières du pays telles que nous les connaissons aujourd'hui.
Pendant la guerre de Trente Ans, la Suisse reste neutre et voit son existence officiellement et définitivement reconnue lors des traités de Westphalie en 1648. Le marque une période de prospérité scientifique et économique ; c'est de cette période que date le concept de nation suisse. Durant cette période, plusieurs soulèvements populaires se produisent à Berne, Lucerne, Uri, Fribourg, en Léventine ou dans le pays de Vaud, annonçant les futures révolutions de la fin du siècle.
De huit à treize cantons Le Convenant de Stans
vignette|gauche|Le Convenant de Stans selon la Chronique de 1513 de Diebold Schilling. À la fin des guerres de Bourgogne, bien que victorieux, les Confédérés sont profondément divisés. Après un siècle de conquêtes, les grandes villes (Zurich, Berne et Lucerne) ont considérablement étendu leurs territoires et leur puissance. Les cantons ruraux (où seul Uri peut encore envisager de s'agrandir sur le versant milanais du massif du Saint-Gothard) voient d'un mauvais œil la progressive domination des bourgeoisies urbaines largement plus peuplées que les campagnes.
En 1476, les demandes de Fribourg et Soleure, deux villes appuyées par Berne et Zurich, de rejoindre le système d'alliance déchirent les cantons. Les cinq cantons campagnards, en effet, craignent de se faire contrebalancer par les cinq villes en cas d'acceptation des deux nouveaux membresp. 105.. Devant le refus des cantons campagnards, les villes de Zurich, Berne, Lucerne, Fribourg et Soleure signent, le , un traité de « combourgeoisie perpétuelle pour et contre quiconque », alliance offensive et défensivep. 292..
Une Diète fédérale, organisée dans la ville de Stans en 1480, ne permet pas de trouver un compromis : la réunion est ajournée à plusieurs reprises, des menaces sont proférées de part et d'autre et toutes les méthodes traditionnelles de médiation semblent infructueuses jusqu'à l'intervention de l'ermite Nicolas de Flue le qui délivre un message de paix, permettant ainsi d'éviter la guerre civile.
Ce jour même, outre l'entrée de Fribourg et Soleure dans la Confédération, les députés signent le convenant de StansUne traduction du Convenant est proposée par pages 97-99. qui complète celui de Sempach signé en 1393 entre les membres de la Confédération des VIII cantons. Le texte règle, outre la question de la répartition du butin bourguignon, plusieurs problèmes légaux relatifs à l'intégrité territoriale des cantons ainsi que l'obligation faite aux cantons de s'entraider également en cas de révolte intérieure.. Ces deux textes, regroupés, servent au pays de Constitution jusqu'à la fin du ..
Les deux nouveaux cantons sont donc finalement acceptés dans la Confédération, mais pas de plein droit : les cantons campagnards leur refusent le droit à un siège à la Diète jusqu'en 1501 et l'égalité dans les serments d'alliance jusqu'en 1526. Pour la première fois, un canton non-germanophone (Fribourg, bilingue franco-allemand) est admis ; cependant, l'allemand reste la seule langue officielle du pays jusqu'en 1798 où le multilinguisme s'imposera.
La guerre de Souabe vignette|droite|Détail d'une gravure représentant la bataille de Dornach.
À la suite de la défaite des Bourguignons, l'empereur Maximilien réorganise le Saint-Empire en réunissant sous sa bannière l'ensemble des terres des Habsbourg avant de se faire couronner empereur en 1508. Usant de son titre de roi des Romains, il tente d'imposer, avec la « paix nationale sempiternelle » qui interdit toute guerre privée pages 3-4., un impôt baptisé le centime impérial lors de la diète de Worms d'août 1495.. Les Suisses refusent de payer cet impôt, arguant de leur immédiateté impérialep. 296-297..
Après plusieurs recours, procès et menaces, les hostilités sont déclenchées à la suite de la confrontation entre les ligues des Grisons, alliées aux Suisses, et le Tyrol, soutenu par les villes de Souabe : la guerre de Souabe (appelée du côté allemand la guerre de Suisse) commence en février 1499p. 106. par une série de victoires confédérées lors des batailles de Frastanz, de Hard, de Bruderholz, de Schwaderloh, de où, à chaque fois, les Suisses repoussent les troupes allemandes sans pour autant exploiter leurs victoires en se retirant systématiquement en deçà du Rhinp. 300.. Retenu par ses affaires aux Pays-Bas, Maximilien ne prend les choses personnellement en main que le après avoir mis les Confédérés au ban de l'Empire.. La victoire helvétique du lors de la bataille de Dornach, où l'intendant de l'empereur, le comte Heinrich von Fürstenberg trouve la mort., force Maximilien à négocier la paix qui est conclue lors du traité de Bâle le . Ce traité marque, pour plusieurs auteurs, Selon Wilhelm Oechsli cité par .. Cette reconnaissance n'est toutefois jamais formellement reconnue, mais comprise et interprétée comme telle par les Suisses ; elle ne sera officiellement reconnue que lors des traités de Westphalie de 1648.
Bâle et Schaffhouse vignette|gauche|L'hôtel de ville de Bâle. De la même manière que pour Fribourg et Soleure lors des guerres de Bourgogne, l'un des effets indirect de la signature du traité de paix avec l'empereur est l'adhésion en 1501 des nouveaux cantons de Bâle et Schaffhouse, déjà alliés depuis de longues années.
Cette admission, approuvée par l'ensemble des cantons, marque un tournant dans l'histoire du pays, pour trois raisonsp. 107-108.. Premièrement, pour la première fois de son histoire, le pays se voit avec une majorité de cantons-villes par rapport aux cantons-campagnes, dans un rapport de cinq à sept ; cette prédominance urbaine se maintiendra jusqu'en 1798. Deuxièmement, la frontière nord du pays coïncide maintenant (à l'exception de la région du Fricktal) avec le cours du Rhin, avec Schaffhouse comme tête de pont en territoire Souabe ; les Suisses, vont d'ailleurs renforcer cette tête de pont en bâtissant, entre 1564 et 1589, la forteresse de Munot qui surplombe la ville sur la colline de l'Emmersberg.. Enfin, l'arrivée de Bâle dans la Confédération offre à celle-ci sa première université, fondée en 1460. ainsi qu'une importante place littéraire et culturelle dans laquelle officient des personnalités telles que Sébastien Brant, Johannes Oekolampad ou Paracelse, permettant ainsi l'accession du pays à la Renaissance.
Appenzell vignette| Gravure représentant les cantons datant de 1572. À partir de la signature du traité d'alliance de 1452, les soldats appenzellois prennent part à la plupart des batailles aux côtés des Confédérés, recevant même, en 1500, cosouveraineté sur le bailliage commun du Rheintal pour leur participation dans les guerres de Souabes. Cependant, les demandes des Appenzellois en 1501, 1510 puis 1512 de rejoindre de plein droit la Confédération sont systématiquement refusée par quatre cantons alliés à l'abbaye de Saint-Gall qui prétend alors toujours, malgré la du début du , à l'avouerie impériale sur les quatre communes composant le pays appenzelloisp. 245..
Ce n'est qu'après la crise provoquée par le demi-échec du siège de Dijon que les Confédérés acceptent Appenzell comme treizième canton le ., bien qu'il ne soit admis à siéger pour la première fois lors de la Diète fédérale de 1514.. Corollaire de cette admission, les pensions reçues de l'exploitation des bailliages communs permettent au nouveau canton de racheter progressivement, jusqu'en 1566, les hypothèques qu'il avait contractées envers l'abbaye de Saint-Gall.
La structure de la Confédération des XIII cantons Structure politique et géographique
vignette|gauche|Représentation d'une Diète à Baden 1531. Encore officiellement attachée au Saint-Empire romain germanique, la Confédération, au cours du , va progressivement s'en détacher et revendiquer de plus en plus clairement des droits souverains en matière judiciaire, militaire et financières.. Au début du , de fait, la Suisse se compose de trois entités alliées et égales entre elles, à savoir la principauté épiscopale du Valais qui devient, en 1627, une fédération de sept dizains., l'État libre des Trois Ligues (soit la Ligue de la Maison-Dieu, la Ligue grise et la Ligue des Dix-Juridictions)., une fédération démocratique regroupant une cinquantaine de juridictions et possédant les bailliages de Chiavenna, de la Vateline et de Bormio, section 3 : « La République des Ligues (s) ». et enfin la Confédération suisse (également appelée Ligue Suisse ou Corps helvétiquep. 35.) qui se compose de cinq cantons () ruraux, sept cantons-villes et un canton mixte (Zoug) et possède les bailliages communs d'Échallens, Grandson, Orbe, Mex, Morat, Schwarzenburg, Baden, Freie Aemter, Thurgovie, Rheintal, Uznach, Gaster, Gams, Sargans, Vallemaggia, Locarno, Lugano et Mendrisio.. Également membres de la Confédération, mais comme simples alliés (), se trouvent les territoires de Saint-Gall, Rottweil, Mulhouse, Bienne, Genève, Neuchâtel ainsi que l'évêché de Bâle (selon l'ordre protocolaire)p. 110.. Enfin, la protection de la Confédération s'étend également à l'abbaye d'Engelberg et à la république de Gersaup. 361..
L'autorité centrale de la Confédération est la Diète fédérale, dont les pouvoirs décisionnels sont quasi nuls. En effet, cette Diète n'est qu'un congrès de délégués dont les décisions ne peuvent être prises qu'à l'unanimité.. Chaque canton envoie une délégation, en général de deux membres mais ne disposant que d'une voix, lors des diètes qui se tiennent environ 20 fois par an au début du . L'assemblée, outre les Trois Ligues et le Valais systématiquement invités, peut demander à consulter les alliés en cas de besoin et entend également les ambassadeurs étrangers. Depuis l'an 1500, la Diète est présidée par le canton de Zurich (le canton présidant la diète est appelé en allemand ), sans toutefois avoir de siège fixe : celui-ci est déterminé de séance en séance, bien que fréquemment choisi entre Baden en Argovie. et Frauenfeld en Thurgovie. qui accueillent à eux deux en particulier les Diètes générales.
Structure sociale et économique vignette|Représentation allégorique de Berne par Joseph Werner en 1682.