() est un film fantastique américain de David Cronenberg, sorti en 1983. C'est l'adaptation du roman du même nom de l'écrivain Stephen King, publié en 1979.
Avec dans les rôles principaux les acteurs Christopher Walken, Brooke Adams, Tom Skerritt, Herbert Lom et Martin Sheen, le film raconte l'histoire de Johnny Smith (Christopher Walken), un professeur de littérature victime d'un accident de la route qui déclenche chez lui un don surnaturel de précognition. Smith se sert ensuite de ce don pour empêcher l'ascension de Greg Stillson (Martin Sheen), un homme politique dangereux, candidat au Sénat, que Smith voit devenir plus tard président des États-Unis et déclencher la Troisième Guerre mondiale.
Titre Dans le roman de Stephen King, l'expression « zone morte » (« dead zone ») fait référence à la partie du cerveau de Johnny Smith qui est endommagée au-delà de toute réparation, ce qui entraîne l'éveil de son psychisme latent. Lorsque certaines informations dans les visions de Johnny dépassent sa perception, il considère que ces informations existent « dans la zone morte ».
Dans l'adaptation cinématographique, l'expression « zone morte » fait référence aux angles morts existant dans les visions précognitives de Johnny, qui signifient que l'avenir n'est pas défini et peut être modifié.
Synopsis Aux États-Unis, à Castle RockCastle Rock est une ville imaginaire créée par Stephen King qui se situe dans l'État du Maine aux États-Unis, et qui sert de cadre à plusieurs de ses récits. Castle Rock apparaît pour la première fois dans son roman Dead Zone et revient plus tard dans le roman Cujo, la nouvelle « Le Corps » (du recueil Différentes Saisons), le roman La Part des ténèbres, la nouvelle « Le Molosse surgi du soleil » (du recueil Minuit 4) et le roman Bazaar. dans l’État du Maine, le professeur de collège Johnny Smith sort avec sa petite amie Sarah, le couple allant s'amuser à une fête foraine. Au cours d'une attraction, Johnny est pris d'un violent mal de tête, qui finalement s'arrête. Le soir, après avoir raccompagnée Sarah chez elle, Johnny décide de repartir malgré l'orage qui survient et la proposition de Sarah de rester chez elle pour la nuit, et prend la route en voiture. Mais en chemin, à cause de la faible visibilité, il est percuté par la remorque d'un poids-lourd dont le chauffeur a perdu le contrôle, et sombre dans le coma.
Émergeant du coma cinq ans après l'accident, Johnny se réveille à la clinique du neurologue Sam Weizak, le médecin qui s'est occupé de lui après l'accident. Il apprend alors qu’entre-temps Sarah s'est mariée et a eu un enfant, ce qui le plonge dans une profonde tristesse. Il séjourne pendant un long moment à la clinique, jusqu'à ce que sa rééducation motrice soit achevée.
Durant son séjour à la clinique, Johnny découvre qu'il a acquis une capacité psychique surnaturelle de précognition, ce qui le rend capable d'apprendre les secrets d'une personne par simple contact physique, en lisant dans son esprit, et d'avoir des visions à son sujet. Toujours alité, il a une vision de la fille de l'infirmière qui s'occupe de lui, alors qu'il lui touche le bras, ce qui permet de sauver l'enfant victime d'un incendie à son domicile. Avec son don, Johnny découvre également que la mère de Weizak, longtemps soupçonnée d'être morte pendant la Seconde Guerre mondiale est en fait toujours en vie, mais aussi que la sœur d'un journaliste qui l'interviewait (au cours d'une conférence de presse à la clinique après avoir sauvé la fillette) s'est suicidée, sans que le frère n'ait jamais vraiment su les raisons de sa mort.
Tandis que la nouvelle de son « don » se répand en ville, Johnny est approché par le shérif George Bannerman, qui lui demande de l'aider à résoudre une série de meurtres commis par le mystérieux « Étrangleur de Castle Rock ». Mais, ne souhaitant pas s'impliquer et ne voulant pas apparaître comme un animal de foire, Johnny refuse. Peu après, il reçoit la visite de Sarah, venue avec son fils en bas âge, et elle et Johnny consomment leur précédente relation.
Changeant d'état d'esprit, Johnny accepte finalement d’aider le shérif Bannerman. L’accompagnant sur les scènes de meurtres, il découvre rapidement que le tueur est le shérif adjoint de Bannerman, Frank Dodd. Mais, avant que les deux ne puissent l'arrêter chez lui, Dodd se suicide. Peu après, la mère de Dodd tire sur Johnny (ayant eu peur de lui quand il a manifesté son don, Johnny devinant que la mère de Dodd était au courant des meurtres de son fils), avant d'être à son tour abattue par Bannerman.
Johnny, récupérant de sa blessure, reçoit chez lui des centaines de lettres de personnes souhaitant son aide grâce à son don. Mais, devenant désillusionné, il prend du recul et mène une vie plus isolée, étant à peine capable de marcher malgré sa rééducation. Il devient précepteur pour enfants, travaillant chez lui, jusqu'à ce qu'un homme d'affaires, Roger Stuart, l'implore de rendre visite à son fils Chris, un garçon précoce mais renfermé et peu communicatif. Johnny accepte et se lie d’amitié avec Chris.
Quelque temps après, Johnny a la vision d'un accident où Chris et deux autres garçons chutent à travers la glace d'un lac gelé au cours d'un match de hockey, se noyant en raison de leur équipement lourd. Il en informe Roger Stuart, mais ce dernier reste sceptique, ce qui aboutit à une dispute entre les deux. Cependant Chris, qui fait confiance à Johnny, refuse de quitter la maison le jour du match, désobéissant ainsi à son père. Le jour du match, comme Johnny l'avait prédit, les deux autres garçons se noient en chutant dans le lac gelé, à la grande sidération de Roger Stuart. Johnny réalise alors qu'il y a un « angle mort » () dans ses visions, ce qui lui permet de changer le futur.
Par la suite, alors qu'il assiste à un meeting électoral auquel Sarah et son mari participent comme militants, Johnny se retrouve par hasard face au candidat Greg Stillson, un individu qui brigue un siège au Sénat des États-Unis. Johnny avait déjà croisé Stillson chez Roger Stuart, ce dernier lui ayant fait part de son mépris pour cet homme qu'il considère comme dangereux. En serrant la main de Stillson, Johnny a une vision apocalyptique de l'avenir : il voit Stillson, devenu président des États-Unis, déclencher une frappe nucléaire contre l'URSS, ce qui provoque un holocauste nucléaire.
Johnny est alors face à un dilemme : que peut-il faire pour empêcher cela ? Doit-il tuer cet homme, un fou en puissance ? Essayant d'avoir un avis, il en parle de manière détournée avec son médecin le docteur Weizak, un rescapé de la Shoah, en lui demandant s'il aurait tué Hitler s'il en avait eu l'occasion, en sachant d'avance les atrocités qu'il allait commettre ; Weizak lui répond par l'affirmative. Se sachant aussi condamné par son don qui le tue à petit feu, Johnny se décide à assassiner Stillson. Il laisse une lettre à Sarah où il lui avoue ce qu'il est sur le point de faire, sachant bien que cela va lui coûter la vie.
Armé d'un fusil, Johnny s'introduit de nuit dans l'immeuble où Stillson doit faire un discours le lendemain. Il est réveillé par le début du meeting, auquel assistent Sarah, son mari et leur enfant. Caché derrière une balustrade en hauteur, Johnny se relève et vise Stillson mais manque son tir. Paniqué, Stillson se sert de l'enfant de Sarah (présent sur le podium) comme d'un bouclier humain. Lors de l'échange de coups de feu avec le garde du corps de Stillson, Johnny, ne voulant pas tirer sur Stillson qui porte l'enfant, est mortellement blessé et chute de la balustrade.
Avant de mourir, il touche Stillson et voit que celui-ci n'a plus aucun avenir : un photographe présent lors du meeting a pris un cliché de Stillson lorsque celui-ci a utilisé l'enfant de Sarah pour se protéger. Johnny a une vision de son déclin, qui se termine par son suicide. Johnny meurt alors dans les bras de Sarah, qui l'embrasse et lui dit qu'elle l'aime.
Fiche technique
Titre original : Titre français : Titre québécois : La zone neutre Réalisation : David Cronenberg Scénario : Jeffrey Boam, d'après le roman Dead Zone de Stephen King Musique : Michael Kamen Direction artistique : Barbara Dunphy Décors : Carol Spier Costumes : Olga Dimitrov Photographie : Mark Irwin Montage : Ronald Sanders Production : Debra Hill, Jeffrey ChernovProducteur associé, Dino De LaurentiisProducteur exécutifNon crédité Sociétés de production : Dino De Laurentiis Company et Lorimar Film Entertainment Sociétés de distribution : Paramount Pictures (Etats-Unis), AMLF (France) Budget : environ Dead Zone sur The Numbers. Pays de production : Langues originales : anglais, avec quelques dialogues en russe Format : couleur (Technicolor) - image 1.85:1 - son Dolby Surround Genres : Fantastique, thriller Durée : 103 minutes Dates de sortie : États-Unis : France :
Distribution Christopher Walken (VF : Bernard Tiphaine) : Johnny Smith Brooke Adams (VF : Joëlle Fossier) : Sarah Bracknell Tom Skerritt (VF : Georges Claisse) : le shérif Bannerman Herbert Lom (VF : Roland Ménard) : le docteur Sam Weizak Anthony Zerbe (VF : Jacques Thébault) : Roger Stuart, l'homme d'affaires Martin Sheen (VF : Philippe Ogouz) : Greg Stillson, le futur candidat à l'élection présidentielle Colleen Dewhurst (VF : Paule Emanuele) : Henrietta Dodd Sean Sullivan : Herb Smith Nicholas Campbell (VF : Éric Baugin) : Frank Dodd, l'adjoint du shérif Bannerman Simon Craig : Chris Stuart : Vera Smith Géza Kovacs (VF : Claude Joseph) : Sonny Elliman, le garde du corps de Greg Stillson Peter Dvorsky (VF : Bernard Murat) : Clement Dardis Ken Pogue : le vice-président des États-Unis (VF : Emmanuèle Bondeville) : Alma Frechette
Production Genèse, développement et attribution des rôles Les droits d'adaptation du roman Dead Zone sont achetés par la société de production Lorimar qui engage Stanley Donen pour réaliser le film. Jeffrey Boam écrit un scénario tiré du roman de Stephen King en abandonnant sa structure en parallèle qui passe plusieurs fois de Johnny Smith à Greg Stillson, n'introduisant ce personnage que dans la troisième et dernière partie de son script. Le projet s'effondre à cause des difficultés financières de Lorimar mais le producteur Dino De Laurentiis récupère les droits. De Laurentiis, qui n'aime pas le scénario écrit par Boam, demande à Stephen King d'en écrire une autre version et engage Debra Hill pour superviser la production. John Badham est approché pour la réalisation mais décline l'offre car le film, pouvant être interprété comme favorable aux assassinats politiques, est selon lui irresponsable.
Debra Hill fait alors appel à David Cronenberg pour diriger le film. Cronenberg affirme que le sujet l'a et que ce film lui est même s'il semble au premier abord très différent de ses films précédents.
Cronenberg et De Laurentiis n'aiment pas la version très violente du script écrite par King, et le producteur engage alors Andreï Kontchalovski pour en écrire un autre, qui est lui aussi rejeté. Cronenberg, Hill et Boam joignent alors leurs efforts pour écrire une version définitive du scénario d'après celui écrit par Boam. Cronenberg condense le scénario en éliminant certains points comme la tumeur au cerveau dont est atteint Johnny Smith.
Cronenberg envisage Nicholas Campbell, avec qui il a collaboré sur Chromosome 3, pour tenir le rôle principal mais De Laurentiis insiste pour avoir un acteur connu aux États-Unis pour le premier rôle. Campbell est finalement engagé pour le rôle de Frank Dodd. Bill Murray est le premier choix de Stephen King pour celui de Johnny Smith et est envisagé, mais c'est finalement Christopher Walken, choix de De Laurentiis approuvé par Cronenberg, qui décroche le rôle.
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