Un petit format (PF) est un fascicule de bande dessinée vendu bon marché et édité dans un format de poche (en général 13 × ), le plus souvent en noir et blanc.

Définition Un petit format est une bande dessinée de poche (format 13×) en général en noir et blanc. Il existe cependant des exceptions ou des contre-exemples.

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Noir et blanc, ou couleur L'immense majorité des PF se décline en noir et blanc, mais il existe de nombreux exemples faisant exception :

Ainsi, la revue Blek reprend en couleurs les aventures du héros-titre parues en monochrome dans Kiwi.

Pépito, Tartine, et bien d'autres, sont également sortis en couleur.

Format Concernant le format 13×, la situation est plus contrastée. Il existe quelques ouvrages de référence : Le BDM (argus de la bande dessinée) divise les bandes dessinées en quatre catégories principales : les albums cartonnés, les journaux, les récits complets et les petits formats. Dans cette dernière catégorie, on retrouve aussi , Titans, et d'autres revues dépassant le classique 13x. Souvent critiqué, le BDM demeure malgré tout une référence en matière de bande dessinée. 50 ans de petits formats, de Pierre Caillens, l'Annonce-Bouquins, 1991, sépare les « petits formats » des « récits complets modernes » (qui regroupent tout ce qui « dépasse »), mais considère Akim Color ou Super Swing parmi les PF, malgré leur format supérieur. Toutefois, la notion de « récit complet moderne » semble propre à Pierre Caillens. La plupart des dictionnaires ou encyclopédies de la bande dessinée ignorent les PF ou les mélangent avec le reste de la bande dessinée sans distinguo. La série « les répertoires de la database du loup », éd. Dans la gueule du loup, fixe une limite de taille aux PF (14×) et crée une catégorie « grand format » pour ce qui est plus grand, ce qui n'a guère d'équivalent ailleurs.

Les comics Il existe des petits formats contenant du . Cependant, le est souvent considéré comme une catégorie à part entière dans la bande dessinée, notamment avec le format comic book. Historique Origines Le premier « petit format » en France est publié en par les Éditions Vaillant. Il porte le nom 34, en référence au nombre de pages qu'il contient. Il devient 34 Camera, puis Camera. Bien que Vaillant soit le précurseur de ce type de revues, l'éditeur n'exploite plus le format : 34 demeurant le seul petit format de l'éditeur.

À cette époque, les illustrés sortent sous deux formats :

Le premier format, dit journal, est basé sur des histoires à suivre (Le Journal de Mickey, Spirou, Mon journal)

Le second format, dit à la française, est plus petit et contient des récits complets. Ce terme devient leur nom générique

Les principaux éditeurs de l'époque ont chacun leurs titres : Fantax, chez Chott Diavolo, Brik, ou Yak, chez Aventures et Voyages Rodéo ou Plutos, chez Lug Monde futur ou Sidéral, chez Artima

En 1958, l'éditeur français Impéria lance sa propre série de petits formats : Super Boy (à ne pas confondre avec le Superboy de DC Comics). À ses débuts, comme dans 34, la bande dessinée n'est pas le contenu principal : le rédactionnel prédomine. Mais, le succès de la formule fait des émules parmi la concurrence. Les éditeurs Lug, Aventures et Voyages, ainsi que Impéria, font le choix de passer toute leur production au format graphique. Ce dernier est plus pratique pour les jeunes. La lecture de ces illustrés étant souvent réprouvée, son attrait est augmenté, car il faut le plus souvent les lire en cachette.

« Âge d'or » du petit format Les années 1950 marquent la transition de la longueur des récits de formats complets aux formats courts. Ils connaissent leur apogée durant les deux décennies suivantes. Le terme « petit format » n'est pas utilisé à l'époque : on parle alors d'« illustré ». Aujourd'hui, on utilise fréquemment le sigle « PF ».

Les kiosques de l'époque regorgent de ces revues aux couvertures bariolées, qui contrastent avec le contenu en noir et blanc. Les enfants dévorent ces illustrés malgré la réprobation, voire l'interdiction des adultes. Certaines vedettes évoquent leurs lectures secrètes de l'enfance, comme Eddy Mitchell ou l'humoriste Jamel Debbouze au détour d'une interview. Dans son autobiographie Héros de papier, l'écrivain Guy Darol raconte l'influence des petits formats dans sa formation littéraire. Aujourd'hui encore, quelques noms restent dans l'inconscient collectif, comme Akim, Zembla, Blek, Capt'ain Swing, Tartine ou Pépito.

Les chiffres des tirages de l'époque sont exceptionnels et feraient rêver n'importe quel éditeur actuel. Akim et Capt'ain Swing tirent à plus de chaque mois ; Rodéo, Blek et Zembla n'en sont pas loin non plus. Le nombre de fascicules vendus en une année représente des dizaines de millions de bandes dessinées.

Les éditeurs font d'abord travailler des auteurs français avant de se tourner rapidement vers la main-d'œuvre italienne ou espagnole, moins chère, ou d'importer des bandes dessinées étrangères. Là encore, l'Italie et l'Espagne se taillent la part du gâteau. L'Angleterre y tient une bonne place également.

Malgré ce succès, ou peut-être à cause de celui-ci, ce genre de bande dessinée est méprisé par les critiques et autres spécialistes de la bande dessinée. Gérard Thomassian est l'un des premiers à étudier le genre sérieusement avec beaucoup de minutie. Henri Filippini intègre systématiquement les PF au sein de ses différents dictionnaires ou encyclopédies de bande dessinée. Ces deux personnes font néanmoins figures d'exception.

Depuis les années 1980 Les années 1980 marquent le début de raréfaction du format. Jeunesse et vacances s'arrête en 1981, tandis qu'Impéria ne publie plus que des rééditions, et les éditions Lug décident de s'orienter vers les super-héros de Marvel. Les autres éditeurs suppriment régulièrement les revues les moins rentables. Les kiosques voient disparaître ces bandes dessinées de poche.

En 1991, Aventures et Voyages disparaît. Il ne reste plus que Semic, qui a repris l'activité des éditions Lug, pour quelques revues : Rodéo, Spécial Rodéo, Kiwi et Spécial Zembla.

En 1994, Mon Journal multimédias relance Akim et Capt'ain Swing en rééditant ses anciens fascicules.

En 2000, une tentative éphémère de relancer Ivanhoé ne dure que .

Chez Semic, une nouvelle génération nourrie aux petits formats (et aux comics) s'y essaie sans succès. Le rédacteur en chef de l'éditeur Thierry Mornet relance Fantask, puis Yuma, en vain.

En , le non-renouvellement des droits de publication des personnages de l'éditeur Bonelli (Tex, Zagor, Martin Mystère) scelle définitivement le sort des de Semic.

En , c'est le nouvel Akim qui cesse sa parution après . Depuis, seule la série Capt'ain Swing éditée chez Mon journal parait encore, rééditant d'anciens épisodes.

Les principales raisons données pour cette désaffection sont l'omniprésence de la télévision et des jeux vidéos, mais également le format désuet et le noir et blanc qui ne plaît plus aux jeunes lecteurs. Paradoxalement, le style de bande dessinée qui a le vent en poupe à la fin des années 1990 est le manga, qui paraît en format de poche, en noir et blanc. Ces deux caractéristiques sont présentées comme des atouts par les spécialistes des mangas.

Pays d'origine des séries Si à l'origine, les petits formats contiennent essentiellement de la création française, la situation évolue rapidement vers une importation massive de bandes dessinées étrangères en provenance d'Italie, d'Espagne, des États-Unis ou d'Angleterre (principalement).

L'Italie et les est le nom donné en Italie aux bandes dessinées. Il signifie fumée, en référence à l'aspect des bulles servant à faire parler les personnages. L'Italie fut incontestablement le plus gros pourvoyeur des revues petit format. Si en Italie, le format poche existe (Alan Ford ou Diabolik, par exemple), la plupart des revues sont d'abord sorties dans les années 1950 et 1960 au format , plus connu sous le nom de format à l'italienne, avec une seule bande de dessin qu'il faut remonter pour constituer des pages d'un format plus classique en France.

Il existe aussi, depuis 1958, un format appelé Bonelli, du nom de l'éditeur qui l'a imposé. Plus grand qu'un PF classique, il est de 16×. La plupart des éditeurs décident de reproduire les planches en les réduisant légèrement.

Si l'Italie connait aussi une crise, la bande dessinée de kiosque y est encore florissante, au détriment du marché des albums qui y est encore embryonnaire.

Royaume-Uni Le Royaume-Uni fut l'autre grand marché d'importation pour les PF, et cela par l'intermédiaire des deux grands éditeurs du pays : Fleetway et DC Thomson. Là-bas aussi le format de poche existe, mais il est minoritaire et réservé à des revues de guerre, comme War, que l'on retrouve principalement chez Impéria en France. Le reste de la production se fait au format journal, avec un papier à l'avenant. On y trouve les principales revues pourvoyeuses des petits formats français : Valiant, Lion, Tiger, Eagle, Battle, Buster

Leur passage au petit format nécessite alors de procéder à un remontage complet des planches, et parfois même de redessiner une partie des cases remontées. C'est d'ailleurs pour cette raison que Lug n'utilise pas de matériel britannique dans ses revues.

Espagne : les Dans ce pays, la bande dessinée populaire prend le nom de , qui est tiré de la première grande revue de bande dessinée locale : TBO. L'Espagne est une grande productrice de bande dessinée dans les années 1950-1960, avec de multiples revues que l'on retrouve alors en PF. Leur format intermédiaire (24 x ) est assez facilement adaptable.

La fin du franquisme donne lieu à une rupture assez nette : l'apport de bandes dessinées extérieures s'estompe et il y a plus de liberté dans la création, ce qui marque la fin de la plupart des tebeo au profit d'une bande dessinée plus inventive et diversifiée. Les grands personnages ibériques sont , , dans le genre réaliste et dans le genre humoristique. Ces quatre bandes sont publiées chez Aventures & Voyages.

Autres pays Les États-Unis exportent aussi beaucoup de bandes dessinées en France, mais la commission de censure est peu indulgente, ce qui en limite la portée. Il faut attendre la fin des années 1960, mais surtout les années 1970-1980, pour voir l'arrivée massive des (nom de la bande dessinée aux États-Unis) en France avec Lug, Sagédition, mais aussi Arédit/Artima.

Les autres pays n'ont que des miettes. L'Allemagne envoie quelques bandes dessinées comme Tibor, de Hansrudi Wäscher ou Perry le fantastique, mais cela reste marginal. Les Pays-Bas n'en proposent pas plus, même si l'on retient la version de Archie le robot, signée Bert Bus, ou quelques personnages comme Tom Pouce, de Marten Toonder.

Censure France La commission de surveillance mise en place en France par la loi de 1949 concernant les publications pour la jeunesse est indissociable de l'histoire des PF. De nombreuses revues cessent leurs publications à cause d'elle (Fantax, Marvel et Fantask, ainsi que de multiples fascicules Elvifrance). L'ensemble de la production s'autocensure de façon drastique pour éviter tout problème avec cette fameuse commission.

De nombreux amateurs de bandes dessinées ont en tête des exemples de censure plus ou moins aberrantes, comme celle qui décide de la mort de Fantask sous le prétexte (fallacieux ?) de couleurs trop vives pour les yeux des jeunes enfants.