Deux-Montagnes est une station du Réseau express métropolitain (REM) située à Deux-Montagnes, au Québec, au 400, boulevard Deux-Montagnes. Elle constitue le terminus nord de l'antenne Deux-Montagnes du REM, mise en service le 17 novembre 2025.
Station aérienne à deux voies et deux quais latéraux, elle se dresse sur un site desservi par le chemin de fer depuis 1925, année où la ligne alors exploitée par le Canadien National fut prolongée jusqu'à cet endroit. Son nom découle directement de cette extension : avant 1995, « Deux-Montagnes » désignait le terminus précédent, aujourd'hui la station Grand-Moulin. Lors du prolongement de la ligne d'une station supplémentaire en 1995, le nouveau terminus hérita du nom, tandis que l'ancienne gare fut rebaptisée en l'honneur du chemin du Grand-Moulin.
La station actuelle remplace la gare de banlieue Deux-Montagnes, exploitée de 1995 à 2020 comme terminus nord de la ligne de train de banlieue du même nom, fermée le 31 décembre 2020 en prévision de sa conversion en antenne du REM. Son aménagement comprend un vaste stationnement incitatif, un terminus d'autobus de cinq quais, des supports à vélos, ainsi qu'une sculpture monumentale, Mars, de l'artiste Patrick Bernatchez, réalisée dans le cadre du programme d'art public UNIR du REM. Le traitement paysager de la station a été conçu pour protéger et mettre en valeur la réserve naturelle du boisé Roger-Lemoine, adjacente au site.
Situation sur le réseau La station Deux-Montagnes constitue le terminus nord de l'antenne Deux-Montagnes du Réseau express métropolitain, au 400, boulevard Deux-Montagnes, entre la rue Ovila-Forget et la 20 Avenue. Elle précède la station Grand-Moulin en direction du centre-ville de Montréal et de Brossard.
Toponymie Le nom de la station dérive directement de celui de la ville de Deux-Montagnes, elle-même nommée d'après le lac des Deux Montagnes. Ce plan d'eau doit lui-même son appellation à la proximité des collines d'Oka, comme l'attestent notamment les cartes de Bellin (1744) et de Bouchette (1815), bien que certains attribuent également une influence à la montagne de Rigaud.
Constituée en 1921 sous le nom de municipalité du village de Saint-Eustache-sur-le-Lac, l'agglomération devient ville de Saint-Eustache-sur-le-Lac en 1958, puis obtient le statut de cité sous le nom de Deux-Montagnes en 1963, avant d'accéder au statut de ville en 1982. Le toponyme « Deux-Montagnes » a été officialisé par la Commission de toponymie du Québec le 9 janvier 1986.
Le nom « Deux-Montagnes » a d'abord désigné, dès 1963, la gare de train de banlieue alors terminus de la ligne, aujourd'hui connue sous le nom de station Grand-Moulin. Lors du prolongement de la ligne d'une station supplémentaire en 1995, c'est le nouveau terminus, construit sur le boulevard Deux-Montagnes, qui hérita du nom, tandis que l'ancienne gare fut rebaptisée en référence au chemin du Grand-Moulin voisin.
Histoire Origines et ère privée Les lettres patentes du Chemin de fer du Nord-Canadien (CNoR) autorisant la construction d'une ligne ferroviaire électrifiée traversant le mont Royal sont accordées le 12 août 1911. Le tunnel sous le mont Royal, construit entre 1912 et 1918, permet la mise en service d'un premier train le 21 octobre 1918, assuré par les locomotives électriques CNoR 601 (rebaptisée CN 6711). Le service est graduellement étendu vers le nord : jusqu'à Cartierville en février 1921, puis jusqu'à l'actuel site de la station Grand-Moulin en juillet 1925, sous le nom de la gare de Saint-Eustache-sur-le-Lac.
Cette ligne est l'une des deux seules lignes de la région à avoir généré un développement immobilier réel autour de ses gares, avec la ligne du Canadien Pacifique vers Dorval et Rigaud. La colonisation du secteur de Deux-Montagnes s'amorce véritablement à partir de 1912, en parallèle avec l'expansion du service ferroviaire.
Prise en charge publique et modernisation (1982-1995) Le 1 juillet 1982, la Commission de transport de la Communauté urbaine de Montréal (CTCUM) prend en charge l'exploitation de la ligne, alors en déclin marqué : l'achalandage quotidien chute de 17 000 passagers en 1976 à 8 630 à la veille de l'intégration. L'intégration tarifaire à la CUM entraîne une réduction des tarifs de 19 % à 73 % et une hausse de la fréquence de 22 à 28 trains par jour, portant l'achalandage à 12 540 passagers dès 1982-1983. La CTCUM signale alors que le matériel roulant, hérité du CN, a un âge moyen de 60 ans. Un projet gouvernemental de conversion de la ligne en « métro de surface » est envisagé mais rejeté par la CTCUM, qui juge la demande insuffisante pour le justifier et préconise plutôt le remplacement du matériel roulant.
Un projet de modernisation de la ligne est étudié par le ministère des Transports du Québec à compter de 1988, prévoyant notamment le prolongement du terminus vers un nouveau site désigné « station A-640 », à proximité de l'autoroute 640. L'étude d'impact environnemental de janvier 1992 confirme ce nouveau tracé et évalue le coût total de la modernisation à 227 millions de dollars.
Le projet de la station, alors désigné « station Autoroute 640 », fait l'objet d'une médiation du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) du 27 mars au 26 mai 1995, menée par la commissaire Johanne Gélinas, à la suite d'une opposition citoyenne portée par le naturaliste Richard Lemire et le groupe Re-Sources Deux-Montagnes, inquiets des impacts du projet de stationnement incitatif sur un boisé abritant notamment le carex de Hitchcock (Carex hitchcockiana), redécouvert après 50 ans d'absence, ainsi que le campagnol sylvestre (Microtus pinetorum). Une pétition de 3 622 signatures est déposée à cet effet. L'entente de médiation du 11 mai 1995 autorise une première phase de stationnement de 350 places, les phases subséquentes étant conditionnelles à un taux d'occupation de 85 % et à une consultation publique; le conseil municipal de Deux-Montagnes adopte le même jour une résolution reclassant le boisé en zone de conservation. La station, construite au coût de 1,22 million de dollars, entre en service à l'été 1995, remplaçant l'ancien terminus, qui prend alors le nom de Grand-Moulin. Sa propriété est transférée à la STCUM le 1 juin 1995, puis à l'Agence métropolitaine de transport (AMT) lors de la création de celle-ci, le 1 janvier 1996.
Ère AMT/exo (1996-2020) Sous la gouverne de l'Agence métropolitaine de transport (AMT), la ligne devient rapidement la plus achalandée du réseau de trains de banlieue montréalais, représentant 39 % de l'achalandage total du réseau en 2014, avec le meilleur bilan financier de l'ensemble des lignes. La croissance de l'achalandage demeure toutefois freinée par la capacité limitée du stationnement incitatif de la station Deux-Montagnes : le nombre de places tarifées, fixé à 249 depuis 2014, s'avère rapidement insuffisant, la liste d'attente passant de 261 usagers en 2014 à 444 en 2017. Une enquête du Réseau de transport métropolitain menée en septembre 2016 confirme le rayonnement régional du stationnement, dont les usagers proviennent en bonne partie de l'extérieur de Deux-Montagnes, notamment de Sainte-Marthe-sur-le-Lac (26,4 %) et de Saint-Eustache (20,1 %).
Le 2 juillet 2013, la station accueille la première vélostation de la région métropolitaine de Montréal, un abri sécurisé de 78 places à accès contrôlé par carte OPUS.
Le 28 février 2014, l'AMT achète le corridor ferroviaire de la ligne Deux-Montagnes, jusque-là propriété du Canadien National, au coût de 97 millions de dollars, mettant fin à des négociations entamées dès 2008. Le dernier train de banlieue à desservir la station circule le 8 mai 2020; le service est définitivement interrompu le 31 décembre 2020 en prévision de la conversion de la ligne en antenne du Réseau express métropolitain.
Conversion REM (2018-2025) Les travaux préparatoires du Réseau express métropolitain (REM) sur l'antenne Deux-Montagnes débutent le 27 mars 2018, avec des fermetures de fin de semaine pour des forages géotechniques. Des ajustements d'horaires successifs réduisent progressivement le service : 23 départs sont modifiés dès le 25 juin 2018, puis 4 départs sont carrément supprimés à l'automne de la même année, une réduction dénoncée par les sept maires de la MRC de Deux-Montagnes, qui retiennent en novembre 2018 environ 6,25 millions de dollars de quotes-parts destinées à l'Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM). Le maire de Deux-Montagnes et préfet de la MRC, Denis Martin, dénonce l'écart entre l'interruption de service « d'au maximum neuf mois » d'abord promise par CDPQ Infra et une interruption réelle qui s'annonce déjà, à cette date, de plusieurs années.
Le service ferroviaire entre Deux-Montagnes et la Gare Centrale est interrompu par étapes : le tronçon Gare Centrale–Du Ruisseau ferme le 11 mai 2020, suivi du tronçon Du Ruisseau–Deux-Montagnes le 31 décembre 2020. L'ancienne gare, désaffectée, est démolie à compter de janvier 2021, devenant le premier bâtiment démantelé pour les besoins du chantier sur la Rive-Nord. La nouvelle station, aérienne, est érigée sur le même site; sa construction nécessite le remplacement de plusieurs passages à niveau par des viaducs, notamment aux abords de la rue Henri-Dunant, du boulevard Deux-Montagnes et du chemin d'Oka. La portion Deux-Montagnes–Du Ruisseau de la caténaire est mise sous tension à la fin décembre 2023, marquant le début de l'électrification de l'antenne.
La mise en service, d'abord visée pour l'automne 2024, est reportée d'un an en raison de travaux de réhabilitation plus complexes que prévu dans le tunnel sous le mont Royal, où la découverte d'explosifs datant de la construction originale du tunnel ralentit notamment les travaux. L'antenne Deux-Montagnes entre finalement en service le 17 novembre 2025. La cérémonie protocolaire d'inauguration se tient à la station même le 14 novembre 2025, en présence du premier ministre du Canada Mark Carney, du premier ministre du Québec François Legault et de la mairesse de Montréal Soraya Martinez Ferrada.
Le lendemain, une quarantaine d'employés d'entretien du REM, représentés par le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec, manifestent à la station pour dénoncer des congédiements et des conditions de travail auprès de l'exploitant Pulsar.
Architecture et aménagement La station Deux-Montagnes est de type aérien, choix motivé à la fois par la nécessité de franchir le boulevard Deux-Montagnes et par la volonté de préserver les milieux naturels environnants. La structure repose sur cinq piliers, deux à l'est du boulevard, un au centre et deux à l'ouest. Le tracé comporte deux dénivellations d'environ sept mètres chacune, aux abords de la rue Henri-Dunant et du boulevard Deux-Montagnes, avant d'atteindre le point culminant de la station.
L'intégration architecturale de la station relève du « thème riverain », commun aux stations nordiques de l'antenne (Sunnybrooke, Pierrefonds-Roxboro, Île-Bigras, Sainte-Dorothée et Grand-Moulin), inspiré de la rivière des Prairies et exprimé par une dominante bleue et des motifs de céramique évoquant la fluidité de l'eau. Le traitement paysager du site a en outre été conçu pour mettre en valeur la réserve naturelle adjacente, le boisé Roger-Lemoine.
Dans le cadre du programme d'art public « UNIR » du REM, la station accueille une œuvre permanente de l'artiste Patrick Bernatchez, intitulée Mars — une sculpture de marbre blanc d'une quinzaine de mètres évoquant un amoncellement de neige, dans laquelle sont insérés des objets du quotidien coulés dans le bronze.
Des mesures d'atténuation sonore ont été mises en place aux abords de la station, sous forme de murs antibruit d'une hauteur de un à deux mètres; une bonification a été apportée après la mise en service, incluant l'installation d'un mur en gabion, une première sur le réseau.
Services aux voyageurs
Accès et accueil