vignette|250px|Mexique au présent. L'histoire du Mexique, qui a commencé à l'époque mésoaméricaine, s'étend sur plus de deux millénaires, depuis les plus anciens vestiges d'écriture olmèque. L'histoire du Mexique est traditionnellement divisée en trois grandes périodes : préhispanique, coloniale et indépendante, .
Dans les années 2020, le Mexique est habité par Mexicains, hors diasporas et migrations, en croissance assez régulière (20 en 1940, 15 en 1910, 7,5 en 1846, 4,6 en 1790, et seulement un million vers 1600), malgré guerres et évolution territoriale. La population des Amérindiens, vers 1500, est estimée à environ 18 à 25 millions d'individus.
Époque préhispanique Préhistoire vignette|Premier peuplement (hypothèse). Les premiers groupes humains arrivés en Amérique sont venus d'Asie du Nord-Est, en traversant la Béringie, à l'époque exondée, pour s'établir en Alaska. La présence humaine au sud de l'inlandsis laurentidien daterait d'environ , selon les analyses paléogénétiques des fossiles humains les plus anciens connus à ce jour sur le continent américain, et d'au moins selon la datation des sites archéologiques les plus anciens du continent.
Vers le milieu du , la plus grande partie du Mexique actuel correspond à une aire culturelle appelée Mésoamérique, qui se prolonge vers le sud. Au nord du Mexique, d'autres aires culturelles s'étendent vers le nord : l'Oasisamérique et l'Aridamérique.
Mexique précolombien À partir de notre ère, plusieurs cultures et civilisations se sont succédé ou côtoyées en Mésoamérique : Olmèques, Mayas, Zapotèques, Mixtèques, Toltèques, Tarasques et Aztèques, entre autres. Lors du siècle précédant l'arrivée des Espagnols, l'Empire aztèque était en pleine expansion dans le centre du Mexique. Son unique concurrent important était le royaume tarasque.
Le nom actuel du Mexique, en espagnol, vient du nom de sa capitale, Mexico, alors capitale de l'Empire aztèque à l'époque postclassique, et dont le nom remonte lui-même au moins à la fondation de la ville vers le début du ou la fin du . À l'origine, il signifie probablement « (la ville qui est) au milieu (du lac) de la lune »Antonio del Rincón, Arte Mexicana, Mexico, 1595 : ( de la réédition de 1885, Mexico), cité par Jacques Soustelle (Les Aztèques à la veille de la conquête espagnole, Hachette Littératures, coll. Pluriel, 2002, , note 4) et Christian Duverger (L'origine des Aztèques, Éditions du Seuil, 2003, , note 1). Mexico-Tenochtitlan
Aperçu artistique mexicain précolombien
Conquête espagnole (1519-1590 c) Colonisation espagnole de l'Amérique, Empire espagnol (1492-1975), colonisation espagnole de la terre ferme d'Amérique, Tierra Firme (1498–1514, 1539–1543) Chute de l'Empire aztèque (1519-1521), conquête espagnole du Yucatan (1523-1547), Floride espagnole (1513–1763, 1783–1818) vignette|Hernán Cortés et La Malinche.
Francisco Hernández de Córdoba et Juan de Grijalva explorent les côtes méridionales du Mexique, respectivement en 1517 et 1518. Le conquistador Hernán Cortés (1485-1547) envahit le pays sous bannière espagnole en 1519, après avoir débarqué à proximité de l'actuelle Veracruz. Il baptise l'emplacement de cette ville le long de la côte Villa Rica de la Vera Cruz. À cette époque, les Aztèques sont le groupe dominant dans la région. Ils prennent d'abord les conquistadors espagnols, conformément aux anciennes légendes toltèques, pour des envoyés des dieux. Pour cette raison, les Aztèques n'opposent initialement que peu de résistance à l'avancée des conquistadors, mais plus tard, ils entrent en opposition lorsqu'ils se rendent compte que ce ne sont pas les messagers divins d'abord admirés.
Après plusieurs batailles, au cours desquelles les armées espagnoles furent plusieurs fois proches de la défaite (notamment lors de la Noche Triste du ), la capitale aztèque de Tenochtitlan fut attaquée par une alliance entre les Espagnols et les Tlaxcaltèques (les principaux ennemis des Aztèques), qui entamèrent le siège. Les Aztèques furent défaits en 1521 et leur capitale rasée.
Il a été démontré qu'au cours du XVIe siècle, que les guerres, les famines et les épidémies ont entraîné un déclin démographique, potentiellement aussi élevé que 90 % de la population. Des 10 à 20 millions d'autochtones vivant au Mexique à l'époque du contact avec les Européens, seulement 2 millions de personnes survivent à la fin du . Les maladies infectieuses, telles que la variole, la rougeole, les oreillons, la grippe, le typhus, la fièvre typhoïde et la fièvre entérique, la rubéole, la coqueluche, la diphtérie grave, la dysenterie endémique, les fièvres tertiaires (paludisme) et la syphilis sont considérées comme ayant provoqué des épidémies à grande échelle en Méso-Amérique coloniale, contribuant de manière significative au déclin de la population.
Les Espagnols étendent rapidement leur domination au-delà des frontières de l'empire aztèque. Les Tarasques, effrayés par le sort des Aztèques, se soumettent sans combattre. En 1530, les Espagnols exécutent leur dernier souverain.
Dans certaines régions, la conquête est fragile. Les habitants du Jalisco se révoltent en 1541, mettant les Espagnols en difficulté. Le conquistador Pedro de Alvarado perd la vie au cours de ce soulèvement généralement connu sous le nom de Guerre du Mixtón. Il faut l'intervention du vice-roi de Nouvelle-Espagne, Antonio de Mendoza, pour venir à bout de la révolte.
Plus au nord s'étend le territoire de populations nomades, connues des habitants de la Mésoamérique sous le nom de Chichimèques. Cette appellation recouvre plusieurs groupes : Guachichiles, Zacatecos, Caxcánes ou Pames. De tout temps, ils représentent une menace pour les sédentaires du sud et se révèlent beaucoup plus coriaces pour les Espagnols que les Aztèques. En 1546, la découverte de mines d'argent à l'emplacement de la future ville de Zacatecas ravive l'intérêt des Espagnols pour les régions du nord. En 1561, les Chichimèques s'unissent contre eux. Leurs raids contre les établissements miniers espagnols entretiennent alors l'insécurité dans les vastes étendues du nord. Les Espagnols s'efforcent de les sédentariser en leur envoyant des missionnaires, mais aussi en fixant parmi eux des colonies de Tlaxcaltèques, venus du centre du Mexique (1590). C'est la guerre chichimèque (1550-1590).
Époque coloniale espagnole (1521c-1821) vignette|Gravure représentant un Dragón de cuera, unité des troupes coloniales espagnoles en Nouvelle-Espagne. Fin .
Pour toute la période qui s'étend entre la défaite de l'Empire aztèque et l'indépendance du Mexique, la colonie se nomme Nouvelle-Espagne (1521-1821).
La conquête et l'époque coloniale font émerger de nouveaux groupes ethniques : 64 d'entre eux sont ainsi clairement définis par le gouvernement colonial, dont les métis, enfants issus de mariages mixtes entre Européens et indigènes, et leur descendance, les créoles, enfants des Espagnols nés dans la colonie, discriminés par rapport aux Espagnols nés dans la péninsule ibérique, et futurs promoteurs de l'indépendance du pays.
L'actuel Mexique fait alors partie de la vice-royauté de la Nouvelle-Espagne (Nueva España en espagnol), ce qui recouvre le territoire de l'actuel Mexique, mais aussi progressivement environ deux autres millions de kilomètres carrés dans le sud-ouest des États-Unis (ainsi que les Philippines).
La frontière Nord de la Nouvelle-Espagne n'est pas définie avec précision mais peut se lire d'après le caractère hispanique des noms géographiques conservés de nos jours. La frontière Sud est également variable.
De l'indépendance aux années 2000 L'évolution territoriale du Mexique de manière formelle s'effectue principalement dans les années 1820-1860. vignette|150px|Acte d'indépendance du Mexique
La guerre d'indépendance (1810-1821)
Miguel Hidalgo, un criollo c'est-à-dire un espagnol né au Mexique (à ne pas confondre avec le terme français créole), curé du village de Dolores, partisan de Ferdinand VII détrôné par les Français et exilé à Valençay, lance un appel durant la nuit du au .(que l'on nomme plus tard le Grito de Dolores) aux habitants de son village dont le but est de se libérer des Espagnols alors gouvernés par Joseph Bonaparte.
On peut citer José María Morelos, Vicente Guerrero, Agustín de Iturbide parmi les personnages clés de la guerre d'indépendance.
L'arrivée d'un gouvernement libéral en Espagne convainc les criollos (espagnols nés au Mexique), cherchant à s'approprier les privilèges des espagnols dits peninsulares (vivant au Mexique mais nés en Espagne), de proclamer l'indépendance. La déclaration d'indépendance est approuvée et une première Constitution rédigée le par le Congrès de Chilpancingo, le « Décret Constitutionnel pour la Liberté de l'Amérique Mexicaine » (Decreto Constitucional para la Libertad de la América Mexicana) qui définit un pouvoir exécutif mexicain faible et un pouvoir législatif mexicain fort est promulgué par le même congrès le , et l'Acte solennel de la Déclaration d'indépendance de l'Amérique septentrionale (Acta Solemne de la Declaración de Independencia de la América Septentrional) est officiellement signée par le congrès le .
En 1821, l'armée dite des « trois garanties » entre dans la capitale. Le , le traité de Córdoba confirme l'indépendance au Mexique.
De l'indépendance à l'intervention française (1822-1848) Le , Agustín de Iturbide est couronné sous le nom d'Augustin , pour un règne (Premier Empire mexicain (1822-1823)), qui dure quelques mois, suivi de troubles et de guerres civiles, mais sans remettre en cause l'indépendance de l'État.
Le Mexique dispose de belles villes, d'une haute société évoluée. Le patriotisme est vigoureux dans les élites créoles, mais pas dans la masse indigène qui ignore l'existence d'une Nation mexicaine. Ce sentiment n'est cependant pas suffisamment développé pour conduire les esprits à une politique commune. L'histoire du Mexique entre 1820 et 1848 pourrait presque se résumer à une succession de troubles qui suscitèrent les réactions des puissances européennes, inquiètes des dettes non remboursées. En 1838, le gouvernement de Louis-Philippe, qui ne peut obtenir les réparations qu'il demande, envoie une flotte bombarder Saint-Jean d'Ulua et s'emparer de Veracruz, dans un épisode surnommé guerre des Pâtisseries (1838-1839). À la suite de la guerre contre les États-Unis (lire ci-dessous) entre 1846 et 1848, un apaisement se fait sentir. En 1853, les troubles reprennent, vers une nouvelle guerre civile.
En 1855, le Mexique s'engage dans la Réforme, violemment anticléricale. En 1835, les Siete Leyes (Sept lois) voient le jour. En 1857, une nouvelle constitution est promulguée.
Les séparatismes
Le Guatemala et le Honduras, annexés en 1821, se séparent définitivement du Mexique le . L'État d'Occidente se divise en Sonora et Sinaloa en 1830. Aguascalientes se sépare de l'État de Zacatecas en 1835. Les Sept Lois (lois constitutionnelles promulguées le ) convertissent les États fédéraux en départements. Le District Fédéral est supprimé, et réincorporé au département de Mexico. Le Zacatecas déclare son indépendance en 1835, mais est vaincu par l'armée de la République mexicaine. Le Texas déclare son indépendance le , entérinée par le traité de Velasco, signé le par le général mexicain Santa Anna, mais non reconnu par le Mexique avant 1848. En 1840, les départements de Nuevo Leon, Coahuila et Tamaulipas déclarent leur indépendance comme République du Rio Grande. Entre 1841-1843 et 1846-1848, la république du Yucatán fut un pays indépendant soutenu par les États-Unis. En 1852 puis en 1854, le flibustier Gaston de Raousset-Boulbon mena deux expéditions en Sonora, avant d'être exécuté après la bataille de Guaymas.
Guerres contre les États-Unis (1835-1848) Révolution texane, guerre américano-mexicaine