La littératie, ou lettrure, est définie par l'OCDE comme La littératie à l’ère de l’information, publié le . Cette notion va donc au-delà de la lecture-écriture désignée par les termes de lettrisme ou littérisme, dans leurs acceptions officielles en France.CTNR1636064K Bulletin officiel de l'éducation nationale n6 du 9 février 2017. La présente notion implique de pouvoir communiquer au quotidien à l'écrit autant qu'à l'oral, pour interagir autant dans les sphères personnelle, familiale, socioculturelle que professionnelle.
Définie dans le cadre où l'on accède à l'information écrite, tout comme à celle transcrite numériquement, via une informatique connectée à l'Internet, la littératie informationnelle est considérée comme une qualification utile dans les sociétés industrielles.
Il existe différents autres types de littératie, qui présentent parfois des similitudes mais aussi de fortes divergences.
La littératie médiatique est considérée comme étant l'ensemble des compétences qui caractérisent un individu capable d'évoluer de façon critique dans l'environnement médiatique contemporain. Des compétences en littératie médiatique sont requises pour pouvoir travailler sur divers objets médiatiques, tels que les réseaux sociaux. Elle est construite au moyen de l'éducation aux médias.
L'avènement du numérique, et par extension du Web 2.0, est par ailleurs l'occasion de s’interroger sur ce qu'est la littératie numérique : même s'il n’existe pas de définition à proprement parler, la littératie numérique correspond à la maîtrise de savoirs, de capacités et d'attitudes propres au domaine des technologies numériques (ordinateurs, tablettes, smartphones). Elle inclut la littératie informatique. Il s'agit de l'une des facettes de la littératie qui, de plus en plus, est l'objet d'études et d’interrogations, allant même jusqu'à la proposition d'un enseignement en France.
Ces différentes littératies (informationnelle, médiatique, informatique, numérique) convergent dans la translittératie. Cette notion peut être comprise comme étant la capacité de lire, écrire et interagir grâce à une variété de plateformes, d'outils et de moyens de communication : l'écriture, la télévision, la radio, les réseaux sociaux.…
D'autres types de littératies sont envisagés par ailleurs, mettant en jeu l'esprit critique, la recherche en bibliothèque et sur internet ou encore la littératie physique.
Terminologie Origine du concept Alors que le terme lettrure s’appuie sur un terme rare mais avéré dès le Moyen Âge en langue française, celui de littératie provient d’un calque de l’anglais où il désigne initialement la notion d’alphabétisme, dont l’usage explose à partir de 1980..
En anglophonie, le concept a été dérivé dans l'expression , en partant du principe qu'il était aussi important de savoir trouver, critiquer et utiliser l'information dans la société de l'information que de savoir lire et écrire dans la société industrielle. C'est en 1989 que cette expression va être officialisée par la définition qu'en donne lAmerican Library Association: ..
En 2008, l'UNESCO publie un document important sur la compétence informationnellehttp://unesdoc.unesco.org/images/0015/001570/157020E.pdfhttps://ar.unesco.org/sites/default/files/praguedeclaration.pdf. De plus, le mois d' a été choisi comme mois de la conscience de l'importance de l'information () par le président américain Barack Obama..
Recherches d'équivalents français C'est d'abord l'expression qui a été introduite comme anglicisme en français. Jusqu'à présent, aucun équivalent français ne s'est encore imposé. En effet, on parle en français d'« illettrisme », qui traite la question en termes de manques (les illettrés auraient désappris la lecture et l'écriture) et porte en soit un aspect péjoratif, qui serait l'équivalent de l'anglais . Mais l'expression « lettrisme » est liée à un mouvement artistique du et ne pourrait être utilisée sans ambiguïté.
Plusieurs termes ont été proposés : Le terme de « littérisme », proposé au Journal officiel de la République française en 2005. comme équivalent "étranger" à literacy. Sa définition, reprise dans le B.O du ministère de l'éducation nationale et de la recherche du 37 du 13 octobre 2005 évoque bien la notion de compréhension et de communication mais est néanmoins restreinte aux médias traditionnels de l'éducation que sont la lecture et l'écriture : littérisme, n.m. Domaine : Éducation. Définition : Capacité à lire un texte simple en le comprenant, à utiliser et à communiquer une information écrite dans la vie courante. Note : Ce terme est l’antonyme d’illettrisme, qui ne doit pas être confondu avec analphabétisme. Équivalent étranger : literacy. Alphabétisation informationnelle Culture de l'information (ce terme est recommandé par le Grand dictionnaire terminologique de la langue française. de l'Office québécois de la langue française) Compétence informationnelle Infocompétence Maîtrise de l'information, Maîtrise technologique Certains sites et certains ouvrages comportent le terme de littératie numérique. Des chercheurs ont proposé de réactiver le terme d'ancien français lettrureLettrure dans le Wiktionnaire, qui a le même sens que . Celui-là permettrait de forger une expression comme lettrure informationnelle pour traduire . La définition de l'OCDE retient littératie.
Capacités implicites La compétence informationnelle dépend toujours des facteurs à la fois internes et externes. Parmi les facteurs internes pouvant avoir une importance, on peut par exemple citer les connaissances spécialisées et la connaissance des langues, la créativité ou les ambitions individuelles d'une personne. En revanche, comme facteurs extérieurs, on peut penser à la culture, à la société, aux différentes formes d'informations, au développement technique et au statut social. Le développement individuel de la compétence informationnelle est donc également tributaire de tous ces facteurs.
Faculté de reconnaître un besoin en informations En général, la recherche des informations est précédée par la prise de conscience d'une personne qui estime que ses connaissances dans certains domaines sont insuffisantes pour résoudre un problème donné, une tâche précise ou pour donner une réponse précise à une question posée. Cette prise de conscience est à l'élément déclencheur de la motivation aux actions suivantes.
Capacité de localiser des informations Pour rechercher des informations précises, il faut mettre en place une stratégie de recherche comportant au préalable l'analyse et la désignation précise du besoin, mais aussi la sélection des concepts essentiels (et de leurs synonymes) ou bien la détermination des domaines thématiques à un niveau supérieur, ainsi que l'identification des sources d'informations appropriées. Il pourrait s'agir, par exemple, des bibliothèques, des archives ou bien de l'internet mais aussi d'une enquête parmi des personnes ou auprès d'institutions qualifiées. Pour l'orientation à l'intérieur de ces espaces d'informations différemment structurés, il existe des aides (), ou encore des systèmes de recherche comme des catalogues bibliothécaires, des banques de données et des machines de recherche informatisées. Ainsi, est-il possible par l'apport des machines de recherche et des banques de données dans l'internet, par exemple, de réduire ou d'exclure certains concepts lors de la recherche ou de les connecter pour définir encore plus précisément un domaine de recherche.
Capacité d'organiser des informations Cette capacité peut englober la maîtrise des techniques diverses de structuration comme le clustering et le mind-mapping, des méthodes précises du traitement approfondi d'informations ainsi que des stratégies de leur gestion et de leur sécurisation appropriées. Le traitement de la problématique peut être réalisé sous la perspective de la transparence ou de la réduction du thème, et s'avère capital quand un très grand nombre de sources d'informations ou de médias utilisés risque d'entrainer une désinformation.
Capacité d'une sélection précise d'informations Les informations trouvées ne sont pas toujours appropriées pour être traitées et approfondies, parce que leurs sources diffèrent sous plusieurs aspects. Une analyse de leurs points communs, leurs ressemblances et différences en structure et contenu, ainsi qu'une évaluation par rapport à des critères comme la crédibilité, la fiabilité, l'actualité, l'auteur et les groupes cibles, s'avèrent comme conditions préliminaires et adéquates pour cette sélection. Ainsi est-il possible de séparer ce qui a de l'importance de ce qui n'en a pas, de distinguer entre ce qui peut être vrai de ce qui ne l'est peut-être pas ou qui n'est simplement pas digne de confiance, de faire la différence entre ce qui est actuel et ce qui ne l'est plus, afin de pouvoir trouver de manière efficace la solution à une difficulté donnée ou une réponse à une question posée.
Faculté de la conception et d'une présentation efficace Pour communiquer des informations de manière précise, il est nécessaire de les adapter au groupe-cible à qui elles s'adressent. Tous les aspects du processus de la communication doivent être orientés en fonction d'une direction déterminée et d'un groupe-cible. La multiplicité des possibilités de réalisation technique a, dans tous les domaines de la vie, gagné de l'importance; mais les échanges et le transfert des informations par la communication verbale gardent toujours leur importance primordiale. La maîtrise de capacités rhétoriques ainsi que des connaissances en matière du droit d'auteur et des règles de citation parfois spécifiques aux différentes spécialisations est donc une nécessité.
Directives en bref La littératie, au sens de l'OCDE, reflète la capacité à résoudre des problèmes à partir d'informations données. Il n'y a aucun intérêt à mesurer cette capacité à partir d'informations fausses. La validité des informations est assumée, comme dans un problème d'arithmétique donné à une classe d'école. Les problèmes donnés par l'OCDE pour évaluer les compétences en littératie sont du même ordre, similaires aux tests de quotient intellectuel, mais plus précis et directement utilisables (comme la capacité de trouver une réponse par une recherche Internet)..
En recevant une information (journalistique ou sujette à débat), les lecteurs peuvent se poser les questions suivantes et essayer d'y donner une réponse
Qui est-ce qui le dit ? (La personne, a-t-elle des intérêts personnels ? Lesquels ?...). Comment est-ce qu'il/elle le sait ? (Qu'est-ce qui fait d'elle/de lui un expert ? D'où tient-elle/il ses connaissances ?). Qu'est-ce qui fait défaut ? (Quelles sont les informations que je n'ai pas reçues ? Est-ce que tous les éléments ont été pris en compte et communiqués ?). Qu'est-ce qui a changé ? (Qu'est-ce que l'information change ? Qu'est-ce qui est différent par rapport à avant ?). Est-ce que c'est raisonnable et a un sens ? (réduction )
S'il n'est pas possible de répondre suffisamment à toutes les questions, ils peuvent conclure qu'un besoin en informations existe.
Compétences avoisinantes Étant donné que la compétence informationnelle constitue beaucoup plus un moyen intellectuel qu'un objet concret ou plus qu'une quantité mesurable, il est difficile de la distinguer des autres compétences. Celles-ci sont d'ailleurs très souvent confondues et mises au même rang de base, ainsi donc considérées comme des compétences partielles. Les compétences spécifiques suivantes sont souvent associées à une compétence informationnelle : Compétence de lecture : capacité de comprendre des textes écrits, de les utiliser et d'y consacrer des réflexions. Compétence de l'écriture : capacité d'exprimer ses pensées à travers l'écriture et de communiquer ainsi avec d'autres personnes.