thumb|Tête du type de l'Arès Borghèse, glyptothèque de Munich.
Alcamène (en grec ancien / ) est un sculpteur grec du premier classicisme (). Il fut élève de Phidias.
Biographie Peut-être né dans la clérouquie athénienne de LemnosLa Souda (q.v.) le qualifie de « Lemnien », Jean Tzétzès indique qu'il est « originaire des îles » dans ses Chiliades (VIII, 340)., il passe toute sa carrière à Athènes. Pline l'Ancien, XXXIV, 49. situe son apogée lors de la olympiade, c'est-à-dire en -448--445 et cite comme ses contemporains Critios et Phidias, dont il est le disciple, XXXVI, 16 ; Tzétzès (VIII, 340).. Il figure parmi les sculpteurs officiels de la cité attique et décore de ses œuvres de nombreux temples érigés pendant la guerre du Péloponnèse. On lui doit notamment les statues de culte de l'Héphaïstéion, sculptées entre 421 et
Il est encore actif en 403, date à laquelle il sculpte, à la demande de Thrasybule, le relief d'Héraclès et Athéna de l'Héracléion de Thèbes qui célèbre le renversement de la tyrannie des Trente, IX, 11, 6.. Face à cette période d'activité particulièrement longue, certains auteurs ont conclu que Pline se trompait en faisant d'Alcamène un contemporain de PhidiasRolley, La Sculpture grecque, vol. II : La période classique, p. 144. Boardman, La Sculpture grecque classique, p. 206) et Muller-Dufeu (op. cit., p. 345), par exemple, suivent Pline.. De même, on considère généralementBoardman, La Sculpture grecque classique, p. 206.Rolley, La Sculpture grecque, vol. II : La Période classique, p. 144 ; Muller-Dufeu suit Pausanias, p. 345 et 351. que c'est par erreur que Pausanias, V, 10, 8. lui attribue les sculptures du fronton ouest du temple de Zeus à Olympie ; l'existence de deux Alcamène a été suggéréeJ. P. Barron, « Alkamenes at Olympia » dans Bulletin of the Institute of Classical Studies of the University of London 31, 1984, p. 199-211..
Œuvre thumb|upright|Statue féminine du type de l'Aphrodite accoudée, dans laquelle il faut sans doute reconnaître l’Aphrodite des jardins d'Alcamène, musée du Louvre.
Alcamène s'est distingué à la fois dans le marbre et dans le bronze. Il a également recouru à la technique chryséléphantine. Nous conservons de lui un original, le groupe de Procné avec Itys, son fils, qu'elle médite de tuer ; ce groupe est conservé au musée de l'Acropole d'Athènes, inv. 1358Boardman, La Sculpture grecque classique, fig. 135. ; il a été trouvé sur l'Acropole à l'endroit où Pausanias l'a vu ; le dessin tourmenté des plis du péplos et le mouvement du corps de l'enfant évoquent le style tragique des frontons ouest du Parthénon, où figuraient d'ailleurs les mêmes personnagesJean Charbonneaux, Roland Martin, François Villard, Grèce Classique, collection L'Univers des formes, Gallimard, 1969, 162. ; d'autres de ses œuvres ont été identifiées dans des copies romaines. Son style est souvent rapproché de celui de PhidiasDenys d'Halicarnasse, Sur l'admiration de l'art oratoire, dans Démosthène (50, § 1108)..
Les textes mentionnent de sa main :
une statue d'Aphrodite dite « des Jardins »Histoire naturelle (XXXVI, 16) ; Description de la Grèce (I, 19, 2).., traditionnellement reconnue dans l’Aphrodite accoudée ; une statue d'Héra dans un temple situé entre Phalère et AthènesDescription de la Grèce (I, 1, 5 et X, 35, 2). ; une statue d'Hécate Épipyrgidia (« qui est sur le bastion ») à AthènesDescription de la Grèce (II, 30, 2). ; une statue d'Arès à AthènesDescription de la Grèce (I, 8, 4)., traditionnellement reconnue dans l'Arès Borghèse ; une statue de Dionysos à AthènesDescription de la Grèce (I, 20, 3) ; Harpocration (q.v.). ; une statue d'Héphaïstos à AthènesCicéron, De la nature des dieux (I, 30) ; Valère Maxime (VIII, 11, ext. 3). ; une statue d'Hermès Propylaios (« qui est devant la porte ») placée à l'entrée de l'acropole d'AthènesDescription de la Grèce (I, 22, 8) ; Jahrbuch des Deutschen Archäologischen Instituts 82 (1967), p. 74-78, fig. 49-51. ; Inschriften von Ephesos (515). ; un groupe de Procné et ItysDescription de la Grèce (I, 24, 3). ; un relief d'Athéna et Héraclès à Thèbes ; une statue d'Asclépios à MantinéeDescription de la Grèce (VIII, 9, 1). ; un penthathlète encrinomenos (« qualifié »)Histoire naturelle (XXXIV, 71)..
On peut aussi attribuer les Caryatides de l'Érechthéion à l'atelier d'Alcamène.
L'original grec de la copie romaine dite Héra Barberini a également été suggéréFarnell, The Cults of the Greek States, 1896, vol. 1, p. 207..
Notes
Bibliographie
, p. 206. Loredana Capuis, Alkamenes. Fonti storiche e archeologiche, Florence, publications de la Faculté de lettres et de philosophie de l'Université de Padoue, 44, 1968. , p. 344-347. , p. 143-149. Andrew Stewart, One Hundred Greek Sculptors: Their Careers and Extant Works . .
Liens externes
Catégorie:Sculpteur grec du Ve siècle av. J.-C. Catégorie:Lemnos