André Laignel, né le à Paris ()., est un homme politique français.

Membre du Parti socialiste, il est maire d'Issoudun de à , il est premier vice-président délégué de l'Association des maires de France (AMF) et président du Comité des finances locales (CFL) jusqu'au 27 mars 2026 où il démissionne de tous ces mandats.

Biographie Il naît le d'un père balayeur et d'une mère cartonnière. A l'âge de 14 ans, il arrête l'école et fait des petits métiers entrecoupés de périodes de chômage. Il travaille notamment comme manutentionnaire au Comptoir national d'escompte de Paris. Il est licencié pour avoir distribué des tracts de la CGT et du Parti communiste, dont il sera adhérent jusqu'à 21 ans. Appuyé par une amie « intellectuelle », qui elle a eu son bac, et encouragé par l'exemple du philosophe Gaston Bachelard devenu docteur d'État à vingt-sept ans sans avoir été bachelier, il passe une capacité en droit pendant son service militaire. Le niveau élevé des résultats qu'il obtient lui permet de s'inscrire en faculté sans avoir son baccalauréat. Il étudie tout en travaillant, puis devient assistant à la faculté Paris-I. Il y obtient un doctorat en droit. Il est également diplômé de science politique et enseigne les sciences économiques à l'université Paris I jusqu'en 1981.

Politique locale (depuis 1968) En 1968, adhérent au PS, il vient dans l'Indre aider Charles Hernu qui brigue la circonscription de Châteauroux, sans y parvenir. A cette occasion, André Laignel décide de s'implanter à Issoudun. Il échoue dans un premier temps aux cantonales puis aux municipales. Il persévère et remporte le canton d'Issoudun-Sud en 1976., où il est élu conseiller départemental, une fonction qu'il conserve jusqu'en 2004. Il devient maire d'Issoudun en 1977.. En 1994, il devient président de la communauté de communes du Pays d'Issoudun (CCPI) nouvellement créée.

De 1979 à 1985, il préside le conseil général de l'Indre.. Il est alors le plus jeune président de conseil général de France.

De 2001 à 2012, il est secrétaire général de l'Association des maires de France (AMF) et, en 2012, devient membre du comité des finances locales..

En 2004, il brigue la présidence de l'AMF : alors que la carte politique des maires de France est traditionnellement ancrée à droite, il réussit à provoquer un second tour de scrutin, en raison notamment de la défiance de nombreux élus locaux face à la décentralisation menée par le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. En 2008, il est le seul candidat en lice contre le président sortant Jacques Pélissard. Il réalise le meilleur score d'un candidat de gauche à cette élection avec 42,69 % des bulletins exprimés. En 2012, il devient premier vice-président exécutif de l'Association des maires de France (AMF), poste nouvellement doté de pouvoirs élargis afin d'assurer au mieux la codirection paritaire de l'association.

Il préside également l’Observatoire des finances et de la gestion publique locales, installé le par le ministre chargé des collectivités territoriales et le secrétaire d’État chargé du budget en remplacement de l'Observatoire des finances locales. Il est donc le signataire du rapport annuel sur l'état des finances des collectivités locales.

Il est réélu à ce poste le , à l'unanimité des voix des membres du CFL.

Il est chargé en 2012 d'une mission sur la coopération internationale, destinée entre autres à proposer des actions visant à renforcer la coopération décentralisée par le quai d'Orsay..

Aux élections municipales de 2014, il est réélu au avec 67,73 % des suffrages, le plus haut score qu'il ait jamais réalisé depuis son élection à la fonction de premier magistrat de la ville.

Le , il annonce se présenter à nouveau aux élections municipales des 15 et , concluant sa conférence de presse par une référence à la Saint-Valentin : .. Le , la liste qu'il conduit l'emporte au premier tour des élections municipales avec 74,60 % des suffrages exprimés, lui octroyant sur 33 au conseil municipal.

Candidat pour un 9e mandat lors des élections municipales de 2026, il est battu par une liste menée par Julien Dubot, rassemblant pas moins de 4 anciens adjoints d'André Laignel, Julien Dubot étant lui même le gendre de l'un d'eux. Il est défait le 22 mars, en recueillant un peu plus de 46% des suffrages.

Député à l'Assemblée nationale (1981-1988) Il est député de l'Indre et trésorier du PS de 1981 à 1988.

Lors du débat sur les nationalisations, il fait partie de ceux qui défendent la thèse maximaliste, c'est-à-dire une nationalisation à 100%, aux côtés de Pierre Joxe, des mitterrandiens, et des élus du CERES, tandis que les rocardiens plaident pour de simples prises de participations majoritaires (51 % du capital). Le projet du gouvernement sur les nationalisations est amendé par l'opposition, et les débats à l'Assemblée nationale sont durs et longs (118 heures de débat entre le 13 et le ). André Laignel s'y fait remarquer le en lançant à un opposant politique du RPR, Jean Foyer, une réponse qui fera date et sera régulièrement dévoyée car tronquée et sortie de son contexte. : « vous avez juridiquement tort parce que vous êtes politiquement minoritaire »La citation complète est : « Les nationalisations sont-elles conformes à l’article 17 de la Déclaration des droits de l’homme ? M. Foyer répond par la négative. C’est sa responsabilité. Mais, à ce moment précis, son raisonnement bascule du juridique au politique. De ce fait, il a juridiquement tort, car il est politiquement minoritaire ». Le , alors que Michel Berson accuse la droite de vouloir empêcher la nationalisation de Suez et Paribas pour préserver des intérêts personnels, André Laignel, en général « perturbateur attitré » du groupe socialiste, se réjouit de la diatribe anticapitaliste de son collègue et déclare à la presse : « La lutte des classes est enfin entrée au Palais-Bourbon ».

D'une manière générale, Le Monde décrit André Laignel comme un gardien de « l'orthodoxie socialiste », qui veille à ce que son groupe ne « dérive » pas, et qui aide Pierre Joxe à « assurer la bonne marche d'un groupe socialiste parfois tenté par la dispersion ». André Laignel est « là pour transmettre les consignes, vérifier qu'elles sont correctement appliquées, donner le signal des huées et des applaudissements ». Ce rôle de « chien de garde » lui vaut quelques inimités et un surnom : « Joxe-terrier ».

En , il critique le projet de loi Savary, lui reprochant notamment « de fournir à l'enseignement privé des moyens financiers qui font tant défaut à l'enseignement public ». Il estime que le projet doit être amélioré et appelle donc le gouvernement à accepter les amendements proposés par le parti socialiste sans en modifier le sens profond. André Laignel a en effet proposé le des amendements au projet de loi. Ces amendements provoquent un fort débat, les partisans du privé y voyant une atteinte à la liberté d'enseigner. Notamment ces amendements prévoient que le financement par les communes des établissements privés soit conditionné à la titularisation de la moitié au moins de leurs enseignants..

D'après Le Monde, André Laignel s'oppose au projet de loi Savary car il considère que ce projet est inacceptable par la majorité des militants du parti socialiste, et que le gouvernement a eu le tort de rechercher un compromis seulement avec les défenseurs de l'enseignement catholique, délaissant sa majorité parlementaire, au risque d'une fracture politique. Lors du projet Savary, bien qu'André Laignel soit considéré comme un ardent défenseur de la laïcité, son positionnement a donc consisté plus à protéger le parti socialiste qu'à un intérêt profond pour la laïcité. Le Monde note cependant que Laignel a toujours été ferme sur le sujet, promettant lors de son élection en 1977 à la mairie d'Issoudun de ne pas augmenter les dotations aux écoles privées, et tenant ensuite parole. De même, en 1983, mis sous pression par la cour régionale des comptes concernant le financement du privé, il déclare : « l'argent public doit aller à l'école publique ».

En , après l'abandon du projet de loi Savary, André Laignel relance le débat sur l'école privée lors d'une interview de presse, où il déclare qu'il se contentera de décrets pour actualiser la législation existante, et lors d'un passage à Antenne 2, où il affirme abandonner l'idée d'une titularisation des enseignants du privé. Il plaide en revanche pour que les collectivités locales puissent financer ou non les écoles privées, « selon leur conscience ».

En tant que directeur de campagne pour les élections législatives de 1986, il est l'instigateur de la campagne d'affichage « Au secours ! La droite revient. »http://unite.jean-jaures.org/unite/pdf/U625_000303501.pdf Réélu 1988 et battu en 1993 et en 1997 et en 2002 dans la de l'Indre

Secrétaire d'État (1988-1993) Secrétaire d'État auprès du ministre des Affaires sociales et de l'Emploi, chargé de la Formation professionnelle, dans le premier gouvernement Rocard (du au ) Secrétaire d'État auprès du ministre du Travail, de l'Emploi et de la Formation professionnelle, chargé de la Formation professionnelle, dans le deuxième gouvernement Rocard (du au ) Secrétaire d'État auprès du ministre d'État, ministre de la Ville et de l'Aménagement du territoire, chargé de la Ville et de l'Aménagement du territoire, dans le gouvernement Cresson (du au ) Secrétaire d'État auprès du Premier ministre, chargé de l'Aménagement du territoire, dans le gouvernement Bérégovoy (du au ) Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Industrie et du Commerce extérieur, chargé de l'Aménagement du territoire, dans le gouvernement Bérégovoy (du au )

Carrière européenne (1994-2009) Il est député européen de 1994 à 1999. Il est à nouveau député européen lorsque Marie-Noëlle Lienemann démissionne pour cumul des mandats le , étant le suivant sur la liste, mais démissionne lui-même quelques jours plus tard. Il est à nouveau élu aux élections européennes de 2004 en France. pour la circonscription Centre-Massif Central.

Il mène campagne avec Laurent Fabius pour le non au référendum interne du PS du sur le Traité établissant une constitution pour l'Europe.

En 2009, le Parti socialiste instaure une règle interne de non-cumul des mandats, qui réserve les candidatures aux personnes sans direction d'un exécutif local. Il choisit de rester maire d'Issoudun et renonce à mener la liste du PS dans la circonscription Centre-Massif Central.

Une biographie écrite par Jean Diharsce, intitulée André Laignel, un gavroche en politique est parue le aux éditions de l'Aube.

Au Parti socialiste Il est membre de la Convention des institutions républicaines à partir de 1965. Il adhère au Parti socialiste (PS) au moment de sa fondation en 1969.

Il est secrétaire national à l'aménagement du territoire et à l'action locale avant 1981, puis Trésorier national du PS entre 1981 et 1988.

Le , il fait partie des premiers signataires qui annoncent la création du rassemblement Gauche avenir. Il est aux côtés de personnalités du PS et du PC, ainsi que d'intellectuels et des associatifs. Le rassemblement a pour objectif une refondation des valeurs de gauche, avec un devoir d'énoncer « des valeurs claires et mobilisatrices ainsi que des objectifs simples ».. Il signe la tribune publiée dans Le Monde le . Il participe à l'organisation le à l'assemblée nationale d'une séance de « désenvoûtement idéologique », Gauche avenir se donnant un axe anti-libéral remettant en cause l'idéologie dominante qui s'attaque à la place de l'État dans la régulation économique et sociale. Le débat porte notamment sur « l'identification des diverses formes de pression idéologique et de manipulation de l'opinion utilisées par la Droite et ses alliés économiques ».