Félix-Amand-Marie Jobbé Duval, né le à Carhaix et mort le à Paris, est un peintre et homme politique français.

Républicain, il participe à la Révolution de 1848 et à la Commune de Paris. Sous la Troisième République, il est élu du conseil municipal de Paris et rejoint la Franc-maçonnerie à la loge des "Zélés philanthropes".

Biographie Félix Jobbé-Duval commence ses études à la pension Bourriment, à Landerneau, où son père, géomètre au cadastre du Finistère en mission à Carhaix, lors de sa naissance, est affecté, et les achève au collège de La Tour d'Auvergne à Quimper. Ses talents pour le dessin lui valent une bourse attribuée par le conseil général qui lui permet de mener des études artistiques à Paris.

En 1840, il entre à l'École des beaux-arts de Paris dans l'atelier de Paul Delaroche., puis dans celui de Charles Gleyre en 1843..

Jobbé-Duval est admis à concourir cinq fois, sans succès, au prix de Rome. Son style privilégie l'expression des sentiments par un geste accentué, d'où une ampleur qui s'exprime avec aisance dans des œuvres monumentales.

L'artiste Jobbé-Duval débute au Salon des artistes français, en 1841, par le portrait de M. Kgroen, et exposera presque chaque année de 1841 à 1886.. En 1851, il obtient une médaille de classe avec le tableau : le Jeune Malade ; un rappel, en 1857, avec le Calvaire, le Rêve, effet de brume, et les Juifs chassés d’Espagne en 1492 sont en partie sur les môles de Gênes.

Il peint de paysages bretons, et exécute des décors monumentaux pour l'ancien Parlement de Bretagne à Rennes. À Paris, on lui commande les décorations des églises : église Saint-Gervais-et-Saint-Protais, église de la Sainte-Trinité, église Saint-Séverin, église Saint-Sulpice, et pour l'hôtel de ville de Lyon.

Un de ses plus importants tableaux : Toilette d’une fiancée, a été acquis par l’État, et plusieurs de ses portraits ont été reproduits en tapisserie par la manufacture des Gobelins. Il était également directeur de l’École municipale de dessin du arrondissement.

Carrière politique gauche|vignette|278x278px|Felix Jobbe-Duval vers 1870 photographié par Bacard. De son vivant, sa renommée d'homme politique fut supérieure à sa renommée artistique. Homme de gauche, laïque et franc-maçon, il est influencé par les théories de Charles Fourier. Il participe activement aux journées révolutionnaires de 1848. En 1870, le gouvernement de la Défense nationale le nomme adjoint au maire du de Paris« Félix Armand Jobbé-Duval, peintre académique et républicain radical », résumé d'un article d'Anne-Marie Bel in Bulletin de la Société historique et archéologique du de Paris, nº 34., où il réorganise la Garde nationale d'un quartier ouvrier. Le , à la suite d'une altercation, les gardes nationaux ont désarmé un capitaine de la garde mobile et celle-ci s'apprête à ouvrir le feu. Avec le de gardes nationaux, Jobbé-Duval entre dans l'hôtel de ville de Paris afin d'éviter une confrontation sanglante.

Pendant la Commune de Paris, il ne participe pas aux batailles qui ont lieu de l'autre côté de la Seine et, lors des élections municipales, il est élu premier adjoint au maire du avec plus de d'avance. Il est aussi président du Conseil des familles pour la garde nationale de marche, et bientôt, pendant toute la durée de la Commune, il ne cessera d'être un membre actif de la Ligue des droits de Paris. Condamné, puis amnistié pour son implication dans la Commune, il siège ensuite au conseil municipal de Paris, après avoir été élu le dans le quartier Necker du . Il y fut réélu jusqu'à sa mort.

En 1877, à l'écoute de ses administrés, il fait subventionner l'établissement des jeunes incurables tenu par le frères de saint Jean de Dieu et créer un établissement laïc similaire ainsi qu'un réseau d'orphelinats municipaux. En 1883, il est désigné pour représenter la Ville à l’Exposition de Boston.

Candidat aux législatives de 1876 pour la Chambre des députés, il n’obtint que 998 voix sur .

Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1861.

Dernières années vignette|Portrait présumé de Van Gogh avec Gauguin, Émile Bernard, Félix Jobbé-Duval et André Antoine (vers 1887), photographie anonyme. Jobbé-Duval a fait don à la Ville d'un tableau figurant les membres du bureau du conseil municipal de Paris prenant possession des locaux de l'hôtel de ville reconstruit en 1883. Le peintre y a peint son autoportrait.

Une photographie anonyme, découverte en 2015, le montre chez André Antoine, rue Blanche, vers , assis aux côtés des peintres Arnold Koning, Émile Bernard, Vincent van Gogh (?), et Paul Gauguin : c'est à ce dernier qu'il conseilla un an plus tôt d'aller peindre à Pont-Aven« Van Gogh et Gauguin réunis sur une photo », L'Express, ..

En 1844, il réside 10, rue du Dragon à ParisCatalogue de l'Exposition au Palais Royal en 1844., et à la fin de sa vie, au 12, rue Sainte-Élisabeth à ParisVoir son acte de décès référencé sur Wikidata., où il a succombé à une hémorragie cérébrale.. Il repose au cimetière du Montparnasse, dans la division.

Une rue du de Paris porte son nom.

Famille Son père, Thomas-Félix, avait épousé Charlotte Le Tournoulx de Villegeorge, Rennaise comme lui, le . Félix Amand Marie est leur quatrième enfant. Le , il épouse Marie Louise Sophie Jacquemart à ParisArchives de Paris, acte de mariage de l'état civil reconstitué, vue 43/51.

Les Jobbé-Duval constituent une famille d'artistes sur cinq générations, comprenant son fils Jacques Auguste (Paris 1854 - 1942 Angles-sur-L'Anglin)) et sa petite-fille Andrée. Son cousin germain, le décorateur Auguste Louis Jobbé-Duval a eu trois fils : Frédéric Jobbé-Duval (1846-1929), architecte (père de l'illustrateur Félix Pol Jobbé-Duval) ; Auguste Jobbé-Duval (1847-1932), décorateur ; et Gaston Jobbé-Duval (1856-1929), artiste peintre, père de Gaston Jobbé-Duval (fils), également peintre.

Œuvres dans les collections publiques

alt=La Toilette de la fiancée, musée d'Art et d'Histoire de Dreux.|vignette|La Toilette de la fiancée, musée d'Art et d'Histoire de Dreux. vignette|redresse|Fleurs, musée des Beaux-Arts de Reims. Auguste Louis Jobbé duval alt=Plafond de l'escalier de l'hôtel de Courcy, Rennes.|vignette|Plafond de l'escalier de l'hôtel de Courcy, Rennes. "La Vérité triomphant sur le temps" , Gaston Jobbé Duval, 1887 Bordeaux, palais de justice. Chartres, musée des Beaux-Arts : La Conscience soutient le Devoir, toile, , exposé en 1865, don de l’État à la même date ; « La Conscience est représentée par une femme debout, en robe blanche, soutenant une femme en robe rouge tenant un enfant nu dans ses bras et défaillante, sur un rocher, avec un fond de ciel bleu. », p. 21.. Dreux, musée d'Art et d'Histoire de Dreux : La Toilette de la fiancée, huile sur toile, dépôt du FNAC (inv. D952.014.001). Grenoble, musée de Grenoble : Portrait d'Antoine Jacquet, dit de Grenoble. Landerneau, église Saint-Houardon. Laval, musée du Vieux-Château. Le Mans, musée de Tessé. Lodève, église Saint-Pierre-aux-Liens : La Vie de saint Pierre, cycle de sept tableaux. Lyon : Grande salle des fêtes de l’hôtel de ville. musée des Beaux-Arts.

Montfort-sur-Meu : Église Saint-Louis-Marie-Grignion-de-Montfort, peintures réalisées sur la voûte du chœur, vestiges d'un décor plus important. Ce qui en reste représente les Vertus théologales et dans la travée droite Dieu le Père adoré par des anges musiciens. Paris : Archives nationales de France : L'Histoire enseignée par les Archives dissipe la Nuit qui recouvrait le Temps, tandis que la Vérité confond le mensonge et l'erreur, 1877-1882, plafond, huile sur toile marouflée. École normale supérieure, chapelle. Église Notre-Dame-de-la-Gare. Église Saint-Gervais-Saint-Protais : L'Ange réveillant les morts et La Bonne mortmemorial14-18.paris.fr.. Église Saint-Louis-en-l'Île. Église Saint-Séverin, chapelle Saint-Charles-Borromée : Les Trois Vertus théologales, 1851-1854, peinture murale à la cire et huile sur enduit de plâtreDidier Rykner, « Félix Jobbé-Duval. Peintre et homme politique breton à Paris », latribunedelart.com, 21 décembre 2019.. Église Saint-Sulpice : Saint Denis et ses compagnons refusant de sacrifier aux idoles, 1851-1854, peinture murale à la cire. Église de la Sainte-Trinité : décor entourant l'orgue. Hôtel de Soubise : La France arrachant ses archives à la Nuit des temps. Palais du Louvre, galerie d'Apollon : portraits d'architectes du . Petit Palais : Le Bureau du conseil municipal ; Esquisse pour le décor entourant l'orgue de l'église de la Trinité, huile sur toile, . Théâtre de la Gaîté : La Musique et la Peinture, .. Tribunal de commerce. Rennes : Parlement de Bretagne : La Force ; La Connaissance ; Le Triomphe de la Vérité ; L'Éloquence ; La Prudence, huiles sur toile. Musée des Beaux-Arts : La Fiancée de Corinthe. ; fonds de plus de 250 dessins, acquis en 2017.

Rochefort, Corderie royale : Portait du lieutenant de vaisseau Joseph René Bellot perdu dans les mers polaires à la recherche de Franklin.

Quatre peintures religieuses pour la chapelle du monastère de la Visitation, à Troyes. Valençay, église Saint-Martin : Saint Ferdinand, huile sur toile, .

Salons

Jobbé-Duval expose au Salon de Paris, puis au Salon des artistes français à partir de 1841 : 1844 : La Chute d'un ange, nº 975 ; Portrait de , nº 974Catalogue de l'exposition au Musée Royal le 15 mars 1844. ; 1851 : médaille de ; 1853 : Portrait de Thomas-Félix Jobbé-Duval, père de l'artiste ; 1855 : Portait du lieutenant de vaisseau Joseph René Bellot perdu dans les mers polaires à la recherche de FranklinDavid Karel, Dictionnaire des peintres de langue française en Amérique du Nord : peintres…, Presses Universitaires Laval, 1992, . ; 1857 : médaillé.

Notes et références Notes

Références

Bibliographie Dictionnaire Bénézit Guillaume Kazerouni (dir.), Anne Henriette Auffret, Jessica Degain, Laurent Houssais, Hélène Jagot, Frédérique Lanoë et Pauline Madinier-Duée, Félix Jobbé-Duval. Peintre et homme politique breton à Paris, Snoeck, 2019, 223 p. Catherine Ménégaux Jobbé-Duval, « Armand-Félix Jobbé-Duval (1821-1889), peintre breton et révolutionnaire », Bulletin de l'Association bretonne, Tome 110, 2002. congrès. Carhaix (Finistère), 2001. 469-494 Denise Delouche, Peintres de la Bretagne, thèse, Rennes, Université de Haute-Bretagne, 1977. Paul Gauguin, Écrits d'un sauvage, Paris, Gallimard. David Owens Evans, Le socialisme romantique. François Jaffrennou, Les Carhaisiens célèbres.

Iconographie André Gill, Armand Félix Marie Jobbé-Duval, caricature en couverture de la revue Les Hommes d'Aujourd'hui, nº 56.

Liens externes

Félix Armand Jobbé Duval (1821-1889), peintre académique et républicain radical Résumé d'un article d’Anne-Marie Bel in Bull. Soc. hist. & arch. du XVème arrondt de Paris – nº 34

Catégorie:Peintre français du XIXe siècle Catégorie:Peintre paysagiste français Catégorie:Peintre français d'art sacré Catégorie:Peintre français de nu Catégorie:Peintre français de scène mythologique Catégorie:Peintre breton Catégorie:Peintre fresquiste français Catégorie:Communard Catégorie:Conseiller municipal de Paris Catégorie:Personnalité de la franc-maçonnerie française Catégorie:Élève de l'École nationale supérieure des beaux-arts au XIXe siècle Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur Catégorie:Naissance en juillet 1821 Catégorie:Naissance à Carhaix-Plouguer Catégorie:Décès en avril 1889 Catégorie:Décès dans le 3e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 67 ans Catégorie:Mort d'une hémorragie cérébrale Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière du Montparnasse (division 17)