Cléden-Cap-Sizun est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

Géographie

Description vignette|center|Carte de la commune de Cléden-Cap-Sizun.

La commune se situe à l'extrême pointe nord-ouest du Cap Sizun, au nord de la Pointe du Raz. Elle est bordée d'un littoral très découpé, à l'ouest et au nord, alternant pointes et falaises abruptes d'une part (de l'ouest vers l'est la Pointe du Vorlen, la Pointe du Van, la Pointe du Castel Meur, la Pointe de Brézellec, la Pointe de Kerharo, la Pointe de Penharn) et de rares baies abritant des plages (la baie des Trépassés à l'ouest, la plage de Théolen sur la côte nord, et la plage de Louédec, peu fréquentée en raison de son exiguïté et de ses difficultés d'accès.). La commune est limitée, au sud, par la vallée verdoyante d'un tout petit fleuve côtier qui alimente l'étang de Laoual et débouche sur la baie des Trépassés, et qui la sépare des communes de Plogoff et Primelin. Le littoral entre la Baie des Trépassés et la Pointe du Van

Le littoral entre la Pointe du Van et la pointe de Penharn

Les altitudes au sein du finage communal s'échelonnent entre 87 mètres pour le point le plus haut (situé près du lieu-dit Kerharo) et le niveau de la mer ; le bourg est vers 48 mètres d'altitude. L'habitat rural est dispersé en un grand nombre d'écarts formés de hameaux et fermes isolées. Le littoral, inhospitalier en raison des falaises abruptes et découpées qui le composent, est inhabité.

La commune, qui est un cul-de-sac routier en raison de sa situation péninsulaire est desservie essentiellement par la route départementale venant de Douarnenez. Le sentier de grande randonnée longe la totalité de son littoral.

La vallée située au sud de la commune contient des terrains houillers qui firent même l'objet d'une concession attribuée en 1901 à M. Le Gualès de MézaubranJournal L'Ouest-Éclair, n° du 22 avril 1901, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6392260/f3.image.r=Cl%C3%A9den?rk=836914;0, mais qui n'aboutit pas à une exploitation industrielleLéonce Élie de Beaumont, "Explication de la carte géologique de la France : publiée par ordre de M. le Ministre des travaux publics", tome 1, 1847-1879, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54409235/f745.image.r=Cl%C3%A9den?rk=5557967;2.

En 1938, la revue du Touring-Club de France décrit ainsi l'extrémité du Cap Sizun, notamment Cléden : « Bientôt, en marchant vers l'ouest, les clochers disparaissent, les maisons se font plus basses et plus rares, c'est le domaine du vent ; les moulins surgissent, il en est qui remontent au et qui ont conservé leurs ailes ; elles tournent ou tournaient, hier encore, autour de Cléden, de Plogoff, de Lescoff »André Laurent, "La Revue du Touring-club de France", septembre 1938, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6494499d/f14.image.r=Cl%C3%A9den?rk=407727;2.

Les ports

Malgré la dangerosité de son littoral, la commune possède trois petits ports aux infrastructures sommaires et difficiles d'accès : le port du Vorlen : très exposé aux vents d'ouest, une cale et un débarcadère y furent construits en 1892 ; la plate-forme fut agrandie et un treuil fut installé en 1926 afin de hisser les bateaux. C'est là que débarquaient les Sénans, avec croix et bannières, qui se rendaient au pardon de Saint-They. Ce port abrite des ligneurs du Raz de Sein en raison de la proximité de leur lieu de pêche. ; le port de Brézellec (son nom, en breton, atteste la présence de maquereaux) : ses premiers aménagements connus datent de 1877, année où une chaîne traversière fut tendue entre les deux pointes l'entourent et scellée au fond de l'eau afin d'y fixer des bouées d'amarrage. En 1883, on tailla des marches dans la falaise et on scella une échelle de fer de 7 mètres afin d'en faciliter l'accès ; un treuil fut installé en 1926. En 1877, 30 bateaux de pêche avaient Brézellec comme port d'attache. Désormais, ce port, qui ne dispose pas de cale (les mises à l'eau se font depuis Pors Théolen). accueille essentiellement des embarcations de loisir en période estivale. ; le port de Heign Has (dit aussi « Keign ar C'haz ») est inséré dans une entaille sur le flanc est de la pointe de Penharn, accessible par un sentier périlleux à partir de la route au nord du village de Penharn. En 1913, le port abritait 11 canots et 3 chaloupes. Une échelle et un débarcadère y furent aménagés entre 1888 et 1891 et un plan incliné ainsi qu'un treuil en 1926. Détruit par une tempête en 1991, il a été reconstruit et il permet à quelques bateaux d'y trouver un abri sommaire..

Un autre port, Porz Théolen a existé par le passé comme en témoignent les deux amers situés de part et d'autre de la plage. Une cale y fut construite en 1884, mais cet ancien port n'est plus vraiment utilisé de nos jours. Un navire à vapeur, le Premier, s'y échoua en 1886, il n'en subsiste que la chaudière..

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par divers petits cours d'eau.

Parmi ces cours d'eau, le ruisseau du Loc'h, classé cours d'eau à poissons migrateurs, notamment pour l'anguille européenne a bénéficié en 2025 de l'effacement du seuil d'un ancien moulin à eau à Kerham afin d'en rétablir la continuité écologique..

Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : l'étang de Laoual, d'une superficie totale de ( sur la commune).. vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Cléden-Cap-SizunLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Lanvéoc à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme

Typologie Au , Cléden-Cap-Sizun est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

La commune, bordée par la mer d'Iroise, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d'urbanisme s'y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l'équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d'urbanisme le prévoit..

Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). Le tableau ci-dessous présente l' occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).

+Occupation des sols en 2018 Type d'occupation Pourcentage Superficie (en hectares)Tissu urbain discontinu2,8 %55Terres arables hors périmètres d'irrigation16,3 %316Systèmes culturaux et parcellaires complexes50,8 %983Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels importants5,3 %102Forêts de feuillus6,2 %120Landes et broussailles16,9 %328Marais maritimes0,8 %15Mers et océans0,9 %17Source : Corine Land Cover.

Histoire

Préhistoire

L'éperon barré situé sur le promontoire de Castel Meur (Côte nord du Cap Sizun), long de et large de , possède un triple système de remparts et fossés, le dernier rempart prenant appui sur une formation rocheuse escarpée ; des traces de 95 huttes sont encore visibles dans le sol; deux petits tumuli ont été découverts dans l'enceinte par Paul du Châtellier lors de fouilles menées en 1890.. Le mobilier hétéroclite qui y a été découvert a permis de dater trois périodes d'occupation du site, la plus ancienne remontant au Néolithique (éclats de silex), la seconde au second âge du fer, la plus récente à l'époque médiévalePatrick Maguer, Les enceintes fortifiées de l'âge du fer dans le Finistère, "Revue archéologique de l'Ouest" , 1996, consultable http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rao_0767-709x_1996_num_13_1_1043.

L'oppidum de Castel Meur est classé monument historique depuis 1921...

Antiquité

Selon Jean-Baptiste Ogée « on trouve, par intervalle, en cette paroisse, les traces d'un chemin romain, appelé hent-ahès [« chemin d'Ahès »], de soixante-dix pieds de largeur, en pierres de taille, qui se continue jusqu'à la baie des Trépassés ».. Paul du Châtellier décrit en ces termes cette voie romaine en 1886 :

De nombreuses traces de la présence romaine ont été trouvées dans le village de Trouguer (Troguer).

Moyen Âge vignette|left|Chapelle Saint-Trémeur : vue partielle d'une sablière représentant un bateau de pêche et des poissons. Selon la légende, la ville d'Ys se situait en bordure de la baie des Trépassés, donc quelque part entre Cléden-Cap Sizun et Plogoff.

Cléden possédait plusieurs seigneuries : le marquisat de Kerharo avait son siège au manoir éponyme situé dans l'actuel village de Kerharo ; déjà en 1572, il n'en restait que « vieilles maisons, vieilles murailles et vieilles douves »Daniel Bernard, "Cléden-Cap-Sizun, Monographie d'une paroisse et d'une commune de la presqu'île du Cap-Sizun", 1942 ; la seigneurie de Kerazan (le manoir subsiste de nos jours au sud-ouest du bourg) possédait un colombier ; la seigneurie de Keridiern (elle était l'une des plus petites du Cap Sizun et ses seigneurs étaient vassaux des marquis de Kerharo) se situait non loin de la chapelle de Langroashttp://www.cleden-cap-sizun.com/ccs,histoire-moyen-age.html et Daniel Bernard, Études sur le Cap-Sizun. La chapelle de Langroaz et la seigneurie de Keridiern (son manoir a été détruit vers 1805) en Beuzec-Cap-Sizun, "Bulletin de la Société archéologique du Finistère", 1909, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2076921/f316.image.r=Keridiern.