Anderlues // (en wallon Andèrlûwe.) est une commune francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Hainaut.

En 1796, les deux villages indépendants d'Ansuelle et de Gognies furent rattaché au territoire anderlusien. La commune, n’ayant participé à aucun regroupement, fait partie des deux seules communes de la province de Hainaut à avoir échappé à la fusion.

Le passé industriel d’Anderlues est dominé par l’exploitation du charbon et par sa cokerie, active de 1904 à 2002. L’extraction houillère, développée dès 1857 avec la Société des Houillères d’Anderlues, marque profondément la commune et est notamment marquée par la catastrophe du , qui cause . Après la fermeture des charbonnages en 1967, la cokerie reste un pôle industriel majeur jusqu’à son arrêt définitif, faisant d’Anderlues l’un des derniers sites carbochimiques du bassin du Centre. Les vestiges miniers et les friches industrielles témoignent aujourd’hui de cet héritage.

La commune est surtout connue pour son ancienne église Saint-Médard, dont la nef a été démolie en 2006, et dont le clocher, la tour de la Bourlette, est un symbole emblématique du patrimoine local.

Toponymie Le nom bien du celtique Ander-Lubja, qui est composé de « andera », la génisse et de « lubja » l'herbe, qui se traduit par « l'herbe aux génisses »’..

Géographie

Situation Située sur un des bas plateaux entre les bassins de l'Escaut et de la Meuse, Anderlues, avec ses et ses , fut, jusqu'au , la commune la plus peuplée du canton de Binche et de l'arrondissement de Thuin dont elle dépend administrativement. Avec son nord marqué par l’héritage industriel des anciens charbonnages, des fours à coke et des terrils, et ses hameaux comme Ansuelle, Gognies, Lalue, le Vanériau ou le Brûle aux paysages typiquement ruraux, Anderlues s’affiche comme une zone de transition entre les deux grands bassins industriels du Centre et de Charleroi, à mi-chemin entre La Louvière et Charleroi. Sa situation est donc idéale, d'autant plus que le nœud routier stratégique du « Roi des Belges » est situé à seulement à de Binche, à de Thuin, à de Mons, à de Charleroi et à de Bruxelles. En outre, la modernisation de la nationale 6 relie rapidement la localité à la capitale et, via l'autoroute de Wallonie, à Liège et à l'Allemagne d'un côté, ainsi qu'à Paris, Lille et Dunkerque de l'autre.

Communes limitrophes

Localités limitrophes Anderlues est entouré par les anciennes communes, à l'est par Forchies-la-Marche, Fontaine-l'Évêque et Leernes, au sud par Mont-Sainte-Genevièvre, à l'ouest par Buvrinnes et Leval-Trahegnies et au nord par Mont-Sainte-Aldegonde, Carnières et Piéton.

Relief Le relief d’Anderlues s’organise autour de deux ensembles principaux : un plateau méridional et des vallées qui l’entament vers le nord.

Le plateau Le plateau occupe la moitié sud du territoire et se prolonge vers le nord par plusieurs crêtes (rues du Château d’Eau, des Combattants, Jules Destrée, route de Bascoup). Il constitue la zone de naissance des ruisseaux de la Haine, du Marais, de la Haie et du Piéton. Son altitude varie de 212 à , avec une pente douce vers le nord et le sud‑est, et un début de descente vers Leval‑Trahegnies. Le relief y est faiblement ondulé. Le point culminant de la commune et de la moyenne Belgique se situe au Planty (), à la limite de Buvrinnes, où se trouvent un signal géodésique et un centre d’émission de la RTBF.

Les vallées Dans la partie nord, plusieurs vallées entaillent le plateau avec des pentes de 3 à 6 %. Elles drainent les ruisseaux locaux, dont la vitesse augmente sous la cote . À la sortie du territoire, les altitudes atteignent : pour la Haie, pour la Haine, pour le Piéton.

Observations géographiques vignette|Borne géodésique du PlantyIl se situe à la limite d'Anderlues et de Mont-Sainte-Genevièvre (Lobbes)..|gauche

Dénivellation maximale : entre le Planty () et le chemin de Warimez (). Profil est‑ouest : la route de Mons franchit transversalement les vallées de la Haie (Pont d’Arcole) et du Marais (près de l’ancienne brasserie Ponselet devenue par la suite le centre de loisir Booba City). Sources nombreuses sur les versants, favorisées par la pente (Saint‑Médard, Djenne Guyle, Hospitau, Guèrnadie, Trou Lechat, Ronche, Chénois, Marais, Puisoir, Houdous, Saint‑Laurent, Tierne, Hulcu, Bois Garouille…). Zone marécageuse dans la haute vallée du Marais, où le drainage naturel est insuffisant. Plaines étroites dans les fonds de vallée du Piéton, de la Haie et de la Haine, constituant les points les plus bas du territoire.

Le sol et le sous-sol Le territoire d’Anderlues repose sur des sols limoneux et sablo‑limoneux favorables aux cultures, encore largement présents malgré l’urbanisation et l’industrialisation. Les principales productions agricoles concernent les céréales, la betterave, le maïs et la pomme de terre, tandis que de vastes pâturages structurent le paysage. Quelques bois subsistent sur les versants des vallées. Une couche de limons éoliens de 2 à , particulièrement adaptée à la fabrication de briques, a favorisé l’implantation de nombreuses briqueteries jusqu’au milieu du . Les limons alluviaux se rencontrent dans la vallée du Piéton supérieur et, plus localement, dans celles du Marais et de la Haine. Des colluvions récentes occupent les flancs et replats des vallées. Le sous‑sol est dominé par les terrains tertiaires : l’étage bruxellien, épais de 7,9 à , couvre environ quatre cinquièmes du territoire et constitue un filtre externe de la nappe aquifère. L’étage yprésien, épais de 21 à , forme une assise argileuse imperméable.

Les recherches menées dès 1835 ont permis d’atteindre le terrain houiller à des profondeurs variables selon les puits, de 39 à . Divers sondages ont confirmé la succession de couches tertiaires, crayeuses et marneuses avant d’atteindre le houiller. Les gisements identifiés contiennent des charbons gras et demi‑gras (22 à 24 % de matières volatiles), adaptés aux usages métallurgiques, verriers, céramiques et domestiques. Leur forte grisoutosité a toutefois classé les charbonnages anderlusiens en et catégorie.

Climat Avec une altitude moyenne de , une distance de de la mer et une latitude de 50°26 nord, le plateau d'Anderlues bénéficie d’un climat tempéré et humide caractéristique de la Belgique moyenne. Les températures annuelles moyennes avoisinent , avec juillet comme mois le plus chaud à de moyenne et janvier le plus froid à . Les précipitations atmosphériques, qui atteignent environ par an, sont bien réparties sur l'année et liées aux vents maritimes humides du sud et sud-ouest, responsables de des précipitations annuelles à Anderlues. Cette pluviosité modérée favorise la culture, l'élevage, les zones boisées et l'alimentation des nappes phréatiques.

Hydrographie Le territoire d’Anderlues est partagé entre deux bassins fluviaux, séparés par une ligne de faîte orientée sud‑nord correspondant approximativement à la route de Bascoup.

Bassin de l’Escaut (4/5 du territoire) Il regroupe la Haine et ses affluents le ruisseau du Marais et la Haie, elle‑même alimentée par le ruisseau du Puisoir. Ces cours d’eau prennent naissance sur le plateau d’Anderlues et s’écoulent vers le nord, entaillant des vallées profondes en raison de pentes marquées.

Les principales caractéristiques sont:

Haine : de cours à Anderlues, chute de , pente moyenne de / ; Ruisseau du Marais : , chute de , pente moyenne de / ; Haie : , chute de , pente moyenne de / ; Puisoir : , chute de , pente moyenne de /.

Ces valeurs masquent toutefois de fortes variations locales : certaines sections présentent des pentes très faibles, notamment la Haie en amont (/) et le Marais près de son confluent (/). La vigueur des écoulements a permis l’implantation précoce de moulins, notamment à LalueLe moulin, attesté dès le milieu du , était exploité en 1641 par Nicolas Dujardin, avant de passer, en 1757, sous la responsabilité d’Ursmer Delrue. À la suite des transformations administratives consécutives à la Révolution française, l’exploitation fut confiée à la famille Plaisant, originaire de Fontaine‑l’Évêque, puis à Auguste Dufonteny et à ses deux fils, qui en assurèrent la gestion durant la seconde moitié du . L’activité meunière cessa en 1898, date à laquelle l’édifice fut acquis par les Houillères d’Anderlues. Intégré aux infrastructures industrielles en expansion, le bâtiment fut finalement démoli en 1935 afin de permettre l’agrandissement du site minier . et aux Trieux.

Bassin de la Meuse Il concerne la partie orientale et méridionale de la commune, drainée par le Piéton, le ruisseau de la Forêt et le ruisseau du Coulby:

Piéton : issu de la fontaine du Poria, il parcourt sur Anderlues, avec une chute de (/). Il marque en partie la limite avec Fontaine‑l’Évêque ; Ruisseau de la Forêt : petit bassin de moins de , constitué de fossés longeant Leernes ; il correspond à l’ancien système de viviers aujourd’hui asséchés ; Coulby : né près du château des Loges, à la limite de Mont‑Sainte‑Geneviève, il traverse une zone marécageuse en résorption avant de s’écouler vers la Sambre.

La nappe aquifère d’Anderlues La commune d’Anderlues repose sur une nappe aquifère de grande ampleur, constituant l’un de ses principaux réservoirs d’eaux souterraines. Son extension correspond à la limite supérieure de l’argile yprésienne, plus élevée au sud qu’au nord, et profondément entaillée par l’érosion des vallées. Le point culminant de la nappe coïncide avec la zone de relief séparant les deux bassins fluviaux locaux. L’écoulement des eaux souterraines s’effectue depuis cette ligne de partage vers le nord et le sud, avec des déviations latérales en direction des vallées. La faible profondeur du réservoir est attestée par les zones marécageuses situées aux sources de la Haie et du Marais, ainsi que par la multiplication des sources sur les versants, indicateurs directs du niveau de la nappe.

Quartiers vignette|Le centre d'Anderlues en . L’Alû, au Moyen Âge, était un hameau dépendant du Dieu du Soleil et il était un ancien fief du comte de Fontaine-l'Évêque, Ansuelle, et fut rattaché à Anderlues en 1796. On y trouvait aussi Marais, Le Douaire, Vanériau, Bouchénie, Plein de Chênes, Blancs Trieux, Les Viviers, Bruyères nom venant du celtique brwg, du gaulois brugo et du latin populaire brugaria, ainsi que Saint-Médard, Les Pavillons, Polvez, Le Viaduc, Les Trieux (du francique « thresk »), L’Arbiette, La Viole et Gognies, ou localement Gognîe, également rattaché à Anderlues en 1796.

Cités Cité Nouvelle, cité des Aulniats, cité de la Ferme, cité des Pavillons et cité jardin du Fief.

Lieux-dits Quatre Pavés, Viviers à Tailles, Résistance, Le Viernois, Timopréa, Parapette, Au Roi des Belges, la Reine des Belges et Warimé.

Terrils et bois Terril , bois des Vallées et bois de Warimé.

Démographie

Les chiffres des années 1831 à 1970 tiennent compte des chiffres des anciennes communes fusionnées. Source: DGS , de 1831 à 1981=recensements population; à partir de 1990 = nombre d'habitants chaque 1 janvierhttps://view.officeapps.live.com/op/view.aspx?src=https%3A%2F%2Fstatbel.fgov.be%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Ffiles%2Fdocuments%2Fbevolking%2F5.1%2520Structuur%2520van%2520de%2520bevolking%2FPopulation_par_commune.xlsx&wdOrigin=BROWSELINK

+ Évolution démographiqueAnnéePopulationÉvolution 1992=index 1001992100,01993100,01994100,21995100,91996100,51997101,31998101,41999100,82000101,02001100,82002100,62003100,92004100,62005101,62006101,42007102,02008101,72009101,62010102,42011102,82012104,12013104,52014104,92015104,62016105,22017106,12018107,32019107,32020108,22021108,82022109,42023110,32024112,12025113,42026114,8

Évolution démographique d’Anderlues depuis la préhistoire jusqu'à la fin du