La (NYPL ; ) est un réseau de bibliothèques publiques situé dans la ville de New York. Avec près de 53 millions de documents, c'est la deuxième plus grande bibliothèque publique des États-Unis, derrière la Bibliothèque du Congrès. C'est une organisation à but non lucratif, gérée de façon indépendante avec des fonds à la fois publics et privés.
Outre la située sur la Cinquième Avenue à Manhattan, la NYPL possède plusieurs dizaines de succursales réparties dans les arrondissements de Manhattan, du Bronx et de Staten Island, ouvertes au public, qui sont constituées de bibliothèques scientifiques et des bibliothèques de prêt. Les deux autres arrondissements de la ville de New York, Brooklyn et Queens, sont desservis par deux autres réseaux indépendants que sont respectivement la Bibliothèque publique de Brooklyn et la Bibliothèque de Queens.
La NYPL entretient également des liens avec des librairies professionnelles et académiques du Grand New York.
Les origines de la bibliothèque remontent au et sa fondation comme ses racines résultent de la fusion de bibliothèques locales et d'une volonté philanthropique de riches Américains, notamment le magnat de l'acier Andrew Carnegie.
Histoire Construction et ouverture À la fin du , la ville de New York disposait de deux grandes bibliothèques publiques : L', créée grâce à un legs d'une valeur de dollars, provenant de John Jacob Astor (1763-1848), qui avait ouvert ses portes en 1849 ; La , créée par James Lenox (1800-1880), un collectionneur de livres, qui était située sur la , à l'emplacement actuel de la Frick Collection. thumb|300px|Intérieur de la NYPL. En 1886, Samuel J. Tilden (1814-1886) fait un legs d'environ 2,4 millions de dollars pour créer une nouvelle bibliothèque. Le , John Bigelow (1817 - 1911), un avocat new-yorkais et l'exécuteur testamentaire de Samuel Tilden, combine un plan pour associer les ressources des bibliothèques Lenox et Astor (qui sont alors à court d'argent) avec le don de Samuel Tilden pour créer une fondation privée nommée The New York Public Library, Astor, Lenox and Tilden Foundations. Le , la fondation nomme Docteur John Shaw Billings comme directeur. Le maire de New York William Strong décide d’investir et de participer à la réalisation de ce projet dès .
La nouvelle bibliothèque fusionne également avec la en février 1901. Andrew Carnegie offre 5,2 millions de dollars pour construire des succursales, à la condition que la ville de New York assure leur fonctionnement et leur maintenance. « bibliothèques Carnegie » verront ainsi le jour entre 1883 et 1929, dont aux États-Unis, 660 en Grande-Bretagne et en Irlande, 156 au Canada, le reste en Nouvelle-Zélande, dans les îles Caraïbes et dans les îles Fidji. Carnegie est animé par sa philosophie préconisée dans son texte (L'Évangile de la richesse). Selon lui, un riche entrepreneur ou investisseur doit réaliser de nombreuses activités philanthropiques afin de faire progresser et d’améliorer le sort d’une communauté. Toutefois, cette même communauté se doit, avec l’aide de ces dons, d’agir par elle-même pour bâtir son avenir.
Contrairement à la bibliothèque Astor qui a rapidement été écartée des discussions, un agrandissement de la bibliothèque de Lenox, avec la permission d'Henrietta Lenox, a été initialement envisagé comme possible bâtiment principal. Toutefois, cette décision n'était pas accueillie favorablement par le conseil administratif de la NYPL qui considérait ce choix d'emplacement comme une concentration des lieux de la culture aux élites locales tout en dépendant de la famille d'Henrietta Lenox. Finalement, afin de mieux accommoder la classe populaire de Manhattan, il a été décidé par le conseil administratif de la NYPL et la mairie new-yorkaise le de construire le bâtiment principal de la NYPL le long de la de Manhattan, entre les 40 et . Ce site de carrés correspondait à l’emplacement du réservoir désaffecté de Croton. Par la suite, D. Billings a désigné le plan simplifié de la bibliothèque pour servir de base pour les deux concours architecturaux. Notamment, son dessin comportait un aspect essentiel : une salle de lecture monumentale à aire ouverte à l’étage supérieur, au-dessus des rayonnages.
Le , le cabinet d'architectes est sélectionné pour élaborer les plans de la bibliothèque. La bibliothèque centrale (), située dans le Bryant Park, ouvre au public le après quatorze ans de travaux. Sa construction a coûté la ville de New York $9 002 523.09. La mission initiale de la NYPL est d’offrir un accès plus large aux ouvrages scientifiques et aux livres de fictions à l’ensemble des New-Yorkais afin de favoriser le développement continu d’une société du savoir et de permettre la possibilité d’élévation du statut social. Les fameux lions qui en gardent l'entrée sont sculptés par . Dans les années 1930, ils sont surnommés « courage » et « patience » par le maire Fiorello La Guardia.
La NYPL lors de la guerre froide Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le nombre de visiteurs à la NYPL et ses acquisitions sont en constante augmentation. Le grand réseau new-yorkais avait pu recevoir un important financement de la ville lors de la crise économique des années 1930, ce qui lui a permis de continuer ses activités éducatives et culturelles jugées essentielles pour l’ensemble des citoyens de la métropole en ces temps difficiles. En 1946, le réseau de la NYPL était désormais rendu à 63 bibliothèques dans ses trois quartiers desservis. En 1954, elle était la bibliothèque la plus visitée au pays.
Or, cette période d’après-guerre correspond aussi à une période de méfiance des autorités fédérales envers toutes idées liées de près ou de loin au communisme. Même si elle essaie d’entretenir une collection de livres équilibrée, la NYPL n’est pas épargnée par ce climat de méfiance issue de la guerre froide. Elle entrepose dans des abris anti-nucléaires au Connecticut d’importants ouvrages de l’histoire des États-Unis lors de la guerre de Corée.
La direction agit timidement vis-à-vis des lois mises en place sous les administrations présidentielles pour contrer les activités jugées « anti-américaines ». La direction de la NYPL ne se rallie pas explicitement au discours critique de l’American Library Association (ALA) envers les tentatives de censure du gouvernement américain. Cependant, certains employés de la NYPL se permettent d’allier leur voix avec celle de l’ALA. Ils joueront un rôle important dans l’amendement de la Charte des droits des lecteurs de l’ALA en 1948 afin de défendre la liberté intellectuelle menacée par les lois anti-communistes.
Certains dons de la NYPL sont surveillés et entravés par le , dont l’acquisition en 1951 des archives des vétérans de la Brigade Abraham Lincoln et ceux du Parti communiste américain. Certains articles du Bulletin de la NYPL sont la cible des lois contre l’anti-américanisme. Les services de la NYPL et sa mission éducative sont aussi entravés par les surveillances des autorités américaines.
Les premiers changements Dans les années 1970, le bâtiment principal est concentré sur la consultation sur place, l'activité de prêt étant transférée dans un autre bâtimentMarie-Laure Le Foulon, « Place aux lecteurs », dans Livres Hebdo, 755, novembre 2008, .. Dans les années 1980, la bibliothèque s'agrandit de plus de , par l'ajout de salles souterraines.
Les nouveaux projets vignette|Bryant Park. Un nouvel agrandissement est envisagé en 2000 mais les attentats du 11 septembre 2001 en empêchent l'aboutissement et la bibliothèque connaît une période difficile. Les derniers projets prévoient de réutiliser les galeries sous Bryant Park, le jardin public attenant, comme magasins et de retransformer les magasins existants en salles de lecture. Le coût est estimé à de dollars et le projet ne devrait pas voir le jour avant 2014La New York Public Library fait peau neuve. En 2008, l'institution annonce que le bâtiment de la bibliothèque centrale sera rebaptisé en l'honneur de l'homme d'affaires Stephen A. Schwarzman qui fit don de de dollars pour le financement du projet A $100 Million Donation to the N.Y. Public Library - The New York Times, 11 mars 2008..
La machine de tri En 2010, la NYPL a déplacé certains de ses bureaux dans un nouveau centre de services de bibliothèque (Library Services Center) à Long Island City. Un ancien entrepôt a été rénové pour un coût de 50 millions de dollars à cet effet. Dans le sous-sol de l’édifice, on trouve une nouvelle machine de tri d’une valeur de 2,3 millions de dollars, qui permet d’organiser les documents pour les expédier vers les 132 différentes succursales. Grâce à sa grandeur atteignant les deux tiers d’un terrain de football américain, cette machine est la plus grande de sa catégorie, si on en croit les employés de la bibliothèque. Les temps d’attente liés aux transferts entre succursales a été réduit d’au moins une journée depuis que les livres passent tous par la machine de tri lors du passage d’un endroit à un autre. Avec l’aide de 14 employés, la machine est capable de trier 7 500 documents à l’heure, ou 125 documents à la minute. Au premier étage de ce nouveau centre de services se trouve un bureau de commandes et de catalogage. Le département d’imagerie numérique a été transféré de l’édifice principal () vers le deuxième étage du centre, où est aussi établie la division des archives et des manuscrits. Les bureaux de cette dernière sont évidemment maintenus à une température basse pour mieux préserver les anciens documents. Enfin, la division de préservation Barbara-Goldsmith se trouve au troisième étage et compte 10 employés (en 2010), pour une capacité maximale de 30. La tâche de cette division est de préserver l’intégrité physique et intellectuelle des documents de la NYPL, afin d‘assurer la survie à long terme de l’importante collection accessible au public.
Architecture
Architecture de l'édifice Stephen Schwarzman L’édifice principal de la NYPL est construit dans le style de Beaux-arts, dont un centre cloisonné avec des ailes. En façade, le portique central contient trois baies en arc-ronds divisées par de colonnes d’ordre corinthien.
Par-dessus l’entablement, un attique avec six figures allégoriques sculptées par Paul Wayland Bartlett qui représentent les domaines de la collection de la bibliothèque dont : (de gauche à droite) l’Histoire, la Romance, la Poésie, la Religion, le Drame et la Philosophie.
Lors de son ouverture, la NYPL était la plus grande structure en marbre aux États-Unis composée d'à peu près 530 000 pieds cubiques de marbre et d’une épaisseur extérieure en moyenne de douze pouces. Ce marbre provenait de deux carrières sur la montagne Dorset à Vermont.
L’édifice est élevé sur une terrasse en retrait de la rue. Cette prévoyance de la part des architectes évite l’empiètement par d’autres bâtiments et assure sa luminosité.
Rose Main Reading Room La salle de lecture principale de la NYPL, la salle 315, se situe au troisième étage et est à aire ouverte comme précisée dans le dessin original de D. Billings.
La salle mesure 78 x 297 pieds et 51 pieds et 1 7/8 pouces en hauteur. Cette salle est une des plus grandes au pays avec un plafond ininterrompu par un dôme ou des colonnes qui est une caractéristique d’ingénierie remarquable.
Les sept couches de rayonnages en acier et fonte en dessus de la salle sont la structure de support permettant la construction d’une pièce d’une telle longueur sans supports structurants internes. Le plafond est orné par trois panneaux illustrant le ciel avec des nuages peints par James Wall Fin.