Spézet (en breton : Speied) est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

Géographie

Spézet est une commune rurale du centre-est du Finistère, appartenant historiquement à la Cornouaille. La commune est délimitée à l'ouest et au nord par les cours d'eau canalisés de l'Aulne et de l'Hyères qui décrivent de larges méandres (canal de Nantes à Brest) et coulent vers d'altitude, tandis qu'à l'extrémité sud-est de son territoire se trouve le Roc'h Toullaëron qui, haut de ( selon l'IGN), constitue le point culminant des montagnes Noires, d'où un territoire communal en pente assez forte orientée vers le nord, avec un dénivelé d'environ entre le point le plus haut et le point le plus bas ; le col de Toullaeron, qui s'élève à d'altitude, est situé sur la route RD 17 qui mène à Gourin. Un autre sommet est l'éperon de Kudel, à d'altitude, où a été érigée une statue « Notre-Dame-des-Montagnes-Noires » par Vefa de Saint-Pierre, comtesse du domaine de Menez-Kamm, en 1913.. Le bourg occupe une petite colline dont l'altitude avoisine les et est situé au nord-ouest du finage communal.

En dehors de l'Aulne, seuls de tout petits cours d'eau, affluents de sa rive gauche, irriguent le territoire de Spézet, les principaux étant le ruisseau de Bodizel dans la partie est, dont les sources se trouvent dans le bois de Toullaeron, le ruisseau du Krann dans la partie centrale, dont les sources se trouvent près de Plas Gwennn et le ruisseau de Pont Min dans la partie ouest, dont la source se trouve dans le bois de Koad Keinneg, et dont la majeure partie du lit fait tracé de la limite communale entre Spézet et Saint-Goazec.

Les communes limitrophes ont pour nom Saint-Hernin à l'est, Gourin au sud-est, Roudouallec au sud, Saint-Goazec au sud-ouest, Châteauneuf-du-Faou à l'ouest, Plonévez-du-Faou au nord-ouest et Landeleau et Cléden-Poher au nord.

Spézet est desservie par l'échangeur (Pont Trifin) de la RN 164, la quatre voies du Centre-Bretagne.

Les montagnes Noires

Le bourg de Spézet

Une carrière d'ardoises fut exploitée à Penhoat en Spézet. Elle fut en vente en 1937Journal L'Ouest-Éclair du 21 février 1937, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k500992n/f13.image.r=Sp%C3%A9zet?rk=64378;0.

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'Aulne, le canal de Nantes à Brest, l'Hyère, le Crann, le Coat Quéveran, le Ster Pont Mine et divers autres petits cours d'eau.

L'Aulne, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Lohuec et se jette dans la rade de Brest en limite de Landévennec et de Rosnoen, après avoir traversé vingt-sept communes.. Les caractéristiques hydrologiques de l'Aulne sont données par la station hydrologique située sur la commune de Cléden-Poher. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:06 TU à partir des 372 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/01/1956 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le ..

Le canal de Nantes à Brest est un canal, chenal et un estuaire et un cours d'eau naturel navigable sur une grande partie de son cours, d'une longueur de . Il prend sa source dans la commune de Nort-sur-Erdre et se jette dans la Loire à Nantes. Les caractéristiques hydrologiques du canal de Nantes sont données par la station hydrologique située sur la commune de Cléden-Poher. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:06 TU à partir des 595 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/01/1961 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le même jour..

L'Hyère, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Callac et se jette dans l'Aulne sur la commune et de Cléden-Poher, après avoir traversé quinze communes..

Le Crann, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans l'Aulne sur la commune.

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de SpézetLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Coray à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Spézet est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Carhaix-Plouguer, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). Le tableau ci-dessous présente l' occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).

+Occupation des sols en 2018 Type d'occupation Pourcentage Superficie (en hectares)Tissu urbain discontinu2,8 %172Terres arables hors périmètres d'irrigation34,1 %2092Prairies et autres surfaces toujours en herbe8,9 %547Systèmes culturaux et parcellaires complexes39,3 %2411Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels importants0,5 %32Forêts de feuillus7,9 %485Forêts de conifères0,4 %23Forêts mélangées1,4 %85Landes et broussailles1,2 %76Forêt et végétation arbustive en mutation3,5 %217Source : Corine Land Cover.

Toponymie Spézet était nommée Spethut in Poechaer en 1216, Spethot en 1220, puis Spezet vers en 1270, Spethoc en 1296, Spezot en 1296, Spezet en 1330, Spezet et Spezel en 1591, S.Perec en 1630, Spechet en 1675, Sphehet en 1682 et 1731.

Une étymologie populaire y voit le signifiant breton « groseilles », mais d'autres hypothèses existent : il pourrait s'agir ainsi de l'éponyme Spez que l'on retrouve dans de nombreux noms de lieux bretons. Francis FavereauF.Favereau, Du Penkawr moyen-gallois au géant breton de légende Gewr, (Re)Oralisierung, H. Tristram (ed.), ScriptOralia , 1996, Tübingen (, 1996) et Goulven PeronGouven Péron, Un géant nommé Spézet, Cahiers du Centre généalogique et historique du Poher, , octobre 2009 () ont rapproché le toponyme Spézet du nom gallois Spaddaden.

La forme bretonne est Speied ou Sped.

La prononciation bretonne locale est /spe'et/ () : le Z intervocalique est récemment (au sens historique) tombé sous l'influence du fort accent tonique breton.

Histoire Préhistoire

Dans son inventaire des monuments mégalithiques du Finistère, Paul du Chatellier cite deux dolmens à Kervenoù et six à Kerbasked ; en 1913, A. Jarno rapporte qu'il n'a trouvé aucun de ceux de Kervenoù et que même les plus anciens habitants du hameau ne s'en souvenaient pas et qu'il n'a trouvé qu'un seul monument mégalithique à KerbaskedSelon la tradition, ces pierres seraient le séjour expiatoire de ceux qui auraient commis des crimes par le passé, voir "Revue de folklore français", mars 1934, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5831992d/f92.image.r=Sp%C3%A9zet, mais les restes d'une allée couverte ayant au moins de long, dont les dalles de recouvrement sont ruinées et dispersées, mais dont les supports sont restés en place. Paul du Chatellier note aussi la présence d'un menhir au Bois du Duc [Menez an Duc] (en pleine montagne, entre Coat Quilvern et Combout)En fait cette allée couverte se trouve sur le territoire de la commune de Roudouallec ; à cet endroit, A. Jarno en a trouvé en fait neuf, formés de schiste dévonien, dont un seul resté debout. Paul du Chatellier évoque aussi un dolmen au sud de la chapelle de Saint-Denis, à l'est du hameau de GuernévezA. Jarno, Les mégalithes de la commune de Spézet, "Bulletin de la Société archéologique du Finistère", 1913, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207710t/f71.image.r=Sp%C3%A9zet.

Deux vases en bronze martelé, en forme de cône tronqué, dont l'un contenait 89 haches à douille, datant de l'âge du bronze, a été trouvé en 1893 à Kerléonet en Spézet et une cinquantaine au bourg même de Spézet en 1935Joseph Déchelette, "Manuel d'archéologie préhistorique, celtique et gallo-romaine. II, Archéologie celtique ou protohistorique", 1910, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6105771g/f69.image.r=Sp%C3%A9zet?rk=64378;0. Le tumulus de Run-Mellou-Poaz, datant de l'âge du bronze, faisant de diamètre et de haut, fut fouillé en 1901 par Paul du ChatellierPaul du Chatellier, Exploration des tumulus des Montagnes Noires (Finistère), "Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques et scientifiques", 1901, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2033297/f312.image.r=Sp%C3%A9zet?rk=2875550;4.

Antiquité

Des voies romaines passaient par Spézet : celles allant de Quimper à Vorgium et de Douarnenez à Vorgium se réunissaient en une seule à Castel en Spézet ; une autre venait du sud, partant du site du château de la Porte-Neuve en RiecÉdouard Vallin, Voies romaines de la Cornouaille, "Bulletin archéologique de l'Association bretonne", 1857, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2074691/f257.image.r=sp%C3%A9zet?rk=5429211;2 et René Kerviler, "Armorique et Bretagne : recueil d'études sur l'archéologie, l'histoire et la biographie bretonnes, publiées de 1873 à 1892. Armorique", 1893, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57842440/f297.image.r=Kerviler%20Sp%C3%A9zet?rk=42918;4. Des traces de villas gallo-romaines et de camps fortifiés ont été trouvées, notamment à Trévilly..

Moyen Âge

La première mention de la paroisse de Spéthut date de 1216 et se trouve dans le cartulaire de Quimper. La paroisse, qui englobait à l'origine Saint-Hernin, relevait de l'archidiaconé et du comté du Poher..