Richard Dawkins, né le à Nairobi, est un biologiste, vulgarisateur, théoricien de l'évolution et éthologiste britannique, membre de la Royal Society. Il est également professeur émérite au New College de l'université d'Oxford..
Il acquiert la consécration avec son livre de 1976 intitulé Le Gène égoïste, qui popularise la théorie de l'évolution centrée sur les gènes et introduit le terme de « mème ». En 1982, il développe cette théorie dans son ouvrage Phénotype étendu puis publie en 2006 Pour en finir avec Dieu, vendu à plus de deux millions d'exemplaires et traduit en trente et une langues.
Vice-président de la British Humanist Association, il est reconnu comme un ardent défenseur du rationalisme, de la pensée scientifique et de l'athéisme. Il est résolument anticlérical et est aussi l'un des principaux critiques anglophones du créationnisme, du dessein intelligent et des pseudosciences. Il s'est rendu célèbre également pour sa controverse amicale, mais ferme, avec son collègue Stephen Jay Gould sur la question des équilibres ponctués.
En plus de ses nombreux ouvrages scientifiques, Dawkins promeut sa vision rationnelle au travers de films et documentaires, de conférences et de débats télévisés sur les grandes radios ou chaînes nationales du monde entier. Il complète son action sur le terrain associatif en créant et dirigeant la Fondation Richard-Dawkins pour la raison et la science.
Biographie Jeunesse et éducation thumb|left|L'Oundle School, où Dawkins fut élève. Clinton Richard Dawkins naît le à Nairobi, au Kenya (alors une colonie britannique). Sa mère, Jean Mary Vyvyan (née Ladner), et son père, Clinton John Dawkins, vivent alors au Nyassaland (actuellement Malawi) où ils travaillent pour le compte de l'administration coloniale britannique.. Son père est appelé à rejoindre le régiment des King's African Rifles durant la Seconde Guerre mondiale., puis revient en Angleterre en 1949. Le jeune Richard Dawkins est alors âgé de huit ans. Cette même année, son père hérite d'un terrain au nord de Chipping Norton, dans l'Oxfordshire, qu'il utilise pour créer une ferme.. Ses deux parents, intéressés par les sciences naturelles, répondent aux questions de Richard Dawkins en termes scientifiques..
Il décrit sa jeunesse comme une « éducation anglicane normale »., bien qu'il commence à douter de l'existence de Dieu à l'âge de neuf ans. Adolescent, il arrive à la conclusion que la biologie évolutive est une meilleure explication à la complexité de la vie, et devient athée... Il déclare ainsi .
Dawkins fait ses études à l'Oundle School dans le Northamptonshire de 1954 à 1959, puis au Balliol College à l'université d'Oxford, où il étudie la zoologie avec pour tuteur le lauréat du prix Nobel de médecine spécialiste d'éthologie Nikolaas Tinbergen. Il obtient son diplôme en 1962. Il obtient le diplôme de Master of Arts puis de Doctor of Philosophy en 1966, et reste un an de plus en tant qu'assistant chercheur à l'université. Tinbergen est alors un des pionniers dans la recherche du comportement animal, particulièrement sur les questions relatives à l'instinct, à l'apprentissage et à la prise de décision. Ses recherches, au cours de cette période, portent alors sur l'établissement de modèles décrivant la prise de décision chez l'animal...
Carrière académique thumb|redresse|Richard Dawkins en 2009. De 1967 à 1969, Richard Dawkins est professeur assistant en zoologie à l'université de Berkeley, en Californie. Durant cette période, les étudiants et responsables de l'université de Berkeley s'opposent fermement à l'intervention américaine au Viêt Nam, et Richard Dawkins s'implique dans ce mouvement. Il retourne à l'université d'Oxford en 1970 comme conférencier en zoologie, et est nommé directeur de thèse..
En 1995, Dawkins est nommé « Professeur pour la compréhension de la science » à l'université d'Oxford, une place qui appartenait auparavant à Charles Simonyi, avec comme objectif que le nouveau détenteur de ce poste « fasse d'importantes contributions pour que le public comprenne la plupart des domaines scientifiques ».. Après avoir été récompensé par de nombreux prix prestigieux lors de sa carrière, il prend sa retraite à l'âge de 67 ans en ., en déclarant vouloir .
Richard Dawkins est généralement surnommé par les médias le « rottweiler de Darwin », par analogie avec le biologiste anglais Thomas Henry Huxley, qui était surnommé le « bulldog de Darwin » pour son soutien sans faille aux idées de Charles Darwin sur l'évolution des espèces....
Vie privée Richard Dawkins a été marié trois fois, et a une fille. Le , Dawkins épouse l'éthologiste Marian Stamp dans le Comté de Waterford en Irlande, dont il divorce dix-sept ans plus tard, en 1984. Le de la même année, Dawkins épouse Eve Barham à Oxford − avec qui il aura une fille, Juliet Emma Dawkins − et dont il finit par divorcer également..
En 1992, il se remarie une troisième fois avec l'actrice Lalla Ward dans le district du Borough royal de Kensington et Chelsea.. Les nouveaux mariés se sont rencontrés par le biais d'un ami commun, Douglas Adams, qui travaillait avec Lalla Ward dans la série de science-fiction Doctor Who diffusée à la BBC.. Lalla Ward a illustré plus de la moitié des ouvrages de Richard Dawkins et est la conarratrice des versions audio des livres de son mari (notamment Il était une fois nos ancêtres, Pour en finir avec Dieu et Le Plus Grand Spectacle du monde).
Travaux Le gène égoïste
Dans ses travaux scientifiques, Richard Dawkins est essentiellement connu pour sa théorie de l'évolution centrée sur le gène. Cette théorie est clairement décrite dans son livre Le Gène égoïste (1976), dans lequel il explique que « toute vie évolue en fonction des chances de survie des entités répliquées ».. Cette conception forme également la trame de l'ouvrage le Phénotype étendu (1982).
thumb|redresse|Susan Blackmore continue les travaux lancés par Richard Dawkins. De par son métier d'éthologiste (étude du comportement animal) il s'inscrit dans une lecture darwinienne de l'étude des comportements du vivant. Il émet l'hypothèse selon laquelle le gène est la principale unité de sélection dans l'évolution. Interrogeant les mécanismes de la sélection sexuelle, puis de parentèle, il aborde la sélection par le groupe. Richard Dawkins démontre dans une approche mécaniste de la transmission et de la sélection des gènes, que les comportements dits « altruistes » sont aussi le fruit de l'évolution et sont adaptatifs et ce « malgré » l'égoïsme du gène. La transmission au grand public de ses hypothèses de travail va être freinée par la médiatisation du titre de son livre Le Gène égoïste. Il développe cela dans ses recherches. Il est particulièrement sceptique vis-à-vis de l'hypothèse selon laquelle la sélection de groupe serait une base de compréhension de l'altruisme..
Ce comportement apparaît à première vue être un paradoxe pour la théorie darwinienne de l'évolution, qui repose sur le mécanisme de la sélection naturelle, car l'aide offerte aux semblables coûte des ressources précieuses dans la lutte pour la vie et diminue la valeur sélective de l'individu. Auparavant, beaucoup interprétaient l'altruisme comme un aspect lié à la sélection de groupe : les individus faisaient ces sacrifices pour améliorer les chances de survie de la population ou de l'espèce, et non spécifiquement pour eux-mêmes. Le biologiste britannique spécialiste de l'évolution W. D. Hamilton a développé l'hypothèse de l'évolution centrée sur le gène pour expliquer l'altruisme en termes de valeur sélective inclusive et de sélection de parentèle ; ces individus se comportent donc de façon altruiste avec leurs semblables car ils partagent beaucoup de leurs gènes propres..
De la même manière, Robert Trivers, travaillant sur le modèle de l'évolution centré sur la génétique, développe la théorie de l'« altruisme réciproque », qui décrit le fait qu'un organisme fournit un bénéfice à un autre dans l'attente d'une réciprocité future..
Dans Le Gène égoïste, Richard Dawkins explique qu'il utilise la définition du gène de George C. Williams en tant qu'« entité qui se divise et se recombine avec une fréquence mesurable ».. Dans Phénotype étendu, Dawkins suggère que du fait de la recombinaison génétique et la reproduction sexuée, d'un point de vue d'un gène pour un individu, les autres gènes sont constitutifs de l'environnement dans lequel il doit s'adapter.
Ce concept de gène égoïste a créé des controverses du fait de ses implications philosophiques, en ouvrant notamment la voie à une théorie de l'esprit. Il est toutefois défendu par Daniel Dennett qui en fait la promotion, tout en défendant le réductionnisme en biologie.... Certaines nouvelles disciplines ont émergé de cette école de pensée, comme la sociobiologie et la psychologie évolutionniste. Certains biologistes pensent au gène égoïste comme un des mécanismes par lequel la sélection intervient, et l'utilisent dans leurs travaux.
Des controverses sur ces travaux s'inscrivent dans ce qui est appelé « les guerres darwiniennes », et engendrent de nombreux débats. Par exemple, entre Richard Dawkins et le paléontologue américain Stephen Jay Gould sur cette problématique du gène égoïste.. Malgré leurs désaccords, Dawkins et Gould ne sont pas en conflit ouvert l'un contre l'autre.. : Dawkins dédicaça une grande partie de son livre A Devil's Chaplain (2003) à Gould, décédé un an plus tôt...
Mème et mémétique selon Richard Dawkins
Richard Dawkins invente le mot « mème », contraction du terme mimeme. (équivalent culturel du « gène ») pour décrire comment les principes darwiniens pouvaient être étendus pour expliquer la façon dont les idées et les phénomènes culturels se répandent. La discipline en découlant est la mémétique..
Les mèmes de Richard Dawkins font référence à toute entité culturelle qu'un observateur pourrait considérer comme un réplicateur. Il pose l'hypothèse que de nombreuses entités culturelles sont capables de se répliquer, généralement d'humains en humains, et d'évoluer comme des réplicateurs efficaces (bien que non parfaits) d'informations et de comportements. Les mèmes (comme les gènes) ne sont pas toujours copiés parfaitement, et peuvent s'affiner, se combiner, se modifier en d'autres idées, créant de nouveaux mèmes, qui seront à leur tour des réplicateurs plus ou moins efficaces que leurs prédécesseurs ; cette théorie est constitutive de l'hypothèse de l'évolution socioculturelle, qui est analogue à la théorie de l'évolution biologique basée sur les gènes. Depuis l'énoncé original de cette théorie dans son livre Le Gène égoïste, Dawkins a laissé de nombreux auteurs l'étendre et la compléter, comme Susan Blackmore...
Actions militantes
vignette|left|Richard Dawkins avec Ariane Sherine devant l'un des bus.
En , Dawkins soutient, de façon officielle, la première initiative publicitaire britannique athée. Cette campagne, menée par la journaliste Ariane Sherine, du journal The Guardian, a pour objectif de collecter des fonds en vue de faire la promotion de l'athéisme par le biais de bus à Londres ; avec la promesse de Richard Dawkins d'offrir une somme équivalente à l'ensemble des fonds collectés, à concurrence de sterling..
La campagne connut un succès important, collectant sterling en seulement quatre jours, et attirant une couverture importante par la presse. La campagne s'est achevée le , après avoir levé un total de 153 516,51 £ (soit environ 178 600 €).. La campagne commença dès avec le slogan :
Dawkins présenta cette campagne comme « une alternative aux slogans dans les bus londoniens qui ont pour objet la religion ».. Effectivement, peu avant le lancement de la campagne, une campagne publicitaire agressive, dans les transports en commun, d'une organisation chrétienne et de son site internet, JesusSaid.org, promettait aux non-chrétiens..
Critique du pape Benoît XVI