, née le dans l'arrondissement de Minato à Tokyo, est l'impératrice consort du Japon, en tant qu'épouse de l'empereur Naruhito, régnant à partir du et intronisée le . Elle a succédé à sa belle-mère, l'impératrice Michiko, consort du précédent empereur Akihito ayant abdiqué le . Diplomate de carrière, elle est entrée dans la maison impériale du Japon le par son mariage avec Naruhito, alors Prince héritier du Japon. Elle est la cinquième épouse d'un membre de la famille impériale du Japon, et la deuxième impératrice, à ne pas être issue de l'ancienne aristocratie. Elle a eu avec son époux une fille unique, la princesse Aiko de Toshi.
Origines et carrière Origines familiales et éducation Masako Owada est la fille aînée de Yumiko Egashira (née en 1938) et du diplomate et spécialiste de droit international Hisashi Owada, qui fut successivement ambassadeur du Japon auprès de l'OCDE à Paris de 1988 à 1989 puis auprès de l'ONU de 1994 à 1998, et finalement, de 2003 à 2018, membre de la Cour internationale de justice (CIJ) à La Haye aux Pays-Bas (il l'a présidée de 2009 à 2012). Masako a deux sœurs cadettes, jumelles, prénommées Setsuko et Reiko, nées en 1966 à Genève.
Elle a grandi au gré des affectations de son père. Elle s'installe ainsi avec sa famille, lorsqu'elle est âgée de 2 ans, à Moscou où elle est scolarisée durant toute son école maternelle. De retour au Japon, elle suit sa scolarité primaire et une partie de la secondaire (jusqu'à sa seconde année de lycée) au sein de l'établissement privé pour filles de la Denenchofu Futaba Gakuen dans l'arrondissement de Setagaya dans l'Ouest de Tokyo. En 1978, son père est à nouveau nommé à l'étranger, en tant que professeur invité à l'Université Harvard et vice-ambassadeur auprès des Nations unies, et c'est donc aux États-Unis que Masako finit sa scolarité : elle est diplômée du , un lycée public de la banlieue aisée au nord de Boston dans le Massachusetts, où elle est présidente de la National Honor Society.
Du fait de la profession de son père et de son éducation dans différents pays, Masako parle couramment l'anglais et le français qu'elle apprend en 1983 au centre universitaire d'études françaises de l’université Stendhal Grenoble-IIICentre universitaire d'études françaises, Masako Owada, Université Grenoble-Alpes.. Elle est également à l'aise en russe, allemand et espagnol, et s'oriente ainsi à son tour vers une carrière de diplomate.
Études et carrière de diplomate La future princesse puis impératrice Masako obtient en 1985 un Bachelor of Arts (B.A.) magna cum laude (l'équivalent d'une mention bien) en économie de l'Université Harvard, avec un mémoire en économétrie portant sur les effets des variations du prix du pétrole sur les cycles économiques du Japon, puis étudie également un temps, sans obtenir de diplôme, à l'université de Tokyo jusqu'en 1987 puis les relations internationales au Balliol College de l'université d'Oxford au Royaume-Uni de 1988 à 1990.
Elle intègre le ministère des Affaires étrangères en 1987, devient, entre 1987 et 1989, l'une des « plumes » en matière de politique étrangère du Premier ministre Noboru Takeshita, puis seconde notamment son père, alors directeur général et vice-ministre des affaires étrangères, tout en étant affecté à la division nord-américaine du ministère de 1991 à 1993. À ce poste, elle rencontre plusieurs leaders de la scène internationale de l'époque, dont le président américain Bill Clinton ou encore le président russe Boris Eltsine et sert d'interprète lors des négociations avec les États-Unis portant sur la supraconductivité Ben Hills, « A modern Masako goes backwards in time », 05/06/1993.. Toutefois, son mariage le avec le prince héritier du Japon va mettre fin à ce qui semblait devoir devenir une brillante carrière dans la diplomatie japonaise.
Princesse héritière du Japon La rencontre avec son futur époux et le mariage vignette|Pièce commémorative de 500 yens pour le mariage princier de Naruhito et Masako en 1993. Masako et Naruhito se seraient rencontrés pour la première fois en lors d'une réception organisée à la résidence du prince héritier Akihito, le père du jeune homme et futur empereur du Japon, afin de trouver une épouse au prince (déjà âgé de ). Si Naruhito semble avoir très tôt choisi Masako, celle-ci aurait refusé pendant plusieurs années ses demandes en mariage par crainte de la vie stricte de la cour impériale et par sa volonté d'avoir une vie professionnelle. De son côté, la très conservatrice Agence impériale, qui gère les affaires de la famille régnante, aurait vu d'un mauvais œil cette union, jugeant la promise trop « américaine » et « indépendante ». De plus, le fait que son grand-père, Yutaka Egashira, ait été le dirigeant de la compagnie chimique restée tristement célèbre pour son implication dans le scandale de pollution au mercure à l'origine de l'épidémie de la maladie de Minamata dans les années 1950 et 1960 semble également avoir posé un problème. Quoi qu'il en soit, après avoir été vus plusieurs fois ensemble dans la presse en 1987, Masako et Naruhito semblent interrompre leur relation par la suite, tout du moins publiquement et officiellement. Ainsi, lorsque finalement les médias annoncent leurs fiançailles, l'opinion publique est surprise.
Finalement, Masako accepte la demande en mariage du prince en . Comme le veut la tradition au sein de la famille impériale, l'union se fait en trois étapes : il obtient l'agrément du Conseil de la maison impériale (présidé par le Premier ministre, il comporte notamment des représentants des trois pouvoirs démocratiques, à savoir l'exécutif, le législatif et le judiciaire, des membres de l'Agence impériale et de la famille souveraine) le , puis a lieu la cérémonie traditionnelle des fiançailles (Nosai No Gi) le et celle enfin du mariage le suivant. Elle est alors la seconde princesse héritière, et future impératrice, à n'être pas issue de l'aristocratie, après sa belle-mère l'impératrice Michiko H. Takayama, Naruhito, Crown Prince, and Princess Masakoprincess of Japan, Britannica..
Comme tous les membres de la famille impériale, une plante est choisie pour devenir son : il s'agit du rosier du Japon.
Maternité, pressions et problème de succession vignette|De gauche à droite : le prince héritier Naruhito, son épouse Masako, alors princesse héritière consort, et leur fille la princesse impériale Aiko de Toshi, en 2016. En tant qu'épouse de l'héritier du trône, la princesse Masako subit des pressions constantes de la part de l'Agence impériale pour qu'elle enfante d'un héritier. Ce n'est qu'après huit ans de mariage, et à la suite d'une fausse couche en 1999O. Corriez, « La princesse Masako pourrait être enceinte », LCI, ., qu'elle donne naissance à son premier et unique enfant, une fille : Son Altesse impériale la princesse impériale Aiko de Toshi, née le .
Or, la loi de la maison impériale de 1947 exclut les femmes de la succession au trône (et alors que le Japon a déjà connu des impératrices régnantes, mais toujours dans des situations transitoires ou de régences dues à la minorité de l'héritier masculin). La pression de l'Agence impériale sur la princesse impériale ne se relâche pas, le grand intendant de l'Agence déclarant notamment : « J'espère fortement qu'il y aura un autre enfant Lloyd Parry, R. « The depression of a princess », The Times, . », et cela même si le gouvernement du réformateur Jun'ichirō Koizumi lance à partir de 2005 des réflexions afin d'amender la loi de 1947 et de permettre l'accession au trône des femmes.
Santé et obligations officielles vignette|Apparition publique de la princesse héritière Masako aux côtés de son mari et d'autres membres de la famille impériale au balcon du Kōkyo, pour le nouvel an 2011. Quoi qu'il en soit, la tension au sein de l'Agence et de la famille impériale concernant cette crise de succession s'ajoutant à sa frustration de n'avoir pas pu continuer sa carrière de diplomate entraîne la princesse dans une grave dépression nerveuse, qui la pousse à ne plus remplir de rôle officiel au côté de son époux et à être totalement absente de la scène publique pendant plus d'un an et demi entre et K. Kamoshida, « Japanese Crown Princess Masako and Crown Prince Naruhito Visit Aichi Expo », .. L'état de santé de la princesse pousse même son époux à s'en prendre directement à l'Agence impériale lorsque celle-ci, en , refuse, en raison justement de sa fragilité, qu'elle l'accompagne dans un voyage officiel aux Pays-Bas : « La princesse Masako, après avoir abandonné son travail de diplomate pour entrer dans la maison impériale, a été grandement affectée d'apprendre qu'elle n'était pas autorisée à voyager à l'étranger pour un long moment [...] Il y a eu des évènements qui ont été à l'encontre de la carrière et de la personnalité de la princesse Masako J. Brooke, « Japan Crown Prince Complains Wife Is Stifled by Palace Guard », The New York Times, . ». Cette déclaration vaudra d'ailleurs à Naruhito d'être critiqué par son père et son frère.
vignette|gauche|Le couple des princes héritiers Naruhito et Masako en 2016. La pression sur la princesse se relâche quelque peu lorsque sa belle-sœur, l'épouse du prince Akishino, accouche d'un fils, le prince Hisahito d'Akishino, mettant provisoirement un terme à la crise de succession impériale, le . Si à partir du courant de l'année 2005 la princesse Masako recommence à faire des apparitions publiques sporadiques, elle ne recommence à remplir des obligations officielles qu'à partir de la visite du prince de Galles Charles et de la duchesse de Cornouailles Camilla au Japon en V. Low, « Elusive Crown Princess Masako all smiles as she dines with Prince Charles », The Times, .. Elle réapparaît alors, aux côtés de son époux, lors des événements officiels au Japon. En tant que princesse héritière, et alors qu'elle a accompagné le prince héritier Naruhito dans pratiquement tous ses déplacements à l'étranger jusqu'en 2002, elle n'a par la suite pu le suivre dans un tel voyage qu'à deux reprises aux Pays-Bas, où son père travaille et à l'invitation de la famille royale néerlandaise au sein de laquelle le couple princier a tissé des liens d'amitié : en 2006 pour des vacances familiales de deux semaines en étant invités par la reine Beatrix, et en 2013, cette fois-ci pour des obligations officielles, pour l'intronisation du nouveau roi des Pays-Bas Willem-Alexander AFP, « Japon: la princesse Masako pourrait de nouveau voyager à l'étranger », Le Point, ..