L'économie du royaume du Maroc est une économie de marché d'inspiration libérale. L'État est un acteur important dans l'émergence économique du pays par le biais de stratégies nationales et comme investisseur.
Le PIB du Maroc a connu un taux de croissance annuel moyen de 11,5 % sur la dernière décennie et a atteint en 2021.
En 2021, les 3 principaux secteurs exportateurs du Maroc sont l'industrie automobile (35,7 %), le secteur agricole et agroalimentaire (22,5 %) et les phosphates, dont le Maroc détient les premières réserves mondiales..
Le tourisme joue également un rôle important pour l'économie marocaine. Représentant 7 % du PIB, il est à l'origine de près de directs qui font vivre plusieurs millions de personnes.. En 2018, les recettes générées par les visiteurs s’étant rendus au Maroc se sont élevées à près de 89 milliards de dirhams.
L'Union européenne est le plus important partenaire commercial du Royaume. Elle représente 53,1 % des importations du Maroc et 66,7 % de ses exportations.. Les 3 premiers pays fournisseurs du Maroc sont l'Espagne (15,6 %), la France (12,2 %) et la Chine (10,1 %).
Les grandes réformes et les grands chantiers entamés par le pays ont donné des bons résultats, notamment avec la hausse continue du PNB, et cela même durant les mauvaises saisons agricoles dues à des périodes de sécheresse.
Cependant, la vulnérabilité reste élevée. Le Maroc est ainsi considéré comme un des pays les plus inégalitaires en Afrique.. La mobilité sociale est très faible et les patrimoines reposent avant tout sur l'héritage.. Certaines données montrent qu'un fils d’un cadre supérieur marocain a beaucoup plus de chances d’appartenir à la même catégorie sociale que son père qu'un fils d'ouvrier.
Au premier trimestre de l’année 2025, l’économie marocaine a affiché un taux de croissance de 4,8 %, marquant une nette accélération par rapport aux 3 % enregistrés à la même période en 2024, selon les données du Haut-commissariat au plan (HCP). Cette performance a été soutenue par une reprise simultanée des secteurs agricoles (+4,5 %) et non agricoles (+4,6 %), ainsi que par une expansion significative de la demande intérieure (+8 %). Le dynamisme du secteur secondaire, en particulier dans le bâtiment et les travaux publics (+6,3 %) ainsi que les industries de transformation (+3,4 %), s’est accompagné d’une forte progression dans le tertiaire, notamment l’hébergement-restauration (+9,7 %) et les services publics (+5,3 %). Le secteur primaire, quant à lui, a connu un rebond de 4,3 %, contrastant avec la contraction observée un an plus tôt. Toutefois, le commerce extérieur a exercé un effet récessif, avec une contribution négative de 3,8 points à la croissance, les importations (+9,8 %) ayant crû plus rapidement que les exportations (+2,2 %). À prix courants, le PIB a augmenté de 6,9 %, reflet d’un ralentissement de l’inflation à 2,1 %. L’investissement brut a enregistré une progression remarquable de 17,5 %, atteignant 28,8 % du PIB, tandis que le taux d’épargne nationale a reculé à 26,8 %, engendrant un besoin de financement estimé à 2 % du PIB.
Histoire économique du Maroc Avant le Pendant plusieurs siècles, l’économie marocaine s'est contentée d’être une économie de subsistance formée principalement de paysans et d'artisans, ces derniers fabriquant notamment armes, broderies, tissus, poteries, cuir, meubles et bijoux..
La structure des échanges économiques internes et externes a peu évolué du fait de la suffisance de la richesse engendrée par les échanges commerciaux avec l’Afrique subsaharienne. Par ailleurs, l’état de guerre continue avec l’Europe depuis l'exode des mauresques et la fin de l’existence musulmane dans la péninsule ibérique ont fortement limité les échanges avec l’Europe, ce qui n'empêche pas la France et le Royaume-Uni d'être les principaux partenaires commerciaux du pays à la fin du .
La modernisation de l’économie du pays était à la traine devant les hostilités des puissances européennes, l'instabilité de régime de gouvernance et le manque de vision chez les dirigeants de l’État marocain à cette époque. Il n'y a pas eu d’études économiques enseignées au Maroc avant le et par conséquent pas de réel système bancaire ou d'assurance, ni de grands projets d'investissements, ni de projets d'industrialisation, et d'urbanisation..
Par ailleurs, une grande partie de la société s'est longtemps interdite tout contact avec l'Occident et les rares échanges se faisaient via des intermédiaires marocains de confession juive, dont certains reçoivent d'importants privilèges. et dans une moindre mesure de population dite maure (i.e. d'origine andalouse).. Quelques bribes d'industrialisation ont toutefois existé dans les villes côtières ayant d'importants contacts avec l'Europe, sans diffusion dans le pays..
Pendant le protectorat
Le protectorat français au Maroc a duré de 1912 à 1956. Durant cette période, l'économie du Maroc a connu des transformations.
Sous le protectorat, l'agriculture marocaine a été réorientée vers la production de cultures commerciales destinées à l'exportation, telles que les agrumes, les olives et les céréales. Les colons français ont introduit des techniques agricoles modernes, souvent au détriment des petites exploitations agricoles locales, qui ont été marginalisées.
L'industrie marocaine a commencé à se développer sous le protectorat, avec la construction de nombreuses infrastructures, telles que des routes, des chemins de fer et des ports. Les Français ont également investi dans l'exploitation des ressources naturelles, notamment les phosphates, qui sont devenus une exportation majeureBernard, Charles-André. Le Maroc sous le protectorat français (1912-1956). Paris: Éditions du Seuil, 2000..
Le commerce a été largement contrôlé par les autorités françaises, qui ont établi des liens commerciaux étroits avec la métropole. Les produits marocains étaient souvent exportés vers la France, tandis que des biens manufacturés français étaient importés au MarocRivet, Daniel. Le Maroc de Lyautey à Mohammed V: Le double visage du protectorat. Paris: Denoël, 1999.. Cette relation commerciale asymétrique a favorisé les intérêts économiques français.
Les autorités coloniales ont mis en place un système financier moderne, y compris la création de banques et l'introduction forcée de la “monnaie moderne”, bien que des monnaies déjà développées étaient utiliséesEl Mansour, Mohamed. L'économie marocaine durant le protectorat: une perspective historique. Casablanca: Éditions Maghrébine, 1995.. Cependant, l'accès au crédit était souvent limité aux colons français et aux grandes entreprises, laissant de côté la population marocaine locale.
Le développement économique sous le protectorat a souvent profité davantage aux colons français qu'à la population marocaine locale. Les réformes agraires et les investissements dans les infrastructures ont parfois conduit à la confiscation de terres et à la marginalisation des agriculteurs marocains. De plus, les Marocains ont souvent été exclus des postes administratifs et économiques importantsPennell, C.R. Morocco Since 1830: A History. New York: New York University Press, 2001.. Histoire économique contemporaine du Maroc indépendant
Elle peut être subdivisée en deux grandes phases. La première phase est celle d’un « développement protégé » que les économistes auraient tendance à qualifier de modèle de l’import substitution (théorie de Friedrich List) et la seconde période est celle qui débute avec les années 1980 marquées par un revirement de sa politique macroéconomique en faveur d’une grande ouverture économique.
Les décennies protectionnistes L’expérience de l’industrialisation par substitution déclenchée dans les années 1960 et renforcée dans les années 1970 avait épuisé ses effets. En devenant contre-productive, cette politique de développement n’a pas su transformer les opportunités qu’offrait le protectionnisme en avantages structurels. La protection a alimenté des situations de rente particulièrement dans le secteur secondaire même si certaines industries comme celles du textile ont assuré durant la décennie 70 un rôle dynamisant sur le plan des exportations. Cet avantage comparatif s’est vite réduit à la suite du coup de boutoir de la concurrence asiatique dès la décennie 90.
Dans ce contexte, Joseph Schumpeter dirait : « la bourgeoisie a accumulé des richesses à l’ombre de l’État sans innover pour s’adapter aux lois de la concurrence ». Par conséquent, le surendettement de l’économie du Maroc a conduit, dès le début des années 1980, à un diagnostic mettant en relief les déséquilibres macroéconomiques : déficit budgétaire croissant, creusement du déficit extérieur et un taux d’inflation fortement alimenté par une demande globale sans contrepartie sur le plan d’une production diversifiée et innovante capable de tenir tête à la concurrence internationale.
Avec la chute du prix des phosphates (la malédiction des ressources), l’économie marocaine plonge dans le rouge dès la fin de la décennie 80. Parallèlement, l’économie informelle a pris aussi le relais dans la nécessaire régulation économique et sociale. Cette fragilité se retrouvait reflétée par les trop fortes oscillations de son taux de croissance durant les années 1980. Malgré un recul relatif de la part du secteur agricole dans la structure du PIB, celui-ci reste fortement corrélé à la pluviométrie. C’est un paradoxe statistique permanent de l’économie marocaine.
Les effets des réformes libérales À partir des années 1990, une opération de grande envergure pour la privatisation des entreprises publiques est menée par le roi.
L'État Marocain a procédé à une vague de privatisations pour collecter les financements nécessaires soit pour faire avancer ses grands projets, soit pour payer les salaires des fonctionnaires (Budget de fonctionnement). L'État a procédé à la privatisation de juste après le vote de la loi de la privatisation . On peut lister les entreprises suivantes : Maroc Telecom (l'État dispose encore de 30 % du capital de cette compagnie) ; La Régie des Tabacs ; CTM ; ; La Samir CIOR CIH BMCE Le groupe français Accor a ainsi pu acquérir six hôtels de la chaîne marocaine Moussafir et la gestion du palais Jamaï de Fès. Cette opération de privatisation permet d’une part aux notables marocains proches du pouvoir de contrôler les entreprises publiques les plus en vue, et, d’autre part, aux sociétés françaises d’opérer un retour en force dans l'économie du pays. La famille royale acquiert notamment le groupe minier Monagem.
Depuis l’accession au pouvoir du Roi Mohammed VI, l’économie marocaine favorise le développement de conglomérats:
On peut citer : Groupe ONA et la Société nationale d'investissement devenue Al Mada Ynna Holding Akwa Group Groupe Holmarcom O Capital Group (ex-Finance Com)
Le Maroc a également une meilleure compréhension des enjeux mondiaux et adapte son économie en conséquence. On peut notamment citer le développement des filières automobiles et aéronautiques. Le principal défi actuel est le développement d’un tissu de PME mais cela reste malheureusement fortement dépendant du renforcement de l’État de droit (pour la création d’entreprise et les risques d’impayé) ainsi que du niveau d’éducation (Mansouri, El Morchid, Ziky and Rigar, 2006.
Histoire économique récente