Étienne Daho, né le à Oran (Algérie française), est un auteur-compositeur-interprète, acteur et producteur français.
Issu de la vague du rock rennais du tout début des années 1980, il connaît le succès en France grâce à des titres pop (Le Grand Sommeil, Week-end à Rome, Tombé pour la France...), genre musical dont il devient l'une des références françaises avec les albums Pop Satori (1986), Pour nos vies martiennes (1988) et Paris ailleurs (1991).
À la fin des années 1990, il choisit de moins s'exposer médiatiquement mais continue de connaître un succès aussi bien public que critique : Victoire de la musique de l'album pop-rock pour L'Invitation en 2007, Grand Prix SACEM pour Les Chansons de l'innocence retrouvée en 2013. Il obtient par ailleurs une Victoire d'honneur aux Victoires de la musique 2018 , la Grande Médaille de la chanson française 2021 décernée par l'Académie française et le Grand Prix Spécial de la Sacem 2024
Étienne Daho a également collaboré avec une multitude d'artistes français et internationaux tels que Jacques Dutronc, Charlotte Gainsbourg, Alain Bashung, Françoise Hardy, Daniel Darc, Astrud Gilberto, Maïwenn, Christophe, Saint Étienne, Jane Birkin, Air, Brigitte Fontaine, Jacno, Jeanne Moreau, Bill Pritchard, Orchestral Manoeuvres in the Dark, Philippe Katerine, Vanessa Paradis, Catherine Deneuve, Dani, Lio, Lou Doillon, Dominique A, Debbie Harry ou encore Marianne Faithfull.
Biographie Enfance et adolescence Né le , Étienne Daho vit ses premières années à Oran (Algérie française), entouré de ses deux sœurs aînées. Son père Étienne, riche héritier kabyle., militaire de carrière et musicien porté sur la fêteÉtienne Daho, interrogé par Hugo Cassavetti, Télérama, 11 novembre 2006., abandonne la famille. Sa mère, Lucie Douma, travaille et confie l'enfant à ses grands-parents, des immigrés espagnols qui tiennent une épicerie-café dans le petit village du Cap Falcon, station balnéaire située à une vingtaine de kilomètres d'Oran. Le commerce, devenu Chez Sonia, est par la suite tenu par les tantes Rosine et Sonia. C'est là que le père se présente un jour pour dire adieu à son fils âgé de 4 ans ; il ne le reverra plus.
Après avoir connu l'insouciance de la vie dans un village de bord de mer, il retourne à Oran : dans les deux dernières années de la guerre d'Algérie (1961 et 1962), la ville est en proie à un déchaînement de violence. L'enfant est alors placé pour quelques mois dans une pension lugubre, dirigée par un individu qui l'effraie. Il retrouve ensuite le Cap Falcon, où il poursuit tant bien que mal son cursus scolaire dans une classe de trois élèves (17, 12 et ). Sa mère étant bloquée en Algérie pour des raisons administratives (n'étant pas divorcée, elle doit obtenir l'accord de son mari pour quitter le pays), il suit sa tante Francine en septembre 1964, qui l'emmène chez elle à Reims où il est inscrit dans une école religieuse très sévère.
À la fin de l'année 1964, le mari de sa tante est muté à Rennes, ville dans laquelle sa mère et ses deux sœurs le retrouvent et s'installent (dans une cité du quartier de Maurepas). Sa mère trouve un emploi de secrétaire dans une entreprise de produits chimiques. Après avoir étudié au collège des GayeullesÉric Chemouny, Pierre Fageolle, Étienne Daho, Hors Collection, 1999, ., puis de 1972 à 1975 au lycée ChateaubriandÉtienne Daho, lettre à Laura Vercelletto, , 2008, ., il s'inscrit à l'université de Haute-Bretagne où il tente un DEUG d'arts plastiques et une licence d'anglais : Sous l'influence musicale de ses sœurs, il découvre alors la pop anglaise et les artistes de la Motown. La musique devient véritablement sa passion grâce à l'achat de deux disques : The Velvet Underground and Nico (dont la pochette l'intrigue) et le premier album de Pink Floyd (The Piper at the Gates of Dawn) qui lui permettra de découvrir Syd Barrett. Ses goûts musicaux vont de Serge Gainsbourg au Velvet Underground., des Beach Boys au rock. Il séjourne très fréquemment à Londres et à Manchester pour y travailler et découvre la scène punk en 1976, année où il commence à écrire des chansons.
Débuts Alors qu'il poursuit ses études. , il fait partie de l'entourage d'Hervé Bordier (le futur créateur des Transmusicales de Rennes), qui à l'époque organise des concerts et des expositions. Daho en profite pour créer une association, afin d'organiser un concert des Stinky Toys pour son anniversaire. Le concert lui permet de rencontrer Elli Medeiros et Jacno, et une solide amitié va se nouer entre eux. Encouragé par ses amis des groupes Marquis de Sade et Stinky Toys, il fait ses débuts sur scène aux Transmusicales de Rennes avec le groupe Entre les deux fils dénudés de la dynamo en 1979, puis en solo en décembre 1980. Il enregistre une maquette de cinq titres avec l'aide de Franck Darcel et des musiciens du groupe Marquis de Sade, et démarche les maisons de disques. Il est alors repéré par Virgin et devient l'une des premières signatures françaises du label.
L'enregistrement de son premier album, Mythomane (1981), a lieu à Paris avec les musiciens de Marquis de Sade et Jacno à la production. Malgré de bonnes critiques dans la presse spécialisée, l'album passe inaperçu. Étienne Daho enregistre alors un nouveau single Le Grand Sommeil, qui connaît un succès d'estime lui permettant d'enregistrer un second album.
Produit par Frank Darcel, l'album La notte, la notte sort en mars 1984 et est illustré par un portrait de Pierre & Gilles.. Deux singles en sont extraits : Sortir ce soir et surtout Week-end à Rome, son premier grand succès. La chanteuse Lio interprète les passages en italien du morceau. et participe au clip.. Il fait un premier Olympia à guichets fermés le 18 avril 1985, et Les Enfants du rock lui consacrent un portrait dans lequel il chante en duo avec Françoise Hardy (avec laquelle il se liera d'amitié). L'album est alors certifié double disque d'or pour plus de vendus. et il reçoit le Bus d'Acier de l'artiste rock de l'année 1985. Fort de ce succès, il enregistre un mini-album, Tombé pour la France. Le single éponyme, dont le clip est réalisé par Jean-Pierre Jeunet, se classe au Top 50Classements d'Étienne Daho.
Le troisième album, Pop Satori (1986), est enregistré à Londres avec le groupe Torch Song (dont le leader William Orbit sera plus tard le réalisateur artistique entre autres de Blur et Madonna) et coréalisé par Daho et Arnold Turboust. L'enregistrement est conflictuel, William Orbit ne passant que rarement au studio et envoyant, pour le remplacer, son manager. Le seul membre du groupe qui participera à la réalisation artistique sera Rico Conning. Étienne Daho et Arnold Turboust décident de rentrer à Paris pour terminer les enregistrements. Porté par les singles Épaule tattoo (dont le clip est réalisé par Philippe Gautier) et Duel au soleil, l'album reçoit des critiques élogieuses et est certifié disque de platine.. La presse spécialisée parle alors de « Dahomania ». Le chanteur enchaîne les projets, comme la participation aux films d’Olivier Assayas et Virginie Thévenet et la production d'artistes pour son label (Robert Farel, Les Max Valentin et la chanteuse Dani).
Succès Il confirme son succès avec l'album Pour nos vies martiennes (1988), certifié disque de platine, dont la pochette est signée Guy Peellaert. Pour la première fois, l'album sort simultanément dans huit pays. Enregistré à Londres et ouvertement inspiré par les productions noisy pop britanniques, comme celles du groupe The Jesus and Mary Chain, il est soutenu par les singles Bleu comme toi et Des heures hindoues. La tournée Tour Martien, qui fait escale au Marquee de Londres, donne lieu à l'album Live ED et au film Tant pis pour l'Idaho de Bertrand Fèvre, dans lequel il chante en duo avec Chris Isaak. Il continue les collaborations musicales (Arthur Baker, Working Week) et produit les disques de Daniel Darc, Bill Pritchard et Lio.
L'album Paris ailleurs est enregistré à New York pendant l'été 1991. Carlos Alomar (guitariste de David Bowie), initialement pressenti pour coproduire l'album, est remercié au bout de quelques jours. C'est finalement avec Édith Fambuena (des Valentins) qu'Étienne Daho produit l'album. Sorti en décembre 1991, l'album se vend à plus de , porté par les titres Saudade, Des attractions désastre, Comme un igloo, Un homme à la mer et Les voyages immobiles (dont le clip est réalisé par Michel Gondry). La tournée Tour Paris Ailleurs passe dans 14 pays, et donne lieu à l'album Live Daholympia (enregistré à l'Olympia), qui reçoit un double disque d'or..
En 1992, il monte le projet Urgence : 27 artistes pour la recherche contre le sida, un album sur lequel il réunit les plus grands artistes français et reprend "Dommage que tu sois mort" de Brigitte Fontaine. Les gains (12 millions de francs) sont remis en mains propres par Étienne Daho au professeur Luc Montagnier de l'Institut Pasteur. Cette implication. lui vaudra durant l'année 1995 une rumeur malveillante de maladie puis de mort du sida.
En 1993, il se classe du Top 50 avec une reprise d'Édith Piaf, Mon manège à moi, enregistrée originellement pour la compilation Piaf-Fréhel, ma grand-mère est une rockeuse.
En 1995, il produit quatre titres de l'album Genre humain de Brigitte Fontaine (qu'il fait signer chez Virgin), produit l'album Faux témoin de Jacno et chante avec Jacques Dutronc Tous les goûts sont dans ma nature (le clip sera interdit sur les chaînes de télé, car jugé provocant. ). Il s'installe à Londres pour composer son nouvel album.
« La résurrection » En 1995, il enregistre Reserection (titre ironique par rapport à une rumeur qui, en 1994, l'annonce mort du sida), une parenthèse trip-hop avec le groupe Saint Étienne. Brigitte Fontaine coécrit avec lui le texte de Jungle Pulse tandis qu'Étienne Daho adapte trois titres de Saint Étienne, Filthy, Suburban Autumn Lieutenant et Paper. Ces derniers font un hit au Royaume-Uni avec He's on the Phone (11 au Top 40), une adaptation de Week-end à Rome. La même année, Daho coproduit l'album Genre humain de Fontaine qui signe le retour définitif de la diva sur le devant de la scène française.
Il écrit ensuite l'album Éden en 1996, réalisé à Londres avec Arnold Turboust. Pour Daho qui travaille avec Zdar (du groupe Cassius) depuis huit ans, c'est l'occasion de créer le successeur de Pop Satori. On y retrouve entre autres Elli Medeiros, the Comateens, The Swingle Singers et surtout Astrud Gilberto pour le duo Les bords de Seine. Même si l'album est certifié disque d'or., celui-ci est mal reçu par une partie du public. et perçu comme un échec commercial. . Déroutant à sa sortie, cet album mixé par Mark Stent est considéré aujourd'hui comme un de ses meilleurs enregistrements.. La couleur très électro de l'album amène Étienne Daho à relever le défi technique et artistique de la transposition sur scène des univers d'Éden. C'est à Jean-Louis Hennequin, déjà connu pour ses collaborations avec Barbara, qu'il confie la responsabilité de cette transposition qui . Le Kaléidoscope tour s'arrête à L'ICA de Londres, après avoir été enregistré aux Transmusicales de Rennes. Cet enregistrement reste toujours inédit, à l'exception de la version live de Sur mon cou (sur un texte de Jean Genet mis en musique par Hélène Martin).
En 1998, il publie sa première compilation Singles, qui s'écoule à plus de ., incluant l'inédit Le Premier Jour (Du reste de ta vie) (adaptation du titre Ready or Not de Sarah Cracknell). Il écrit L'Autre moi pour Jane Birkin et Le Premier de nous deux pour Sylvie Vartan, chante en duo Dis-lui toi que je t'aime avec Vanessa Paradis à la soirée des Enfoirés et Eucalyptus avec Zazie sur la compilation Ensemble.