Le château de Rambouillet, ancienne résidence royale, impériale et présidentielle, est situé à Rambouillet, chef-lieu d'arrondissement du sud des Yvelines en France dans un parc de au sein de la forêt de Rambouillet.

Le château de Rambouillet est un lieu de calme pour les princes et les souverains. Éloigné de la cour du roi de France (Paris ou Versailles), les princes et chef de l'État se servent du domaine et du château comme un haut lieu de diplomatie : ils y convient leurs invités lors des chasses présidentielles ou lors d'événements internationaux de premier rang comme le premier sommet du G6 de 1975.

Une partie du domaine est classée au titre des Monuments historiques par arrêté du qui s'est substitué à ceux du , du , du , du et complète l'arrêté d'inscription du ...

Par le décret n°2024-472 du , le domaine de Rambouillet est devenu domaine national. Le château ainsi que les parties intérieures ont été classés au titre des Monuments historiques intégralement par ce décret.

Histoire Le manoir de la famille d'Angennes En 1368, Jean Bernier, chevalier, conseiller et maître des requêtes de l'hôtel du roi, prévôt de Paris, achète à Girard de Tournebu un manoir qu'il fait transformer en 1374 en un véritable château fortifié et entouré de douves. Ce château primitif est de plan pentagonal irrégulier, avec un corps de logis triangulaire cantonné de tourelles, une grosse tour, un châtelet d'entrée et une cour fermée de courtines. Ces transformations doivent se comprendre au regard de l'ordonnance de Charles V du prescrivant de fortifier tous les châteaux ; c'est aussi l'époque où Charles V fait construire la Bastille.

Dès 1384, Guillaume, fils de Jean Bernier, vend ce nouveau château à Regnault d'Angennes, écuyer et premier valet tranchant du roi. Il restera dans la famille d'Angennes pendant plus de trois siècles, jusqu'en 1699.

Pendant la guerre de Cent Ans, le château fut pillé et incendié entre 1425 et 1428. Jean II d'Angennes et son épouse Philippa du Bellay consacrèrent leur vie et une bonne partie de leur héritage à le rebâtir. Leur petit-fils, Jacques d'Angennes (1514-1562), capitaine des gardes du corps de François , agrandit le domaine en achetant les terres d'Auffargis et de Poigny, la châtellenie des Essarts-le-Roi et divers terrains alentour, constituant ainsi un domaine de chasse. Grand amateur de chasse, François vient souvent à Rambouillet. Il y meurt le d'une septicémie, selon la tradition dans la chambre haute de la grosse tour, qui a subsisté jusqu'à nos jours malgré les transformations considérables apportées au château.

Jacques d'Angennes fait, en outre, embellir le château. Au rez-de-chaussée, il fait aménager une grande salle dans le goût italien, aux murs recouverts de plaques de marbre, par le maître maçon Olivier Ymbert, architecte du proche château de Thoiry. Il fait également construire le grand escalier en brique et pierre.

En 1612, Louis XIII érige la terre de Rambouillet en marquisat au profit de la famille d'Angennes. C'est l'époque où Catherine de Vivonne, marquise de Rambouillet, épouse de Charles II d'Angennes, tient salon dans son hôtel de Rambouillet à Paris. Leur fille, Julie d'Angennes, est la dédicataire de la fameuse Guirlande de Julie. Elle épouse le Charles de Sainte-Maure à qui elle apporte en dot le domaine de Rambouillet. Celui-ci agrandit le domaine par d'importantes acquisitions entre 1670 et 1681 et fait redessiner les jardins. Il est possible que Jean-Baptiste de La Quintinie y ait créé un verger.

Fleuriau d'Armenonville et la création des jardins thumb|Restitution de la vue sur le parterre du château de Rambouillet, fin du . En 1695, à la mort de Marie-Julie de Sainte-Maure, duchesse d'Uzès, fille du duc de Montausier et de Julie d'Angennes, et veuve d'Emmanuel II de Crussol (1637-1692), d'Uzès, ses héritiers ne pouvant en assumer les frais, le domaine très hypothéqué est géré par des syndics. L'un d'eux, Joseph Fleuriau d'Armenonville, s'en porte acquéreur en 1699.

Fleuriau d'Armenonville, qui n'avait dépensé que pour acquérir le domaine, y engloutit plus de en l'espace de quelques années. Selon la tradition, c'est lui qui fait transformer les jardins à la française en créant une succession de parterres et de plans d'eau, alimentés par les nombreuses sources de ces terrains marécageux. Un canal est creusé dans l'axe de la façade sud-ouest du château et prolongé par un tapis vert. Un autre canal, perpendiculaire, longe les parterres de broderies qui s'étendent au pied du château. Au-delà de ces parterres sont aménagés trois bassins de formes différentes. Le parc est agrémenté de sculptures par Simon Mazière, Pierre Legros et René Frémin.

Le château des Bourbons Louis-Alexandre de Bourbon, comte de Toulouse et duc de Penthièvre, fils naturel légitimé de Louis XIV et de Madame de Montespan, amiral de France, souhaitant posséder un domaine de chasse non loin de Versailles, jette son dévolu sur Rambouillet. Fleuriau d'Armenonville est contraint de lui céder le domaine en 1706 pour la somme de .thumb|Le château vu des bassins.Le comte de Toulouse va considérablement développer et embellir le domaine. Il procède à d'importantes acquisitions foncières, ajoutant au marquisat de Rambouillet les terres de Saint-Léger-en-Yvelines, Montfort-l'Amaury, Gazeran et une bonne partie du duché d'Épernon. Il porte ainsi le domaine jusqu'à hectares. Le tout sera érigé en duché-pairie en Christophe Levantal, Ducs et Pairs... (1996), p 318. Lire les lettres patentes in Père Anselme, V-197 ss.. Il fait construire de splendides écuries et de vastes communs, reliés au château par un souterrain. Il fait également réaliser d'importants travaux au château même.

Une première campagne de travaux a lieu de 1706 à 1709, menée par les architectes du comte de Toulouse — nommés Jean Sarda et Michel Jumel — d'après les dessins et sous la direction de Pierre Cailleteau dit « Lassurance »Ph. Cachau, recherche dans le cadre de La diffusion du style rocaille de la marine à l'architecture. Genèse et conception du rocaille dans les bâtiments privés français, 1715-1735, programme du Centre Geschichte und Theorie der Architektur, Université des Sciences Appliquées, Aix-la-Chapelle, 2017-2020 ; Jean Blécon, « Pierre Cailleteau dit Lassurance, architecte au château de Rambouillet », in Bulletin Monumental, 1994-3, p.366-367, (lire en ligne).. Les façades sur cour sont homogénéisées et la cour est fermée par une grille semi-circulaire. L'aile est (aujourd'hui détruite) est dotée d'une façade incurvée sur le jardin et d'un escalier extérieur en fer à cheval. En , alors que l'essentiel de ces travaux est achevé, le château reçoit la visite du Grand Dauphin, du duc et de la duchesse de Bourgogne, de la princesse de Conti et de nombreux courtisans. Louis XIV lui-même vient deux fois rendre visite à son fils, en compagnie de Madame de Maintenon, la seconde fois en 1714, peu avant sa mort.

thumb|Vue du grand parterre du château de Rambouillet vers 1740, après la simplication des broderies en pelouses à l'intérieur des compartiments.

Lorsqu'il quitte le conseil de Régence en 1722, le comte de Toulouse se retire à Rambouillet. Il lance de 1730 à 1736 une seconde campagne de travaux sous la direction de l'architecte Claude Desgots et de l'entrepreneur des Bâtiments du roi, Jean-Blaise Legoux, assisté de Jean-Charles Garnier d'Isle, gendre de Desgots, et de Charles-François de l'Epée, architecte du roi et père du fameux abbé de l'Epée. Les travaux sont exécutés par Michel Jumel d'après leurs instructions. Elle vise à doubler l'aile ouest par la création d'un appartement dit « appartement d'assemblée ». En dépit de l'importance du projet, l'intervention de Desgots est relativement discrète. Il fait déplacer la tourelle d'angle pour ne pas bouleverser l'équilibre du château. La principale originalité est un balcon courant sur la façade le long du nouvel appartement, disposition qui était depuis longtemps passée de mode. Les aménagements intérieurs réalisés à la même époque et pour l'essentiel toujours en place sont en revanche d'un très grand luxe. Un très bel ensemble de boiseries sculptées est réalisé par les ornemanistes Marie Cané, veuve d'Etienne Robillon et Charles Rousseau, sculpteur des Bâtiments du roi. L'ensemble de ces travaux coûta la somme très élevée de de livres, d'après les comptes des Maisons et Finances du comte de Toulouse.thumb|Vue de la Grande Perspective du château de Rambouillet au (sans le boisement des îles).À la mort du comte de Toulouse en 1737, le domaine passe à son fils unique, Louis Jean Marie de Bourbon, duc de Penthièvre. Né à Rambouillet, ce dernier y passe beaucoup de temps et se consacre principalement à l'embellissement des jardins. Il fait développer le réseau de canaux pour constituer un ensemble d'îles et fait aménager 25 hectares du parc à l'anglaise avec fabriques, selon une mode qui commence alors à se répandre en France. La Chaumière aux coquillages, l'ermitage et le Kiosque chinois (voir ci-dessous) datent des années 1770-1780.

Rambouillet, une résidence royale vignette|Projet proposé vers 1783 par l'architecte Jean Augustin Renard pour la transformation du château de Rambouillet en résidence royale. Louis XVI qui, comme Louis XV, chasse souvent en forêt des Yvelines mais trouve trop exigu son château de Saint-Hubert, demande à son cousin le duc de Penthièvre de lui céder son château de Rambouillet. La vente est conclue le pour la somme considérable de de livres. Louis XVI envisage tout d'abord de faire reconstruire le château, mais les plans demandés à l'architecte Jean Augustin Renard ne sont pas concluants, compte tenu des contraintes du site, notamment la proximité de la ville et la présence du canal.

En définitive, le roi décide de conserver le château mais fait construire sous la direction de l'architecte Jacques-Jean Thévenin de vastes communs, pouvant accueillir , à la place des anciennes écuries, et de nouvelles écuries pour . Dans la ville, il fait construire l'Hôtel du Gouvernement pour le gouverneur de Rambouillet, Charles Claude Flahaut de La Billarderie, comte d'Angiviller, ainsi que le bailliage, la Vénerie.

Marie-Antoinette déteste le château de Rambouillet, dont elle trouve l'allure « gothique ». Elle appelle d'ailleurs la demeure tant aimée de son mari, « la gothique crapaudière ». Pour tenter de lui faire aimer le domaine, Louis XVI fait réaménager une aile pour des nouveaux appartements au goût du jour, fait construire dans le plus grand secret une ferme et une magnifique laiterie, inaugurée en juin 1787, et remanier les jardins par Hubert Robert dans le style anglais, pittoresque, qui plaît tant à la reine.

Le , un violent orage ravage plusieurs régions de France. Le roi venait alors de quitter le château de Rambouillet où d'énormes grêlons détruisent près de , les ardoises de l'édifice et un millier d'arbres...

Rambouillet au