Saintes-Maries-de-la-Mer ou Les Saintes-Maries-de-la-Mer, en abrégé Les Saintes-Maries ou Les Saintes, est une commune française située dans le département des Bouches-du-Rhône en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Capitale de la Camargue, elle est également un lieu de pèlerinage et une station balnéaire de Provence.
Construite autour de son église des et longtemps enserrée dans une enceinte, la commune conserve encore aujourd'hui trace de ce passé historique dans la configuration de ses ruelles souvent étroites.
Ses habitants s'appellent les Saintois.
Le village a représenté la région Provence-Alpes-Côte d'Azur à l'édition 2023 du Village préféré des Français, y terminant en treizième position.
Géographie Localisation left|vignette|Les Saintes-Maries-de-la-Mer en Camargue. left|vignette|Le bac du Sauvage sur le Petit-Rhône à des Saintes-Maries-de-la-Mer. La commune est située dans le sud-est de la France, sur la côte méditerranéenne, en Camargue, à environ un kilomètre à l'est de l'embouchure du Petit-Rhône, où elle s'étend sur les deux rives, et à à vol d'oiseau au sud-ouest d'ArlesDistance entre Saintes-Maries-de-la-Mer et Arles..
Communes limitrophes
Géologie et relief La superficie de la commune est de ; son altitude varie entre 0 et Institut national de l'information géographique et forestière, Répertoire géographique des communes, ..
Très étendue, c'est la troisième commune de France métropolitaine après Arles, sa voisine, et Val-Cenis (Savoie). Elle comprend essentiellement des terres alluviales et des marais. Les terres agricoles sont situées à l'ouest de la commune, le long du petit-Rhône et les marais à l'est où se trouve l'étang du Vaccarès.
Voies de communication et transports Elle est reliée à la ville d'Arles, distante de , par la RD 570 et à la petite Camargue vers Aigues-Mortes et Montpellier par le bac du Sauvage, le pont de Sylvéréal et le pont de Saint-Gilles. Une piste permet d'accéder au phare de la Gachole puis à ceux de Beauduc et de Faraman.
Il n'y a plus de desserte ferroviaire depuis la disparition des Chemins de fer de Camargue, mais une ligne d'autocars publics permet d'accéder tous les jours à ArlesPDF donnant les horaires des cars (ainsi que d'autres informations)..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat méditerranéen et est dans la région climatique Provence, Languedoc-Roussillon, caractérisée par une pluviométrie faible en été, un très bon ensoleillement (), un été chaud (), un air très sec en été, sec en toutes saisons, des vents forts (fréquence de 40 à 50 % de vents > ) et peu de brouillards. Elle est en outre dans la zone H3 au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Aigues-Mortes à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Les Saintes-Maries-de-la-Mer sont catégorisées bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Saintes-Maries-de-la-Mer, une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée.. La commune est en outre hors attraction des villes...
La commune, bordée par la mer Méditerranée, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit..
Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). Le tableau ci-dessous présente l'occupation des sols détaillée de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).
+Occupation des sols en 2018 Type d’occupation Pourcentage Superficie (en hectares)Tissu urbain discontinu 0,4 %146Équipements sportifs et de loisirs 0,1 %33Terres arables hors périmètres d'irrigation 0,8 %307Rizières 6,8 %2517Vignobles 0,1 %47Prairies et autres surfaces toujours en herbe 0,2 %69Systèmes culturaux et parcellaires complexes 5,0 %1846Forêts de conifères 0,4 %150Pelouses et pâturages naturels 0,7 %268Forêt et végétation arbustive en mutation 0,1 %39Plages, dunes et sable 2,6 %984Marais maritimes 34,3 %12790Cours et voies d'eau 1,0 %396Plans d'eau 0,2 %76Lagunes littorales 46,7 %17407Mers et océans 0,4 %165Source : Corine Land Cover. L'occupation des sols simplifiée de la commune en 2018 est la suivante : eaux maritimes (47,2 %), zones humides côtières (34,3 %), terres arables (7,6 %), zones agricoles hétérogènes (5,0 %), espaces ouverts sans ou avec peu de végétation (2,6 %), eaux intérieures (1,3 %), végétation arbustive et/ou herbacée (0,8 %), zones urbanisées (0,4 %), forêts (0,4 %), prairies (0,2 %), cultures permanentes (0,1 %), espaces verts artificialisés (0,1 %). Elle met en évidence l'importance des zones humides côtières (étang de Vaccares) et des eaux maritimes ainsi qu'une faible urbanisation du territoire. Les terres agricoles, qui occupent 12,9 % de la surface communale, sont consacrées principalement à la culture du riz.
Toponymie En occitan provençal, le nom de la commune est Lei Santas / Lei Santei Marias de la Mar selon la norme classique ou Li Santo / Li Sànti Marìo de la Mar selon la norme mistralienne, en occitan médiéval La Vila de la Mar / Nòstra Dòna de la Mar). La prononciation locale est /li ˈsaŋtɔ/.
Histoire Antiquité
La plus ancienne mention connue du site date du de notre ère. Elle est due au géographe et poète Avienus (305 ?-375 ?). Évoquant plusieurs peuplades de la région, il mentionne un oppidum priscum Ra, Oppidum signifiant forteresse et priscum ancienne, soit « l'ancienne forteresse Ra ». Aviennus y voyait le nom d'un site consacré à Râ, le dieu du Soleil et père de tous les dieux égyptiens. Mais, selon les recherches de l'historien des Gaules Camille Jullian sur le site, oppidum priscum traduirait plus probablement le plus ancien mot gaulois rātis « forteresse » (d'où d'autres noms comme Ratisbonne ou encore Île de Ré).
Moyen Âge En 513, le pape Symmaque fait de Césaire, l'évêque d'Arles, c'est-à-dire son représentant en Gaule, ce qui lui donne le droit de porter le pallium, lui qui évangélise les campagnes encore fortement imprégnées de cultes païens ou romains en transformant d'anciens lieux cultuels en édifices chrétiens.
À la même époque se développe le culte marial. Dans la foulée, Cesaire fonde un monastère de femmes sur le site, ce qui constitue un argument en faveur de la présence d'un temple païen beaucoup plus ancien en ces lieux. On ne dispose pas de la date exacte de la naissance de cette nouvelle appellation, mais l'on sait que saint Césaire d'Arles a légué par testament, à sa mort en 542, Sancta Maria de Ratis à son monastère. C'est ainsi que le village devint Saintes Maries de la Barque (ou Saintes Maries de Ratis), parfois aussi Notre-Dame de la Barque ou Notre-Dame de Ratis.
Pendant l'hiver 859-860, resté comme le plus rude du , les Vikings hivernent en Camargue et selon toute vraisemblance, aux Saintes, juste avant d'entreprendre leur razzia dans la basse vallée du Rhône jusqu'à Valence où ils seront arrêtés par Girart de Roussillon.
C'est vers le que le nom se transformera en Notre-Dame-de-la-Mer. Plus exactement, en septembre 869, lors d'un raid en Camargue, les Sarrasins surprennent l'évêque d'Arles Rotland en train de superviser la mise en défense de la région. L'évêque est fait prisonnier puis monnayé contre des armes, des esclaves et autres richesses. Mais les Arlésiens ne récupèreront que son cadavre, habillé et assis sur son siège par les Sarrasins. L'échange aurait probablement eu lieu sur la plage des Saintes-Maries-de-la-Mer, à l'embouchure du Rhône de Saint-Ferréol, bras encore actif à cette époque.
L'église telle qu'elle subsiste aujourd'hui, date des , la partie supérieure des murs et le toit des deux dernières travées ayant toutefois été refaites au milieu du . Le clocher a subi de plus régulières et nombreuses réfections, l'état actuel datant de 1901.
En 1448, sous l'impulsion du roi René, a lieu l'invention des reliques des saintes Maries, soit Marie de Nazareth, sa demi-sœur Marie Salomé ou Marie Jacobé et Marie Madeleine, dites les Trois Maries. L'archevêque d'Arles, Louis Aleman n'assiste pas à cet évènement, car il a été excommunié en 1440 à la suite du concile de Bâle ; en son absence, l'autorité papale est représentée par son légat, Pierre de Foix, l'archevêque d'Aix Robert Damiani et l'évêque de Marseille Nicolas de Brancas. Les comptes-rendus de l'époque signalent une église primitive à l'intérieur de la nef actuelle. Pour certains, ce bâtiment pourrait correspondre à une chapelle mérovingienne du .
Les temps modernes vignette|Les Barques à voile aux Saintes-Maries de Vincent van Gogh, juin 1888. vignette|Une ruelle (photo de mai 2005). vignette|Le bord de mer (photo de mai 2015). Contrairement à celle de 1348, la peste de 1720, qui tue la moitié de la population marseillaise et le tiers de celle d'Arles, a épargné les Saintes-Maries-de-la-Barque, qui s'opposent avec véhémence à l'accueil de réfugiés arlésiens.
À la Révolution, sous la Terreur, le culte est suspendu de 1794 à 1797. Les créneaux de l'église sont démolis et leurs pierres vendues ; ils seront rénovés en 1873.
En 1838, le village prend le nom des « Saintes-Maries-de-la-Mer » et, peu après, le pèlerinage des Gitans est mentionné pour la première fois : au mois de mai, ils viennent de toute l'Europe y honorer leur sainte patronne, Sara, la Vierge noire.
Au début du mois de juin 1888, Vincent van Gogh, qui vient d'arriver en Provence, fait un court séjour de cinq jours aux Saintes. Il y dessine et peint notamment les barques en mer et sur la plage, le village vu des dunes côtières et quelques cabanes au toit de sagne.
Peu de temps après, au mois d'août 1892, est inaugurée la ligne Arles - les Saintes, de la compagnie des Chemins de fer de Camargue, appelée le « petit train ». Devenue non rentable à la suite du développement de l'automobile, la ligne sera fermée en octobre 1953.