La grotte de Bara-Bahau (ou Bara-Bao) est une grotte ornée située dans la commune du Bugue, dans la vallée de la Vézère, en Dordogne, dans la région Nouvelle-Aquitaine, en France. Elle présente un intérêt géologique, notamment par ses concrétions excentriques, et surtout préhistorique, par les gravures pariétales qu'elle abrite. Elle tient son nom d'une onomatopée de l'occitan local qui signifie « badaboum », en référence à des blocs effondrés visibles dans la première salle. Propriété privée ouverte au public, elle a été classée monument historique en 1961, consultée le 17 mai 2011.

Situation

La grotte est située dans la commune du Bugue, dans le Périgord noir. Elle s'ouvre dans une colline située en rive droite du ruisseau de Ladouch, petit affluent de la rive droite de la Vézère. C'est le plus méridional des sites préhistoriques de la vallée de la Vézère.

Historique

La première partie de la cavité était connue depuis toujours. La partie profonde de la grotte, renfermant les gravures, ne fut en revanche découverte que le , par le spéléologue français Norbert Casteret et sa fille Maud, qui fut la première à reconnaître les gravures pariétales.

Expertisées le par l'abbé Henri Breuil, les gravures furent relevées et étudiées par l'abbé André Glory en 1955 puis plus tard par Brigitte et Gilles Delluc.

L'étude géologique fut confiée à Frédéric-Marie Bergounioux qui pratiqua en 1960 près de l'entrée de la grotte plusieurs sondages dont l'un profond d'une vingtaine de mètres.

Sur la planète Mars, en , l'une des cibles d'analyses poussées effectuées sur un affleurement rocheux par l'astromobile Curiosity de la NASA, a été baptisée d'après la grotte, comme d'autres cibles le furent précédemment d'après d'autres toponymes français Catherine O'Connell-Cooper, , NASA Science, Mars Exploration Program, , consulté le .

Description

Creusée dans des calcaires argileux du Campanien 3, la grotte se développe sur pour une hauteur allant de 3 à et une largeur de 8 à . Elle se divise en deux parties : une galerie s'ouvrant par un large porche sur l'extérieur et une deuxième salle (rotonde) lui faisant suite et renfermant les gravures pariétales.

Gravures pariétales

Les figures pariétales, au nombre de 26, sont réunies en un unique panneau disposé sur la paroi gauche au plafond de la deuxième salle. Elles ont été tracées sur un calcaire tendre incluant de nombreux nodules de silex, qualifié de « fromage blanc » par André Glory.

Disposées sur trois niveaux superposés, les gravures se divisent en deux thèmes : 18 représentations animalières (équidés, bovidés : aurochs et bisons, un ours, un cervidé (renne ?), un bouquetin et des animaux indéterminés), dont certaines de grande dimension. 8 signes (quadrangulaires, bâtonnets, macaronis…) dont deux sont des représentations humaines partielles : une main gravée et un phallus.

Les équidés représentent 55 % du bestiaire et les bovidés 25 %.

Longtemps considérées comme aurignaciennes, André Leroi-Gourhan proposa d'attribuer les gravures au Magdalénien ancien-moyen (style IV). Cette attribution fait consensus aujourd'hui, après les travaux de Brigitte et Gilles Delluc.

Vestiges lithiques

Les dépôts sédimentaires des deux salles ont livré, au cours de travaux d'aménagement de la grotte, de rares vestiges lithiques, notamment des lames d'allure aurignacienneAujoulat et Dauriac, 1984.

Ours des cavernes

Une occupation animale de la cavité antérieure à la réalisation des gravures est en outre attestée par de nombreux ossements d'ours des cavernes (Ursus spelaeus), trouvés dans le sol de la deuxième salle, et par des griffades profondes rendant parfois ardue la lecture des gravures.

Protection

Par arrêté du , la grotte de Bara-Bahau a été classée monument historique.

Exploitation touristique

La grotte a subi de nombreux aménagements destinés à faciliter l'accès des visiteurs aux gravures (nivellement du parcours souterrain, abaissement du sol sous les gravures, éclairages, escaliers et rampes) et leur lecture (négatoscope des gravures à disposition des visiteurs).

Cette grotte ne pose aucun problème de conservation et accueille annuellement environ Franck Delage, « Le Parc reprend Bara-Bahau » et « De quoi attirer « l'Homo touristicus » dans la grotte », Sud Ouest édition Dordogne, 14 avril 2017, .

Une exposition pédagogique comprenant des explications et des reproductions d'œuvres préhistoriques est présente à l'entrée de la grotte.

En 2017, l'exploitation touristique a été reprise pour cinq ans par les dirigeants du parc du Bournat, situé également au Bugue.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie . . . . . . . . .

Articles connexes Liste des monuments historiques de l'arrondissement de Sarlat-la-Canéda

Liens externes L'histoire de la grotte de Bara-Bahau sur le site www.albuga.info.

Bara-Bahau Bara-Bahau Bara-Bahau Bara-Bahau Bara-Bahau Bara-Bahau Bara-Bahau Bara-Bahau Catégorie:Monument historique en Dordogne Catégorie:Monument historique classé en 1961 Catégorie:Site classé ou inscrit en Dordogne