Le pont Alexandre-III est un pont franchissant la Seine entre le et le arrondissement de Paris.

Situation et accès Le pont Alexandre-III est situé dans le centre de Paris, où il permet la traversée de la Seine entre l'esplanade des Invalides (7 arrondissement) et l'avenue Winston-Churchill (arrondissement) près du Petit Palais et du Grand Palais.

Sur la Seine, le pont se trouve entre le pont de la Concorde et le pont des Invalides.

Ce site est desservi par la station de métro Invalides par les lignes 8 et 13 et la gare des Invalides de la ligne C du RER.

Origine du nom Ce pont porte le nom du tsar de Russie Alexandre III (1845-1894).

Historique Le projet 150px|vignette|gauche|Dessin par Paul Merwart représentant la pose de la première pierre du pont Alexandre-III. Inauguré pour l'Exposition universelle de Paris en 1900., le pont était destiné à symboliser l'amitié franco-russe, instaurée par la signature de l'alliance conclue en 1891 entre l’empereur Alexandre III (1845-1894) et le président de la République française Sadi Carnot. La première pierre fut posée par le tsar Nicolas II de Russie, l'impératrice Alexandra Fedorovna et le président Félix Faure le . La construction de cet ouvrage d'art fut confiée aux ingénieurs Jean Résal, Amédée Alby et Joseph Grison, ainsi qu'aux architectes Cassien-Bernard et Gaston CousinEn réponse à la construction du pont Alexandre-III, le président Félix Faure, aux côtés de Jules Goüin (président des Batignolles), posèrent en 1897 la première pierre du pont de la Trinité à Saint-Pétersbourg, construit par une entreprise française, la Société de construction des Batignolles, toujours dans le cadre de l’alliance franco-russe ; ce pont fut inauguré en 1903..

Construit dans l'axe de l'esplanade des Invalides, il conduit de celle-ci aux Petit et Grand Palais également construits pour l'Exposition universelle.

Sur la colonne, rive droite en aval, fut gravée cette inscription : « Le , Émile Loubet président de la République Française a ouvert l'exposition universelle et inauguré le pont Alexandre-III ».

La construction vignette|gauche|upright=1.5|Le pont au moment de son inauguration à l'occasion de l'Exposition universelle de 1900. En 1824, Henri Navier commença la réalisation d'un pont suspendu à cet emplacement. Des complications techniques obligèrent à le détruire, en 1828, avant son achèvement.

Lors de la décision d’organiser une Exposition universelle en 1900, il fut décidé de détruire le Palais de l’Industrie pour le remplacer par deux palais, de part et d'autre d'une voie qui prolongerait la place des Invalides. Aussi, le pont de la Trinité ou pont Troïtsky (un autre pont très semblable au pont Alexandre-III), a été construit par la Société de construction des Batignolles sur la Neva à Saint-Pétersbourg en Russie, pour l'Exposition universelle de Paris.

Le cahier des charges prévoyait qu'il soit suffisamment plat pour qu'on puisse voir entièrement les Invalides depuis les Champs-Élysées. Il ne devait pas entraver la navigation et avoir un tirant d'air au moins égal à celui des ponts les plus modernes. Sa largeur devait être proportionnée à celle de l’avenue qu’il prolongeait : d'abord envisagée à , elle fut arrêtée à pour ne pas trop perturber la navigation. Il devait être symétrique et décoratif (d'où une largeur imposée des quais de ).

thumb|La Construction du pont Alexandre-III, toile de Georges Souillet, réalisée à la fin du (musée Carnavalet, Paris).

Le pont fut réalisé en acier moulé. Afin de résister à l'énorme poussée horizontale, il fut doté de culées très massives.

Les fondations furent creusées sous caisson pressurisé grâce au procédé Triger. Il y eut vingt-neuf accidents de décompression plus ou moins sérieux, mais aucun mortel. Un seul ouvrier périt dans les caissons à la suite d'un accident.

Il est classé au titre des monuments historiques depuis le ; il est également labellisé « Patrimoine du » et situé dans le périmètre du secteur sauvegardé du de Paris, ainsi que dans le site naturel inscrit « Ensemble urbain à ParisLe site naturel inscrit « Ensemble urbain à Paris » englobe les onze premiers arrondissements, ainsi que les et arrondissements et une partie des autres arrondissements extérieurs. », inscrit par arrêté en 1975..

Description upright=0.8|thumb|Structure du pont, en sous-face du tablier. C'est un pont métallique de de large composé d'une seule arche de comprenant trois points d'articulation, permettant de franchir la Seine sans point d'appui intermédiaire. Il s'appuie sur des culées très massives (larges de et épaisses de ), pour résister à l'énorme poussée horizontale de l'arche surbaisséeSchéma montrant les pierres utilisées pour les quatre pylones, tirée de . Ces culées sont percées de deux tunnels en pierre pour la circulation de la berge. La décoration exubérante du pont repose essentiellement sur les quatre pylônes portant des groupes équestres en bronze doré figurant les renommées.

Le pont a plusieurs fois changé de couleur ; il est passé du gris au vert-brun puis au gris perle. Il a repris ses couleurs d'origine lors de son unique restauration en 1998..

Ses contreforts côté rive droite ont abrité entre 2006 et 2017 une boîte de nuit appelée le Showcase, aménagée dans un hangar à bateau désaffecté.

La culée droite du pont est confiée en 2017 par la mairie de Paris à Plateau Urbain, Freegan Pony, La Belle Friche, Ya+K ainsi que la Ressourcerie du Spectacle. Ces cinq associations ouvrent Le Génie d'Alex, un centre culturel éphémère ouvert à tous, avec espaces d’expositions, concerts, ateliers, soirées, construction de mobilier en DIY, yoga, jeux, agriculture urbaine, cantine, bar solidaire.

La culée gauche est occupée de 1999 à 2012 par un squat artistique aménagé par l'association Les Gardiens du pont. À l'origine le site accueille la maquette d'un projet de film du réalisateur Patrick Brunie, cofondateur de l'association, puis se diversifie en proposant expositions culturelles auprès de jeunes artistes et soirées techno. En 2014, après un appel d'offres, l'exploitation du lieu est confiée par la Mairie de Paris à un investisseur, Addy Bakhtiar, qui gère déjà la boîte de nuit le Showcase, sur la rive opposée.

Caractéristiques Type de construction : pont en arc à trois articulations, multiples travées Construction : 1897-1900 Inauguration : Architectes : Joseph Cassien-Bernard et Ingénieurs : Jean Résal, Amédée Alby et Joseph Grison Décoration : Georges Récipon, Emmanuel Frémiet, Jules Félix Coutan, Henri Désiré Gauquié, Grandzlin, Pierre Granet, Alfred Lenoir, Laurent Honoré Marqueste, André Paul Arthur Massoulle, Gustave Michel, Léopold Morice, Abel Poulin, Clément Steiner Matériau : acier Longueur totale : Longueur de la travée principale : Largeur du tablier : Flèche : 1/17 (rapport hauteur/portée) Constructeurs : Fives-Lille et Schneider et Cie, parmi d'autres Classement aux monuments historiques : 1975

Du fait de sa grande portée pour une faible hauteur, le pont Alexandre-III exerce une importante poussée latérale. Afin d'éviter l'écartement des ancrages, les berges ont été considérablement renforcées au moyen d'immenses massifs de béton, sans doute les plus importantes fondations jamais réalisées. Les colonnes monumentales semblent des allumettes en comparaison : leurs fondations étant indépendantes de celles du pont, leur rôle est d'ailleurs uniquement décoratif.

vignette|centre|upright=2|Vue de l'aval.

Décoration vignette|upright=1.2|Deux des quatre pylônes : les statues et les colonnes ioniques sont en calcaire blanc oolithique de Chauvigny. Elles sont surmontées de renommées en bronze doré. vignette|Enfant conduisant un lion par Jules Dalou. Les vases enguirlandés et les inscriptions sont en marbre blanc (probablement de Carrare).

Les architectes Joseph Cassien Bernard et Gaston Cousin ont été désignés à la fin de 1896 et entrèrent en fonction en , après l'adjudication des travaux de la partie métallique. Sur cet ouvrage, les architectes n'ont été chargés que de la partie décorative, la structure ayant été décidée bien avant, en 1895, au moment où les ingénieurs Résal et Alby ont été mis à la disposition des services de l'Exposition.

Le caractère urbain de l'ouvrage servant de référence à l'Exposition universelle a conduit à traiter soigneusement sa décoration. Les deux architectes ont donné un décor abondant qui permet de vérifier ce jugement de Jean Résal :

Le pont est illuminé par 32 candélabres en bronze qui ont été réalisés par l'établissement Lacarrière, également connu pour la réalisation du lustre monumental de l'Opéra GarnierGérard Fontaine L’Opéra de Charles Garnier. Architecture et décor intérieur, Éditions du Patrimoine, Centre des monuments nationaux, 2004..

Les quatre renommées au sommet des pylônes d'entrée représentent : rive droite, amont : La Renommée des arts, par Emmanuel Frémiet ; rive droite, aval : La Renommée des Sciences, par Emmanuel Frémiet ; rive gauche, amont : La Renommée au combat, par Pierre Granet ; rive gauche, aval : Pégase tenu par la Renommée de la GuerreNotice sur la base e-monumen., par Léopold Steiner (du fait de son décès en 1899, le groupe est achevé par Eugène Gantzlin).

Les décorations à la base des quatre pylônes ont pour thèmes : rive droite, amont : La France du Moyen Âge (Alfred-Charles Lenoir) ; rive gauche, amont : La France de la Renaissance (Jules Coutan) ; rive gauche, aval : La France sous Louis XIV (Laurent Marqueste) ; rive droite, aval : La France moderne (Gustave Michel).

Les groupes de lions conduits par des enfants aux entrées du pont ont pour auteurs : rive gauche : Lions conduits par un enfant par Jules Dalou ; rive droite : Lions à l'enfant par Georges Gardet.

Les différents groupes en bronze ou cuivre s'échelonnant sur le pont sont : Les Amours soutenant les quatre lampadaires, d'Henri Désiré Gauquié ; Quatre génies avec des poissons et des coquillages, de Léopold Morice et André Massoulle ; au centre en amont (Concorde) : Nymphes de la Neva avec les armes de la Russie, de Georges Récipon ; au centre en aval (Alma) : Nymphes de la Seine avec les armes de Paris, de Georges Récipon.

Le tablier soutenu par l'arche métallique s'orne d'une série de masques et de guirlandes reprenant le rythme des potelets de liaison..

Le est inaugurée une plaque commémorative en hommage à des résistants du maquis de Lorris, morts sur le pont durant la Libération de Paris le « Trois plaques commémoratives à Paris », maquisdelorris.fr, consulté le 21 août 2026..

Iconographie

Une médaille du graveur Daniel-Dupuis commémore la pose de la première pierre du pont. Elle porte les figures allégoriques de la Paix, de la France et de la Russie ainsi que la Nymphe de la Seine et des vues de l'ouvrage projeté. Un exemplaire en est conservé au musée Carnavalet (ND 865).

Cinéma

Le pont est vu dans les films suivants : 1938 : Les Gangsters de l'expo d'Émile-Georges De Meyst, film belge se déroulant dans le cadre de l’Exposition universelle de Paris de 1937 ; 1951 : Un Américain à Paris de Vincente Minnelli, il apparait au tout début du film ; 1956 : Anastasia d'Anatole Litvak ; l'héroïne tente de se suicider devant le quai du pont ; 1957 : Drôle de frimousse de Stanley DonenAnne-Charlotte de Langhe et Aude Vernuccio, « Le cinoche à la trace », Le Figaroscope, semaine du mercredi 10 au 16 avril 2013, . ; 1966 : Paris brûle-t-il ? de René Clément ; 1973 : Les Aventures de Rabbi Jacob de Gérard Oury ; 1980 : Les Sous-Doués de Claude Zidi ; 1985 : Dangereusement vôtre de John Glen, avec Roger Moore dans le rôle de James Bond ; 1994 : Prêt-à-porter de Robert Altman dans lequel on voit Jean-Pierre Cassel mourir en voiture et Marcello Mastroianni plonger dans la Seine ; 1997 : Anastasia de Don Bluth et Gary Goldman, le pont est le lieu du combat final face à Raspoutine ; 1998 : Ronin de John Frankenheimer ; 2000 : Jet Set de Fabien Onteniente ;