La Saint-Valentin, généralement fêtée le , est considérée dans de nombreux pays comme la fête des amoureux. Les couples en profitent pour s'échanger des mots doux et des cadeaux comme des roses rouges (emblèmes de la passion) ainsi que des cartes, du chocolat
Histoire L'origine réelle de cette fête est attestée au en Grande-Bretagne encore catholique, où le , la Saint-Valentin est fêtée en tant que la fête des amoureux. Ceci, car l'on pensait que les oiseaux choisissaient ce jour pour s'apparier.. Restée vivace dans le monde anglo-saxon, cette fête s'est ensuite répandue à travers le continent européen à une époque récente.
On retrouve ce même rapprochement de la Saint-Valentin avec les amoureux dans les poèmes d'Othon de Grandson, vivant en Angleterre, de Chaucer et de son contemporain Charles d'Orléans (1394-1465) alors retenu captif en Angleterre. Ce dernier fait souvent allusion à la Saint-Valentin, jour où les amoureux choisissaient leur partenaire ou renouvelaient leur serment. Selon le comte d’Argenson, Charles d'Orléans aurait choisi ce saint comme patron des amoureux en souvenir de la « cour d'Amour » que tenait sa mère Valentine ViscontiMarc-René de Voyer d'Argenson, De la lecture des livres françois, première partie, Paris, chez Moutard, 1780, : texte en ligne.. Cependant, résidant alors en Angleterre, il est possible qu'il n'ait fait que de reprendre les mêmes sources folkloriques que Chaucer.
Valentin de Terni fêté le est désigné par l'Église catholique comme saint patron des amoureux en 1496, le pape lui donnant le titre de « patron des amoureux », ce qui n'empêche pas l'Église de combattre la tradition du valentinage...
En effet, le a été déclaré jour de la Saint-Valentin par le pape Gélase Ier, le troisième et dernier évêque de Rome, d’origine berbère. Il serait venu (selon certaines sources), de la province d'Afrique, appelée plus tard Ifriqiya et aujourd’hui connue sous le nom de Tunisie.
Les documents sont assez abondants jusque vers le milieu du . pour permettre de constater l'extension de la coutume dans l'aristocratie européenne puis sa diffusion dans les milieux populaires au , ce qui explique que la Vie des Saints d'Adrien BailletAndré Baillet, La vie des Saints, « XIX jour de février. S. Valentin prêtre et Martyr », Paris, 1704, col. 217-218. en 1704, ne mentionne pas encore, dans la rubrique consacrée à saint Valentin, qu'il serait le patron des amoureux. Cette coutume ne se déroule pas toujours le . Au cours de la semaine des valentines, ces dernières reçoivent une lettre de leur valentin qui propose de les accompagner le jour de la fête des brandons..
La Saint-Valentin en tant que fête commerciale se développe aux États-Unis au milieu du , avec la vente de cartes qui rappellent les petits billets que s'échangeaient le Valentin et sa Valentine..
La Saint-Valentin est devenue une fête laïque au . Plusieurs saints différents des premiers temps du christianisme, nommés , sont en effet l'objet de légendaires. Cette confusion des origines explique que la fête religieuse de Saint Valentin a été rayée du calendrier liturgique romain en 1969 par le pape ., mais a été conservée dans les calendriers régionauxCalendarium Romanum, Libreria Editrice Vaticana, Rome, 1969, ..
Aux , la Saint-Valentin reste une fête commerciale pour certains, une occasion de célébrer l'amour pour d'autres..
Coutumes contemporaines liées à cette fête
La fête est maintenant associée plus étroitement à l’échange mutuel de « billets doux » ou de valentins illustrés de symboles tels qu’un cœur ou un Cupidon ailé.
À l’envoi de billets au a succédé l’échange de cartes de vœux. Cependant, en Amérique du Nord, les échanges de cartes ne se font pas selon la conception européenne où la carte de la Saint-Valentin est envoyée à une personne « unique ». Il n'est pas rare qu'une personne y envoie une dizaine de cartes, et même que des élèves d'école primaire en envoient à leur maîtresse d'école. En Europe, on offre aussi des chocolats pour déclarer sa flamme à quelqu'un.
En France, le dessinateur Raymond Peynet est l'auteur d'illustrations emblématiques des couples d'amoureux dont l'une a été reprise sur un timbre « Saint-Valentin de Peynet » par la Poste en 1985.
À Strasbourg, un évènement lui est dédié depuis 2013 : Strasbourg mon amour, ainsi qu'à Nancy : Nancy, l'amour au cœur.
thumb|Carte de Saint-Valentin, vers 1910.
Les trois Valentin considérés comme saints fêtés le 14 février
Au moins trois saints différents nommés Valentin, tous trois martyrs, sont fêtés le .. Leur fête a été fixée à cette date par décret du pape , en 495. Ils sont mentionnés dans les premiers martyrologes : Valentin de Rome, un prêtre qui a souffert le martyre à Rome dans la seconde moitié du et qui a été enterré sur la Via Flaminia ; Valentin de Terni, un moine ou un prêtre, martyrisé à la même époque et décapité au même endroit ; Valentin de Rhétie, moine gyrovague et prédicateur du . Selon le Martyrologe romain de 1705, les deux premiers Valentin seraient en fait une seule et même personne, présentée sous ses deux fonctions successives... Son culte s'est propagé le long de la Via Flaminia, de Terni à Rome et jusqu'en Rhétie (Bavière) qui reçoit ses reliques, ce qui explique que l'on vénère sous le nom de Saint Valentin trois personnages différents qui n'en font en réalité ..
Origine médiévale en Angleterre La première mention du jour de la Saint-Valentin avec une connotation amoureuse remonte au en Angleterre, où l’on croyait que le était le jour où les oiseaux s'appariaient (lire entre autres « La Dame à la licorne »). Cette croyance est mentionnée dans les écrits de Geoffrey Chaucer au . Il était courant durant cette période que les amoureux échangent des billets et s’appellent chacun leur valentin. Un de ces billets du se trouverait à la . Il est probable que de nombreuses légendes sur la Saint-Valentin ont été inventées pendant cette période. Parmi ces légendes, on trouve celles-ci : la veille du martyre de saint Valentin, il a glissé un « valentin » à la fille du geôlier qui aurait lu « de la part de votre Valentin » ; pendant une période d’interdiction de mariage des soldats romains par l’empereur , saint Valentin arrangeait secrètement les mariages. Dans la plupart des versions de cette légende, le est la date liée à son martyre.
Ce fut Othon de Grandson, lors de la deuxième moitié du , poète et capitaine vaudois à la cour d'Angleterre, qui fit connaître cette coutume dans le monde latin, notamment à la cour de Savoie : trente pour cent de sa poésie est dédiée à cette tradition. Citons par exemple La Complainte de Saint Valentin (I et II), la Balade de Saint Valentin, La Complaincte amoureuse de Sainct Valentin Gransson, Le Souhait de Saint Valentin et Le Songe Saint Valentin. À titre d'exemple et pour illustrer le fait qu'au les amoureux désiraient être appariés le jour de la Saint-Valentin, voici des citations de l'œuvre d'Othon de Grandson : d'abord les deux premiers et le dernier vers de La Complainte de Saint Valentin (I) : « Je voy que chascun amoureux Se veult ce jour apparier, […] Le jour de la Saint Valentin. »Arthur Piaget, Oton de Grandson, sa vie et ses poésies, Lausanne, éd. Payot (Mémoires et documents publiés par la Société d'histoire de la Suisse romande, 3e série, tome I), 1941, p. 183 et 193.; ensuite, les deux derniers vers de la Balade de Saint Valentin : « Saint Valentin en prins en tesmoingnance Que nulle autre jamaiz ne choisiray. »Arthur Piaget, Oton de Grandson, sa vie et ses poésies, Lausanne, 1941, op. cit., p. 227..
Au début du , Charles d’Orléans fit connaître l'œuvre d'Othon à la cour de France. Il écrivit lui-même plusieurs poèmes dédiés à la Saint-Valentin. Par la suite, cette tradition se perdit dans le monde latin et .
Reliques des saints Valentin Il existe plusieurs saints, donc plusieurs sites : à Prades (Pyrénées-Orientales) se trouve une des têtes revendiquées de saint Valentin de Terni, conservée dans un buste-reliquaire de l'église Saint-Pierre. Cette relique provient de l'abbaye Saint-Michel de Cuxa qui l'avait acquise au ; à Dublin : au , des reliques d'un saint Valentin furent léguées par le pape à l’église des carmélites de la à Dublin, qui est alors devenue un lieu de pèlerinage pour le . En 1969, dans le souci d’épurer le calendrier catholique de tous les saints légendaires, l’Église a ôté le jour de la Saint-Valentin de son calendrier officiel ; à Roquemaure : depuis le , l’église de Roquemaure dans le Gard abrite des reliques de saint Valentin de Terni. En 1868, elles furent achetées à Rome par Maximilien Richard, riche propriétaire viticole du château de Clary de Roquemaure, qui les utilisa dans le but de protéger les vignobles du phylloxeraMaladie de la vigne qui ravagea le vignoble français au ., apparu là deux ans auparavant. Elles sont depuis sorties tous les deux ans, lors d'une grande fête commémorant la procession, le dimanche le plus proche du ; à Saint-Pierre-du-Chemin, en Vendée, église Saint-Pierre depuis 1847, et ; à Montignies-sur-Sambre, en Belgique, l'église Saint-Remy conserve quelques ossements de Valentin de Terni. Ceux-ci furent offerts par le pape en 1874 en remerciement du soutien des habitants lorsqu'il se trouva confiné au Vatican en 1870..
Les prétendues origines antiques dans les fêtes de la fertilité du mois de février Comme on peut le lire dans diverses publications, certains auteurs, folkloristes, narrateurs, conteurs ou sites commerciaux, désireux de donner un lustre d'antiquité à la fête de Saint-Valentin, n'hésitent pas à faire un rapprochement hâtif avec les Lupercales et signalent que l’association du milieu du mois de février avec la fécondité et la fertilité date de l’Antiquité. Ils rappellent même que dans le calendrier des , de l’Athènes antique, la période de mi-janvier à mi-février était le mois de Gamélion, consacré au mariage sacré de Zeus et de Héra, mais on peut difficilement croire, sans sources probantes, que son souvenir ait traversé deux mille ans d'histoireHenry Ansgar Kelly, dans : Chaucer and the Cult of Saint Valentine, Leyde, Brill, 1986, ; Jack B. Oruch, « St. Valentine, Chaucer, and Spring in February », dans Speculum, 56.3 (juillet 1981, ). alors que le calendrier attique avait depuis longtemps disparu vers le troisième siècle avant J.-C. et que son souvenir ne fut tiré de l'oubli que par les érudits de la Renaissance.
Certes, dans la Rome antique, le étaient fêtées les Lupercales ou festival de Faunus, le dieu de la fécondité, appelé Lupercus car il éloignait les loups. Les Luperques, prêtres de Lupercus, sacrifiaient des chèvres au dieu. Avec le couteau sanglant, les prêtres touchaient le front de deux jeunes patriciens, un garçon et une fille. Un bouc était ensuite sacrifié, et de sa peau étaient fabriquées des lanières. Les Luperques, semblables à une troupe de Faunes, couraient alors nus autour du Palatin en frappant, avec les lanières, les femmes qui se mettaient sur leur passage pour recevoir don de fertilité conformément à l'oracle de Junon, protectrice du mariage et de la maternitéOvide, Fastes, 2-265..
Néanmoins, cette fête antique, faisant renaître la sauvagerie primitive des temps rustiques de Rome, bien plus proche de certaines fêtes carnavalesques subsistantes, peut difficilement être assimilée à une fête des amoureux et cela d'autant plus que le mois consacré à Vénus était en réalité le mois d'avrilOvide, Fasti, 90, 4 : Aprilem memorant ab aperto tempore dictum / quem Venus inecta vindicat alma manu.. À partir des Kalendes d'avril durant trois jours les jeunes filles ornées de couronnes de fleurs se répandaient dans les rues, et, après avoir édifié des cabanes décorées de myrte, y célébraient la déesse Vénus dans des chœurs.
La Saint-Valentin dans le monde vignette|Carte anglophone de Saint-Valentin. vignette|Autre carte anglophone de la Saint-Valentin.