thumb|Une pascaline. Inventée au , c'est la première calculatrice mécanique.thumb|upright|Une calculatrice HP 50g.
Une calculatrice ou calculette (terme souvent considéré comme péjoratif par les fabricants) est une machine conçue pour simplifier et fiabiliser des opérations de calcul. D'abord mécanique, puis électromécanique, la machine à calculer est devenue électronique dans les , avec l'introduction de la première machine à calculer électronique en 1961, suivie d'une miniaturisation accélérée des circuits intégrés.
Les machines les plus simples se limitent aux quatre opérations arithmétiques usuelles, tandis que les calculatrices programmables les plus sophistiquées disposent d'une expressivité équivalente aux ordinateurs (voir Machine de Turing et Turing-complet).
Calculatrices mécaniques
Bien qu'il n'y ait pas de filiation technologique entre les calculatrices mécaniques et les calculatrices électroniques, il n'est pas inutile d'évoquer ici les outils utilisés pour le calcul avant l'arrivée des calculatrices, ni de rappeler que cette arrivée sur le marché a stoppé net la fabrication des calculatrices mécaniques et électromécaniques ainsi que des instruments comme la règle à calcul.
En 1645, la première machine à calculer est introduite au grand public. La pascaline, fait son apparition pour les additions et soustractions. Inventée par Blaise Pascal, elle lance le développement des machines à calculer.
En 1673, Leibniz présente une machine à multiplier où une partie mobile se décale à chaque fois d'un cran vers la gauche (comme pour une multiplication à la main).
En 1820, Thomas de Colmar invente la première machine à calculer industrielle, l'arithmomètre. Il la commercialise en 1851. Le calcul des racines carrées figure dans son mode d'emploi.
Inventé aux États-Unis par Dorr E. Felt en 1887, le Comptomètre, ou Comptometer est la première machine à calculer à clavier direct à avoir connu un succès commercial réel. Tellement qu'elle était toujours commercialisée dans les années 1960, et transformée en version électromécanique puis électronique à tube.
Entre 1820 et 1940, des milliers de brevetsLes brevets manuscrits de 1820 à 1900, sur le site de l'ANCMECA. sont pris pour des machines mécaniques, actionnées manuellement ou grâce à un moteur électrique.
Vers 1901, les premières machines à dix touches font leur apparition aux États-Unis.
En 1931, première calculatrice IBM, la 601, qui peut lire 2 nombres dans une carte et en perforer l'addition ou la multiplication dans une troisième zone de la même carte.
En 1948, est introduite la Curta (machine à calculer portative ayant l'ergonomie d'un moulin à poivre, et une manivelle de moulin à café) capable d'effectuer les quatre opérations de baseAddition, soustraction, multiplication et division. et les racines carrées.
Machines à calculer électromécaniques Le principal progrès de l’électricité a été de remplacer la « manivelle » des machines à calculer « à curseurs » par un moteur électrique. Ce moteur permettait de rendre les calculs moins pénibles et plus rapides.
Contrairement aux machines à curseurs, elles imprimaient leurs calculs. Les calculatrices à imprimantes étaient d'abord limitées aux additions et aux soustractions (d'où leur nom d'« additionneuses »), puis les premières « multiplicatrices » apparurent au début des .
En 1953, le Marchant Figurematic 10ADX est une machine mécanique à entraînement électrique, possèdant quatre fonctions : addition, soustraction, multiplication automatique, division automatique..
En 1956 le constructeur Olivetti avec sa calcolatrice elettromeccanica Divisumma 24 est capable d'effectuer les quatre opérationsOlivetti Divisumma 24, sur silicium.org (consulté le 11 février 2019)..
En 1963 .
Calculatrices électriques
La Casio 14-A est la première calculatrice compacte entièrement électrique du monde commercialisée par Casio en juin 1957.
Calculatrices électroniques
La calculatrice électronique ne descend pas des calculatrices mécaniques, mais bien des premiers ordinateurs. Les calculs y sont exécutés en binaire, sans l'intervention de la moindre mécanique. Le chemin de la miniaturisation durera près de vingt ans avant que la calculatrice électronique ne détrône, au milieu des , les machines mécaniques et les règles à calcul omniprésentes.
Les premières calculatrices électroniquesAvec une électronique à tube dans un premier temps. ont d'abord été de bureau à cause de leur poids, de leur taille et de la nécessité de les alimenter sur le secteur. Leur affichage était fréquemment réalisé avec des tubes Nixie.
Histoire thumb|Anita Mark VIII En 1961, ANITA Mark VIIAnita Mk VII, sur vintagecalculators.com (consulté le 4 octobre 2016). et Mark VIIIAnita Mk 8, sur vintagecalculators.com (consulté le 4 octobre 2016). sont les premières calculatrices électroniques destinées au grand public, composées de thyratrons pour l'électronique et de tubes Nixie pour l'affichage. Conçues par la société anglaise , elles étaient vendues par sa filiale Sumlock Comptometer..
En 1964, quatre sociétés sont en compétition pour la première calculatrice électronique utilisant les transistors: thumb|Friden model EC-132 L'américain Friden avec l'EC-130/132 qui utilise la notation polonaise inverse, l'affichage des 4 registres se fait sur un tube cathodique sur 4 lignes de 13 chiffres, la consommation électrique est de 70 wattsOld Calculator Museum l’américain Mathatronics avec la calculatrice Mathatron qui est également basée sur la notation polonaise inverse imprimant les résultats sur une bande de papier. l'italien Industria Macchine Elettroniche (« une société du groupe Edison ») sort la calculatrice IME 84 dotée de 33 cartes logiques qui comportent un total de 424 transistors au germanium et 1074 diodes au germanium, l'affichage se fait au moyen de 12 afficheurs Nixie.. Le japonais Sharp sort le Sharp Compet CS-10A utilisant 530 transistors au germanium, 2300 diodes, 20 afficheurs Nixie et consommant 90 watts.
En 1965, l'Olivetti Programma 101 est la première calculatrice programmable, avec branchement conditionnel et inconditionnel, et un stockage des programmes sur carte magnétique.
Les premières calculatrices « grand public » sont apparues ensuite lorsque la miniaturisation des composants (avec en particulier les premiers circuits intégrés) et la baisse de leur coût ont permis de fabriquer des machines à calculer de petite taille alimentées par des piles ordinaires ou des batteries rechargeables.
En 1967, la société américaine Texas Instruments crée un premier prototype (le Cal-Tech) et en dépose le brevetUnited States Patent 3,819,921, Kilby , issued June 25, 1974 ; filing date Sep 29, 1967.. thumb|Sharp QT-8D Micro Compet En 1969 la société japonaise Sharp crée la première calculatrice portable en utilisant exclusivement des circuits intégrés LSI (intégration à grande échelle): la Sharp QT-8D, avec des puces Rockwell. Puis la première calculatrice de poche alimentée par piles: la Sharp QT-8B avec l'introduction des afficheurs fluorescents verts.
En 1970 la société japonaise Busicom possédait les droits exclusifs de produire le premier microprocesseur Intel 4004, mais elle les partagea avec Intel en 1971 T.R. Reid: The Chip, page 141-142, Simon and Schuster, 1984.. En , les calculatrices électroniques de poche basées sur le circuit intégré Mostek MK6010L, les LE-120A (Handy-LE) et LE-120S (Handy) de Busicom sont les premières à utiliser un écran à technologie DEL de BusicomCalculatrice de poche Busicom LE-120A "HANDY-LE"..
En , la société japonaise Sanyo s'implante en France et la première calculatrice électronique portable ayant été mise sur le marché français est l'ICC-804D de Sanyo doté de 8 afficheurs DEL et 4 piles rechargeables Ni-CdNoël Jouenne, Les calculatrices de poche, sur HAL... thumb|Texas Instruments TI-2500 Datamath Version 1 L'américain Texas Instruments introduit en France sa première calculatrice de poche TI-2500 Datamath (avec le circuit intégré TMS0119, 8 afficheurs DEL et 6 piles rechargeables Ni-Cd) qui arrive à Paris le . Son prix de est alors équivalent au salaire mensuel d'un instituteur« Datamath 2500 », Le Monde, 5 décembre 1972.. thumb|HP-35, une des premières calculatrices électroniques scientifiques portables. thumb|HP Model 46 à imprimante intégrée Les premières calculatrices de poche spécialisées sont commercialisées dans les , avec : 1972 : HP-35, première calculatrice scientifique.; 1973 : HP-80, calculatrice financière et HP-46, calculatrice avec imprimante interne, Texas Instruments SR-10 et SR-11 (notation scientifique, carré, racine carrée et opposé) ; 1974 : HP-65, calculatrice programmable, Texas Instruments SR-50 (calculatrice scientifique avec fonction logarithme et trigonométrie) ; 1975 : modèles Cambridge et Scientific de Sinclair Research, Texas Instruments SR-52 (programmable) ; 1976 : calculatrice scientifique TI-30 et Sharp EL8026 solaire ; 1977 : HP-01, première montre avec calculatrice intégrée.
Affichage L'affichage des résultats de calculs des premières calculatrices se faisait successivement au moyen de : Autant de tubes Nixie que de chiffres à afficherUne tube Nixie, ne pouvant afficher qu'un seul caractère, voir l'article correspondant pour plus de détails. ; Des afficheurs fluorescents à vide ; Autant d'afficheurs à sept segments que de chiffres à afficher et constitués de diodes électroluminescentes d'abord rouges puis de diverses couleurs ; Un écran à cristaux liquides capable de visualiser d'abord uniquement des chiffres puis tout type de caractères, d'abord en noir et blancOu plutôt vert et blanc. puis en couleur.
Opérations Les premières machines mécaniques n'effectuaient que les additions/soustractions. Les premières machines électromécaniques puis électroniques pouvaient effectuer les quatre opérations arithmétiques. La grande différence des machines électroniques avec les machines mécaniques ou électromécaniques est l’exécution des opérations en silence et instantanément. Il fallait plusieurs secondes pour une multiplication et 10 à pour une division avec la très performante électromécanique. Peu de temps après, quelques-unes surent effectuer des racines carrées. D'abord de bureau, avec ou sans mémoire(s) elles sont de taille importante ; au moins environ (Casio, Friden, Sharp, Adler) et équipées de tubes Nixie (12, 14 voire ).
Miniaturisation Dans les années 1970, elles se miniaturisent pour devenir portables grâce à l'affichage à sept segments (généralement des diodes). Au début des années 1980, leur épaisseur diminue à moins de 10 mm (calculatrices de poche Sanyo, Canon, Adler) grâce à l'utilisation de piles ou d'accumulateurs d’électricité et leur écran à cristaux liquides.
Une autre avancée fut l'apparition du bloc d'impression Seiko .
Dès qu'elles respectèrent les priorités entre opérations et que les fonctions trigonométriques apparurent, on parla de calculatrices scientifiques (par exemple Hewlett-Packard avec la HP-35 sortie en 1972).
De nos jours, les calculatrices graphiques disponibles au public sont parmi les plus performantes. Permettant d'afficher la représentation graphique d'une fonction, elles sont notamment produites par Texas Instruments, Casio, Hewlett-Packard et dans une moindre mesure par Sharp ou Brother.
Calculatrices scientifiques