La Petite Princesse () est un roman pour la jeunesse écrit par Frances Hodgson Burnett et publié aux États-Unis en . Il s'agit d'une version revue et développée de son roman-feuilleton intitulé , publié en dans .
Considéré comme un classique de la littérature enfantine, le roman demeure l'une des œuvres les plus populaires de Frances H. Burnett.. Il a connu de nombreuses adaptations au théâtre, au cinéma et à la télévision, donnant également lieu à des comédies musicales et à un anime..
En France, le roman est paru pour la première fois en 1891 sous le titre de Princesse Sara : aventures d'une petite écolière anglaiseLors de la réédition française en 1934, le titre sera changé définitivement en La Petite Princesse..
Genèse de l'œuvre Publication vignette|gauche|Frances Hodgson Burnett. est d'abord un roman-feuilleton paru en 1888 dans le magazine , à la fin d'une période que Frances Hodgson Burnett avait passée à voyager en Europe avec sa famille. Il semble qu'il soit lui-même en partie inspiré d'un roman inachevé de Charlotte Brontë, EmmaJohn D. Seelye, Jane Eyre's American Daughters: From The Wide, Wide World to Anne of Green Gables : a Study of Marginalized Maidens and what They Mean, University of Delaware Press, 2005, p. 199., dont les deux premiers chapitres ont été publiés en 1860 dans The Cornhill Magazine, et qui met en scène Matilda Fitzgibbon, une riche héritière au passé mystérieux, apparemment abandonnée à son sort dans une pension où l'avait placée son pèreEmma Brown by Clare Boylan, sur The Guardian (consulté le )..
L'histoire est la même dans le feuilleton : Sara est confiée au pensionnat de Miss Minchin, perd son père, devient une souillon avant d'être surprise par la gentillesse du qui se révèle être l'ami du capitaine Crewe. Cependant, l'histoire est beaucoup moins détaillée dans le feuilleton, qui fait environ un tiers de la longueur du roman.
Dans le feuilleton, plusieurs personnages sont peu, voire pas du tout, détaillés. Les élèves sont souvent traitées comme un groupe ; seule Ermengarde voit son nom mentionné, et elle n'interagit avec Sara que lorsque cette dernière lui demande de lui prêter des livres. La n'est mentionnée que par son nom, et Sara ne les observe que de loin ; le père ne semble pas lié à jusqu'à la fin.
De plus, nombre d'événements du roman n'apparaissent pas dans le feuilleton. La mort du capitaine Crewe intervient dans le premier chapitre, si bien que la vie de Sara comme élève d'honneur n'est pas racontée. En fait, dans le feuilleton, la gentillesse de Sara n'est vraiment montrée qu'au moment où elle offre des brioches à Anne.
En général, le roman détaille beaucoup d'événements simplement survolés dans le feuilleton, où les du capitaine Crewe ne sont mentionnés que vaguement, et où de nombreuses informations révélées dans des conversations dans le roman ne sont que résumées. Cependant, il existe des détails du feuilleton qui n'ont pas été repris dans le roman. Par exemple : quand elle devient servante, Sara fréquente une bibliothèque où elle lit des histoires de femmes dans des situations désespérées qui sont secourues par des princes ou des hommes puissants. Dans le feuilleton, il est précisé que la maladie de est un problème de foie.
Après avoir publié Sara Crewe, Frances Burnett revint sur son travail en 1902, pour en faire une pièce en trois actes intitulée , qui fut jouée à Londres pendant l'automne. Quand la pièce fut jouée à New York au début de l'année 1903, son titre fut réduit à la forme qui le rendit célèbre : ; mais à New York, le titre était .
La pièce rencontra un grand succès à Broadway, à la suite de quoi Frances Burnett l'adapta une nouvelle fois, cette fois sous la forme d'un roman à part entière.
Résumé L'arrivée en Angleterre vignette|gauche|Sara cherche une poupée, en compagnie de son père. Illustration d'Ethel Franklin Betts pour une édition publiée chez Charles Scribner's Sons, 1917. Sara Crewe, une fillette de sept ans qui a été élevée en Inde par son père, le capitaine Ralph Crewe, est envoyée à Londres pour étudier au Pensionnat de jeunes filles de Miss Minchin. Impressionnée par la fortune du capitaine Crewe, et afin de garder Sara dans son école le plus longtemps possible, Miss Minchin, la directrice, accorde à Sara un traitement de faveur. La jeune fille dispose de sa propre femme de chambre, d'un poney, d'un salon personnel et d'une garde-robe luxueuse. Elle a également le droit de faire à peu près ce qu'elle veut, et est sans cesse complimentée et montrée en exemple comme la « vedette » de l'école. Quand le capitaine Crewe devient le propriétaire de plusieurs mines de diamants en investissant toute sa fortune avec l'aide d'un vieil ami, la renommée de Sara augmente encore.
Malgré l'adulation dont elle est l'objet, Sara garde la tête froide sur sa situation. Elle est brillante, très mûre pour son âge, pleine de compassion et adorée par la plupart de ses camarades. Conteuse de talent, elle attire l'admiration de toutes les élèves du pensionnat, y compris de celles qui la dédaignent, comme Lavinia.
Sara joue à être une princesse et cherche à en acquérir les qualités : la générosité, la compassion et la politesse. Sa meilleure amie, Ermengarde, est le « cancre » de l'école ; Sara l'aide à retenir ses leçons en les transformant en histoires. Elle est aussi la « mère adoptive » d'une autre élève, la petite Lottie, avec qui elle a un fort lien affectif puisqu'elles ont toutes les deux perdu leur mère. Elle est aussi amicale avec Becky, la jeune bonne, et lui fait passer de la nourriture en cachette.
La princesse devenue pauvre Le jour du onzième anniversaire de Sara, un des avocats du capitaine Crewe arrive avec de mauvaises nouvelles : le capitaine Crewe est mort d'une maladie tropicale. De plus, son ami a disparu avec la fortune du capitaine, laissant Sara sans le sou. Enragée, Miss Minchin pense jeter Sara à la rue, mais se laisse convaincre de la garder chez elle comme servante. Elle reprend alors toutes les affaires de Sara et l'envoie loger au grenier, dans une mansarde misérable à côté de celle de Becky.
Depuis lors, Sara devient la bonne à tout faire de l'école, chargée notamment d'enseigner le français dans lequel elle excelle, mais surtout abrutie de corvées. Elle manque de nourriture et de vêtements décents, et est exploitée comme pouvaient l'être les enfants à cette époque. La plupart des autres domestiques de l'école, voyant cela comme une revanche sociale, prennent plaisir à donner des ordres à Sara, et beaucoup de ses anciennes camarades la méprisent.
Alors que la situation de Sara empire, elle commence à désespérer. Elle essaie de s'imaginer qu'elle et Becky sont prisonnières à la Bastille afin de se remonter le moral. Ermengarde et Lottie lui remontent aussi le moral en se rendant en cachette au grenier aussi souvent que possible.
Le mystérieux voisin bienfaiteur gauche|vignette|Sara et Ram Dass. Illustration de Reginald Bathurst Birch pour le roman-feuilleton publié chez C. Scribner's sons, New York, 1888. Un jour, un homme malade et dépressif emménage dans la maison située à côté du pensionnat de Miss Minchin. Sara l'appelle le « gentleman indien » en voyant qu'on installe des objets venant d'Inde dans sa maison. Elle rencontre Ram Dass, le lascar du vieil homme, en l'apercevant à travers une fenêtre, et lui parle en hindi. Elle s'intéresse également à la famille qui vient rendre visite au gentleman indien, et la surnomme « la grande famille ». Ce que Sara ne sait pas, c'est que le vieil homme est l'ami de son père, M. Carrisford. Comme le capitaine Crewe, il a contracté une maladie tropicale en Inde, et a quitté le pays à la mort du capitaine. Cependant, il n'a pas volé la fortune du capitaine Crewe, mais au contraire, l'a augmentée. Il se sent coupable car il n'a pu retrouver la fille de Ralph Crewe pour lui rendre son argent.
Le père de la « grande famille », M. Carmichael, est l'avoué de M. Carrisford. Son travail est de retrouver Sara Crewe, ce qui l'amène à voyager en Russie et en France à la recherche d'une piste, car personne ne sait où elle se trouve. Sara et M. Carrisford vivent ainsi l'un à côté de l'autre pendant plusieurs années. Sara devient si maigre et débraillée que l'un des enfants de la grande famille, Donald, la prend pour une mendiante et lui donne une pièce. Les enfants Carmichael s'intéressent à elle car ils la trouvent trop bien élevée pour une mendiante, mais ne demandent pas son nom et passent leur chemin. Ils la surnomment « la-petite-fille-qui-n'est-pas-une-mendiante » et l'observent avec curiosité, sans se douter qu'il s'agit de la jeune fille que leur père recherche.
Ram Dass informe M. Carrisford de la vie misérable de Sara dans le grenier du pensionnat. Ensemble, ils décident de l'aider en lui faisant des cadeaux en secret. Pendant qu'elle dort ou qu'elle est au travail, Ram Dass et les autres domestiques passent par le toit et apportent des meubles, des livres et d'autres cadeaux. Chaque nuit, ils allument le feu dans la cheminée et laissent un repas pour Sara et Becky. La chambre du grenier devient chaude et confortable. Ils finissent par envoyer des vêtements luxueux à l'école pour remplacer les haillons que porte Sara. Sara croit qu'il s'agit de magie faite par quelqu'un qui pense vraiment à elle, et son moral revient. À part Becky, personne n'est au courant des changements dans la chambre de Sara. Seules Miss Minchin et sa sœur Miss Amelia s'étonnent de l'air bien nourri, du changement d'humeur et des nouveaux vêtements de la jeune fille. En fait, quand les vêtements sont envoyés à l'école, Miss Minchin craint qu'ils viennent d'un riche oncle qui s'intéresse à Sara et pourrait ne pas aimer la façon dont elle a été traitée. Elle autorise alors Sara à suivre de nouveau les cours, et lui rend sa place d'élève d'honneur.
Le retour en grâce vignette|Sara et M. Carrisford. Illustration de Reginald Bathurst Birch pour le roman-feuilleton publié chez C. Scribner's sons, New York, 1888. Un soir, le singe apprivoisé de Ram Dass va se cacher dans la chambre de Sara en passant par les toits, et elle le garde pour le protéger du froid. Le lendemain, elle se rend chez M. Carrisford pour le ramener. Elle mentionne par hasard qu'elle est née en Inde, si bien que M. Carrisford et M. Carmichael découvrent qu'il s'agit de Sara Crewe. Ils expliquent alors tout à Sara, indiquant que sa fortune a doublé et qu'ils la garderont en sécurité jusqu'à ce qu'elle ait l'âge d'en disposer.
Miss Minchin rend visite à Sara pour la récupérer, mais on lui apprend que Sara vivra désormais avec M. Carrisford ; non seulement sa fortune est restaurée, mais elle est désormais l'héritière de mines de diamants. Miss Minchin tente de rétablir la situation, allant jusqu'à menacer de poursuites judiciaires si elle ne retourne pas à l'école, et qu'elle ne reverra plus jamais aucune de ses amies, mais Sara refuse et M. Carrisford est catégorique. Miss Minchin ne réalisera amèrement les lourdes conséquences de ses actes et de sa cruauté envers la jeune orpheline que bien trop tard (en grande partie grâce à Miss Amélia, dans sa violente crise de nerfs face à son aînée en lui disant ses quatre vérités), et devra vivre avec cela pour le reste de sa vie.
M. Carrisford devient le tuteur de Sara. Becky quitte alors le pensionnat de Miss Minchin pour devenir la demoiselle de compagnie de la jeune fille. Ermengarde et Lottie viennent souvent lui rendre visite. Avec sa fortune retrouvée, Sara garde sa nature généreuse : elle imagine un projet pour donner du pain aux enfants des rues.
Personnages Sara vignette|Sara donne à manger aux moineaux par l'ouverture du vasistas de la mansarde. Illustration d'Ethel Franklin Betts pour une édition publiée chez Charles Scribner's Sons, 1917.