Créé en 1955, le site nucléaire de Marcoule se trouve en France dans le Gard, dans les communes de Chusclan et Codolet, voisines de Bagnols-sur-CèzeBienvenue sur le site du CEA Marcoule - CEA. Il se situe en bordure du Rhône à 8 km d'Orange, entre Montélimar (à en amont) et Avignon (à en aval), à au nord-est de Nîmes et à une trentaine de kilomètres au sud du site nucléaire du Tricastin (à Pierrelatte, Drôme). Il est ainsi au cœur de la région touristique, agricole et viticole des Côtes-du-rhône.

Le site de Marcoule a vu naître non seulement les applications industrielles et militaires du plutonium en France, mais aussi la production civile d'électricité d'origine nucléaire. Les recherches portent sur le cycle du combustible nucléaire et les projets de réacteurs nucléaires. L'arrivée en fin de vie de certaines installations se traduit par la mise en place de chantiers de démantèlement et le lancement de nouveaux projets.

Sur le site de Marcoule travaillent environ personnes, dont salariés du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA)Plaquette CEA Marcoule en bref. Orano (ex-Areva) y emploie environ personnesSite de Marcoule - Dialogue avec les parties prenantes locales - Areva pour l'assainissement et le démantèlement des installations nucléaires arrivées en fin de vie ainsi que pour l'exploitation d'installations industriellesSite de Marcoule - Activités : assainissement et démantèlement - Areva.

Histoire En 1948 est construit au sud de Paris, dans le fort de Châtillon, le premier réacteur nucléaire français, la pile Zoé, sous la supervision de Frédéric Joliot-Curie. L'année suivante, le premier milligramme de plutonium est extrait à l'usine du Bouchet, située aussi en région parisienne.

Lancé en 1951 par Félix Gaillard, secrétaire d'État chargé du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), le premier plan quinquennal d'investissement en faveur de l'atome (1952-1957) aboutit à la création d'un centre de production de plutonium à Marcoule dans le GardFélix Gaillard: le président Par Samuel Cazenave, éditions Ginkgo - février 2011.. Pierre Guillaumat, administrateur général du CEA, embauche alors des ingénieurs et choisit le site de Marcoule pour la production du plutonium1er juin 1958 Pierre Guillaumat devient ministre des armées, Mémorial National des Vétérans des Essais Nucléaire, 5-02-2024..

Le CEA crée en 1955 le centre de production de plutonium de Marcoule UP1, dans le but de délocaliser cette activité militaire, confidentielle et hautement dangereuse. Cette même année 1955 est créée la commission PEON pour la production d'électricité d'origine nucléaire en France. Puis en 1961, pour pallier une éventuelle défaillance de Marcoule, le CEA met en projet une seconde usine d'extraction de plutonium, UP2, à la Hague.

Dans le but de loger son personnel, le CEA commande à la fin des années 1950 la création de plusieurs grands ensembles sur quatre sites : les Escanaux, la Citadelle et la Coronelle à Bagnols-sur-Cèze et la cité du Bosquet à Saint-Nazaire..

C'est sur le site de Marcoule que furent construits les réacteurs nucléaires à usage militaire pour la fabrication du plutonium nécessaire à la bombe atomique de la force de dissuasion nucléaire française. C'est aussi sur le site de Marcoule que le CEA a mis au point la filière graphite-gaz, filière à l'origine des premiers réacteurs nucléaires en France : réacteur nucléaire G1 (mise en service le , arrêt définitif le ) ; usine d’extraction du plutonium (UP1) (construite à partir de et mise en service en , arrêt définitif en 1997) ; réacteur nucléaire G2 (mise en service le , arrêt définitif en 1980) ; réacteur nucléaire G3 (mise en service le , arrêt définitif en 1984) ; réacteur Célestin I (mise en service le , arrêt définitif en 2009Rapport d’information par la commission de la défense nationale et des forces armées sur la fin de vie des équipements militaires - Michel Grall - 16 mars 2011, page 16.) ; réacteur Célestin II (mise en service le , arrêt définitif en 2009).

Le D'un belvédère les touristes auront une vue panoramique sur le centre atomique de Marcoule, Le Monde., un belvédère destiné à accueillir le public à l'extérieur du centre est construit sur la Dent de Marcoule, offrant une vue panoramique sur le site..

Le , quatre-vingt-deux personnes, dont Lanza del Vasto, fondateur des Communautés de l'Arche, le journaliste Robert Barrat, le pasteur André Trocmé et Jean-Pierre Lanvin manifestent, pour la première fois en France, contre l'armement atomique français en occupant pacifiquement pendant cinq heures l'usine nucléaire de Marcoule...Les quatre-vingt-deux participants, « Pourquoi nous avons forcé l'entrée de Marcoule », Communautés de l'Arche, Bollène, 1958, archives à l'Observatoire des armements.. À la suite de cela, le préfet du Gard interdit toute manifestation et réunion de la Communauté de l'Arche jusqu'à nouvel ordreY. Cazaux, Préfet du Gard, arrêté du 6 juin 1958.. Néanmoins, en , 18 personnes jeûnent durant 15 jours près du site de Marcoule.., d'où les gendarmes les délogent. et aux abords du Palais des Nations à Genève, où se tient une conférence préparatoire à la suspension des essais nucléaires..

En 1976, les activités de production du CEA sont détachées au sein de la Cogema, comprenant les installations de Marcoule. Les équipes de recherche du CEA poursuivent leur mission scientifique au sein du centre et d'un établissement désormais dénommé CEA Valrhô..

La création de l'usine Melox en 1995 compense la diminution d'effectif liée à l'arrêt de l'usine de retraitement UP1 en 1997Cogema Marcoule engage la reconversion du site, Les Échos, 18 octobre 1993..

Dans les années 1990, le site de Marcoule s'est porté candidat pour la réalisation d'un laboratoire souterrain de stockage des déchets radioactifs, mais c'est en Lorraine que sera construit le laboratoire de Bure.

En 2019, la construction prototype de réacteur de « quatrième génération » Astrid, dont le choix initial de l'emplacement était le site de Marcoule., est provisoirement abandonné par le CEA (reporté « à la deuxième moitié du siècle »)..

En 2020 est créé l'Institut des Sciences et des Technologies pour une économie circulaire des énergies bas carbone (ISEC), dépendant de la DES. Il rassemble les activités portant sur le développement des procédés de traitement/recyclage et de dépollution et conditionnement des déchets nucléaires..

Activités Plusieurs activités nucléaires sont réunies à Marcoule : production de MOX, ancienne usine de traitement du combustible nucléaire usé, entreposage de déchets radioactifs, centre d'étude sur les déchets radioactifs, installation nucléaire militaire exploitée par Orano, etc.Le site de Marcoule, climarcoulegard.org, consulté le 29 octobre 2025

Le site de Marcoule accueille comme installations nucléaires : Phénix : réacteur nucléaire expérimental de la filière à neutrons rapides, définitivement arrêté en 2010. en cours de démantèlement; Atalante : laboratoire de traitement des combustibles irradiés et d'étude sur la gestion des déchets radioactifs de haute activité et à vie longue ; Melox : usine de fabrication de combustible nucléaire MOX ; Centraco : centre de traitement et de conditionnement des déchets radioactifs.

Activités militaires Avec l'arrêt définitif du dernier des réacteurs Célestin en 2009, le site n'abrite plus d'installation de type militaire. Il est prévu que ce démantèlement commence en 2016 et se termine en 2050.

Production de combustible Mox Depuis 1995, l'usine Melox fabrique des assemblages combustibles MOX (Mixed Oxide), élaborés à partir d'un mélange d'oxyde d'uranium et de plutonium. Le MOX permet de recycler le plutonium issu du combustible nucléaire, récupéré lors des opérations de traitement du combustible nucléaire usé à l'usine de retraitement de la Hague.

En , sur le site de Melox, des opérateurs se forment sur un simulateur de travail en boîte à gants conçu par Areva..

Activités civiles Production d'électricité Les réacteurs G1, G2 et G3 de la filière UNGG sont en phase de démantèlement.

Recherche sur la surgénération Les recherches sur la filière des réacteurs rapides refroidis au sodium devaient continuer avec le projet ASTRID porté par le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) visant à relancer la filière surgénérateur en construisant un prototype de taille moyenne () sur le site de Marcoule, dont la construction devait démarrer en 2020. Le projet a cependant été annulé en , aucun autre projet de RNR-Sodium n'étant prévu à ce jour en France.

Séparation et transmutation : Atalante

L'ATelier Alpha et Laboratoires pour ANalyses, Transuraniens et Études de retraitement (ATALANTE) est un laboratoire du Commissariat à l'énergie atomique consacré à la recherche sur le traitement des combustibles irradiés et la gestion des déchets radioactifs de haute activité et à vie longuele site gardois de Marcoule - ATALANTE (ATelier Alpha et Laboratoires pour ANalyses, Transuraniens et Études de retraitement) - CEA.

Il est actuellement impossible de neutraliser la radioactivité, seul le temps la fait diminuer progressivement. Des recherches sont menées à Marcoule (notamment dans Atalante et le réacteur Phénix) pour explorer la possibilité de transmuter une partie des éléments radioactifs en atomes stables ou à vie plus courte.

Conditionnement et entreposage Les études de conditionnement et entreposage de longue durée sont menées principalement à Marcoule. Elles portent sur deux points : les procédés de conditionnement, c’est-à-dire les différents types d'emballages utilisables pour confiner la radioactivité des déchets ; les possibilités d'entreposage en surface ou en sub-surface. La voie retenue actuellement est de creuser des galeries à flanc de colline.

Selon le CEA, les déchets seraient entreposés pour 300 ans maximum. Il ne s'agirait donc que d'une solution temporaire mais qui s'étendrait sur des périodes séculaires, au prix d'une surveillance et d'une maintenance constante.

Le site de Marcoule est pressenti pour accueillir un tel centre d'entreposage, d'autres lieux seront probablement concernés ailleurs en France.

Traitement thermique des déchets La radioactivité n'est pas neutralisée par un traitement thermique, seul le temps la fait diminuer progressivement. Toutefois, le traitement thermique des déchets radioactifs permet d'améliorer le conditionnement et de réduire leur volume.

Le centre nucléaire de traitement et de conditionnement des déchets faiblement radioactifs (Centraco) est une usine de l'entreprise Socodei traitant les déchets métalliques et les déchets combustibles. Centraco fond des ferrailles en provenance d'EDF, de AREVA et d'autres sociétés. Centraco est aussi équipé d'un incinérateur destiné à brûler tonnes par an de déchets dits faiblement contaminés provenant de AREVA, EDF et d'autres producteurs.

Explosion de 2011 à la SOCODEI

Le à , l'explosion d'un four de fusion sur l'installation Centraco de la SOCODEIVIDEOS. Explosion sur le site nucléaire de Marcoule : «Pas de risque radioactif» (NKM) - Le Parisien du 12 septembre 2011 provoque la mort d'un opérateur, et fait un blessé gravement brûlé, transporté à l'hôpital de Montpellier puis à l'hôpital militaire Percy à Clamart, et trois blessés légers sans contamination radioactiveClaude Askolovitch (avec Gwendoline Dos Santos), « Il ne s'est rien passé à Marcoule, ou presque », Le Point, 13 septembre 2011.. Elle est suivie d'un incendie éteint à « Explosion dans un « four » à déchets radioactifs » publié dans Ouest-France le 13 septembre 2011. Consulté le 13 septembre 2011..